Traductions

vendredi 19 mai 2017

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux - Suite 7

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux
Suite 7




Irions-nous vers une partition de la société en 4 catégories sociales, comme l’illustre la figure 10 ci-dessus ? La pyramidologie sociale soulève en tout cas cette question et tente d’y répondre plus loin.

Mais d’abord, pour clore le présent chapitre, une parenthèse doit être consacrée à la “pyramide des savoirs”, autre pyramide des richesses de la société, non plus matérielles mais immatérielles. Qu’ils soient manuels ou intellectuels, scientifiques ou techniques, il n’est pas anodin de constater que les compétences qu’ils déterminent et la répartition des tâches qui en résulte s’y organisent comme au sein de la pyramide sociale explorée jusqu’ici. Dans un même entrelacs de relations et d’interdépendance, tous ses occupants concourent au même but qu’est l’amélioration jamais achevée de la condition humaine. Savoirs et compétences s’y positionnent dans la chaîne des activités requises par l’accomplissement de tâches collectives au service d’un progrès non moins incessant.

En prenant pour exemple le secteur bien connu du bâtiment, chacun conçoit aisément la hiérarchie fonctionnelle dans laquelle chacun y contribue. Depuis ceux qui décident d’une construction et en assurent la faisabilité par son financement, jusqu’au manœuvre, maniant la brouette et la pelle sur un chantier, en passant par une multitude d’autres acteurs, tels que l’architecte et ses aides, le fabricant de matériaux, les entreprises de construction, etc., toutes les compétences interagissent, celles du sommet transmettant leur pouvoir à celles de la base en le démultipliant (figure 11).



Toutefois, contrairement à ce qu’il en est pour la richesse matérielle qui par nature est mesurable et peut donc donner lieu à chiffrage et à distribution entre individus et catégories sociales, les savoirs sont sujets à des comparaisons plus nuancées, portant sur leurs niveaux, eux-mêmes différenciés par des difficultés et délais d’acquisition attestés par des diplômes ou autres signes de reconnaissance ; autant de critères échappant à une comparaison chiffrable. Mais si les savoirs du manœuvre ne sont pas moins respectables que ceux d’un ouvrier qualifié, de son chef d’équipe ou d’un architecte, ils n’en sont pas moins différemment rémunérés, du fait qu’une plus grande valeur est accordée à ce qui est rare qu’à ce qui est commun. En d’autres termes, c’est l’investissement qu’a nécessité l’acquisition d’un savoir – ou d’un savoir-faire – et le nombre de ceux qui sont en mesure de l’offrir, qui détermine sa valeur. D’où une sorte de renvoi à la pyramide des richesses matérielles de la société, à travers la rémunération des producteurs de cette richesse, renvoi qui s’accorde avec le destin économique de l’être humain et le confirme.

D’autant plus que la “pyramide du bâtiment” s’intègre à l’universelle « pyramide des savoirs » (fig. 12), constituée de la multitude d’autres pyramides, représentatives d’autant de secteurs d’activités qu’il peut en être d’utiles à la réalisation des progrès de l’humanité : santé, éducation, agriculture, innombrables industries et commerces, etc., sont autant de sources de l’amélioration constante de la condition humaine, dans un développement économique dont résulte un enrichissement matériel incessant de la société, précisément dû à ceux qui sont toujours plus nombreux à acquérir et à exercer leurs savoirs pour satisfaire leurs besoins vitaux comme superflus.



Est ainsi démontrée la primauté de la structure naturellement pyramidale de la société dans les relations existant entre les hommes sur leur cupidité, leur égoïsme ou leur indifférence, contrairement à ce qu’en pensent sommairement les tenants – laïcs comme religieux – d’une lutte des classes plus ou moins violenteEt ce n’est pas méconnaître les travers de la nature humaine que d’affirmer que leur responsabilité est immense, quand ils ignorent cette vérité première ou n’en tiennent pas compte. Ils ne font alors qu’exciter la colère, l’envie et le ressentiment que peuvent susciter les inégalités sociales avec trois conséquences majeures, d’ordre démographique, économique et environnemental, s’enchaînant irrémédiablement.
- Démographique, parce que le fait que les pauvres soient toujours plus nombreux à se presser à la porte du malheur leur paraissant insuffisant, ils les encouragent à proliférer, avec l’espoir toujours déçu que le nombre impose sa loi.
- Économique, parce que toute augmentation de la population s’accompagne de l’augmentation de ses besoins vitaux et accessoires et nécessite en conséquence la mise en œuvres de moyens de production supplémentaires, consommateurs de toujours plus de ressources et d’énergie ; l’enrichissement collectif résultant de ce surcroît d’activités, sous forme de rémunération du travail et des capitaux engagés, ne faisant que creuser les inégalités sociales.
- Environnemental, parce qu’une croissance démesurée, ne peut pas aller sans une démesure de ses déchets et de la pollution, ni sans l’épuisement, à plus ou moins bref terme, de ressources non renouvelables.

N’est-il pas dès lors évident qu’une redistribution dictée par la seule compassion puisse n’avoir que des effets palliatifs ? Or qui se préoccupe de ces causes et en particulier des deux premières d’entre elles, en progression constante depuis que l’homme a entrepris son œuvre civilisatrice et en particulier depuis la première révolution industrielle ? Combien de ceux qui se font les défenseurs des pauvres, tiennent compte de la mesure dans laquelle l’injustice sociale dépend avant tout d’une croissance démographique sans limites, dans sa relation avec celle des richesses de la société ? Combien admettent que le nombre de pauvres étant le premier indicateur de la pauvreté, c’est sur ce nombre qu’il faut agir en priorité ? Combien ont conscience que la seule possibilité réelle et durable qu’ont les hommes d’accéder à un équilibre, non seulement avec leur habitat mais en rapport avec leurs ambitions sociales, en évitant à leurs semblables les plus déshérités une aggravation incessante de leur condition, réside dans la réduction de la population à l’échelle planétaire, a fortiori compte tenu d’une mondialisation résultant d’un progrès irréversible ?

C’est l’absence de réponse à ces questions, telles que les pose une analyse de la richesse et de la pauvreté s’appuyant sur la pyramidologie sociale, qui explique la récurrence des revendications des plus démunis et de ceux qui les soutiennent en se trompant aussi maladroitement de priorités. Avant le partage, obsession sommaire et trop souvent hypocrite d’une pensée dominante devant tout aux sentiments, le meilleur équilibre possible entre richesse et pauvreté doit être recherché avec pragmatisme, faute de quoi la déraison humaine et une nature n’en pouvant plus d’être autant polluée que pillée s’en chargeront impitoyablement. Et c’est sur les mécanismes dont dépend cet équilibre, à commencer par la démographie, qu’il faut agir d’urgence. Là est la révolution, non violente, chaque jour plus indispensable à la société.

