Traductions

lundi 27 mars 2017

Nous allons vers l'anarchie mondialiste

Nous n'allons pas vers la démondialisation, mais vers l'anarchie mondialiste

En réponse à l'article de Nicolas Baverez récemment paru dans le Figaro, la mondialisation étant aussi irréversible que ses causes, ce n'est pas  vers la démondialisation que nous allons, mais vers l'anarchie à l'échelle planétaire.
La mondialisation est le fruit d'un progrès par définition irréversible et traduit l’enrichissement général de la société mondiale tel qu'il en résulte. Mais au-delà de ce qu'en dit Nicolas Baverez, si elle est le résultat de révolutions des technologies de l’information, auxquelles il faut ajouter celle des communications, la mondialisation puise surtout sa puissance et sa vitalité dans cette montée d’une société ouverte dont il parle. Or cette montée se poursuit inexorablement sous la poussée de la démographie et de l'activité humaine qui ne cesse d'augmenter avec elle, ne serait-ce que pour satisfaire les besoins d'une population croissant depuis que l'homme existe.
Le seul moyen d'éviter cette anarchie mondialiste et les malheurs qui l'accompagneront, toujours plus profonds, est de réguler la démographie mondiale, en vue de mettre un terme à la prolifération humaine et à la démesure des écarts de condition sociale qui en résulte.
Voir schéma ci-dessus et lire à ce sujet : Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux.
Note concernant le schéma : Par rapport à une échelle de richesse qui va du zéro – inamovible – des plus défavorisés au maximum – sans limites – un moment donné, où se situe le plus riche d’entre tous les hommes, le positionnement de chacun s’opère à la fois par rapport à cette échelle et dans sa relativité. C’est donc dans cette relativité intemporelle, que sont précisément permises les comparaisons, entre périodes différentes.

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux - Suite 3

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux

Suite 3

3. Pyramidologie sociale


Méthodologie – 1


N’en déplaise aux esprits imbus d’une supériorité humaine qui ne saurait s’en accommoder, la première pyramide sociale a été et demeure la famille, en raison des relations naturelles d’interdépendance qui s’y créent, y règnent et y perdurent généralement, en dépit des attaques dont elle est l’objet. Ce modèle a ensuite été adopté par des groupes de plus en plus nombreux nés de la multiplication des individus, dans une situation où ne faisait que changer d’échelle la concurrence pour la conquête et la préservation de territoires et de ressources indispensables à leur survie et à leur développement. C’est ainsi que s’est imposée la pyramide sociale que nous connaissons de nos jours ; aux dimensions et intrications ayant crû et continuant de croître avec la population qui l’habite. Si dans un premier temps l’expérience, la taille, la force, le talent ainsi que des facultés intellectuelles à la mesure de problèmes élémentaires ont pu suffire pour gouverner une population limitée, la complexification des rapports, tant entre les individus qu’avec leur environnement, s’est accrue avec le nombre et l’altérité. D’où la nécessité de se répartir responsabilités et tâches. Se structure alors, et se renforce, ce réseau de dépendances et d’interdépendances caractérisant la vie en société. Mais les groupes se multipliant et s’éloignant à tous égards les uns des autres, les liens familiaux, claniques et tribaux se distendent, des relations sociales plus complexes se tissent avec l’aide du progrès dans tous les domaines. À ses origines l’homme vivait dans la même précarité, que les autres espèces peuplant la planète. Puis, alors que le partage de ce qui était nécessaire à sa subsistance s’effectuait selon des lois qui devaient tout à la nécessité et à l’instinct, se manifeste chez lui, infiniment plus que ce qu’il peut en être chez d’autres animaux, la notion d’échange. D’abord troc, pour évoluer en commerce avec l’invention des monnaies et du crédit, l’un et l’autre génèrent le profit et l’épargne, d’où la capitalisation et l’institution du pouvoir fiduciaire. Les notions de richesse et de pauvreté matérielles comparées émergent alors et se renforcent par la multiplication et l’accumulation de biens résultant de l’industrie de l’espèce humaine.

L’enrichissement de la société a été depuis considérablement favorisé par une productivité augmentant de manière exponentielle avec la multiplication de la main d’œuvre puis l’industrialisation, non sans conflits entre intérêts communs et individuels. Aussi peu enclins au partage que la plupart des autres espèces, les hommes sont nombreux à faire preuve d’une avidité sans limites et tous se livrent plus ou moins à la prédation de leur environnement et des ressources non renouvelables que leur offre la nature, jusqu’ici sans souci des conséquences pourtant prévisibles d’un tel comportement, ni des écarts de richesse qui en découlent entre eux. C’est d’ailleurs ce qu’ont tenté d’analyser et de comprendre de tous temps bien des penseurs, dont Condorcet1.

