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mercredi 12 avril 2017

Présidentielle – À méditer avant de voter


« … les hommes sauront alors que, s’ils ont des obligations à l’égard des êtres qui ne sont pas encore ; elles ne consistent pas à leur donner l’existence, mais le bonheur ; elles ont pour objet le bien-être général de l’espèce humaine ou de la société dans laquelle ils vivent, de la famille à laquelle ils sont attachés, et non la puérile idée de charger la terre d’êtres inutiles et malheureux » Condorcet


«… les hommes sauront alors que, s’ils ont des obligations à l’égard des êtres qui ne sont pas encore ; elles ne consistent pas à leur donner l’existence, mais le bonheur ; elles ont pour objet le bien-être général de l’espèce humaine ou de la société dans laquelle ils vivent, de la famille à laquelle ils sont attachés, et non la puérile idée de charger la terre d’êtres inutiles et malheureux » Condorcet

Macron a encore beaucoup à apprendre avant de donner de la voix et Mélenchon se trompe, avec ceux qu'inspire une compassion dévoyée à l'égard d’une pauvreté dont ils font le terreau de leurs utopies et sur lesquels ils prospèrent eux-mêmes en faisant le jeu des pires extrémismes. Et ils trompent ceux qui les écoutent, à commencer par tous ceux qui s’assimilent démagogiquement aux défavorisés. Comment peuvent-ils tous ignorer que richesse et pauvreté existent fatalement l'une par l'autre et que de manière tout aussi incontournable, chacun d’entre nous est le riche ou le pauvre de plus riche ou de plus pauvre que soi ?

La démesure de certaines fortunes et les écarts de richesse qui en découlent et ne cessent de croître, résultent d'un enrichissement collectif qui n'a pas cessé d’augmenter depuis que l'homme existe, alimenté par l’industrie d’une population elle-même proliférante. Dans le même temps, la pauvreté – qui représente structurellement 70 % de cette population –, a continué d’occuper les niveaux les plus bas de la pyramide sociale, que l'homme habite depuis son sommet jusqu’à sa base, sans en laisser le moindre espace vacant. C’est là qu’est le fond du problème. Et c’est l’esquiver que de prêcher la révolution, qui n’est que le remplacement d’un pouvoir aveugle par un autre qui tient sa lorgnette par le mauvais bout. C’est en outre négliger qu’une révolution chasse l'autre et que toujours la pyramide sociale se reconstitue, avec son sommet et sa base, où vont loger les riches et les pauvres, selon les hasards de leur naissance, même si la condition de quelques-uns peut changer ensuite, au gré des capacités, des talents et de la chance de chacun, ainsi que de circonstances que nul ne peut impunément manipuler et encore moins instrumentaliser à son profit.


Le partage des richesses est tout autre chose qu’un égalitarisme obsessionnel, dicté par une idée aussi archaïque que sommaire de la société. La première forme de ce partage doit être l’investissement de leurs capitaux par ceux qui en disposent et qu’il s’agit d’encourager à le faire dans leur pays, plutôt qu’à stupidement les pousser à financer des économies concurrentes. Seulement alors, la solidarité de ce pays doit et peut jouer son rôle, pour n’oublier aucun de ses citoyens que les bienfaits du progrès n’atteignent pas ou atteignent insuffisamment. Pour cela, il suffit de se souvenir des paroles de Condorcet ainsi que de l’adage selon lequel en bon père de famille, il faut gagner avant de dépenser.

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