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samedi 1 avril 2017

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux - Suite 4



Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux


Suite 4


Plus ou moins inspirées par une telle angoisse, diverses figures – au demeurant réductibles à des ébauches de pyramides pour nombre d’entre elles – sont employées pour représenter la société humaine. Répondant davantage à des finesses de segmentation qu’à une synthèse, les rhomboïdes tels que la « toupie”, le “sablier” ou la “bouteille de Coca-Cola” ; le losange, le “diamant”, la “pagode”, la “tour Eiffel” et autres strobiloïdes, le cylindre, la combinaison de cercles ou encore la nébuleuse n’y changent rien et la pyramide demeure dans son universalité, compréhensible instantanément et par tous.

La pyramide sociale exprime clairement une hiérarchie allant de son sommet vers sa base, comme il en a toujours été, du père avec ses enfants, du maître avec ses élèves, de l’élu avec les citoyens, du prêtre avec ses ouailles, du patron avec ses collaborateurs, du chef avec ses subordonnés, etc. Celui qui détient les attributs du pouvoir que sont l’argent et le savoir – ou est censé les détenir, l’illusion et l’imposture existant là comme ailleurs –, l’exerce sur ceux qui ignorent et exécutent dans l’attente d’en être à leur tour les détenteurs. Et chacun tire sa propre autorité de celle sous laquelle il est placé, d’abord par les hasards de sa naissance et ensuite par ses propres efforts et des circonstances qui lui seront plus ou moins favorables. Quoi qu’en disent ceux qui contestent cet ordre des choses, prédisent son abolition et y œuvrent, il en est de même des structures les moins formelles et apparemment les moins hiérarchisées. Il n’est pour s’en convaincre que de penser à la du plus emblématique d’entre elles qu’est de nos jours Internet. Aussi étendue, diversifiée et diffuse soit-elle, ses membres s'inscrivent eux aussi dans une hiérarchie ; sont soumis à des directives venant “d’en haut” ; se comportent selon des orientations définies et coordonnées à un sommet ou siègent ceux qui ont conçu et gèrent le Web, ainsi que des leaders d’opinion et des maîtres à penser d’un nouveau genre, devant tout à un droit d'expression (presque) illimité pour (presque) tous, donnant l'impression d'une égalité qui ne change rien à l'échelle des savoirs et des capacités d'expression de chacun. C’est donc encore et probablement pour longtemps le primat de richesse – apparemment autant intellectuelle que matérielle dans le cas d'Internet –, de hiérarchie et d’autorité, ainsi que les relations de dépendance et d’interdépendance qui en découlent, qui structurent la société des hommes avec ses inégalités, qui s’ajoutent à une altérité naturelle, et se combinent avec à tous égards avec celle-ci.

Le degré d’autorité comme de dépendance qu’exprime la position de chacun dans la pyramide sociale, est d’abord celui dont il hérità sa naissance. Celui qui loge à sa base procrée à sa base et il en est de même pour celui qui loge à son sommet ou en un point quelconque de la pyramide sociale. Cette situation peut évoluer ensuite, au hasard des circonstances et selon les facultés de chacun (talent, force, intelligence, imagination, initiative, esprit d’entreprise, etc.) et s’exprimer pour le meilleur et pour le pire, mais toujours à partir de son "hérédité sociale".

Pourtant, le terme même de “Pyramide sociale” est tellement ignoré des sociologues qu’il ne figure pas davantage que sa définition dans le Dictionnaire de la sociologie (Larousse, 1989), à la rédaction duquel ont pourtant contribué 62 chercheurs, professeurs d’université et autres experts en sciences humaines. Et au moment où sont écrites ces lignes (20l6), il en est de même sur une vingtaine de sites internet dédiés aux questions de sociologie, y compris le lexique publié en ligne sur celui de l'Institut des Sciences Économiques et Sociales. Pourtant, “corps social” n’est jamais aussi bien employé que lorsque la pyramide le représente. Des déformations circonstancielles peuvent l’affecter, mais elle conserve sa forme générale caractérisée, selon le nombre (et la richesse collective) de ceux qui l’habitent, par un volume plus ou moins développé, à la cime plus ou moins élevée, d’où s’étagent, jusqu’à sa base, des strates à la fois de plus en plus peuplées et de moins en moins riches, tant d’argent que de savoirs.

Nota – Avec le souci d’une simplification communément admise, conduisant à représenter la sphère par un cercle, la pyramide est réduite ci-après à l’image en deux dimensions d’un triangle. Par ailleurs, le raisonnement se voulant global se satisfera d’une figure lissée, c’est-à-dire exempte du crénelage (cf. côté g. et dr. de la fig. 4) inhérent à la multitude de strates en lesquelles peuvent être répartis les niveaux de richesse (et de pauvreté) des membres de la société. Si de savantes études peuvent nécessiter une segmentation toujours plus fine, elle est hors de propos ici.


Depuis que son niveau de vie, évalué d’après son pouvoir d’achat, son revenu, son patrimoine ou tout autre signe différenciateur de richesse matérielle est censé résumer la condition sociale de l’homme moderne, c’est la richesse – ou la pauvreté – de leurs habitants, qui distingue avec plus ou moins de précision les strates de la pyramide sociale. C’est d’abord le sommet, où siègent les nantis, dominés eux-mêmes par le plus fortuné d’entre eux ; puis s’empilent les individus de moins en moins riches, jusqu’à une base peuplée des plus pauvres.

