Traductions

dimanche 16 avril 2017

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux - Suite 6

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux


Suite 6



Pauvres et riches
Comme déjà souligné, il est d’usage de la part de ceux à qui il arrive de s’y référer, de segmenter la pyramide sociale, davantage pour étayer des théories sociopolitiques parfois aussi sommairement compatissantes que révolutionnaires qu’à la recherche de ce que son étude pourrait révéler de durablement utile au progrès social. Leur partition arbitraire (cf. Fig. 3) ayant pour premier – voire unique – objectif de dénoncer les inégalités sociales, cherche à mettre en évidence pour ne pas dire en scène, comme s’il s’agissait d’une découverte, le fait qu’une infime minorité de riches détient la plus grande part des richesses de la société. L’obsession de l’injustice sociale conduisant à ne voir dans des niveaux de richesse que les signes de cette injustice, si elle peut paraître généreuse, ne fait que constater une situation a posteriori, en isolant certaines données avec pour seul effet d’attiser le désespoir des plus démunis sans rien changer à leur sort. C’est tout simplement omettre que l’apex de la pyramide sociale est constitué, comme dans toute pyramide, d’un point. Il en est ainsi, par exemple, lorsque Bill Gates, l’homme réputé être de nos jours le plus riche de la planète pour “peser” 90 milliards de dollars et plus, est cloué au sommet d’une pyramide sociale transformée en pilori, alors qu’il ne s’agit que d’une banalité… pyramidale. De tous temps d’autres ont occupé cette position, qu’ils se soient nommés Crésus, Guillaume Le Conquérant, Baron normand devenu roi d’Angleterre (1028-1087), qui a pesé 229,5 milliards de dollars ; Stephen Girard, armateur, banquier et philanthrope (1750-1831), 105 milliards de dollars ; Henry Ford Fondateur de Ford, (1863-1947), 199 milliards de dollars ; Mouammar Kadhafi, ex-leader libyen, (1942-2011), 200 milliards de dollars, etc. (entre autres exemples relevés sur le Web).

Ce faisant, nul ne semble se préoccuper des raisons profondes de ces constats, au-delà de ce qui peut être imputable à la cupidité et à l’égoïsme des uns ou à l’impuissance des autres. Or le but est ici, non pas de mettre la pyramide sociale au service de telles hantises, mais d’en faire l’outil d’une meilleure connaissance de notre condition sociale dans ce qu’elle a de fondamental. Toute stratégie d’amélioration réelle et durable de l’organisation et du fonctionnement de la société ne passe-t-elle pas en effet par cette connaissance, laquelle ne peut que refuser les a-priori. ? Or, certaines propriétés de la pyramide appliquées à la pyramide sociale s’avèrent être un moyen de déjouer ces derniers, en ce sens qu’elles expriment la relation y régnant entre catégories sociales, richesse et démographie.

C’est pour cette raison que la pyramide sociale, dont le volume est par convention représentatif de la population qui l’habite, est associée dans les schémas qui suivent à l’échelle de richesse telle que définie au chapitre précédent. Hormis les conditions du partage de la richesse collective – lesquelles relèvent d’une problématique non abordée ici –, la relation entre celle-ci et la population va de soi, dès lors que cette richesse résulte de l’initiative et de l’activité de tous, y compris ceux qui ne sont que consommateurs, ce qui est notamment le cas de ceux dont les activités et par conséquent la production sont nulles (chômeurs par exemple). Ceux qui produisent et ceux qui consomment, aussi peu que ce soit, relèvent de la même logique économique qui conduit à l’enrichissement de la société.

Laissant à d’autres le soin d’une formulation plus scientifique et d’un éventuel apport mathématique, le raisonnement repose donc sur la confrontation de la population structurée en catégories sociales, à une échelle indiquant aussi bien le niveau de richesse globale de cette population que celui de chacune des catégories qui la composent. Tous les habitants de la pyramide sont ainsi positionnés face à leurs niveaux de richesse respectifs ; depuis les plus pauvres se situant à sa base, jusqu’au plus riche situé à son sommet.