D’ailleurs, au critère démographique près, d’autres ont exprimé cette nécessité. Il n’est pour s’en rendre compte, que de se reporter à la « loi de Kuznets ». «… pas toujours facile d’expliquer qu’il vaut mieux une société où les revenus vont de 1 à 400 [et davantage] qu’une société plus égalitaire où ils vont de 40 à 80 »1


1— Les nouvelles lois de l’économie – Le Point – 21 avril 2016


(à suivre)



jeudi 11 mai 2017

De la pyramide du Louvre à la pyramide sociale

Combien de ceux qui se sont réunis au Louvre pour célébrer la victoire d’Emmanuel Macron, ont-ils conscience de ce que représente socialement la pyramide ? En tout cas, en dépit de sa transparence, celle du Louvre ne le révélant pas spontanément, conscients ou non, ceux qui dansaient autour devraient s’en préoccuper, tant il est vrai qu’il soit plus que jamais indispensable que les vérités de la pyramide sociale soient clairement reconnues par chacun.

« Montrer que les intérêts de la France passent avant ceux d’un parti ; c’est comme cela que l’on peut rompre avec les vieilles habitudes politiques » proclament les vertueux, mais cela ne suffira pas. Les causes de notre situation et des polémiques sans nombre et sans fin qu’elles suscitent ne datent pas d’aujourd’hui et ne se limitent pas à la France, qui ne fait, dans une large mesure, que subir une évolution contre laquelle sont désarmés ses représentants les mieux intentionnés, les plus compétents et les plus expérimentés. Comme les autres pays, et plus encore si elle veut conserver son rang dans le concert des nations, la France doit compter avec une mondialisation inexorable, allant bien au-delà des aspects économiques et sociaux auxquels se limitent tous ceux qui la regardent se renforcer chaque jour, en croyant qu’il suffise de veiller frileusement à la sauvegarde d’un passé révolu. Dans cette nouvelle donne, notre pays est confronté au premier des dangers de la mondialisation qu’est la surpopulation planétaire, dans ses prémices et son accélération progressive, avec la menace de son déferlement partout où des frontières tombent chaque jour, quels que soient les murs et autres barrières dressées par ceux qui ignorent autant un progrès qui n’en a que faire que l’asphyxie promise par le surnombre. Sujet tabou entre tous, mais qui ne nous impose pas moins en partage son cortège d’extrémismes et autres déraisons, nés de désordres, de misères et de violences, ne faisant que traduire le désarroi des plus vulnérables, suivis d’une élite de plus en plus impuissante, faute d’une prise de conscience qu’interdisent en premier lieu ses croyances et ses utopies.

Quel état-major politique ; de quel parti sont ceux qui peuvent ignorer une situation mondiale dans laquelle le sort des nations est irrémédiablement et chaque jour davantage lié à celui des autres ? Qui peut ne pas voir que la globalisation est invincible parce que fruit du progrès, mais aussi parce qu’elle est profitable aux plus déshérités des êtres humains, qui y trouvent l’espoir d’aller soigner leurs maux là où des moyens d’information sans bornes leur apprennent que la vie est plus douce ?

Pour avoir une idée des aberrations qui masquent cette réalité, il suffit de se rappeler le comportement de la plupart des candidats à l’élection présidentielle, ayant fait sans vergogne argument des échecs de ceux dont ils briguaient la place, après avoir tout fait pour les y conduire lorsqu’ils étaient eux-mêmes dans l’opposition. Leur propre action n’a-t-elle pas alors été de réduire à néant leurs moindres initiatives ? Sans s’interroger sur les raisons pour lesquelles ils avaient dû subir le même sort lorsqu’il a pu leur arriver de gouverner. Ils ont ainsi oublié que l’opposition elle-même est un pouvoir et la légèreté avec laquelle celui-ci est trop souvent exercé, mais ils négligent surtout en permanence les fondamentaux de la société – quand ils se sont donné la peine de les approfondir, voulant à tout prix y substituer une construction dictée par leurs seules idéologies.

À quand des politiques capables de faire taire ces idéologies plus aveugles les unes que les autres, qui les fait être systématiquement contre, au nom d’intérêts partisans, pour se renier quelque temps après ? C’est ce que ne peut plus supporter une société bloquée par la vision étriquée de doctrinaires aussi intolérants qu’ignorants. Or ce changement d’attitude repose avant tout sur une parfaite conscience des raisons pour lesquelles les luttes sociales sont aussi anciennes que l’homme et dureront aussi longtemps que lui, sans pouvoir trouver d’autres solutions que de compromis. La simple observation de la pyramide sociale suffit à s’en convaincre.

Sans aller jusque-là, les électeurs semblent faire spontanément consensus ; reste à ceux qu’ils éliront à en faire autant. Mais les nouveaux élus seront-ils capables de dépasser cette profession de foi proclamée récemment par l’un d’entre eux pour aider Macron à trouver sa majorité: « libérer notre avenir français et européen de la catastrophe environnementale, de la casse sociale, de la faillite démocratique, de l’abandon des valeurs républicaines » ?


Où est l’incontournable globalisation dans cette vision d’un observateur qui tient manifestement sa lorgnette par le mauvais bout ?

dimanche 16 avril 2017

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux - Suite 6

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux


Suite 6



Pauvres et riches
Comme déjà souligné, il est d’usage de la part de ceux à qui il arrive de s’y référer, de segmenter la pyramide sociale, davantage pour étayer des théories sociopolitiques parfois aussi sommairement compatissantes que révolutionnaires qu’à la recherche de ce que son étude pourrait révéler de durablement utile au progrès social. Leur partition arbitraire (cf. Fig. 3) ayant pour premier – voire unique – objectif de dénoncer les inégalités sociales, cherche à mettre en évidence pour ne pas dire en scène, comme s’il s’agissait d’une découverte, le fait qu’une infime minorité de riches détient la plus grande part des richesses de la société. L’obsession de l’injustice sociale conduisant à ne voir dans des niveaux de richesse que les signes de cette injustice, si elle peut paraître généreuse, ne fait que constater une situation a posteriori, en isolant certaines données avec pour seul effet d’attiser le désespoir des plus démunis sans rien changer à leur sort. C’est tout simplement omettre que l’apex de la pyramide sociale est constitué, comme dans toute pyramide, d’un point. Il en est ainsi, par exemple, lorsque Bill Gates, l’homme réputé être de nos jours le plus riche de la planète pour “peser” 90 milliards de dollars et plus, est cloué au sommet d’une pyramide sociale transformée en pilori, alors qu’il ne s’agit que d’une banalité… pyramidale. De tous temps d’autres ont occupé cette position, qu’ils se soient nommés Crésus, Guillaume Le Conquérant, Baron normand devenu roi d’Angleterre (1028-1087), qui a pesé 229,5 milliards de dollars ; Stephen Girard, armateur, banquier et philanthrope (1750-1831), 105 milliards de dollars ; Henry Ford Fondateur de Ford, (1863-1947), 199 milliards de dollars ; Mouammar Kadhafi, ex-leader libyen, (1942-2011), 200 milliards de dollars, etc. (entre autres exemples relevés sur le Web).

Ce faisant, nul ne semble se préoccuper des raisons profondes de ces constats, au-delà de ce qui peut être imputable à la cupidité et à l’égoïsme des uns ou à l’impuissance des autres. Or le but est ici, non pas de mettre la pyramide sociale au service de telles hantises, mais d’en faire l’outil d’une meilleure connaissance de notre condition sociale dans ce qu’elle a de fondamental. Toute stratégie d’amélioration réelle et durable de l’organisation et du fonctionnement de la société ne passe-t-elle pas en effet par cette connaissance, laquelle ne peut que refuser les a-priori. ? Or, certaines propriétés de la pyramide appliquées à la pyramide sociale s’avèrent être un moyen de déjouer ces derniers, en ce sens qu’elles expriment la relation y régnant entre catégories sociales, richesse et démographie.

