mardi 17 septembre 2013

Pauvreté & démographie - De la responsabilités des élites - 1

Pauvreté & démographie - De la responsabilités des élites - 1


Les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres ... et nombreux ; ceci expliquant peut-être en premier lieu cela.

Pauvreté, inégalités, pillage des ressources naturelles sont autant de maux contre lesquels les politiques économiques et sociales des États, comme des collectivités qui les composent, ne peuvent avoir de sens que si sont pris en compte les fondamentaux de la démographie mondiale et les problèmes de surpopulation qu'elle génère inexorablement, au détriment d'une planète mutilée de toutes parts et par voie de conséquence, des espèces qui la peuplent.

Ceux qui, dans de grands élans de générosité inspirés aussi bien du marxisme que du christianisme et autres idéologies, religions et croyances diverses, veulent imposer la dictature du prolétariat ou pour le moins leur vision strictement compassionnelle de la pauvreté, en sont en réalité les promoteurs, au détriment premier de ceux qui en souffrent. Croyant ou prétendant lutter pour ces derniers, ne s'obstinent-ils pas, dans les sursauts d'une vision archaïque de la société, moins à partager les richesses du monde qu'à rejeter sommairement sur la seule collectivité ou plus restrictivement encore sur les seuls riches, la responsabilité du destin des pauvres, en omettant la part prépondérante qui en incombe à chacun d'entre eux ? Ils négligent ainsi le fait que tout individu, quel que soit son sort, le doit en premier lieu à ses géniteurs, et ne font que retourner la colère des pauvres contre eux-mêmes, les enfonçant toujours plus dans leur condition en perdant de vue qu'elle est avant tout héréditaire et que c'est par conséquent sur ce terrain qu'il faut la combattre.

Ceux qui voient dans la dénatalité, proposée comme moyen de réduire la pauvreté dans le monde, un préjudice causé à des "non nés" et à des parents à la liberté desquels il serait ainsi porté atteinte, feraient bien de dépasser le cadre étriqué et souvent sectaire de leurs convictions. Reprochent-ils aux pays dans lesquels la croissance démographique a été jugulée ou est en voie de l'être, leur faibles taux de natalité ? Les familles auxquelles est dû un tel résultat sont-elles victimes d'une atteinte à leurs libertés fondamentales ? Et pour les plus pauvres d'entre ces familles, sont-elles frustrées de n'avoir pas condamné en plus grand nombre leur progéniture à connaître leurs propres conditions d'existence, s'il leur arrive de s'en plaindre ? À qui viendrait l'idée de reprocher sa naissance à quiconque – du plus pauvre au plus riche ? Qui peut sérieusement imaginer que si demain, au terme de "la lutte finale" ou de n'importe quel grand partage mettant tous les individus à égalité de richesse (ou de pauvreté), la terre ne serait pas peuplée, après demain, de ceux qui sauraient faire fructifier leur avoir et de ceux pour qui il resterait insuffisant ? Ceux qui confondent égalité devant la loi avec égalité de revenu, oublient que richesse et pauvreté sont et seront toujours relatives et que le courage, le talent, l’ambition, la chance, etc. des uns ne sont pas ceux des autres. Comme l'a écrit Jules Renard, cet admirateur et ami sincère de Jaurès : « Les hommes naissent égaux. Dès le lendemain ils ne le sont plus ».