Richesse et pauvreté existant l’une par l’autre, cela requiert d’apprécier objectivement dans quel rapport, et pour cela de prendre la mesure dans laquelle se répartit la richesse collective entre catégories sociales. Il suffit pour cela, comme le représente la fig. 8, de faire coïncider la mi-hauteur de l’échelle de richesse globale de la société avec la mi-hauteur de la pyramide sociale. La partie de la population en occupant la partie supérieure, depuis ce plan de partage jusqu’à son sommet, constitue la catégorie des riches, alors que celle se situant entre ce même plan de partage et sa base représente la catégorie des pauvres, riches et pauvres se partageant la richesse globale par moitié. À partir de cette partition, un calcul élémentaire permet de déterminer les pourcentages du volume de la pyramide sociale abritant respectivement les riches et les pauvres, puis, le volume de la pyramide étant représentatif de sa population totale, d’appliquer ces pourcentages à cette dernière pour connaître le nombre de riches et de pauvres qui la composent. Comme indiqué fig. 8, les riches représentent 14 % de la population totale et les pauvres 86 % – valeurs proches de celles auxquelles conduit la loi de Pareto (cf.fig.5).




La partition de la société en deux catégories sociales s’avérant d’un intérêt limité et s’accompagnant de l’impossibilité déjà évoquée de fixer la limite les séparant, une troisième catégorie s’est imposée pour effectuer la transition nécessaire et en quelque sorte amortir l’écart qui sépare les riches des pauvres, ce qui ne va pas sans la tentation pour les économistes, les sociologues et les politiques, de considérer cette catégorie sociale intermédiaire – les classes moyennes – comme variable d’ajustement, avec les risques de manipulation qui en résultent, mais c’est une autre affaire. Quoi qu’il en soit, de la même manière que cela a pu être fait entre pauvres et riches, la répartition objective des niveaux de richesse collective entre les trois catégories sociales peuplant la pyramide sociale “moderne” peut aisément être fixée et représentée : fig 9. Il en résulte que le bas de la pyramide sociale ; là où logent les pauvres, représente 70 % de son volume, donc de la population qui l’habite, alors que le segment médian où résident les classes moyennes en représente 26.3 %, et le segment haut, ou sommet de la pyramide, abrite les riches à raison de 3,7 % de la population totale.



Pauvres et pauvres profonds
Le raisonnement qui précède ne peut s’exonérer de considérations touchant à une quatrième catégorie sociale, celle des pauvres profonds. Aboutissement d’une évolution observée sur deux millénaires, s’étant brutalement accélérée durant les deux derniers siècles, elle semble en effet appelée à peupler à elle seule une part importante de la pyramide sociale “post-moderne”

Aux époques pré-industrielles, du fait d’un progrès limité, celui-ci profitait à tous sensiblement de la même manière, sinon dans la même mesure. Par ailleurs, s’il existait déjà de grandes fortunes, elles étaient le plus souvent détenues par ceux qui avaient en même temps le pouvoir politique et/ou religieux, dont elles pouvaient paraître l’accessoire incontesté, dans une société à la conscience sociale balbutiante. Les écarts de richesse étaient ressentis comme naturels par des pauvres qui avaient tendance à se confondre en une seule pauvreté plus crédule, plus résignée et moins peuplée qu’elle l’est devenue. Depuis, le passage de la population humaine à plusieurs milliards d’individus a entraîné un développement démesuré de la pyramide sociale. En même temps, la richesse générée par l’activité d’une telle population et une productivité due au progrès et aux nouveaux moyens dont il était porteur a considérablement augmentée. Plus particulièrement au cours des dix-neuvième et vingtième siècles, le sommet de la pyramide sociale s’est élevé et sa base s’est étendue. Dans un contexte où le matériel l’emportait sur le spirituel, les pauvres dont le nombre croît inévitablement plus vite que celui des riches, précisément en raison la configuration de la partie de la pyramide sociale qu’ils occupent, ont progressivement pris conscience de leur condition et se sont organisés pour contester des écarts de richesse dont la croissance n’a pourtant fait qu’accompagner celle de la population et de sa richesse globale.

Mais cette évolution n’a pas seulement amplifié et multiplié les inégalités sociales, elle s’est accompagnée de la prolifération d’une nouvelle pauvreté résultant de l’accès des pays et régions les moins avancées du monde à l’industrialisation et à la modernité. Venu s’ajouter au “lumpenprolétariat” de Marx et autres laissés pour compte des avancées sociales, une sous-strate de la société, composé de miséreux s’appuyant directement sur l’extrême base de la pyramide sociale s’est consolidée, dont les occupants sont dorénavant qualifiés de “pauvres profonds”.

Alors que les conditions de vie sur terre tendent généralement vers leur amélioration, se sont installées celles de cette sous-catégorie sociale, composée majoritairement de victimes d’un exode vers des villes où rien n’est disposé à les accueillir ; répétition à l’échelle mondiale de l’exode rural qu’ont connu les pays occidentaux lors de leur industrialisation, aggravé par le flot croissant des victimes d’innombrables crises, désordres et violences économiques, ethniques, politiques, religieux, climatiques, etc.