C’est pour cette raison que la pyramide sociale, dont le volume est par convention représentatif de la population qui l’habite, est associée dans les schémas qui suivent à l’échelle de richesse telle que définie au chapitre précédent. Hormis les conditions du partage de la richesse collective – lesquelles relèvent d’une problématique non abordée ici –, la relation entre celle-ci et la population va de soi, dès lors que cette richesse résulte de l’initiative et de l’activité de tous, y compris ceux qui ne sont que consommateurs, ce qui est notamment le cas de ceux dont les activités et par conséquent la production sont nulles (chômeurs par exemple). Ceux qui produisent et ceux qui consomment, aussi peu que ce soit, relèvent de la même logique économique qui conduit à l’enrichissement de la société.

Laissant à d’autres le soin d’une formulation plus scientifique et d’un éventuel apport mathématique, le raisonnement repose donc sur la confrontation de la population structurée en catégories sociales, à une échelle indiquant aussi bien le niveau de richesse globale de cette population que celui de chacune des catégories qui la composent. Tous les habitants de la pyramide sont ainsi positionnés face à leurs niveaux de richesse respectifs ; depuis les plus pauvres se situant à sa base, jusqu’au plus riche situé à son sommet.

Richesse et pauvreté existant l’une par l’autre, cela requiert d’apprécier objectivement dans quel rapport, et pour cela de prendre la mesure dans laquelle se répartit la richesse collective entre catégories sociales. Il suffit pour cela, comme le représente la fig. 8, de faire coïncider la mi-hauteur de l’échelle de richesse globale de la société avec la mi-hauteur de la pyramide sociale. La partie de la population en occupant la partie supérieure, depuis ce plan de partage jusqu’à son sommet, constitue la catégorie des riches, alors que celle se situant entre ce même plan de partage et sa base représente la catégorie des pauvres, riches et pauvres se partageant la richesse globale par moitié. À partir de cette partition, un calcul élémentaire permet de déterminer les pourcentages du volume de la pyramide sociale abritant respectivement les riches et les pauvres, puis, le volume de la pyramide étant représentatif de sa population totale, d’appliquer ces pourcentages à cette dernière pour connaître le nombre de riches et de pauvres qui la composent. Comme indiqué fig. 8, les riches représentent 14 % de la population totale et les pauvres 86 % – valeurs proches de celles auxquelles conduit la loi de Pareto (cf.fig.5).




La partition de la société en deux catégories sociales s’avérant d’un intérêt limité et s’accompagnant de l’impossibilité déjà évoquée de fixer la limite les séparant, une troisième catégorie s’est imposée pour effectuer la transition nécessaire et en quelque sorte amortir l’écart qui sépare les riches des pauvres, ce qui ne va pas sans la tentation pour les économistes, les sociologues et les politiques, de considérer cette catégorie sociale intermédiaire – les classes moyennes – comme variable d’ajustement, avec les risques de manipulation qui en résultent, mais c’est une autre affaire. Quoi qu’il en soit, de la même manière que cela a pu être fait entre pauvres et riches, la répartition objective des niveaux de richesse collective entre les trois catégories sociales peuplant la pyramide sociale “moderne” peut aisément être fixée et représentée : fig 9. Il en résulte que le bas de la pyramide sociale ; là où logent les pauvres, représente 70 % de son volume, donc de la population qui l’habite, alors que le segment médian où résident les classes moyennes en représente 26.3 %, et le segment haut, ou sommet de la pyramide, abrite les riches à raison de 3,7 % de la population totale.



Pauvres et pauvres profonds
Le raisonnement qui précède ne peut s’exonérer de considérations touchant à une quatrième catégorie sociale, celle des pauvres profonds. Aboutissement d’une évolution observée sur deux millénaires, s’étant brutalement accélérée durant les deux derniers siècles, elle semble en effet appelée à peupler à elle seule une part importante de la pyramide sociale “post-moderne”

Aux époques pré-industrielles, du fait d’un progrès limité, celui-ci profitait à tous sensiblement de la même manière, sinon dans la même mesure. Par ailleurs, s’il existait déjà de grandes fortunes, elles étaient le plus souvent détenues par ceux qui avaient en même temps le pouvoir politique et/ou religieux, dont elles pouvaient paraître l’accessoire incontesté, dans une société à la conscience sociale balbutiante. Les écarts de richesse étaient ressentis comme naturels par des pauvres qui avaient tendance à se confondre en une seule pauvreté plus crédule, plus résignée et moins peuplée qu’elle l’est devenue. Depuis, le passage de la population humaine à plusieurs milliards d’individus a entraîné un développement démesuré de la pyramide sociale. En même temps, la richesse générée par l’activité d’une telle population et une productivité due au progrès et aux nouveaux moyens dont il était porteur a considérablement augmentée. Plus particulièrement au cours des dix-neuvième et vingtième siècles, le sommet de la pyramide sociale s’est élevé et sa base s’est étendue. Dans un contexte où le matériel l’emportait sur le spirituel, les pauvres dont le nombre croît inévitablement plus vite que celui des riches, précisément en raison la configuration de la partie de la pyramide sociale qu’ils occupent, ont progressivement pris conscience de leur condition et se sont organisés pour contester des écarts de richesse dont la croissance n’a pourtant fait qu’accompagner celle de la population et de sa richesse globale.

Mais cette évolution n’a pas seulement amplifié et multiplié les inégalités sociales, elle s’est accompagnée de la prolifération d’une nouvelle pauvreté résultant de l’accès des pays et régions les moins avancées du monde à l’industrialisation et à la modernité. Venu s’ajouter au “lumpenprolétariat” de Marx et autres laissés pour compte des avancées sociales, une sous-strate de la société, composé de miséreux s’appuyant directement sur l’extrême base de la pyramide sociale s’est consolidée, dont les occupants sont dorénavant qualifiés de “pauvres profonds”.

Alors que les conditions de vie sur terre tendent généralement vers leur amélioration, se sont installées celles de cette sous-catégorie sociale, composée majoritairement de victimes d’un exode vers des villes où rien n’est disposé à les accueillir ; répétition à l’échelle mondiale de l’exode rural qu’ont connu les pays occidentaux lors de leur industrialisation, aggravé par le flot croissant des victimes d’innombrables crises, désordres et violences économiques, ethniques, politiques, religieux, climatiques, etc.

