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vendredi 24 mars 2017

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux - Suite 2


Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux

Suite 2

2. Avant-propos

Que la société des hommes soit hiérarchisée et tissée d’interdépendances n’emporte, de la part de ceux qui se rendent à cette évidence, ni résignation ni le moindre abandon de la plus petite parcelle de leur volonté d’améliorer leur condition. Et reconnaître la pyramide comme représentative de cet état de fait, n’est pas davantage s’égarer dans l’ésotérisme.

C’est plus pragmatiquement une façon d’identifier, par la simple observation de la réalité et sans prétentions scientifiques, l’origine profonde des maux d’ordre social dont souffre l’humanité, et de se donner ainsi la possibilité de les combattre en connaissance de cause. Au lieu de cela, plus l’homme s’est avancé et s’avance sur le chemin du progrès, moins il a toléré et tolère cette vision pyramidale de sa condition, allant jusqu’à la refuser sous prétexte d’incompatibilité, tant avec sa dignité qu’avec son idéal de justice sociale.

Or la cause majeure des difficultés qu’il éprouve dans la poursuite d’un tel idéal ne résulterait-elle pas précisément de son aveuglement, puisqu’il se prive de la sorte d’un moyen essentiel de discerner, au-delà des croyances et des dogmes tant religieux que politiques ou sociaux, les lois et mécanismes fondamentaux qui régissent ses rapports avec ses semblables ? Ce sont ces mécanismes qui sont décrits ici dans toute leur simplicité, en mettant en évidence la relation incontournable qui existe entre la structure de la société, le nombre de ceux qui la composent, et l’accroissement constant de leurs richesses communes, matérielles comme immatérielles.

La pyramidologie sociale se veut une théorie à caractère sociologique, s’adressant à qui admet que toute structure hiérarchisée, naturellement ou non, à commencer par la société des hommes, peut être représentée par une pyramide.

Descriptive et réaliste, la pyramidologie sociale n’est pas une idéologie. Si elle est susceptible d’en susciter une, comme toute spéculation livrée à l’imagination des uns et des autres, elle est surtout un outil s’offrant à chacun pour l’engager à concevoir les limites de ses utopies sociales, par l’observation et un raisonnement pragmatique. Il suffit pour cela à qui veut en user, d’accepter la remise en cause de ses propres croyances.

À en juger par la persistance des revendications les plus élémentaires émanant de pauvres toujours plus nombreux, si Marx et bien d’autres, avant lui et depuis, avaient reconnu ou s’étaient souvenus de la pyramidologie sociale, peut-être n’auraient-ils pas entraîné l’humanité dans les égarements de la dictature du prolétariat, non moins redoutables que ceux du capitalisme. Ceux qui s’obstinent à cultiver leur pensée totalitaire, ne conduisant qu’à l’égalitarisme, devraient y réfléchir ; et davantage qu’eux, ceux qui les écoutent et les croient. Ceci est d’autant plus nécessaire et urgent que la prolifération de l’espèce aggrave chaque jour la condition humaine, à commencer par celle des plus pénalisés par les hasards de leur naissance et les aléas de l'existence. Les inégalités sociales augmentent inexorablement avec la population, le progrès, et l’enrichissement de la société ; ces deux derniers critères, indissociables compagnons de la croissance, répondant à l’aspiration sans limites de l’homme qui est d’améliorer sa condition. Chacun s’y évertue obstinément depuis toujours, y appliquant les atouts dont il est doté de manière très inégale lorsqu’il vient au monde. Et c’est ainsi qu’a inlassablement évolué la société, au bénéfice de tous, dans tous les domaines. Envers et contre tout, la somme des besoins et des efforts individuels meut un ascenseur social collectif dont la puissance croît avec le nombre de ceux qui l’actionnent, mais ce nombre a dorénavant manifestement atteint et dépassé des limites que lui impose la nature, au point d’entraver le fonctionnement de cette belle mécanique, tel qu’il a pu en être jusqu’au xixes, époque à laquelle la population mondiale atteignait le quart environ de ce qu’elle est devenue 100 ans plus tard. C’est depuis, que le développement de la pauvreté est le plus flagrant, alors que dans le même temps la richesse est paradoxalement frappée de démesure. C’est aussi depuis que se sont manifestés et perdurent les dommages infligés de manière irréversible à notre environnement planétaire, qu’il s’agisse de prédation ou de pollution, outre une incompatibilité croissante avec des idéaux démocratiques dont les fondateurs avaient déjà prévu qu’ils ne résisteraient pas à un accroissement incontrôlé du nombre de citoyens ; alors même qu’il n’était pas encore marqué par la diversité et la multiplicité des cultures s’étant manifestées et développées depuis. Montée des populismes, des extrémismes, de l’intolérance, autant de signes d’une saturation de l’ordre établi

La surpopulation mondiale apparaît de la sorte comme la cause fondamentale de dommages sociaux et environnementaux contre lesquels toutes mesures resteront vaines, tant qu’elle n’aura pas été réduite et d’abord stabilisée.