Ce nouveau mode de vie, qui s’est progressivement ancré partout dans le monde, se caractérise aujourd’hui par la précarité extrême de centaines de millions d’êtres humains, dont l’aspect le plus visible est l’habitat. Les bidonvilles pourraient compter 900 millions d’habitants en 2020 selon l’ONU, les camps qui se multiplient ne parvenant pas à endiguer le flot de ceux qui les peuplent, pas davantage que des barrières, murs et clôtures toujours plus longs, plus hauts et plus nombreux. « Loin d’être l’exception que l’on évoque généralement dans un cadre humanitaire ou sécuritaire pour en justifier l’existence, les camps [et les murs] font durablement partie des espaces et des sociétés qui composent le monde aujourd’hui. » (“Un monde de camps” – Clara LECADET et Michel AGIER – éditions La Découverte) ; des vêtements hérités de moins pauvres qu’eux, quand ils ne sont pas faits de haillons ; une nourriture constituée de restes et de déchets, pour ceux qui n’ont pas la chance de bénéficier d’initiatives amplifiant le concept de “soupes populaires” propres aux grandes crises, se multipliant sous les formes et les appellations les plus diverses ; un manque d’hygiène et de soins, avec pour conséquence un état de santé propice au développement de maladies et à la contagion, que combattent de nombreuses organisations tant privées que publiques hissées, par leur nombre et leurs budgets, au rang de véritables puissances économiques et politiques ; et enfin, un criant défaut d’éducation. Autant de caractéristiques, d’ailleurs officiellement reconnues par les institutions au plus haut niveau (Banque Mondiale, ONU, UNESCO…) pour qualifier ce niveau de pauvreté, qui indiquent à quel point la pauvreté, plutôt que de reculer comme le prétendent des observateurs frappés de cécité, se développe au contraire du fait de la multiplication de crises, toutes plus ou moins directement imputables à l’augmentation de la population humaine. Le Figaro.fr du 09 nov 2015 titrait : « Climat : 100 millions de pauvres en plus d’ici 2030 si rien n’est fait. À 21 jours de la COP 21, la Banque mondiale alerte dans un rapport sur les risques du changement climatique pour les populations les plus vulnérables. ». Ce sont effectivement les plus vulnérables qui feront les premiers les frais du réchauffement climatique, comme ils font ceux d’autres “réchauffements”, tous résultant d’une démographie planétaire vécue depuis des décennies et des siècles, dans l’imprévoyance la plus complète, s’il ne s’agit pas plus simplement d’inconscience, ou pire encore, d'un refus de regarder la vérité en face. Quoi qu’il en soit, la pauvreté ayant jusqu’ici participé au peuplement de la pyramide sociale se définit dorénavant d’une nouvelle manière, résultant de la modernité et du progrès. N’est-ce pas en effet ce dernier et plus précisément l’augmentation de richesse de la société qui l’a accompagné qui, par un accroissement constant de l’écart entre le sommet et la base de la pyramide sociale a entraîné la multiplication des pauvres relatifs et l’apparition puis la multiplication parmi eux de pauvres profonds dont le sort n’aurait pas été envié par les plus pauvres des pauvres des époques pré-industrielles ? Irions-nous vers une partition de la société, non plus en 3 mais en 4 catégories sociales ?


---------------------

Note

Une synthèse du contenu de ce blog ayant fait l’objet d’une publication en versions papier et eBook chez Amazon, sous le titre "Surpopulation humaine – La cause de tous nos maux” , il suffit de cliquer sur l’image de couverture ci-contre pour y aboutir.

Toutefois, en vue de permettre à tout visiteur n’ayant pas les moyens de s’offrir une lecture payante, de pouvoir s’y livrer gratuitement, les chapitres de ce livre font l’objet de leur présente publication en accès libre, avec possibilité de copie à condition d'en citer la source. Sachant que l’auteur se prive ainsi de la vente de son ouvrage et des moyens d’en financer le service à la presse, traditionnellement effectué à titre gracieux, il remercie chacun de son attention, mais spécialement tout acheteur pour sa contribution à son effort.

La dernière édition (mars 2017) a remplacé la précédente, qui comportait de nombreuses erreurs résultant de la mise en ligne d’un fichier brouillon. Les acquéreurs de l’édition erronée peuvent en obtenir gratuitement l’échange sur simple demande formulée par mail à hermes.cy@gmail.com.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci aux visiteurs qui se donnent la peine de laisser leurs commentaires et critiques.