Ce nouveau mode de vie, qui s’est progressivement ancré partout dans le monde, se caractérise aujourd’hui par la précarité extrême de centaines de millions d’êtres humains, dont l’aspect le plus visible est l’habitat. Les bidonvilles pourraient compter 900 millions d’habitants en 2020 selon l’ONU, les camps qui se multiplient ne parvenant pas à endiguer le flot de ceux qui les peuplent, pas davantage que des barrières, murs et clôtures toujours plus longs, plus hauts et plus nombreux. « Loin d’être l’exception que l’on évoque généralement dans un cadre humanitaire ou sécuritaire pour en justifier l’existence, les camps [et les murs] font durablement partie des espaces et des sociétés qui composent le monde aujourd’hui. » (“Un monde de camps” – Clara LECADET et Michel AGIER – éditions La Découverte) ; des vêtements hérités de moins pauvres qu’eux, quand ils ne sont pas faits de haillons ; une nourriture constituée de restes et de déchets, pour ceux qui n’ont pas la chance de bénéficier d’initiatives amplifiant le concept de “soupes populaires” propres aux grandes crises, se multipliant sous les formes et les appellations les plus diverses ; un manque d’hygiène et de soins, avec pour conséquence un état de santé propice au développement de maladies et à la contagion, que combattent de nombreuses organisations tant privées que publiques hissées, par leur nombre et leurs budgets, au rang de véritables puissances économiques et politiques ; et enfin, un criant défaut d’éducation. Autant de caractéristiques, d’ailleurs officiellement reconnues par les institutions au plus haut niveau (Banque Mondiale, ONU, UNESCO…) pour qualifier ce niveau de pauvreté, qui indiquent à quel point la pauvreté, plutôt que de reculer comme le prétendent des observateurs frappés de cécité, se développe au contraire du fait de la multiplication de crises, toutes plus ou moins directement imputables à l’augmentation de la population humaine. Le Figaro.fr du 09 nov 2015 titrait : « Climat : 100 millions de pauvres en plus d’ici 2030 si rien n’est fait. À 21 jours de la COP 21, la Banque mondiale alerte dans un rapport sur les risques du changement climatique pour les populations les plus vulnérables. ». Ce sont effectivement les plus vulnérables qui feront les premiers les frais du réchauffement climatique, comme ils font ceux d’autres “réchauffements”, tous résultant d’une démographie planétaire vécue depuis des décennies et des siècles, dans l’imprévoyance la plus complète, s’il ne s’agit pas plus simplement d’inconscience, ou pire encore, d'un refus de regarder la vérité en face. Quoi qu’il en soit, la pauvreté ayant jusqu’ici participé au peuplement de la pyramide sociale se définit dorénavant d’une nouvelle manière, résultant de la modernité et du progrès. N’est-ce pas en effet ce dernier et plus précisément l’augmentation de richesse de la société qui l’a accompagné qui, par un accroissement constant de l’écart entre le sommet et la base de la pyramide sociale a entraîné la multiplication des pauvres relatifs et l’apparition puis la multiplication parmi eux de pauvres profonds dont le sort n’aurait pas été envié par les plus pauvres des pauvres des époques pré-industrielles ?

(à suivre)

samedi 8 avril 2017

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux - Suite 5

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux

Suite 5


4. Richesse et pauvreté

Le but étant ici de comprendre les raisons d’une résistance millénaire de la misère, afin d’être en mesure de la réduire durablement, et si possible de l’éradiquer, il y a lieu d’être conscient que si richesse et pauvreté sont des notions pouvant être considérées dans l’absolue quand il s’agit de combattre au quotidien les conséquences de leurs écarts, elles doivent l’être dans leur relativité lorsqu’il s’agit d’en étudier les moyens. Faute de cette précaution, seule la compassion agit et ne peut qu’être désarmée face au sort que les hasards de leur naissance infligent en premier lieu aux plus pauvres qui le subissent comme une injustice souvent cruelle. Le recours à la charité, comme à la solidarité spontanée ou contrainte, n’est alors jamais suffisant et leurs effets ne peuvent être que passagers. Pratiquée avec une obstination impuissante, cette compassion finit alors invariablement par imputer ses échecs à l’égoïsme humain, en ne faisant qu’exacerber la frustration des plus démunis, suscitant envie et jalousie à l’égard de ceux qui connaissent un sort meilleur que le leur, et attisant un ressentiment aux effets d’autant plus délétères que les causes profondes en restent méconnues.

En tout état de cause, richesse et pauvreté ne doivent pas s’entendre ici comme les attributs du bonheur et du malheur. S’il est des riches malheureux, le plus souvent pour n’avoir pas compris que d’autres formes de bonheur que la fortune matérielle leur sont accessibles, les pauvres heureux ne sont pas rares. Sans être pour autant heureux d’être pauvres, ces derniers considèrent simplement qu’il existe d’autres façons d’être riche que de posséder autant ou plus qu’autrui. Ces deux concepts doivent donc être pris au sens le plus large ; quantifiable parce que le plus souvent d’ordre matériel (revenu, patrimoine), mais pouvant aussi être de nature immatérielle (connaissances notamment). Ils peuvent alors constituer des critères de différenciation entre individus et groupes d’individus, chacun d’entre eux pouvant de la sorte se caractériser par son positionnement face à l’échelle de richesse dont il a été question plus haut.

Une définition des états de richesse et de pauvreté existe néanmoins, parfaitement compatible avec ce qui précède. Elle se fonde sur l’observation des conditions d’existence de chacun et, généralement admise, peut s’énoncer comme suit :
— Est pauvre celui qui n’a n’a pas de quoi satisfaire tout ou partie de ses besoins vitaux que sont : l’alimentation (il souffre de la faim ou de malnutrition) ; un abri (il ne dispose pas de quoi héberger dignement lui-même et sa famille quand il n’est pas privé du moindre refuge) ; l’habillement (il est dépourvu de vêtements en rapport avec la dignité qu’ils peuvent lui conférer et les conditions climatiques dans lesquelles il vit) ; l’hygiène et la santé – il n’a pas couramment accès au minimum de soins médicaux et ne dispose pas d’eau potable. Eu égard à la quasi-inexistence de sanitaires privés en certains lieux de misère, l’usage de toilettes collectives, même dépourvues d’eau courante comme le sont le plus souvent des installations de fortune, masque ce critère ; l’instruction (il ne bénéficie pas d’un enseignement qui lui permettrait l’apprentissage minimum de la lecture, de l’écriture et du calcul). Il faut savoir enfin que pour tenir compte de la montée des désordres et violences de toutes sortes partout dans le monde, et du degré particulièrement élevé de vulnérabilité des pauvres face à ce fléau, la sécurité est en voie de s’ajouter officiellement à la liste de ces indicateurs.
— les pauvres profonds se distinguent, à la marge inférieure de la pauvreté comme définie ci-dessus, par un revenu quotidien inférieur à un minimum déterminé, actuellement (fin 2016) fixé par l’ONU à 1,9 dollar. Chaque pays peut convertir ce montant dans sa propre monnaie, avec les distorsions qui peuvent en résulter, sachant que la satisfaction de tous ses besoins vitaux pouvant être considérée comme le minimum dû par la société à chaque individu, le niveau zéro de celle-ci se situe immédiatement au-dessous de la satisfaction de tous ces besoins vitaux. En d’autres termes, peut-être considéré comme pauvre profond, partout dans le monde, celui dont les besoins vitaux ne sont pas satisfaits dans leur totalité, que son revenu soit inférieur ou non à 1,9 dollar par jour.
— Est riche (ou aisé) celui qui a de quoi satisfaire tous ses besoins, vitaux et autres, et accède, dans une mesure extrêmement variable, au superflu.

