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mardi 17 septembre 2013

Pauvreté & démographie - De la responsabilités des élites - 1

Pauvreté & démographie - De la responsabilités des élites - 1


Les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres ... et nombreux ; ceci expliquant peut-être en premier lieu cela.

Pauvreté, inégalités, pillage des ressources naturelles sont autant de maux contre lesquels les politiques économiques et sociales des États, comme des collectivités qui les composent, ne peuvent avoir de sens que si sont pris en compte les fondamentaux de la démographie mondiale et les problèmes de surpopulation qu'elle génère inexorablement, au détriment d'une planète mutilée de toutes parts et par voie de conséquence, des espèces qui la peuplent.

Ceux qui, dans de grands élans de générosité inspirés aussi bien du marxisme que du christianisme et autres idéologies, religions et croyances diverses, veulent imposer la dictature du prolétariat ou pour le moins leur vision strictement compassionnelle de la pauvreté, en sont en réalité les promoteurs, au détriment premier de ceux qui en souffrent. Croyant ou prétendant lutter pour ces derniers, ne s'obstinent-ils pas, dans les sursauts d'une vision archaïque de la société, moins à partager les richesses du monde qu'à rejeter sommairement sur la seule collectivité ou plus restrictivement encore sur les seuls riches, la responsabilité du destin des pauvres, en omettant la part prépondérante qui en incombe à chacun d'entre eux ? Ils négligent ainsi le fait que tout individu, quel que soit son sort, le doit en premier lieu à ses géniteurs, et ne font que retourner la colère des pauvres contre eux-mêmes, les enfonçant toujours plus dans leur condition en perdant de vue qu'elle est avant tout héréditaire et que c'est par conséquent sur ce terrain qu'il faut la combattre.

Ceux qui voient dans la dénatalité, proposée comme moyen de réduire la pauvreté dans le monde, un préjudice causé à des "non nés" et à des parents à la liberté desquels il serait ainsi porté atteinte, feraient bien de dépasser le cadre étriqué et souvent sectaire de leurs convictions. Reprochent-ils aux pays dans lesquels la croissance démographique a été jugulée ou est en voie de l'être, leur faibles taux de natalité ? Les familles auxquelles est dû un tel résultat sont-elles victimes d'une atteinte à leurs libertés fondamentales ? Et pour les plus pauvres d'entre ces familles, sont-elles frustrées de n'avoir pas condamné en plus grand nombre leur progéniture à connaître leurs propres conditions d'existence, s'il leur arrive de s'en plaindre ? À qui viendrait l'idée de reprocher sa naissance à quiconque – du plus pauvre au plus riche ? Qui peut sérieusement imaginer que si demain, au terme de "la lutte finale" ou de n'importe quel grand partage mettant tous les individus à égalité de richesse (ou de pauvreté), la terre ne serait pas peuplée, après demain, de ceux qui sauraient faire fructifier leur avoir et de ceux pour qui il resterait insuffisant ? Ceux qui confondent égalité devant la loi avec égalité de revenu, oublient que richesse et pauvreté sont et seront toujours relatives et que le courage, le talent, l’ambition, la chance, etc. des uns ne sont pas ceux des autres. Comme l'a écrit Jules Renard, cet admirateur et ami sincère de Jaurès : « Les hommes naissent égaux. Dès le lendemain ils ne le sont plus ».

Certes, par simple humanité, la responsabilité collective ne peut être écartée ; des antécédents et le poids de la société peuvent peser sur l'individu au point de le priver de réelles possibilités d'y faire face seul et il est alors du devoir de cette société de lui apporter son aide. Mais elle devient elle-même impuissante lorsque le poids de cette aide atteint la démesure et un degré de complexité que rien ne peut plus démêler. Or, au premier rang des facteurs de ce poids et de cette complexité figure indéniablement le nombre.
Donnons la parole à Alfred Sauvy, qui dénonçait déjà cette situation il y a plus de 50 ans, dans son livre "Malthus et les deux Marx" :
« En 25 ans [en 1963], le Monde a subi la plus grande transformation qu'il ait jamais connue. Dans l'espace d'une génération, sa situation a changé bien plus qu'en un siècle de Moyen Âge ou un millénaire de préhistoire.
Rien de saillant ne peut plus se produire en un point quelconque, qui n'ait sa répercussion sur le tour de la terre. En quelques secondes, se répand une nouvelle qui peut faire tomber des gouvernements nationaux ou ruiner des hommes placés à 10 000 km de là. Nulle autorité ne commande, nul ordre ne règle cet amas de 3 milliards d'hommes [devenus plus de 7 milliards depuis], plus différents de condition qu'ils ne l'ont jamais été, et cela au moment même où ils sont plus proches, plus voisins que jamais.
De ce chaos, de cet enchevêtrement d'intérêt, émergent deux problèmes fondamentaux :
- La menace d'une guerre atomique [... ]
- La croissance rapide de la population dans les pays les moins bien placés pour y faire face ; cette croissance implacable crée une hypothèque sans cesse alourdie, sur les ressources de la planète et risque de provoquer, quelque jour, une immense crise matérielle et morale [n'y sommes-nous pas maintenant plongés ?].
Le premier problème, qui met en présence deux grands adversaires, les E.-U. et l'U.R.S.S. [...] est assez bien connu dans ses lignes essentielles.
Le second a donné lieu à une littérature foisonnante, bourgeonnante qui, malgré d'excellents ouvrages a plutôt contribué à obscurcir la question. [ … ]
Ce qu'on appelle l'explosion démographique est survenu dans un monde ignorant tout de la démographie. Bannie des université, méprisée des économistes, inconnue de "l'honnête homme", cette science capitale a dû, pendant deux siècles, vivre à l'état sauvage. Pas un adulte sur 100 n'avait, vers 1950, reçu les rudiments les plus élémentaires de cette branche fondamentale. Et aujourd'hui encore, dans les milieux universitaires, elle est considérée comme une intruse, plus que comme une personne de la grande famille. Si on lui octroie une place, c'est pour en faire une sorte de pensionnaire, de locataire et, ainsi, éviter de lui donner ses possibilités de développement.
De toutes les responsabilités qui s'ouvrent et se prennent, celle des universitaires [et de l'élite dans son ensemble] est particulièrement lourde. »