Une telle présentation aussi rapide et schématique ne contredit en rien l’existence d’autres formes de société. Autorité, pouvoirs, esprit de lucre, ont pu ou peuvent être plus diffus, moins marqués, souvent à l’état embryonnaire aussi bien que de vestiges, chez des humains primitifs ou chez de nombreuses autres espèces animales où règnent aussi des formes d’interdépendance, de dépendance et de domination, même quand leur pyramide sociale est aplatie à l’extrême et qu’y prévalent des modes de prédominance bien éloignés de ceux que connaissent les hommes, comme c’est le cas dans la ruche ou la fourmilière par exemple. Il est toutefois remarquable que toujours, la population s’organise et ses activités s’exercent en fonction et au service de la richesse. D’ailleurs, concernant les êtres humains, les premiers économistes n’ont-ils pas été jusqu’à les considérer comme la première richesse de la société qu’ils constituent ? N’est-il pas de richesse que d’homme pour Jean Bodin ? N’est-ce pas implicitement affirmer la relation directe existant entre population et richesse ayant présidé à leur croissance conjointe, accélérée au cours des deux derniers siècles par le progrès technique ? «… tout être humain est avant toute autre activité ou toute autre opinion, un consommateur » a écrit Gaston Bouthoul, ce qui implique bien enetendu qu’il soit aussi producteur.

Il est généralement admis que ce qui différencie l’homme des autres espèces animales est le degré de conscience qu’il a de lui-même, tant individuellement que collectivement – sans forcément se préoccuper de ce qu’est sa condition. Mais il est un autre critère de différenciation, de nature à la fois économique, écologique et sociale, qui nous intéresse particulièrement puisqu’il conduit à la notion d’enrichissement matériel, considéré à tort ou à raison comme manifestation supérieure du progrès social. Contrairement aux autres animaux, l’homme ajoute aux besoins vitaux que lui impose la nature ceux de sa propre invention et se fait le producteur des biens et services nécessaires à leur satisfaction, à partir du viatique de la planète. C’est ainsi que homo œconomicus opère, à des fins tant individuelles que collectives. Chacun est une unité de consommation dès sa naissance, puis de production, dès qu’il est en âge de travailler. Et ces fonctions, en permanence aiguillonnées par son besoin inné d’améliorer sa condition, se combinent avec le progrès en une spirale le portant à créer et produire toujours plus, avec toutes conséquences sur son environnement, tant en termes de consommation des ressources – renouvelables ou non – qu’offre la Terre et peut-être un jour d’autres planètes, que d’accumulation des déchets qui en résultent. « Toutes les choses que nous consommons sont en effet des créations du travail humain, et même celles que nous jugeons en général les plus “naturelles”, comme le blé, les pommes de terre ou les fruits. Le blé a été créé par une lente sélection de certaines graminées ; il est si peu “naturel” que si nous le livrons à la concurrence des vraies plantes naturelles il est immédiatement battu et chassé. Si l’humanité disparaissait de la surface du sol, le blé disparaîtrait moins d’un quart de siècle après elle ; et il en serait de même de toutes nos plantes “cultivées”, de nos arbres fruitiers et de nos bêtes de boucherie ; toutes ces créations de l’homme ne subsistent que parce que nous le défendons contre la nature ; elles valent pour l’homme ; mais elles ne valent que par l’homme. À plus forte raison les objets manufacturés, des textiles au papier et des montres aux postes de radio, sont des produits artificiels, créés par le seul travail de l’homme. Qu’en conclure sinon que l’homme est un être vivant étrange, dont les besoins sont en total désaccord avec la planète où il vit ? Pour le bien comprendre, il faut d’abord comparer l’homme aux animaux, et même aux plus évolués dans la hiérarchie biologique : un mammifère, cheval, chien ou chat, peut se satisfaire des seuls produits naturels : un chat qui a faim ne met rien au-dessus d’une souris, un chien, rien au-dessus d’un lièvre, un cheval, rien au-dessus de l’herbe. Et dès qu’ils sont rassasiés de nourriture, aucun d’eux ne cherchera à se procurer un vêtement, une montre, une pipe ou un poste de radio,. L’homme seul à des besoins non naturels. Et ces besoins sont immenses [et croissent inéluctablement avec le nombre] »2 C’est dans ces conditions que l’homme contribue à la création de courants d’échanges parcourant l’ensemble de la société et constitutifs de marchés enrichissant celle-ci, autant et plus qu’ils parviennent à la satisfaction des besoins – vitaux comme supplémentaires, voire superflus – de chaque être humain. Que ce soit sous forme de productions non consommées (stocks), de capitaux non immédiatement réinvestis, d’infrastructures, équipements et outils collectifs utiles à l’exercice de ses activités, de biens les plus divers constitutifs d’un patrimoine commun tant matériel qu’immatériel, l’homme est le créateur d’une richesse collective qui s’accumule et croît au fil du temps avec le nombre et l’industrie de ceux qui y contribuent, aidés par les sciences et les techniques.