Compte tenu des situations ainsi présentées et de l’impossibilité de fixer objectivement les limites aussi bien inférieures que supérieures de la richesse, contrairement à ce qu’il en est pour la pauvreté, dont la limite inférieure est parfaitement définie par la valeur zéro du dénuement total, le concept de classes moyennes s’est imposé et appliqué à des populations dont il a tantôt intégré tantôt exclu telle ou telle partie, au gré des courants de la pensée politique et sociale. C’est ainsi qu’ont figuré ou figurent parmi les classes moyennes aussi bien des “bourgeois”, des cadres supérieurs ou non, des commerçants, petits ou gros, des représentants de professions libérales, des intellectuels, etc. autant de dénominations dont l’hétérogénéité n’a d’égal que le flou et renvoie in fine à leur revenu, souvent improprement confondu avec un niveau de richesse lui-même sujet à bien des amalgames et approximations.

Au-delà de ces définitions et de leur imprécision, que ne parviennent pas à clarifier les coefficients, indices et autres paramètres auxquels il est souvent tenté de les ramener (PNB, PIB, indice de Gini, déciles, etc.)1, quelle que soit l’aune à laquelle la richesse d’un individu ou d’un groupe soit mesurée, pauvreté et richesse se définissent avant tout l’une par l’autre. Sans richesse pas de pauvreté et inversement. Il est donc proposé ici d’entendre par richesse ce qui constitue le patrimoine matériel et immatériel d’un individu comme d’un groupe, quelle qu’en soient la nature et la taille, ce qui conduit à la définition suivante, concernant la richesse globale de la société : Somme des richesses matérielles et immatérielles, naturelles et résultant de l’ensemble des activités de tous les membres de la société.

L’introduction de la notion de richesses naturelles dans cette définition, souligne le fait que la richesse de la société ne résulte pas des seules activités de ses membres mais inclut ce qui résulte de la prédation qu’ils exercent sur leur environnement naturel ; Un tel transfert de richesse, pouvant être lié ou non à ces activités.

Une échelle du bien-être – allant de la privation totale au plus grand superflu – pourrait se substituer à celle de richesse telle que définie ci-dessus, mais elle n’a pas été retenue pour tenir compte, d’une part de l’idée de richesse matérielle à laquelle l’opinion est accoutumée et d’autre part, de l’absence de sa référence explicite au phénomène de prédation.

Une graduation répondant à la définition retenue peut dès lors être associée à la pyramide sociale en partant de la base ou niveau zéro de celle-ci, comme déjà vu (cf. Fig.7). De la sorte, le niveau de richesse d’une strate (catégorie sociale) considérée de la pyramide sociale est celui auquel cette strate se positionne par rapport à l’échelle de richesse collective, ou globale, de la société.


Le couple pyramide sociale/échelle de richesse exprime alors conjointement :
— par le volume de la pyramide, l’importance de la population qui l’habite,
— par sa hauteur, rapportée à celle de l’échelle de richesse, le niveau de richesse collective de cette population.
— Par son positionnement face à l’échelle de richesse, le niveau de richesse de tout ou partie de cette population et en particulier de chaque catégorie ou strate la composant.

C’est ainsi, par exemple, que le moins pauvre des pauvres se positionne à mi-hauteur de ladite échelle, au même niveau que le moins riche des riches.
Mais encore faut-il, pour qu’un tel rapprochement soit représentatif des différences de niveau de richesse existant entre les composantes de la population de la pyramide sociale, que ces dernières soient elles-mêmes définies aussi précisément et objectivement que possible. Dans cet esprit, catégories sociales et classes sociales sont deux notions considérées ici bien distinctement. Alors que la classe sociale regroupe les individus en fonction de leurs revenus, comme leur classement en catégories socio-professionnelles (CSP) répond à leur répartition selon leur fonction économique, les catégories sociales visent à en segmenter la population selon les intervalles de l’échelle de richesse proposée au chapitre précédent, sans autres considérations. La notion de catégorie sociale est associée à cette échelle – dont la graduation est celle des niveaux d’une richesse telle que la définition de portée universelle en est proposée – pour permettre les comparaisons entre pays, régions et époques différentes. C’est aussi ce qui autorise le raisonnement qui suit, les schémas qui l’illustrent, et les chiffres qui en résultent.


1— Indice de Gini : « L’indice (ou coefficient) de Gini est un indicateur synthétique d’inégalités de salaires (de revenus, de niveaux de vie…) ». (INSEE). « Mathématiquement, le coefficient de Gini est équivalent à l’écart moyen relatif (l’écart moyen divisé par la moyenne pour le mettre à l’échelle) : il s’agit donc bien d’une mesure de dispersion de valeurs numériques ; dans le cas de revenus d’une mesure d’inégalité économique. » Wikipédia
Décile : « Si on ordonne une distribution de salaires, de revenus, de chiffre d’affaires…, les déciles sont les valeurs qui partagent cette distribution en dix parties égales. » (INSEE). Le décile facilite la segmentation de toutes valeurs, leur étude quantitative, leur mesure et la comparaison de leurs écarts, sous réserve toutefois de l’homogénéité de ces valeurs.

(À suivre)

samedi 1 avril 2017

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux - Suite 4



Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux


Suite 4


Plus ou moins inspirées par une telle angoisse, diverses figures – au demeurant réductibles à des ébauches de pyramides pour nombre d’entre elles – sont employées pour représenter la société humaine. Répondant davantage à des finesses de segmentation qu’à une synthèse, les rhomboïdes tels que la « toupie”, le “sablier” ou la “bouteille de Coca-Cola” ; le losange, le “diamant”, la “pagode”, la “tour Eiffel” et autres strobiloïdes, le cylindre, la combinaison de cercles ou encore la nébuleuse n’y changent rien et la pyramide demeure dans son universalité, compréhensible instantanément et par tous.

La pyramide sociale exprime clairement une hiérarchie allant de son sommet vers sa base, comme il en a toujours été, du père avec ses enfants, du maître avec ses élèves, de l’élu avec les citoyens, du prêtre avec ses ouailles, du patron avec ses collaborateurs, du chef avec ses subordonnés, etc. Celui qui détient les attributs du pouvoir que sont l’argent et le savoir – ou est censé les détenir, l’illusion et l’imposture existant là comme ailleurs –, l’exerce sur ceux qui ignorent et exécutent dans l’attente d’en être à leur tour les détenteurs. Et chacun tire sa propre autorité de celle sous laquelle il est placé, d’abord par les hasards de sa naissance et ensuite par ses propres efforts et des circonstances qui lui seront plus ou moins favorables. Quoi qu’en disent ceux qui contestent cet ordre des choses, prédisent son abolition et y œuvrent, il en est de même des structures les moins formelles et apparemment les moins hiérarchisées. Il n’est pour s’en convaincre que de penser à la du plus emblématique d’entre elles qu’est de nos jours Internet. Aussi étendue, diversifiée et diffuse soit-elle, ses membres s'inscrivent eux aussi dans une hiérarchie ; sont soumis à des directives venant “d’en haut” ; se comportent selon des orientations définies et coordonnées à un sommet ou siègent ceux qui ont conçu et gèrent le Web, ainsi que des leaders d’opinion et des maîtres à penser d’un nouveau genre, devant tout à un droit d'expression (presque) illimité pour (presque) tous, donnant l'impression d'une égalité qui ne change rien à l'échelle des savoirs et des capacités d'expression de chacun. C’est donc encore et probablement pour longtemps le primat de richesse – apparemment autant intellectuelle que matérielle dans le cas d'Internet –, de hiérarchie et d’autorité, ainsi que les relations de dépendance et d’interdépendance qui en découlent, qui structurent la société des hommes avec ses inégalités, qui s’ajoutent à une altérité naturelle, et se combinent avec à tous égards avec celle-ci.

