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samedi 8 avril 2017

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux - Suite 5

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux

Suite 5


4. Richesse et pauvreté

Le but étant ici de comprendre les raisons d’une résistance millénaire de la misère, afin d’être en mesure de la réduire durablement, et si possible de l’éradiquer, il y a lieu d’être conscient que si richesse et pauvreté sont des notions pouvant être considérées dans l’absolue quand il s’agit de combattre au quotidien les conséquences de leurs écarts, elles doivent l’être dans leur relativité lorsqu’il s’agit d’en étudier les moyens. Faute de cette précaution, seule la compassion agit et ne peut qu’être désarmée face au sort que les hasards de leur naissance infligent en premier lieu aux plus pauvres qui le subissent comme une injustice souvent cruelle. Le recours à la charité, comme à la solidarité spontanée ou contrainte, n’est alors jamais suffisant et leurs effets ne peuvent être que passagers. Pratiquée avec une obstination impuissante, cette compassion finit alors invariablement par imputer ses échecs à l’égoïsme humain, en ne faisant qu’exacerber la frustration des plus démunis, suscitant envie et jalousie à l’égard de ceux qui connaissent un sort meilleur que le leur, et attisant un ressentiment aux effets d’autant plus délétères que les causes profondes en restent méconnues.

En tout état de cause, richesse et pauvreté ne doivent pas s’entendre ici comme les attributs du bonheur et du malheur. S’il est des riches malheureux, le plus souvent pour n’avoir pas compris que d’autres formes de bonheur que la fortune matérielle leur sont accessibles, les pauvres heureux ne sont pas rares. Sans être pour autant heureux d’être pauvres, ces derniers considèrent simplement qu’il existe d’autres façons d’être riche que de posséder autant ou plus qu’autrui. Ces deux concepts doivent donc être pris au sens le plus large ; quantifiable parce que le plus souvent d’ordre matériel (revenu, patrimoine), mais pouvant aussi être de nature immatérielle (connaissances notamment). Ils peuvent alors constituer des critères de différenciation entre individus et groupes d’individus, chacun d’entre eux pouvant de la sorte se caractériser par son positionnement face à l’échelle de richesse dont il a été question plus haut.

Une définition des états de richesse et de pauvreté existe néanmoins, parfaitement compatible avec ce qui précède. Elle se fonde sur l’observation des conditions d’existence de chacun et, généralement admise, peut s’énoncer comme suit :
— Est pauvre celui qui n’a n’a pas de quoi satisfaire tout ou partie de ses besoins vitaux que sont : l’alimentation (il souffre de la faim ou de malnutrition) ; un abri (il ne dispose pas de quoi héberger dignement lui-même et sa famille quand il n’est pas privé du moindre refuge) ; l’habillement (il est dépourvu de vêtements en rapport avec la dignité qu’ils peuvent lui conférer et les conditions climatiques dans lesquelles il vit) ; l’hygiène et la santé – il n’a pas couramment accès au minimum de soins médicaux et ne dispose pas d’eau potable. Eu égard à la quasi-inexistence de sanitaires privés en certains lieux de misère, l’usage de toilettes collectives, même dépourvues d’eau courante comme le sont le plus souvent des installations de fortune, masque ce critère ; l’instruction (il ne bénéficie pas d’un enseignement qui lui permettrait l’apprentissage minimum de la lecture, de l’écriture et du calcul). Il faut savoir enfin que pour tenir compte de la montée des désordres et violences de toutes sortes partout dans le monde, et du degré particulièrement élevé de vulnérabilité des pauvres face à ce fléau, la sécurité est en voie de s’ajouter officiellement à la liste de ces indicateurs.
— les pauvres profonds se distinguent, à la marge inférieure de la pauvreté comme définie ci-dessus, par un revenu quotidien inférieur à un minimum déterminé, actuellement (fin 2016) fixé par l’ONU à 1,9 dollar. Chaque pays peut convertir ce montant dans sa propre monnaie, avec les distorsions qui peuvent en résulter, sachant que la satisfaction de tous ses besoins vitaux pouvant être considérée comme le minimum dû par la société à chaque individu, le niveau zéro de celle-ci se situe immédiatement au-dessous de la satisfaction de tous ces besoins vitaux. En d’autres termes, peut-être considéré comme pauvre profond, partout dans le monde, celui dont les besoins vitaux ne sont pas satisfaits dans leur totalité, que son revenu soit inférieur ou non à 1,9 dollar par jour.
— Est riche (ou aisé) celui qui a de quoi satisfaire tous ses besoins, vitaux et autres, et accède, dans une mesure extrêmement variable, au superflu.

