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dimanche 14 septembre 2014

Recadrage de l'objet du blog



Recadrage de l'objet du blog





Plusieurs commentaires donnant à penser que le nombre d'articles publiés sur ce blog peut en faire perdre de vue l'objet, ce qui suit voudrait y pallier. Une lecture incomplète pouvant conduire à l'incompréhension de certains propos, en dépit de la présence de schémas, pourtant insérés en partant du principe que mieux vaut un petit dessin qu'un long discours, c'est donc à la redondance près que sont proposées ci-après quelques précisions quant au rapport existant, selon l'auteur, entre démographie et condition sociale.


Mais d'abord, pourquoi la pyramide ?

Bien d'autres phénomènes peuvent être schématisés par la pyramide sans que cela entraîne les réactions que suscite son application à la répartition des hommes selon leur position sociale. Il suffit d'en citer quelques exemples : la pyramide des âges (qui n'a d'ailleurs rien d'une pyramide et tout du rhomboïde), celle(s) du (ou des) savoir(s), celles des compétences, celles des performances, ... – pour s'en rendre compte et ne pas s'arrêter aux considérations d'ordre idéologique qui font contester, ou pour le moins dévier de sa signification, l'instrument modestement graphique et analytique qu'est la pyramide sociale.

Il est fait ici référence à ce volume en raison du fait que, comparativement à ce qu'il en est pour d'autres, comme la sphère, le cube, le rhomboïde, etc. et a fortiori de figures en deux dimensions et autres courbes et graphiques d'usage courant, la pyramide apparaît à l'auteur comme spécialement représentative de toute structure fondée sur des différences graduées sujettes à segmentation, comme celle distinguant l'exception, qui occupe son sommet, de ses autres habitants devenant de plus en plus nombreux en se rapprochant de sa base. Des similitudes existent par ailleurs entre les dimensions et proportions de la pyramide et celles d'une population ainsi structurée, la rendant propre à illustrer les mouvements de cette dernière. Ainsi :
- À volume (ou population totale dans la pyramide sociale) constant, lorsque la base de la pyramide (siège de la pauvreté dans la pyramide sociale) varie en importance, sa hauteur (écart entre pauvreté et richesse dans la pyramide sociale) varie d'autant, et réciproquement. De même, à critères de segmentation constants, les populations observées (pauvres, classes moyennes et riches par exemple) conservent grosso modo leurs proportions, quel que soit son volume (population totale).
- Le sort assignant à chacun d’entre nous, par sa naissance, une position au sein de la pyramide sociale, cette figure permet d'illustrer ce positionnement dans sa relativité, ses proportions et son inéluctabilité fondamentale.
- La pyramide illustre de manière saisissante le rapport existant entre condition sociale et démographie, le segment dévolu à chaque catégorie sociale étant d'autant plus peuplé qu'il est plus proche de sa base. Une telle observation mène d'ailleurs à s'attarder au nombre de pauvres, et de là aux inégalités qui les désignent comme tels ou inversement.

Dénuées de caractère scientifique, de telles considérations, n'en mènent pas moins à estimer que :
- La démographie ne peut se réduire à l'un des innombrables problèmes auxquels l'humanité est confrontée dans la poursuite de son idéal de justice et de paix, mais qu'elle est la question centrale dont découlent toutes les autres.
- La croissance démographie est la principale cause des déséquilibres de la société, qui ne pourront que s'aggraver tant que l'état de surpopulation auquel nous sommes si stupidement parvenus en deux siècles et qui s'amplifie chaque jour, ne sera pas corrigé.
- La démographie pouvant être l'instrument des pouvoirs, notamment religieux, politiques et économiques, elle détermine la condition humaine en ce sens que, comme déjà évoqué, quel que soit le niveau du progrès et les intérêts des uns et des autres, le hasard assigne à chacun, à sa naissance, sa place dans la société avant que celle-ci ne détermine, pour l'essentiel, les conditions d'existence – donc d'éventuel déclassement, tant vers le haut que vers le bas, de tout individu.
- Aucun des pouvoirs s'exerçant sur la société n'est en mesure de changer la structure pyramidale de cette dernière ni d'en éradiquer davantage la base que le sommet. Tout au plus peuvent-ils en moduler  passagèrement l'importance et les proportions en fonction de leurs objectifs, notamment par des incitations à procréer ayant pour premier effet d'augmenter le nombre de pauvres.
- L'influence des classes les plus riches de la société ne peut aller au-delà d'une modification de la base de la pyramide sociale : soit par réduction de leurs propres ambitions, soit au contraire en devenant toujours plus riches (avec répercussion sur le niveau de richesse globale de la société).
- La richesse n'a pas d'autres limites que l'ambition des hommes et les ressources de la planète, alors que la pauvreté, peuplant la base de la pyramide sociale, repose sur un socle constitué de tout ce qui lui est socialement inférieur – y compris les robots dont l'avènement est en cours – sous réserve du niveau d'intelligence auquel ils parviendront
- Penser démographie conduit quiconque ne se limite pas à ses aspects statistiques, à considérer les taux de natalité observables aux divers niveaux de la pyramide sociale, dans leurs différences. Il en découle que l'alignement de ces taux sur ceux des catégories sociales les plus favorisées, fait de la dénatalité le moyen le plus raisonnable et le plus efficace de combattre la pauvreté.
- Une réduction significative de la population la plus pauvre déterminant, en raison de sa forte proportion, une pyramide sociale globalement moins peuplée, entraînant une récession (activité et consommation moindres), sa segmentation demeure incontournablement la même.
- Concernant le partage, il apparaît comme un système de redistribution contraint (solidarité fiscalisée), spontanée (caritative) ou les deux (action humanitaire) qui, s'il peut changer momentanément le sort des individus est sans effets sur la structure de la société ni sur sa richesse globale. Tout au plus peut-il en résulter un tassement de la pyramide sociale, du fait d'un déplacement de richesses vers sa base (ruissellement et infiltration). Mais la nature humaine et la prolifération des plus défavorisés, ont tôt fait de faire s'élever à nouveau la pyramide, donc de recréer de l'inégalité.