Certes, par simple humanité, la responsabilité collective ne peut être écartée ; des antécédents et le poids de la société peuvent peser sur l'individu au point de le priver de réelles possibilités d'y faire face seul et il est alors du devoir de cette société de lui apporter son aide. Mais elle devient elle-même impuissante lorsque le poids de cette aide atteint la démesure et un degré de complexité que rien ne peut plus démêler. Or, au premier rang des facteurs de ce poids et de cette complexité figure indéniablement le nombre.
Donnons la parole à Alfred Sauvy, qui dénonçait déjà cette situation il y a plus de 50 ans, dans son livre "Malthus et les deux Marx" :
« En 25 ans [en 1963], le Monde a subi la plus grande transformation qu'il ait jamais connue. Dans l'espace d'une génération, sa situation a changé bien plus qu'en un siècle de Moyen Âge ou un millénaire de préhistoire.
Rien de saillant ne peut plus se produire en un point quelconque, qui n'ait sa répercussion sur le tour de la terre. En quelques secondes, se répand une nouvelle qui peut faire tomber des gouvernements nationaux ou ruiner des hommes placés à 10 000 km de là. Nulle autorité ne commande, nul ordre ne règle cet amas de 3 milliards d'hommes [devenus plus de 7 milliards depuis], plus différents de condition qu'ils ne l'ont jamais été, et cela au moment même où ils sont plus proches, plus voisins que jamais.
De ce chaos, de cet enchevêtrement d'intérêt, émergent deux problèmes fondamentaux :
- La menace d'une guerre atomique [... ]
- La croissance rapide de la population dans les pays les moins bien placés pour y faire face ; cette croissance implacable crée une hypothèque sans cesse alourdie, sur les ressources de la planète et risque de provoquer, quelque jour, une immense crise matérielle et morale [n'y sommes-nous pas maintenant plongés ?].
Le premier problème, qui met en présence deux grands adversaires, les E.-U. et l'U.R.S.S. [...] est assez bien connu dans ses lignes essentielles.
Le second a donné lieu à une littérature foisonnante, bourgeonnante qui, malgré d'excellents ouvrages a plutôt contribué à obscurcir la question. [ … ]
Ce qu'on appelle l'explosion démographique est survenu dans un monde ignorant tout de la démographie. Bannie des université, méprisée des économistes, inconnue de "l'honnête homme", cette science capitale a dû, pendant deux siècles, vivre à l'état sauvage. Pas un adulte sur 100 n'avait, vers 1950, reçu les rudiments les plus élémentaires de cette branche fondamentale. Et aujourd'hui encore, dans les milieux universitaires, elle est considérée comme une intruse, plus que comme une personne de la grande famille. Si on lui octroie une place, c'est pour en faire une sorte de pensionnaire, de locataire et, ainsi, éviter de lui donner ses possibilités de développement.
De toutes les responsabilités qui s'ouvrent et se prennent, celle des universitaires [et de l'élite dans son ensemble] est particulièrement lourde. »

Le sort de la démographie et la responsabilité de ceux qui l'ignorent ont-ils changé depuis ? Deux autres citations en font douter :

« Si nous continuons dans cette voie, si nous ne faisons rien pour enrayer l'accroissement de la population, nous allons en payer le prix, nous allons nous retrouver dans un monde surpeuplé. La démographie a un impact sur le développement économique, sur l'environnement et sur les ressources de la Terre qui sont limitées.»
Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies (1997 - 2006)

« L’effort à long terme nécessaire pour maintenir un bien-être collectif qui soit en équilibre avec l’atmosphère et le climat exigera en fin de compte des modes viables de consommation et de production, qui ne peuvent être atteints et maintenus que si la population mondiale ne dépasse pas un chiffre écologiquement viable.»
Rapport 2009 du Fonds des Nations Unies pour la Population

Un tableau chiffré valant mieux que toutes les citations, le lecteur doutant du bien fondé de celles qui précèdent pourra méditer ce qui suit.

Histoire et avenir des pauvres
Qui regarde loin dans le passé, peut voir loin dans le futur

Les pourcentages retenus pour la segmentation des humains peuplant la terre en : riches, représentants des classes moyennes et pauvres, sont hypothétiquement fondés sur la répartition moyennement admise pour l'an 2 000 par les instances publiant des données à ce sujet (ONU, B.M., INED, ONG diverses et nombreux sites Web).

Les chiffres ci-après tiennent compte de la révision à la hausse de l'estimation de la population du globe en 2100, telle qu'effectuée notamment par l'ONU et l'INED. Voir à ce sujet : http://economiedurable.over-blog.com/article-le-retournement-des-previsions-demographique-120602366.html

Population terrestre
An 1
(X 1)
An 1 800
(X 4)
An 2 000
(X 24)
Progression
en nombre
An 1/An 2 000
Projection
   An 2 100
(X 40)
Total
250 millions1
  1 milliard
6 milliards2
5,75 milliards
11 milliards3
Riches - 3.7%
9,25 millions
37 millions
220 millions
210 millions
407 millions
Cl. moyen. - 26.3%
65,75 millions
263 millions
1,58 milliard
1,514 milliard
2,9 milliards
Pauvres - 70%
175 millions
700millions
4,2 milliards
4,75 milliards
7,7 milliards

1 - évaluation de la population mondiale au début de notre ère
2 - Population mondiale à l'aube du XXIème s. selon l'ONU - Dont 1,5 milliard de pauvres profonds
3 - Estimation de la population mondiale en l'an 2 100  (ONU, INED)
Nota 1- Les pourcentages retenus pour la segmentation des terriens, en riches, représentants des classes moyennes et pauvres, sont hypothétiquement fondés sur la répartition moyennement admise pour l'an 2000 par les instances publiant des données à ce sujet (ONU, B.M., INED, ONG diverses).
Nota 2 - Compte tenu des différences relevées selon les sources, et de l'approximation des chiffres fournis, ces derniers ont été arrondis par défaut.