Le degré d’autorité comme de dépendance qu’exprime la position de chacun dans la pyramide sociale, est d’abord celui dont il hérità sa naissance. Celui qui loge à sa base procrée à sa base et il en est de même pour celui qui loge à son sommet ou en un point quelconque de la pyramide sociale. Cette situation peut évoluer ensuite, au hasard des circonstances et selon les facultés de chacun (talent, force, intelligence, imagination, initiative, esprit d’entreprise, etc.) et s’exprimer pour le meilleur et pour le pire, mais toujours à partir de son "hérédité sociale".

Pourtant, le terme même de “Pyramide sociale” est tellement ignoré des sociologues qu’il ne figure pas davantage que sa définition dans le Dictionnaire de la sociologie (Larousse, 1989), à la rédaction duquel ont pourtant contribué 62 chercheurs, professeurs d’université et autres experts en sciences humaines. Et au moment où sont écrites ces lignes (20l6), il en est de même sur une vingtaine de sites internet dédiés aux questions de sociologie, y compris le lexique publié en ligne sur celui de l'Institut des Sciences Économiques et Sociales. Pourtant, “corps social” n’est jamais aussi bien employé que lorsque la pyramide le représente. Des déformations circonstancielles peuvent l’affecter, mais elle conserve sa forme générale caractérisée, selon le nombre (et la richesse collective) de ceux qui l’habitent, par un volume plus ou moins développé, à la cime plus ou moins élevée, d’où s’étagent, jusqu’à sa base, des strates à la fois de plus en plus peuplées et de moins en moins riches, tant d’argent que de savoirs.

Nota – Avec le souci d’une simplification communément admise, conduisant à représenter la sphère par un cercle, la pyramide est réduite ci-après à l’image en deux dimensions d’un triangle. Par ailleurs, le raisonnement se voulant global se satisfera d’une figure lissée, c’est-à-dire exempte du crénelage (cf. côté g. et dr. de la fig. 4) inhérent à la multitude de strates en lesquelles peuvent être répartis les niveaux de richesse (et de pauvreté) des membres de la société. Si de savantes études peuvent nécessiter une segmentation toujours plus fine, elle est hors de propos ici.


Depuis que son niveau de vie, évalué d’après son pouvoir d’achat, son revenu, son patrimoine ou tout autre signe différenciateur de richesse matérielle est censé résumer la condition sociale de l’homme moderne, c’est la richesse – ou la pauvreté – de leurs habitants, qui distingue avec plus ou moins de précision les strates de la pyramide sociale. C’est d’abord le sommet, où siègent les nantis, dominés eux-mêmes par le plus fortuné d’entre eux ; puis s’empilent les individus de moins en moins riches, jusqu’à une base peuplée des plus pauvres.

Le parti pris avec lequel la pyramide est utilisée pour représenter la société (Fig. 3), en y positionnant et dimensionnant les populations de pauvres et de riches selon ce qu’inspire à chacun son idéologie, manque souvent d’un minimum d’objectivité, sans pour autant rien changer à la réalité. Inversement, une segmentation de la population dictée par le souci du détail que peut exiger une étude sérieuse (fig. 4) éloigne l’observateur d’une synthèse essentielle. Outre le fait que les fluctuations de l’histoire elles-mêmes ne peuvent rien changer à la structure pyramidale de la société, nous nous en tiendrons donc à un positionnement relatif des riches et des pauvres.






Une autre représentation répond à la loi de Pareto (Fig. 5), mais la population – comme d’ailleurs la masse de la richesse de la société – s’en trouve limitativement scindée en deux parties. Or la pyramide sociale n’a pas cessé de se développer sous la poussée démographique pour atteindre un volume tel, qu’il rend une telle partition trop élémentaire pour en tirer d’autres conclusions que sommaires. De plus, l’accumulation des richesses de la société résultant de l’activité de tous ses membres ainsi que du progrès que ces activités ont fait naître et permis de promouvoir, ne peut plus se satisfaire d’une partition manichéenne entre riches et pauvres. Une catégorie sociale intermédiaire regroupant les “classes moyennes” est donc apparue, ne modifiant pas le regard porté sur la pyramide sociale, mais permettant d’affiner le rapport existant entre catégories sociales ainsi que les mécanismes démographiques auxquels ce rapport est soumis, quelle que soit l’échelle à laquelle il s’établisse : nations, régions, continents ou planète entière. La croissance de la population ayant pour corollaire celle de sa richesse, impose cette vision dont ne peut que procéder toute autre : celle d’une pyramide sociale dont les strates, quel qu’en soit le nombre, se positionnent objectivement et en permanence par rapport aux différents niveaux d’une échelle de richesse commune.


C’est dans ces conditions qu’il est proposé de s’interroger sur la manière dont l’homme a combattu une adversité naturelle et les maux qui en découlent – dont la pauvreté. Plutôt que de procéder par une archaïque lutte des classes ignorant délibérément les aspects fondamentaux de la condition humaine, au-delà de ce qui oppose les pauvres aux riches, et ayant partout et de tous temps fait la preuve de ses insuffisances, n’y aurait-il pas lieu de concevoir la société comme une combinaison de facultés et de pouvoirs interdépendants, voués à la solidarité, envers et contre tout et d’agir en conséquence, plutôt que de s’entêter dans un antagonisme sans issue n’ayant pour résultat que d’aggraver frustrations et tensions ?

C’est la conception d’une société évoluée comme est censée l’être celle des êtres supérieurs que prétendent être les hommes, qui inspire, en s’appuyant sur l’observation de faits et de chiffres 


irréfutables, les bases d’un raisonnement méthodique se référant à des propriétés empruntées à la pyramide, en raison d’un constat d’une simplicité n’ayant d’égal que son évidence : À ses dimensions près, qui croissent et décroîtraient avec sa population, la structure générale de la pyramide sociale est immuable (Fig.6).

Alors que riches et pauvres se sont différenciés pendant des siècles dans une société dont les membres se comptaient par centaines de millions et étaient organisés en conséquence, de manière relativement simple, ils se comptent par milliards dans la société actuelle et y sont organisés de manière infiniment plus complexe. Et si la partition entre riches et pauvres n’en demeure pas moins, elle requiert, pour être aussi objectivement que possible analysée et affrontée, une segmentation n’ayant plus rien de binaire.