Rappel de quelques données d'ordre général, indépendantes du concept de pyramide sociale

- Richesse et pauvreté (en tout) existant l’une par l’autre, il est aussi vain que stupide de prétendre éradiquer l’une comme l’autre, l'action civilisatrice de la société ayant néanmoins pour but premier de combattre cet état de fait en vue d'en réduire les effets.
- La condition sociale de chacun est avant tout héréditaire – les pauvres enfantent des pauvres comme les riches enfantent des riches –, et en dépit de déclassements vers la richesse ou vers la pauvreté au cours de leur existence, les êtres humains meurent, dans leur immense majorité, dans la condition où ils sont nés ("Le destin au berceau" de Camille PEUGNY - Editions Seuil).
Chacun est le pauvre ou le riche de plus riche ou de plus pauvre que lui, exceptés celui qui siège au sommet de la pyramide sociale et ceux qui, à sa base, partageant la misère profonde, ne peuvent être plus pauvres qu'ils le sont.
- Les conditions d'existence de la plupart des hommes s'améliorant incessamment avec le progrès, il n'en demeure pas moins que les différences sociales perdurent et augmentent du fait de l'enrichissement général de la société conjugué avec l'augmentation constante de la population (toujours plus de moyens humains de produire et de consommateurs).
- L'augmentation du nombre de pauvres, plus forte, du fait de leur proportion, que celles des autres catégories sociales, est encore amplifiée par leurs taux de natalité, atteignant 3 à 4 fois ceux observés chez les riches.
- La population du globe est passée de 250 millions d’habitants à 1 milliards en 1 800 ans. Elle est sur le point d'atteindre 10 milliards depuis, soit en seulement 3 siècles.
- En vingt siècles, l'humanité a généré 1,5 milliard de pauvres profonds, soit 6 fois ce qu'était la population terrestre au début de son entreprise civilisatrice, toutes conditions sociales confondues.
- Chaque jour la population mondiale augmente de 220 à 250 000 individus, dont la grande majorité va, selon le mécanisme évoqué ci-dessus,  s’ajouter aux plus pauvres.
- Toute croissance – en particulier économique – est vaine, quand le nombre de ceux auxquels elle est censée bénéficier augmente plus vite qu’elle.
- L'humanité vit dans un monde limité, sauf hypothétique conquête de l'espace sidéral, dont le profit serait au demeurant probablement réservé à une infime minorité.
- La part de toute richesse revenant à chacun est d’autant plus réduite que ceux qui y prétendent sont nombreux.
- L’harmonie et la paix ont davantage de chances et de possibilités de régner entre 2 ou 3 milliards d’êtres humains qu’entre 7 milliards et a fortiori davantage.
- La dénatalité peut être un moyen, parfaitement respectueux de la dignité humaine, de limiter la population et de restaurer les conditions d'un meilleure équilibre social. 

- En dépit d’innombrables révolutions et du progrès matériel dont il est l'auteur, l’Homme est de moins en moins satisfait de son sort, à en juger par la contestation, l’agitation et les violences allant se multipliant dans le monde. En conséquence, peut-être serait-il temps d’essayer autre chose ?

mercredi 3 septembre 2014

Pour une écologie dénataliste - Contre une démographie sauvage et la pauvreté

Pour une écologie dénataliste
Contre une démographie sauvage et la pauvreté


Cette conscience de sa condition, qui différencie l'homme des autres espèces animales est de plus en affirmée, par ces temps d'information à outrance à laquelle n'échappent pas ceux qui vivent dans la précarité. Probablement est-ce ce qui motive la montée des revendications de toutes sortes partout dans le monde, les effets de la compassion, de la charité, de la solidarité, étant encore loin de faire oublier le mirage de la lutte des classes. Comme l'écrivait Paul Valéry, s'il est vrai que l'homme est davantage préoccupé par ce qui devrait être que par ce qui est – au point que nombre de politiques puissent fonder leur succès sur la promesse d'un réenchantement du rêve d'une société plus juste –, les réalités de la condition humaine demeurent, en dépit des incontestables bienfaits du progrès.