Que font ces élites, qui ont inventé le principe de précaution, pour tenir compte d'une telle évolution, aussi approximative qu'elle puisse être ? Doivent-elles se contenter de l"ignorer ou de la nier, au nom d'un hypothétique transition démographique et d'un optimisme dont il y a lieu de se souvenir  ce qu'en disait deux écrivains bien différents l'un de l'autre :
« . Le pessimisme, c’est la clairvoyance, la prudence, la méfiance. L’optimisme, c’est l’aveuglement, la confiance, pour tout dire d’un mot : la bêtise. » Paul LÉAUTAUD
« ... l'espoir n'est que la méfiance de l'être à l(égard de son esprit. Il suggère que toute conclusion défavorable à l'être doit être une erreur de son esprit. Les faits, pourtant, sont clairs et impitoyables. » Paul VALÉRY.

9 commentaires:

  1. bonjour et bonne annee, j'ai vu votre article croissance ,decroissance et votre opinion sur sur la demographie mondiale.
    c'est mon opinion aussi que c'est un probleme reel ,et pour moi c'est encore pire que le changement climatique, parce que les effets des elements sont devastateurs mais vous savez comme moi qui a 61ans et vous je crois que vous avez vecu la
    guerre mondiale , les dechainements humains sont encore plus terribles,en plus pour moi c'est deja en cours , le pringtemps du magreb , la syrie, des pays africains ,asiatiques, il y les dictatures , ok , s'y greffe des conflits religieux , la crise economique et surtout la surpopulation,et les arrivees consequentes des immigres vers l'Europe.
    j'au regarde sur internet , il y a peu de gens qui s'expriment a ce sujet , POURQUOI ? et pourquoi dans les mouvements ecologiques c'est silence radio,tabou,interdit ?
    j'ai eu l'information que la Chine abolisait maintenant la mesure d'un seul enfant etablie par Mao il y a 30 ans , pour cause
    de viellissement de la population , le viellissement est certes un problemme ,mais une demographie galopante ca en fait deux. alors qu'avec la politique d'enfant unique la Chine est passe de 700 millions et moi et moi du temps de la chanson
    de Dutronc a 1,3 milliards actuel , la France a mon temps d'ecole on apprenait 45 millions de francais et actuel plus de 65 millions:les embouteillages, le manque de logements , le prix des terrains, le chomage, la pollution, etc , depuis que Chirac a octroye une prime au 3 eme enfant , la natalite a fortement augmente et aussi les dettes de la France , de la secu, , mais si la crise economique s'attenue , il restera un bon paquet de chomeurs et il finira bien pas atteindre 10 millions.
    Alors je repose la question pourquoi la demographie galopante francaise et mondiale n'est pas un considere comme un fleau pour la majorite des ecologistes ?

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    1. Bonjour Marcel.
      Merci de vos vœux. A mon tour, je vous souhaite une bonne et heureuse année nouvelle.
      Je vous remercie d'autant plus de votre contribution que vous mettez le doigt sur l'un des aspects tellement important du sujet, qu'il me motive au plus au point pour tenter, en dépit de l'absence de notoriété et de la modestie des moyens dont je dispose, de continuer à l'étudier et à faire part de mes observations quant à la pyramide sociale, notamment dans sa relation avec la démographie.

      Je partage votre avis, le fait démographique est sinon plus important, du moins prioritaire par rapport au réchauffement climatique (comme par rapport à tout autre préoccupation quant à l'avenir de l'espèce), car qu'importe que la planète soit plus ou moins accueillante aux hommes, s'ils deviennent trop nombreux pour l'habiter ?