Il sera à nouveau question plus loin de cette richesse globale, pour paramétrer la Pyramidologie sociale, mais il est d’ores et déjà intéressant d’évoquer la manière dont elle est perçue dans sa relation, au sein de la pyramide sociale, avec le nombre ainsi que la répartition de ceux qui l’habitent, selon leur niveau de richesse, ou de pauvreté.
Bien qu’universellement reconnue comme le parfait symbole de toute organisation hiérarchisée, la pyramide est souvent contestée lorsqu’elle veut représenter la société des êtres humains, et ceci d’autant plus que les inter relations qui y règnent sont liées à leurs activités et à l’économie. L’enrichissement globale de cette même société agit alors comme un révulsif, dès lors que son partage, épousant la représentation pyramidale, oppose un nombre réduit de riches à la multitude de ceux qui ne le sont pas (Fig.2). Est-ce en raison d’un réalisme qui heurte l’esprit, tant la différence de condition des uns et des autres y est mise en évidenc? Est-ce parce que le pragmatisme d’une telle figure ne laisse aucune place à l’utopie égalitaire ? Toujours est-il que ce sont paradoxalement ceux qui contestent le plus la pyramide sociale qui la scrutent lorsqu’ils sont préoccupés d’inégalités du même nom. Imputant celles-ci à la hiérarchisation de la société et plus spécialement à ceux qui en occupent le sommet, ne prennent-ils pas les effets pour la cause ? Guidés par une obsession compassionnelle, ils ignorent obstinément que les écarts de richesse existant entre les individus résultent de la conjugaison du caractère pyramidal de la société, de la richesse collective de ceux qui l’habitent et du nombre de ces derniers. Ce faisant, c’est l’aspect le plus fondamental et incontournable de la condition humaine que refusent sommairement de reconnaître ces rêveurs de toutes tendances. Or, si toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, par crainte d’accroître l’angoisse existentielle du plus grand nombre, en existe-t-il une qu’il faudrait moins cacher à ceux qui cherchent à comprendre ce qu’ils sont, quel est leur rôle dans une société qui en distribue d’innombrables selon une hérédité qui n’est pas seulement d’ordre biologique, et surtout, quelle sont leurs possibilités et la liberté d’en changer ?





N’est-il pas aussi légitime de la part de l’être humain de vouloir connaître sa propre condition, qu’est indispensable cette connaissance à qui prétend l’améliorer ou cherche à s’en accommoder au mieux ? Et qu’est-il de plus coupable que de s’en désintéresser, ou de s’y refuser, au prétexte que cette vérité heurte l’idée que l’homme se fait de lui-même ?

1— CondorcetEsquisse d’un tableau historique de l’esprit humain, première époque
2— Jean FourastiéPourquoi nous travaillons – PUF

(À suivre)

vendredi 24 mars 2017

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux - Suite 2


Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux

Suite 2

2. Avant-propos

Que la société des hommes soit hiérarchisée et tissée d’interdépendances n’emporte, de la part de ceux qui se rendent à cette évidence, ni résignation ni le moindre abandon de la plus petite parcelle de leur volonté d’améliorer leur condition. Et reconnaître la pyramide comme représentative de cet état de fait, n’est pas davantage s’égarer dans l’ésotérisme.

C’est plus pragmatiquement une façon d’identifier, par la simple observation de la réalité et sans prétentions scientifiques, l’origine profonde des maux d’ordre social dont souffre l’humanité, et de se donner ainsi la possibilité de les combattre en connaissance de cause. Au lieu de cela, plus l’homme s’est avancé et s’avance sur le chemin du progrès, moins il a toléré et tolère cette vision pyramidale de sa condition, allant jusqu’à la refuser sous prétexte d’incompatibilité, tant avec sa dignité qu’avec son idéal de justice sociale.