Compte tenu des situations ainsi présentées et de l’impossibilité de fixer objectivement les limites aussi bien inférieures que supérieures de la richesse, contrairement à ce qu’il en est pour la pauvreté, dont la limite inférieure est parfaitement définie par la valeur zéro du dénuement total, le concept de classes moyennes s’est imposé et appliqué à des populations dont il a tantôt intégré tantôt exclu telle ou telle partie, au gré des courants de la pensée politique et sociale. C’est ainsi qu’ont figuré ou figurent parmi les classes moyennes aussi bien des “bourgeois”, des cadres supérieurs ou non, des commerçants, petits ou gros, des représentants de professions libérales, des intellectuels, etc. autant de dénominations dont l’hétérogénéité n’a d’égal que le flou et renvoie in fine à leur revenu, souvent improprement confondu avec un niveau de richesse lui-même sujet à bien des amalgames et approximations.

Au-delà de ces définitions et de leur imprécision, que ne parviennent pas à clarifier les coefficients, indices et autres paramètres auxquels il est souvent tenté de les ramener (PNB, PIB, indice de Gini, déciles, etc.)1, quelle que soit l’aune à laquelle la richesse d’un individu ou d’un groupe soit mesurée, pauvreté et richesse se définissent avant tout l’une par l’autre. Sans richesse pas de pauvreté et inversement. Il est donc proposé ici d’entendre par richesse ce qui constitue le patrimoine matériel et immatériel d’un individu comme d’un groupe, quelle qu’en soient la nature et la taille, ce qui conduit à la définition suivante, concernant la richesse globale de la société : Somme des richesses matérielles et immatérielles, naturelles et résultant de l’ensemble des activités de tous les membres de la société.

L’introduction de la notion de richesses naturelles dans cette définition, souligne le fait que la richesse de la société ne résulte pas des seules activités de ses membres mais inclut ce qui résulte de la prédation qu’ils exercent sur leur environnement naturel ; Un tel transfert de richesse, pouvant être lié ou non à ces activités.

Une échelle du bien-être – allant de la privation totale au plus grand superflu – pourrait se substituer à celle de richesse telle que définie ci-dessus, mais elle n’a pas été retenue pour tenir compte, d’une part de l’idée de richesse matérielle à laquelle l’opinion est accoutumée et d’autre part, de l’absence de sa référence explicite au phénomène de prédation.

Une graduation répondant à la définition retenue peut dès lors être associée à la pyramide sociale en partant de la base ou niveau zéro de celle-ci, comme déjà vu (cf. Fig.7). De la sorte, le niveau de richesse d’une strate (catégorie sociale) considérée de la pyramide sociale est celui auquel cette strate se positionne par rapport à l’échelle de richesse collective, ou globale, de la société.


Le couple pyramide sociale/échelle de richesse exprime alors conjointement :
— par le volume de la pyramide, l’importance de la population qui l’habite,
— par sa hauteur, rapportée à celle de l’échelle de richesse, le niveau de richesse collective de cette population.
— Par son positionnement face à l’échelle de richesse, le niveau de richesse de tout ou partie de cette population et en particulier de chaque catégorie ou strate la composant.

C’est ainsi, par exemple, que le moins pauvre des pauvres se positionne à mi-hauteur de ladite échelle, au même niveau que le moins riche des riches.
Mais encore faut-il, pour qu’un tel rapprochement soit représentatif des différences de niveau de richesse existant entre les composantes de la population de la pyramide sociale, que ces dernières soient elles-mêmes définies aussi précisément et objectivement que possible. Dans cet esprit, catégories sociales et classes sociales sont deux notions considérées ici bien distinctement. Alors que la classe sociale regroupe les individus en fonction de leurs revenus, comme leur classement en catégories socio-professionnelles (CSP) répond à leur répartition selon leur fonction économique, les catégories sociales visent à en segmenter la population selon les intervalles de l’échelle de richesse proposée au chapitre précédent, sans autres considérations. La notion de catégorie sociale est associée à cette échelle – dont la graduation est celle des niveaux d’une richesse telle que la définition de portée universelle en est proposée – pour permettre les comparaisons entre pays, régions et époques différentes. C’est aussi ce qui autorise le raisonnement qui suit, les schémas qui l’illustrent, et les chiffres qui en résultent.


1— Indice de Gini : « L’indice (ou coefficient) de Gini est un indicateur synthétique d’inégalités de salaires (de revenus, de niveaux de vie…) ». (INSEE). « Mathématiquement, le coefficient de Gini est équivalent à l’écart moyen relatif (l’écart moyen divisé par la moyenne pour le mettre à l’échelle) : il s’agit donc bien d’une mesure de dispersion de valeurs numériques ; dans le cas de revenus d’une mesure d’inégalité économique. » Wikipédia
Décile : « Si on ordonne une distribution de salaires, de revenus, de chiffre d’affaires…, les déciles sont les valeurs qui partagent cette distribution en dix parties égales. » (INSEE). Le décile facilite la segmentation de toutes valeurs, leur étude quantitative, leur mesure et la comparaison de leurs écarts, sous réserve toutefois de l’homogénéité de ces valeurs.

(À suivre)