      Et il n'y a pas que les écologistes qui refusent de voir les effets désastreux de la démographie mondiale. A quelques exceptions près, l'élite se défile lorsqu'il s'agit de débattre sérieusement de population, de risque de surpopulation et de dénatalité Je prépare d'ailleurs une lettre ouverte que je publierai prochainement, sur mon blog et ailleurs.

      Ma réponse risquant être trop longue, j'abrège en vous informant que j'en fais un article que je publierai en tant que tel sur mon blog et dont j'espère que vous le lirez. Il vous suffit de vous y abonner pour cela.

      Cordialement

      Claudec

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  2. Bonjour Claudec,

    Il me paraît abusif de dire que les populations n'ont pas conscience du problème démographique, le problème est de deux natures. D'abord éthique sur les moyens à mettre en oeuvre et parce que ces moyens impliques de coordination entre les états pour avoir une réelle efficacité. Bref, une coopération qui dans sa logique va à l'encontre de la doxa économique actuelle. La lutte contre la démographie est une lutte sociale et économique donc idéologique. Or, si ceux qui se réclament de l'écologie peinent à trouver un biais éthique, les tenants du systèmes refusent de devoir amender le système qui leur apparaît tant profitable actuellement, avec la certitude qu'en cas de débordement, la solution s'imposera d'elle même aux yeux de leur propre population des classes moyennes, à savoir la répression et les mesures d'urgences ou lois martiales. Bref, laisser l'urgence dicter la loi pour passer au dessus du problème éthique liés aux mesures d'urgences. En attendant, soutenir l'idée que le modèle actuel est le moins pire de tous pour faire diminuer la pauvreté d'un coté et par le transfert des masses de paysans pauvres vers les villes pour faire diminuer la démographie de ces populations, par le simple changement de condition sociale. Le paysan à besoin de bras, pas l'ouvrier des villes. Ce raisonnement a été un facteur déterminant pour les dirigeants chinois dans leur changement de stratégie politique.

    Le vieillissement de la population n'est pas un problème dans notre monde où la mécanisation est aussi efficace. Mais même sans augmentation de la mécanisation, les infrastructures existantes sont telles, qu'elle permettent ce vieillissement de la population sans crise de main d'oeuvre, à la condition expresse de revoir le modèle économique et social actuel.

    Je remarque que dans le tableau donné, les % restent stables, seul change le nombre total de la population. Autrement dit, le ratio entre les différentes classe est indépendant de la démographie.

    Vous écrivez dans votre présentation du blog :

    "Si la richesse n’a pas de limites, la misère a la sienne, qui est le fondement même de la condition humaine, là où elle est le plus concernée par la démographie"

    En théorie la richesse n'a pas de limite, mais en pratique elle en a au moins deux. La première lié à son temps de vie, la seconde lié aux limites imposés par la Terre. Donc, limites temporelle et spatiale. Ensuite, vous parlez de richesse matérielle, mais il existe d'autres formes de richesses, liés à la créativité individuelle et collective, aux relations sociales et a l'environnement écologique. En tenant compte de ces autres formes de richesse, la notion de riche et de pauvre peut évoluer, mais il est clair que le pouvoir attractif de la richesse matérielle attire vers elle toutes ces autres formes, en les achetant donc, de telle sorte qu'elle les rends dépendantes et interdit au niveau macroéconomique la conscience qu'un autre modèle économique puisse être plus efficace.

    Hervé Hum


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  3. Bonjour Hervé

    Le spectacle de notre quotidien aidant, il est vrai qu'a lieu une prise de conscience du problème démographique allant s'élargissant ; mais elle est loin de toucher une majorité des hommes. Je pense d'ailleurs que le livre de Alan Weisman est fort propre à se faire une idée à ce sujet, de même que sur les autres points que vous soulevez.

    « Si la richesse n’a pas de limites, la misère a la sienne, qui est le fondement même de la condition humaine, là où elle est le plus concernée par la démographie »
    Il faut que je réédite cet article, car j'ai précisé depuis : « la société des hommes est, a toujours été et sera jusqu’à sa fin, faite d’inégalités. L’exception y domine la banalité ; le pouvoir le peuple, la force la faiblesse, l’intelligence la sottise, le savoir l’ignorance, la richesse la pauvreté, etc. ; dans tous leurs aspects. Et plus les richesses augmentent – qu’elles soient d’ordre matériel ou immatériel –, plus s’accroît l’écart entre le sommet d'une pyramide sociale qui n’a pas d’autres limites que l'ambition humaine et les capacités de la planète, et une base reposant sur la pauvreté absolue et l'indignité, dernier état de la condition humaine. »