Or la cause majeure des difficultés qu’il éprouve dans la poursuite d’un tel idéal ne résulterait-elle pas précisément de son aveuglement, puisqu’il se prive de la sorte d’un moyen essentiel de discerner, au-delà des croyances et des dogmes tant religieux que politiques ou sociaux, les lois et mécanismes fondamentaux qui régissent ses rapports avec ses semblables ? Ce sont ces mécanismes qui sont décrits ici dans toute leur simplicité, en mettant en évidence la relation incontournable qui existe entre la structure de la société, le nombre de ceux qui la composent, et l’accroissement constant de leurs richesses communes, matérielles comme immatérielles.

La pyramidologie sociale se veut une théorie à caractère sociologique, s’adressant à qui admet que toute structure hiérarchisée, naturellement ou non, à commencer par la société des hommes, peut être représentée par une pyramide.

Descriptive et réaliste, la pyramidologie sociale n’est pas une idéologie. Si elle est susceptible d’en susciter une, comme toute spéculation livrée à l’imagination des uns et des autres, elle est surtout un outil s’offrant à chacun pour l’engager à concevoir les limites de ses utopies sociales, par l’observation et un raisonnement pragmatique. Il suffit pour cela à qui veut en user, d’accepter la remise en cause de ses propres croyances.

À en juger par la persistance des revendications les plus élémentaires émanant de pauvres toujours plus nombreux, si Marx et bien d’autres, avant lui et depuis, avaient reconnu ou s’étaient souvenus de la pyramidologie sociale, peut-être n’auraient-ils pas entraîné l’humanité dans les égarements de la dictature du prolétariat, non moins redoutables que ceux du capitalisme. Ceux qui s’obstinent à cultiver leur pensée totalitaire, ne conduisant qu’à l’égalitarisme, devraient y réfléchir ; et davantage qu’eux, ceux qui les écoutent et les croient. Ceci est d’autant plus nécessaire et urgent que la prolifération de l’espèce aggrave chaque jour la condition humaine, à commencer par celle des plus pénalisés par les hasards de leur naissance et les aléas de l'existence. Les inégalités sociales augmentent inexorablement avec la population, le progrès, et l’enrichissement de la société ; ces deux derniers critères, indissociables compagnons de la croissance, répondant à l’aspiration sans limites de l’homme qui est d’améliorer sa condition. Chacun s’y évertue obstinément depuis toujours, y appliquant les atouts dont il est doté de manière très inégale lorsqu’il vient au monde. Et c’est ainsi qu’a inlassablement évolué la société, au bénéfice de tous, dans tous les domaines. Envers et contre tout, la somme des besoins et des efforts individuels meut un ascenseur social collectif dont la puissance croît avec le nombre de ceux qui l’actionnent, mais ce nombre a dorénavant manifestement atteint et dépassé des limites que lui impose la nature, au point d’entraver le fonctionnement de cette belle mécanique, tel qu’il a pu en être jusqu’au xixes, époque à laquelle la population mondiale atteignait le quart environ de ce qu’elle est devenue 100 ans plus tard. C’est depuis, que le développement de la pauvreté est le plus flagrant, alors que dans le même temps la richesse est paradoxalement frappée de démesure. C’est aussi depuis que se sont manifestés et perdurent les dommages infligés de manière irréversible à notre environnement planétaire, qu’il s’agisse de prédation ou de pollution, outre une incompatibilité croissante avec des idéaux démocratiques dont les fondateurs avaient déjà prévu qu’ils ne résisteraient pas à un accroissement incontrôlé du nombre de citoyens ; alors même qu’il n’était pas encore marqué par la diversité et la multiplicité des cultures s’étant manifestées et développées depuis. Montée des populismes, des extrémismes, de l’intolérance, autant de signes d’une saturation de l’ordre établi

La surpopulation mondiale apparaît de la sorte comme la cause fondamentale de dommages sociaux et environnementaux contre lesquels toutes mesures resteront vaines, tant qu’elle n’aura pas été réduite et d’abord stabilisée.

Il en est notamment ainsi des inégalités sociales. Atteignant des niveaux records, elles sont promises à croître encore, en dépit des luttes que l’homme livre sur tous les fronts depuis qu’il existe et des politiques les plus compatissantes qu’il puisse adopter. Résultant de la combinaison d’une démographie galopante et de l’enrichissement collectif qui s’ensuit, seule la réduction de la population – par une dénatalité consentie – permettra d’en maîtriser la croissance dorénavant frappée de déraison. C’est ce que veut démontrer la pyramidologie sociale.