Le sort de la démographie et la responsabilité de ceux qui l'ignorent ont-ils changé depuis ? Deux autres citations en font douter :

« Si nous continuons dans cette voie, si nous ne faisons rien pour enrayer l'accroissement de la population, nous allons en payer le prix, nous allons nous retrouver dans un monde surpeuplé. La démographie a un impact sur le développement économique, sur l'environnement et sur les ressources de la Terre qui sont limitées.»
Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies (1997 - 2006)

« L’effort à long terme nécessaire pour maintenir un bien-être collectif qui soit en équilibre avec l’atmosphère et le climat exigera en fin de compte des modes viables de consommation et de production, qui ne peuvent être atteints et maintenus que si la population mondiale ne dépasse pas un chiffre écologiquement viable.»
Rapport 2009 du Fonds des Nations Unies pour la Population

Un tableau chiffré valant mieux que toutes les citations, le lecteur doutant du bien fondé de celles qui précèdent pourra méditer ce qui suit.

Histoire et avenir des pauvres
Qui regarde loin dans le passé, peut voir loin dans le futur

Les pourcentages retenus pour la segmentation des humains peuplant la terre en : riches, représentants des classes moyennes et pauvres, sont hypothétiquement fondés sur la répartition moyennement admise pour l'an 2 000 par les instances publiant des données à ce sujet (ONU, B.M., INED, ONG diverses et nombreux sites Web).

Les chiffres ci-après tiennent compte de la révision à la hausse de l'estimation de la population du globe en 2100, telle qu'effectuée notamment par l'ONU et l'INED. Voir à ce sujet : http://economiedurable.over-blog.com/article-le-retournement-des-previsions-demographique-120602366.html

Population terrestre
An 1
(X 1)
An 1 800
(X 4)
An 2 000
(X 24)
Progression
en nombre
An 1/An 2 000
Projection
   An 2 100
(X 40)
Total
250 millions1
  1 milliard
6 milliards2
5,75 milliards
11 milliards3
Riches - 3.7%
9,25 millions
37 millions
220 millions
210 millions
407 millions
Cl. moyen. - 26.3%
65,75 millions
263 millions
1,58 milliard
1,514 milliard
2,9 milliards
Pauvres - 70%
175 millions
700millions
4,2 milliards
4,75 milliards
7,7 milliards

1 - évaluation de la population mondiale au début de notre ère
2 - Population mondiale à l'aube du XXIème s. selon l'ONU - Dont 1,5 milliard de pauvres profonds
3 - Estimation de la population mondiale en l'an 2 100  (ONU, INED)
Nota 1- Les pourcentages retenus pour la segmentation des terriens, en riches, représentants des classes moyennes et pauvres, sont hypothétiquement fondés sur la répartition moyennement admise pour l'an 2000 par les instances publiant des données à ce sujet (ONU, B.M., INED, ONG diverses).
Nota 2 - Compte tenu des différences relevées selon les sources, et de l'approximation des chiffres fournis, ces derniers ont été arrondis par défaut.

Que font ces élites, qui ont inventé le principe de précaution, pour tenir compte d'une telle évolution, aussi approximative qu'elle puisse être ? Doivent-elles se contenter de l"ignorer ou de la nier, au nom d'un hypothétique transition démographique et d'un optimisme dont il y a lieu de se souvenir  ce qu'en disait deux écrivains bien différents l'un de l'autre :
« . Le pessimisme, c’est la clairvoyance, la prudence, la méfiance. L’optimisme, c’est l’aveuglement, la confiance, pour tout dire d’un mot : la bêtise. » Paul LÉAUTAUD
« ... l'espoir n'est que la méfiance de l'être à l(égard de son esprit. Il suggère que toute conclusion défavorable à l'être doit être une erreur de son esprit. Les faits, pourtant, sont clairs et impitoyables. » Paul VALÉRY.