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  4. Bonsoir Claudec,

    Je crois que l'enseignement principal du croisement des rapports de grandeur entre la démographie humaine et les ressources écologiques, réside dans la nécessité d'éradiquer "la pauvreté absolue et l'indignité, dernier état de la condition humaine". Parce que c'est, cette situation qui entraîne le plus fort taux de natalité humaine. Seulement pour que cela arrive, il faut que chaque classe sociale élève son niveau de conscience réciproque. Autrement dit, prenne conscience de sa place et de sa force réelle, dans un monde ayant obligation de coopérer pour espérer résoudre tous ses problèmes, sans plus de destruction prédatrice.

    Je ne crois pas que cette pauvreté absolue soit une fatalité, je crois au contraire qu'elle ne doit plus l'être, en raison même du problème démographique. Sauf à imaginer comme certains, que cette ploutocratie nobigeoise ait résolu de liquider 80 % de cette masse humaine. Je préfère pour ma part penser comment résoudre le problème sans génocide.

    Je crois donc que ce qu'il peut et doit être changé dans cette pyramide sociale, c'est sur ce qui doit guider l'ambition humaine, qui ne peut être qu'un idéal commun où les ambitions personnelles doivent s'y conditionner et non plus l'inverse. Cette inversion est consubstantielle de l'inversion du rapport entre démographie et limite des ressources écologiques. Il faut bien comprendre que ce changement ne tient pas de à la prise de conscience de ceux qui détiennent le pouvoir actuellement, mais essentiellement de ceux qui mettent en oeuvre les décisions politiques de ces dirigeants là. C'est à dire de la classe moyenne, suffisamment instruite et responsable pour prendre le pouvoir et établir les règles selon son propre intérêt de classe. Surtout que l'aristocratie actuelle vient en grande majorité de cette classe sociale. Bref, le jour où cette classe arrêtera de se laisser acheter par celle qui la domine et se laisser apeurer par celle qui la suit, elle prendra le pouvoir politique de notre monde, régulant le flux énergétique entre ses deux bornes opposés.

    Hervé

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  5. Bonjour Hervé,

    « ... nécessité d'éradiquer "la pauvreté absolue et l'indignité, dernier état de la condition humaine".» -
    - Je crois que cette éradication nous est interdite, comme en atteste par exemple la multiplication et l'extension des bidonvilles partout dans le monde, expression de la migration de ces misères, non de leur éradication. Plus généralement, richesse et pauvreté ainsi que leur divers degrés existant l'un par l'autre, seule leur régulation est envisageable à l'intérieur d'une pyramide sociale dont la structure est immuable. C'est de la sorte que peut s'exprimer notre choix entre une société faite de davantage de pauvres et moins de riches ou l'inverse, en vue d'atteindre un équilibre constituant le maximum de ce que nous pouvons espérer obtenir.

    « ... pour que cela arrive, il faut que chaque classe sociale élève son niveau de conscience réciproque »
    - Ces niveaux se définissant par un mélange d'inégalités naturelles (altérité) et sociales, chacun combat ou développe ce qu'il en a hérité à sa naissance. Mais la structure à l'intérieur de laquelle il réagit ne change pas. Il me semble en conséquence plus important pour chacun de prendre objectivement conscience de ce qu'est sa condition, que d'une force collective dont l'exercice ne peut avoir pour effet que de remplacer un pouvoir par un autre dans une structure incontournable.

    « Bref, le jour où cette classe arrêtera de se laisser acheter par celle qui la domine et se laisser apeurer par celle qui la suit, elle prendra le pouvoir politique de notre monde ... »
    - Se "laisser acheter" conduisant à ce qui n'est rien d'autre qu'un déclassement social vers le haut, mais toujours dans la même structure, elle aura alors simplement remplacé la précédente "ploutocratie nobigeoise", suivant un éternel jeu de chaises musicales, un pouvoir chassant l'autre pour s'exercer de la même manière.