Comme déjà souligné, la pyramide sociale a toujours été habitée, quels que soient les époques et les lieu considérés (pays, régions, continents, Terre entière), par deux populations se différenciant par leur richesse (ou leur pauvreté). Les riches en occupent le sommet – mobile et s’élevant depuis les origines de la société, proportionnellement à l’accroissement de son volume, lui-même représentatif de la population totale qui l’habite. Le plus fortuné à son apex, domine les autres jusqu’aux moins riches d’entre eux, qui voisinent avec les moins pauvres des pauvres. Les pauvres occupent quant à eux la partie inférieure de la pyramide sociale, depuis une base qui contrairement à son sommet est inamovible. C’est là que se situe la multitude des plus démunis. Au-dessous de ce qui est en même temps l’extrême limite inférieure de la pyramide sociale et le niveau zéro de la richesse, nul être humain ne peut descendre.

Une précision toutefois sur ce dernier point : La richesse matérielle étant assortie de la notion de “crédit”, celui qui doit plus qu’il ne possède pourrait être considéré comme se situant au-dessous du niveau zéro de cette richesse, ce qui contredirait le principe selon lequel nul ne le peut, sans être frappé d’exclusion sociale. Or il n’en est rien, car d’une part ce qui est dû par tout débiteur est à porter au compte de son créancier, et d’autre part le débiteur, à défaut d’être riche de sa dette, le reste des garanties qu’il offre en échange. Ceci contrairement à ce qu’il en est pour un pauvre – a fortiori profond – dont les garanties sont inexistantes par définition. À noter au passage la mesure dans laquelle ce raisonnement s’applique à la dette publique, garantie par la richesse globale de la société, ce qui permet à ceux qui la contractent au nom de cette dernière, de la faire croître quasi impunément.

Richesse s’entendant ici au sens le plus large du terme, ce sera l’objet du prochain chapitre que d’en rechercher une définition et une graduation auxquelles puisse se rapporter une population aussi diversifiée qu’elle puisse l’être par les avoirs de ses membres. De simples schémas, échappant à une sophistication qui ne fait que masquer la vérité, comme l’embrouillamini des buissons cache l’arbre qui cache la montagne… ou la pyramide, démontreront ensuite la façon et la mesure dans lesquelles les propriétés de cette dernière constituent autant de mécanismes axiomatiques en rapport avec la condition sociale de l’homme.

(à suivre)

lundi 27 mars 2017

Nous allons vers l'anarchie mondialiste

Nous n'allons pas vers la démondialisation, mais vers l'anarchie mondialiste

En réponse à l'article de Nicolas Baverez récemment paru dans le Figaro, la mondialisation étant aussi irréversible que ses causes, ce n'est pas  vers la démondialisation que nous allons, mais vers l'anarchie à l'échelle planétaire.
La mondialisation est le fruit d'un progrès par définition irréversible et traduit l’enrichissement général de la société mondiale tel qu'il en résulte. Mais au-delà de ce qu'en dit Nicolas Baverez, si elle est le résultat de révolutions des technologies de l’information, auxquelles il faut ajouter celle des communications, la mondialisation puise surtout sa puissance et sa vitalité dans cette montée d’une société ouverte dont il parle. Or cette montée se poursuit inexorablement sous la poussée de la démographie et de l'activité humaine qui ne cesse d'augmenter avec elle, ne serait-ce que pour satisfaire les besoins d'une population croissant depuis que l'homme existe.
Le seul moyen d'éviter cette anarchie mondialiste et les malheurs qui l'accompagneront, toujours plus profonds, est de réguler la démographie mondiale, en vue de mettre un terme à la prolifération humaine et à la démesure des écarts de condition sociale qui en résulte.
Voir schéma ci-dessus et lire à ce sujet : Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux.
Note concernant le schéma : Par rapport à une échelle de richesse qui va du zéro – inamovible – des plus défavorisés au maximum – sans limites – un moment donné, où se situe le plus riche d’entre tous les hommes, le positionnement de chacun s’opère à la fois par rapport à cette échelle et dans sa relativité. C’est donc dans cette relativité intemporelle, que sont précisément permises les comparaisons, entre périodes différentes.

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux - Suite 3

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux

Suite 3

3. Pyramidologie sociale


Méthodologie – 1


N’en déplaise aux esprits imbus d’une supériorité humaine qui ne saurait s’en accommoder, la première pyramide sociale a été et demeure la famille, en raison des relations naturelles d’interdépendance qui s’y créent, y règnent et y perdurent généralement, en dépit des attaques dont elle est l’objet. Ce modèle a ensuite été adopté par des groupes de plus en plus nombreux nés de la multiplication des individus, dans une situation où ne faisait que changer d’échelle la concurrence pour la conquête et la préservation de territoires et de ressources indispensables à leur survie et à leur développement. C’est ainsi que s’est imposée la pyramide sociale que nous connaissons de nos jours ; aux dimensions et intrications ayant crû et continuant de croître avec la population qui l’habite. Si dans un premier temps l’expérience, la taille, la force, le talent ainsi que des facultés intellectuelles à la mesure de problèmes élémentaires ont pu suffire pour gouverner une population limitée, la complexification des rapports, tant entre les individus qu’avec leur environnement, s’est accrue avec le nombre et l’altérité. D’où la nécessité de se répartir responsabilités et tâches. Se structure alors, et se renforce, ce réseau de dépendances et d’interdépendances caractérisant la vie en société. Mais les groupes se multipliant et s’éloignant à tous égards les uns des autres, les liens familiaux, claniques et tribaux se distendent, des relations sociales plus complexes se tissent avec l’aide du progrès dans tous les domaines. À ses origines l’homme vivait dans la même précarité, que les autres espèces peuplant la planète. Puis, alors que le partage de ce qui était nécessaire à sa subsistance s’effectuait selon des lois qui devaient tout à la nécessité et à l’instinct, se manifeste chez lui, infiniment plus que ce qu’il peut en être chez d’autres animaux, la notion d’échange. D’abord troc, pour évoluer en commerce avec l’invention des monnaies et du crédit, l’un et l’autre génèrent le profit et l’épargne, d’où la capitalisation et l’institution du pouvoir fiduciaire. Les notions de richesse et de pauvreté matérielles comparées émergent alors et se renforcent par la multiplication et l’accumulation de biens résultant de l’industrie de l’espèce humaine.

L’enrichissement de la société a été depuis considérablement favorisé par une productivité augmentant de manière exponentielle avec la multiplication de la main d’œuvre puis l’industrialisation, non sans conflits entre intérêts communs et individuels. Aussi peu enclins au partage que la plupart des autres espèces, les hommes sont nombreux à faire preuve d’une avidité sans limites et tous se livrent plus ou moins à la prédation de leur environnement et des ressources non renouvelables que leur offre la nature, jusqu’ici sans souci des conséquences pourtant prévisibles d’un tel comportement, ni des écarts de richesse qui en découlent entre eux. C’est d’ailleurs ce qu’ont tenté d’analyser et de comprendre de tous temps bien des penseurs, dont Condorcet1.