Si à l’aube de notre ère la Terre était peuplée d’environ 250 millions d’êtres humains, elle en comptera bientôt 10 et plus, dont 2 vivront dans un état de pauvreté profonde. Avec la complicité des pouvoirs religieux comme laïcs, un progrès effréné a créé, en un peu plus de 20 siècles, près de 10 fois plus de miséreux qu’il y avait d’individus de toutes conditions sur Terre. Et chaque jour 250 000 êtres humains s'ajoutent à la population terrestre. Or, en raison de la structure incontournablement pyramidale de la société, par l'effet d'une fatalité qui les fait naître ce qu'ils sont, et de taux de natalités atteignant 3 à 4 fois ceux des riches, la grande majorité (70%) de ces nouveaux arrivants, sont des pauvres (dont les pauvres profonds) qui viennent s'ajouter à ceux qui occupent déjà la base de notre pyramide sociale.

S'il n'est réellement de richesse que d'hommes, cet homme ne vaut-il pas mieux que cette situation et que l'avenir détestable qu'il se promet si rien n'est fait pour y mettre fin ? Les pauvres peuvent-ils continuer d'être les victimes d'un mécanisme infernal, tout en étant les premiers pourvoyeurs des moyens humains qui en constituent le moteur ? Se plaindre d'être les esclaves de la société tout en se multipliant et en condamnant ses descendant au même sort n'est-il pas un comble ? Toujours est-il que les plus déshérités d'entre nous continuent à être toujours plus nombreux à alimenter ce brasier du développement qui nous dévore tous – en même temps que notre planète – et dont le profit, comme par convection, va d'abord à ceux qui président à leur destin.

La poursuite du progrès au détriment des conditions d'existence d'un nombre croissant d'individus doit cesser. Pour l'amélioration du sort de tous et le retour à des conditions environnementales aussi durablement viables que le permettront les restes des ressources de la planète, le devoir prioritaire de la société est désormais d'aider par tous les moyens, pourvu qu'ils soient dignes, l'homme à limiter sa fécondité, sachant que par simple effet de proportion, les plus déshérités seront les plus nombreux à en bénéficier.?

Même s'il émerge avec quelques années de retard et qu'il y ait peu à attendre de son manichéisme, le débat qui agite le pouvoir en France bien après qu'il ait commencé en d'autres lieux, concernant le choix entre croissance et son contraire, est probablement à compter parmi les signes de la modération qui s'impose. « Il ne sert strictement à rien de créer 100.000 nouveaux emplois si, en même temps, apparaissent 100.000 [150 000] nouveaux candidats sur le marché du travail ... Une récente étude d'une université américaine prévoit que 50% des emplois seront, d'ici 20 à 30 ans, occupés par des robots. Ce qui signifie que nous nous retrouverons avec 50% de travailleurs [supplémentaires] en trop. C'est donc une erreur de croire qu'il nous faut faire plus d'enfants pour payer nos pensions. Au contraire, moins nombreux seront nos enfants, plus ils seront riches … et donc plus élevées seront nos pensions. » www.one.baby.fr (Lettre ouverte).

Naître moins nombreux ou vivre moins vieux, tel a été le choix qui a été offert aux hommes durant les deux derniers siècles. Ils l'ont ignoré en laissant s'emballer une croissance économique et démographique que ne maîtriseront dorénavant pas davantage la superstition que les idéologies et postures politiques. Certes, les effets cruels du vieillissement de la population attendent la société, mais ce sera le prix à payer pour une négligence coupable de la plupart des élites, véritable crime contre l'humanité dont elles auront à répondre devant les générations futures.

C’est avec une population drastiquement réduite, par la seule dénatalité, autorisant la maîtrise et le dosage de ses efforts de productivité en mettant sa créativité au service du mieux plutôt que du toujours plus, que la société produira moins, consommera moins et gaspillera moins. C'est aussi par une population moindre que le nombre de pauvres se réduisant proportionnellement à leur place dans une pyramide sociale moins peuplée, l’équilibre social, détruit avant tout par un surnombre devenu ingouvernable, pourra se rétablir. C’est notre seule chance, quels que soient notre place et notre rôle dans cette société, de continuer à bénéficier de l’essentiel des avantages que le progrès nous a procurés au cours des siècles et dont nous avons abusé et continuons stupidement d’abuser, au point de mettre la planète elle-même en péril.


Le poids de la pauvreté étant moindre, la société ne pourra qu’y gagner en efficacité dans son rôle civilisateur renouant avec un humanisme que lui ont fait perdre de vue autant l'humanitaire, dans son combat contre une injustice sociale incontournablement structurelle, que le matérialisme. Relâchant sa pression sur ses forces vives pour les laisser remplir leur rôle moteur d’intérêt général, qui est d’œuvrer à l'épanouissement des hommes – à ne pas confondre avec leur confort – ce sera privilégier la qualité, la richesse, le progrès, la civilisation, en mot la vie, telle que nous la souhaitons plutôt que comme elle s'impose dans son exubérance.