Il en est notamment ainsi des inégalités sociales. Atteignant des niveaux records, elles sont promises à croître encore, en dépit des luttes que l’homme livre sur tous les fronts depuis qu’il existe et des politiques les plus compatissantes qu’il puisse adopter. Résultant de la combinaison d’une démographie galopante et de l’enrichissement collectif qui s’ensuit, seule la réduction de la population – par une dénatalité consentie – permettra d’en maîtriser la croissance dorénavant frappée de déraison. C’est ce que veut démontrer la pyramidologie sociale.

« Ainsi l’homme a depuis des siècles ressenti l’angoisse ou au moins l’étrangeté, la bizarrerie de son existence. Cependant nous n’avons pas encore un traité quelque peu consistant de la condition humaine. J’atteignais l’âge d’homme lorsque parut le roman d’André Malraux. Je me rappelle l’étonnement, l’irritation, presque la colère, qu’un tel titre ait pu être disponible pour un roman, si poignant puisse-t-il être. Quoi ? La condition humaine1 n’était pas le titre d’un grand ouvrage de philosophie ? Il pouvait, sans que personne s’en étonne désigner le récit d’un obscur épisode révolutionnaire exotique à personnages fictifs ? Cela me fit savoir combien l’humanité a peu conscience d’elle-même, et par quels moyens anecdotiques elle commence à se découvrir. L’âge mental de l’humanité est comparable à celui d’un enfant de dix ans. La condition humaine, ou Les malheurs de Sophie. »2.

L’humanité a-t-elle mûrie depuis que Jean Fourastié a écrit ceci ? Bien peu, à en juger par des revendications sociales croissant en dépit d’un progrès aussi indéniable que considérable. Mais peut-être nous en fournit-il la raison, quand il poursuit : « ce qui manque le plus à l’homme ce sont les synthèses ». En effet, dans un monde dont la complexité croît indéfiniment avec le nombre, quelle synthèse est permise quand les experts eux-mêmes sont confrontés à l’amoncellement de savoirs aussi divers qu’approfondis ; à leur enchevêtrement les rendant de plus en plus impénétrables. Et comme si cela ne suffisait pas, chacun est enfermé dans sa spécialité, ce qui ne peut conduire qu’à des “synthèses partielles”, lesquelles nous éloignent autant et davantage de la Connaissance qu’elles nous en rapprochent.

D’ailleurs, absorbé par son quotidien, l’homme n’est peut-être pas autant préoccupé de son sort qu’il le prétend et qu’il le devrait. Peut-être, habité par une forme de sagesse qui après tout en vaut bien une autre, préfère-t-il simplement ne pas s’en soucier, tant ceci peut lui paraître vain. L’auteur n’a pas, en tout cas, la prétention de fournir ce traité de la condition humaine dont Jean Fourastié regrettait qu’il soit absent des bibliothèques. Il lui semble par contre que la mise en évidence des aspects fondamentaux de cette condition, telle qu’elle résulte d’une observation à la portée du premier venu, pourrait utilement contribuer à son avènement, et c’est ce qui sera tenté dans les pages qui suivent.

Bien que Wikipédia indique que « La pyramidologie [soit] un terme utilisé, parfois avec mépris, pour se référer aux diverses spéculations concernant les pyramides… » et que les occurrences mentionnant ce vocable ne manquent pas sur internet, “Pyramidologie” n’a pas davantage été trouvé dans le TLF (Trésor de la langue française – CNRS) que dans le Larousse, le Littré ou le Robert. Dénuée de mépris autant que d’ésotérisme, la pyramidologie sociale s’offre donc ici comme un néologisme désignant l’étude de la représentation pyramidale de la société des hommes (Fig.1), banalement semblable à toute structure hiérarchisée, que ce soit naturellement ou non.

1— La condition humaine, roman d’André Malraux, prix Goncourt 1933

2— Jean Fourastié Ce que je crois, p.42 – Éditions Grasset – 1981




(À suivre)


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Note


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