Une telle présentation aussi rapide et schématique ne contredit en rien l’existence d’autres formes de société. Autorité, pouvoirs, esprit de lucre, ont pu ou peuvent être plus diffus, moins marqués, souvent à l’état embryonnaire aussi bien que de vestiges, chez des humains primitifs ou chez de nombreuses autres espèces animales où règnent aussi des formes d’interdépendance, de dépendance et de domination, même quand leur pyramide sociale est aplatie à l’extrême et qu’y prévalent des modes de prédominance bien éloignés de ceux que connaissent les hommes, comme c’est le cas dans la ruche ou la fourmilière par exemple. Il est toutefois remarquable que toujours, la population s’organise et ses activités s’exercent en fonction et au service de la richesse. D’ailleurs, concernant les êtres humains, les premiers économistes n’ont-ils pas été jusqu’à les considérer comme la première richesse de la société qu’ils constituent ? N’est-il pas de richesse que d’homme pour Jean Bodin ? N’est-ce pas implicitement affirmer la relation directe existant entre population et richesse ayant présidé à leur croissance conjointe, accélérée au cours des deux derniers siècles par le progrès technique ? «… tout être humain est avant toute autre activité ou toute autre opinion, un consommateur » a écrit Gaston Bouthoul, ce qui implique bien enetendu qu’il soit aussi producteur.

Il est généralement admis que ce qui différencie l’homme des autres espèces animales est le degré de conscience qu’il a de lui-même, tant individuellement que collectivement – sans forcément se préoccuper de ce qu’est sa condition. Mais il est un autre critère de différenciation, de nature à la fois économique, écologique et sociale, qui nous intéresse particulièrement puisqu’il conduit à la notion d’enrichissement matériel, considéré à tort ou à raison comme manifestation supérieure du progrès social. Contrairement aux autres animaux, l’homme ajoute aux besoins vitaux que lui impose la nature ceux de sa propre invention et se fait le producteur des biens et services nécessaires à leur satisfaction, à partir du viatique de la planète. C’est ainsi que homo œconomicus opère, à des fins tant individuelles que collectives. Chacun est une unité de consommation dès sa naissance, puis de production, dès qu’il est en âge de travailler. Et ces fonctions, en permanence aiguillonnées par son besoin inné d’améliorer sa condition, se combinent avec le progrès en une spirale le portant à créer et produire toujours plus, avec toutes conséquences sur son environnement, tant en termes de consommation des ressources – renouvelables ou non – qu’offre la Terre et peut-être un jour d’autres planètes, que d’accumulation des déchets qui en résultent. « Toutes les choses que nous consommons sont en effet des créations du travail humain, et même celles que nous jugeons en général les plus “naturelles”, comme le blé, les pommes de terre ou les fruits. Le blé a été créé par une lente sélection de certaines graminées ; il est si peu “naturel” que si nous le livrons à la concurrence des vraies plantes naturelles il est immédiatement battu et chassé. Si l’humanité disparaissait de la surface du sol, le blé disparaîtrait moins d’un quart de siècle après elle ; et il en serait de même de toutes nos plantes “cultivées”, de nos arbres fruitiers et de nos bêtes de boucherie ; toutes ces créations de l’homme ne subsistent que parce que nous le défendons contre la nature ; elles valent pour l’homme ; mais elles ne valent que par l’homme. À plus forte raison les objets manufacturés, des textiles au papier et des montres aux postes de radio, sont des produits artificiels, créés par le seul travail de l’homme. Qu’en conclure sinon que l’homme est un être vivant étrange, dont les besoins sont en total désaccord avec la planète où il vit ? Pour le bien comprendre, il faut d’abord comparer l’homme aux animaux, et même aux plus évolués dans la hiérarchie biologique : un mammifère, cheval, chien ou chat, peut se satisfaire des seuls produits naturels : un chat qui a faim ne met rien au-dessus d’une souris, un chien, rien au-dessus d’un lièvre, un cheval, rien au-dessus de l’herbe. Et dès qu’ils sont rassasiés de nourriture, aucun d’eux ne cherchera à se procurer un vêtement, une montre, une pipe ou un poste de radio,. L’homme seul à des besoins non naturels. Et ces besoins sont immenses [et croissent inéluctablement avec le nombre] »2 C’est dans ces conditions que l’homme contribue à la création de courants d’échanges parcourant l’ensemble de la société et constitutifs de marchés enrichissant celle-ci, autant et plus qu’ils parviennent à la satisfaction des besoins – vitaux comme supplémentaires, voire superflus – de chaque être humain. Que ce soit sous forme de productions non consommées (stocks), de capitaux non immédiatement réinvestis, d’infrastructures, équipements et outils collectifs utiles à l’exercice de ses activités, de biens les plus divers constitutifs d’un patrimoine commun tant matériel qu’immatériel, l’homme est le créateur d’une richesse collective qui s’accumule et croît au fil du temps avec le nombre et l’industrie de ceux qui y contribuent, aidés par les sciences et les techniques.

Il sera à nouveau question plus loin de cette richesse globale, pour paramétrer la Pyramidologie sociale, mais il est d’ores et déjà intéressant d’évoquer la manière dont elle est perçue dans sa relation, au sein de la pyramide sociale, avec le nombre ainsi que la répartition de ceux qui l’habitent, selon leur niveau de richesse, ou de pauvreté.
Bien qu’universellement reconnue comme le parfait symbole de toute organisation hiérarchisée, la pyramide est souvent contestée lorsqu’elle veut représenter la société des êtres humains, et ceci d’autant plus que les inter relations qui y règnent sont liées à leurs activités et à l’économie. L’enrichissement globale de cette même société agit alors comme un révulsif, dès lors que son partage, épousant la représentation pyramidale, oppose un nombre réduit de riches à la multitude de ceux qui ne le sont pas (Fig.2). Est-ce en raison d’un réalisme qui heurte l’esprit, tant la différence de condition des uns et des autres y est mise en évidenc? Est-ce parce que le pragmatisme d’une telle figure ne laisse aucune place à l’utopie égalitaire ? Toujours est-il que ce sont paradoxalement ceux qui contestent le plus la pyramide sociale qui la scrutent lorsqu’ils sont préoccupés d’inégalités du même nom. Imputant celles-ci à la hiérarchisation de la société et plus spécialement à ceux qui en occupent le sommet, ne prennent-ils pas les effets pour la cause ? Guidés par une obsession compassionnelle, ils ignorent obstinément que les écarts de richesse existant entre les individus résultent de la conjugaison du caractère pyramidal de la société, de la richesse collective de ceux qui l’habitent et du nombre de ces derniers. Ce faisant, c’est l’aspect le plus fondamental et incontournable de la condition humaine que refusent sommairement de reconnaître ces rêveurs de toutes tendances. Or, si toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, par crainte d’accroître l’angoisse existentielle du plus grand nombre, en existe-t-il une qu’il faudrait moins cacher à ceux qui cherchent à comprendre ce qu’ils sont, quel est leur rôle dans une société qui en distribue d’innombrables selon une hérédité qui n’est pas seulement d’ordre biologique, et surtout, quelle sont leurs possibilités et la liberté d’en changer ?





N’est-il pas aussi légitime de la part de l’être humain de vouloir connaître sa propre condition, qu’est indispensable cette connaissance à qui prétend l’améliorer ou cherche à s’en accommoder au mieux ? Et qu’est-il de plus coupable que de s’en désintéresser, ou de s’y refuser, au prétexte que cette vérité heurte l’idée que l’homme se fait de lui-même ?

1— CondorcetEsquisse d’un tableau historique de l’esprit humain, première époque
2— Jean FourastiéPourquoi nous travaillons – PUF

(À suivre)