« Ainsi l’homme a depuis des siècles ressenti l’angoisse ou au moins l’étrangeté, la bizarrerie de son existence. Cependant nous n’avons pas encore un traité quelque peu consistant de la condition humaine. J’atteignais l’âge d’homme lorsque parut le roman d’André Malraux. Je me rappelle l’étonnement, l’irritation, presque la colère, qu’un tel titre ait pu être disponible pour un roman, si poignant puisse-t-il être. Quoi ? La condition humaine1 n’était pas le titre d’un grand ouvrage de philosophie ? Il pouvait, sans que personne s’en étonne désigner le récit d’un obscur épisode révolutionnaire exotique à personnages fictifs ? Cela me fit savoir combien l’humanité a peu conscience d’elle-même, et par quels moyens anecdotiques elle commence à se découvrir. L’âge mental de l’humanité est comparable à celui d’un enfant de dix ans. La condition humaine, ou Les malheurs de Sophie. »2.

L’humanité a-t-elle mûrie depuis que Jean Fourastié a écrit ceci ? Bien peu, à en juger par des revendications sociales croissant en dépit d’un progrès aussi indéniable que considérable. Mais peut-être nous en fournit-il la raison, quand il poursuit : « ce qui manque le plus à l’homme ce sont les synthèses ». En effet, dans un monde dont la complexité croît indéfiniment avec le nombre, quelle synthèse est permise quand les experts eux-mêmes sont confrontés à l’amoncellement de savoirs aussi divers qu’approfondis ; à leur enchevêtrement les rendant de plus en plus impénétrables. Et comme si cela ne suffisait pas, chacun est enfermé dans sa spécialité, ce qui ne peut conduire qu’à des “synthèses partielles”, lesquelles nous éloignent autant et davantage de la Connaissance qu’elles nous en rapprochent.

D’ailleurs, absorbé par son quotidien, l’homme n’est peut-être pas autant préoccupé de son sort qu’il le prétend et qu’il le devrait. Peut-être, habité par une forme de sagesse qui après tout en vaut bien une autre, préfère-t-il simplement ne pas s’en soucier, tant ceci peut lui paraître vain. L’auteur n’a pas, en tout cas, la prétention de fournir ce traité de la condition humaine dont Jean Fourastié regrettait qu’il soit absent des bibliothèques. Il lui semble par contre que la mise en évidence des aspects fondamentaux de cette condition, telle qu’elle résulte d’une observation à la portée du premier venu, pourrait utilement contribuer à son avènement, et c’est ce qui sera tenté dans les pages qui suivent.

Bien que Wikipédia indique que « La pyramidologie [soit] un terme utilisé, parfois avec mépris, pour se référer aux diverses spéculations concernant les pyramides… » et que les occurrences mentionnant ce vocable ne manquent pas sur internet, “Pyramidologie” n’a pas davantage été trouvé dans le TLF (Trésor de la langue française – CNRS) que dans le Larousse, le Littré ou le Robert. Dénuée de mépris autant que d’ésotérisme, la pyramidologie sociale s’offre donc ici comme un néologisme désignant l’étude de la représentation pyramidale de la société des hommes (Fig.1), banalement semblable à toute structure hiérarchisée, que ce soit naturellement ou non.

1— La condition humaine, roman d’André Malraux, prix Goncourt 1933

2— Jean Fourastié Ce que je crois, p.42 – Éditions Grasset – 1981





(À suivre)

dimanche 19 mars 2017

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux - 1



Surpopulation humaine
La cause de tous nos maux

Essai de pyramidologie sociale
et d’écologie dénataliste


Publication par chapitres

1ère partie


« Si les hommes ont des obligations,
à l’égard des êtres qui ne sont pas encore ;
elles ne consistent pas à leur donner l’existence, mais le bonheur ;
elles ont pour objet le bien-être général de l’espèce humaine
ou de la société dans laquelle ils vivent,
de la famille à laquelle ils sont attachés,
et non la puérile idée de charger la terre d’êtres inutiles
et malheureux. »
Condorcet

« Certains croient que pour être de bons catholiques,
on doit être comme des lapins »
Le Pape François


« L’Ingénu – Dites-moi s’il y a des sectes en géométrie ?
Gordon – Non, tous les hommes sont d’accord
sur la vérité quand elle est démontrée. »
Voltaire



(À suivre)