Le parti pris avec lequel la pyramide est utilisée pour représenter la société (Fig. 3), en y positionnant et dimensionnant les populations de pauvres et de riches selon ce qu’inspire à chacun son idéologie, manque souvent d’un minimum d’objectivité, sans pour autant rien changer à la réalité. Inversement, une segmentation de la population dictée par le souci du détail que peut exiger une étude sérieuse (fig. 4) éloigne l’observateur d’une synthèse essentielle. Outre le fait que les fluctuations de l’histoire elles-mêmes ne peuvent rien changer à la structure pyramidale de la société, nous nous en tiendrons donc à un positionnement relatif des riches et des pauvres.






Une autre représentation répond à la loi de Pareto (Fig. 5), mais la population – comme d’ailleurs la masse de la richesse de la société – s’en trouve limitativement scindée en deux parties. Or la pyramide sociale n’a pas cessé de se développer sous la poussée démographique pour atteindre un volume tel, qu’il rend une telle partition trop élémentaire pour en tirer d’autres conclusions que sommaires. De plus, l’accumulation des richesses de la société résultant de l’activité de tous ses membres ainsi que du progrès que ces activités ont fait naître et permis de promouvoir, ne peut plus se satisfaire d’une partition manichéenne entre riches et pauvres. Une catégorie sociale intermédiaire regroupant les “classes moyennes” est donc apparue, ne modifiant pas le regard porté sur la pyramide sociale, mais permettant d’affiner le rapport existant entre catégories sociales ainsi que les mécanismes démographiques auxquels ce rapport est soumis, quelle que soit l’échelle à laquelle il s’établisse : nations, régions, continents ou planète entière. La croissance de la population ayant pour corollaire celle de sa richesse, impose cette vision dont ne peut que procéder toute autre : celle d’une pyramide sociale dont les strates, quel qu’en soit le nombre, se positionnent objectivement et en permanence par rapport aux différents niveaux d’une échelle de richesse commune.


C’est dans ces conditions qu’il est proposé de s’interroger sur la manière dont l’homme a combattu une adversité naturelle et les maux qui en découlent – dont la pauvreté. Plutôt que de procéder par une archaïque lutte des classes ignorant délibérément les aspects fondamentaux de la condition humaine, au-delà de ce qui oppose les pauvres aux riches, et ayant partout et de tous temps fait la preuve de ses insuffisances, n’y aurait-il pas lieu de concevoir la société comme une combinaison de facultés et de pouvoirs interdépendants, voués à la solidarité, envers et contre tout et d’agir en conséquence, plutôt que de s’entêter dans un antagonisme sans issue n’ayant pour résultat que d’aggraver frustrations et tensions ?

C’est la conception d’une société évoluée comme est censée l’être celle des êtres supérieurs que prétendent être les hommes, qui inspire, en s’appuyant sur l’observation de faits et de chiffres 


irréfutables, les bases d’un raisonnement méthodique se référant à des propriétés empruntées à la pyramide, en raison d’un constat d’une simplicité n’ayant d’égal que son évidence : À ses dimensions près, qui croissent et décroîtraient avec sa population, la structure générale de la pyramide sociale est immuable (Fig.6).

Alors que riches et pauvres se sont différenciés pendant des siècles dans une société dont les membres se comptaient par centaines de millions et étaient organisés en conséquence, de manière relativement simple, ils se comptent par milliards dans la société actuelle et y sont organisés de manière infiniment plus complexe. Et si la partition entre riches et pauvres n’en demeure pas moins, elle requiert, pour être aussi objectivement que possible analysée et affrontée, une segmentation n’ayant plus rien de binaire.

Comme déjà souligné, la pyramide sociale a toujours été habitée, quels que soient les époques et les lieu considérés (pays, régions, continents, Terre entière), par deux populations se différenciant par leur richesse (ou leur pauvreté). Les riches en occupent le sommet – mobile et s’élevant depuis les origines de la société, proportionnellement à l’accroissement de son volume, lui-même représentatif de la population totale qui l’habite. Le plus fortuné à son apex, domine les autres jusqu’aux moins riches d’entre eux, qui voisinent avec les moins pauvres des pauvres. Les pauvres occupent quant à eux la partie inférieure de la pyramide sociale, depuis une base qui contrairement à son sommet est inamovible. C’est là que se situe la multitude des plus démunis. Au-dessous de ce qui est en même temps l’extrême limite inférieure de la pyramide sociale et le niveau zéro de la richesse, nul être humain ne peut descendre.

Une précision toutefois sur ce dernier point : La richesse matérielle étant assortie de la notion de “crédit”, celui qui doit plus qu’il ne possède pourrait être considéré comme se situant au-dessous du niveau zéro de cette richesse, ce qui contredirait le principe selon lequel nul ne le peut, sans être frappé d’exclusion sociale. Or il n’en est rien, car d’une part ce qui est dû par tout débiteur est à porter au compte de son créancier, et d’autre part le débiteur, à défaut d’être riche de sa dette, le reste des garanties qu’il offre en échange. Ceci contrairement à ce qu’il en est pour un pauvre – a fortiori profond – dont les garanties sont inexistantes par définition. À noter au passage la mesure dans laquelle ce raisonnement s’applique à la dette publique, garantie par la richesse globale de la société, ce qui permet à ceux qui la contractent au nom de cette dernière, de la faire croître quasi impunément.

Richesse s’entendant ici au sens le plus large du terme, ce sera l’objet du prochain chapitre que d’en rechercher une définition et une graduation auxquelles puisse se rapporter une population aussi diversifiée qu’elle puisse l’être par les avoirs de ses membres. De simples schémas, échappant à une sophistication qui ne fait que masquer la vérité, comme l’embrouillamini des buissons cache l’arbre qui cache la montagne… ou la pyramide, démontreront ensuite la façon et la mesure dans lesquelles les propriétés de cette dernière constituent autant de mécanismes axiomatiques en rapport avec la condition sociale de l’homme.

(à suivre)

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Note

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