    « Je préfère pour ma part penser comment résoudre le problème sans génocide. »
    - La préférence me semble devoir être accordée, par le bon sens, à toute solution visant à la fois : la réduction de la pauvreté profonde, la maîtrise des inégalités sociales, la protection de la planète.
    - Agir vaut mieux que penser, et la dénatalité est à notre portée immédiate, en tant qu'action.
    - La dénatalité n'a aucun caractère génocidaire, pas plus que contraire à la morale ou à la dignité humaine, bien au contraire.
    - Reste à démontrer que simplement réduire le nombre de pauvres, serait-ce par la dénatalité, n'est pas préférable à tous les moyens essayés depuis des millénaires avec des résultats contraires à ceux escomptés.

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  6. Bonjour Claudec,

    je ne conteste pas la pyramide, je conteste la légitimité de ceux qui sont au sommet et l'ampleur de leur richesse au regard du principe éthique fondateur et justifiant cette pyramide, à savoir le mérite.

    Ensuite, le génocide n'a de sens que pour les vivants et ne concerne donc pas la dénatalité, tant qu'elle n'interdit pas à un peuple le droit de se reproduire bien évidemment !

    Alors, nous sommes bien d'accord sur la nécessite du contrôle de la natalité, mais celle ci participe d'une obligation de contrôle généralisé de toute l'activité humaine pour préserver un environnement favorable et agréable, non pour préserver ou "sauver" la planète, qui est le sommet de l'arrogance et de la bêtise humaine.

    La pyramide à évolué en fonction de l'évolution de l'aristocratie, qui est passé de la noblesse à la bourgeoisie. Le dernier siècle à montré que l'aristocratie à continué son évolution ou plus figurativement, déplacé son centre de gravité vers les classes ouvrières (intellectuelles et manuelles). Qu'il ne reste à cette nouvelle aristocratie que d'accepter comme vous l'écrivez "de prendre objectivement conscience de ce qu'est sa condition, que d'une force collective dont l'exercice ne peut avoir pour effet que de remplacer un pouvoir par un autre dans une structure incontournable."

    Car la différence entre cette nouvelle aristocratie et l'ancienne, c'est sa position dans la pyramide, entre pauvreté et richesse. La bourgeoisie n'est rien d'autres qu'une noblesse basé sur la force du commerce en remplacement de la force militaire, mais avec le même principe héréditaire, ce qui la fait naturellement un allié de la noblesse. Ce qui n'est pas la même chose pour la classe moyenne, nouvelle aristocratie, issue des classes laborieuses. Celle ci est donc tiraillé entre ses racines sociales et la carotte bourgeoise. Mais si tant est que la pyramide est immuable dans son ordre, cette aristocratie doit choisir d'affirmer sa place dans la pyramide et du pouvoir que cela lui confère. Une place la faisant réguler l'énergie entre ses deux pôles extrême. Car tant que cette aristocratie ne jure que par le haut, elle renie la base dont elle est issue et qui est son meilleur support, accentuant le déséquilibre social, pyramidal. Sachant que de la même manière la noblesse à perdu son pouvoir tout en gardant son statut (l'héritage de son nom), il doit en être de même pour la bourgeoisie, perdre son pouvoir sur l'économie pour ne garder qu'un statut (dont le choix de son habitation), mais sans plus de pouvoir. L"histoire n'évolue pas par ses reniement, mais par ses dépassements ou prises de conscience.

    Mais il est clair que les nouveaux riches (matériellement) ne pourront l'être qu'en considération de leur apport personnel et non plus transmissible aux générations suivantes, car le principe est que chaque génération construise elle même sa propre pyramide. De la même façon où sur une planète l'économie est mondialisé, la notion de propriété n'a plus de sens et sa perpétuation un déni de l'évolution. La propriété devant être remplacé par la responsabilité individuelle et collective. Changement de conscience et non de jouissance matérielle pour la très grande majorité des personnes.

    Pour finir avec un de mes petits aphorismes résumant en partie tout cela :

    La liberté exige une grande discipline intérieure, la servitude un minimum et l'esclavage aucune car la discipline est imposée de l'extérieur. Ou autrement dit, la liberté, la servitude et l'esclavage on en commun la soumission de l'être à une discipline. Volontaire pour la liberté, accepté pour la servitude et subi pour l'esclavage. Croire que la liberté consiste à s'affranchir de toute discipline, c'est se condamner à la discipline d'autrui... (quid de la noblesse passé et de la bourgeoisie actuelle !)

    Hervé

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    1. Bonjour Hervé,

      et merci pour vos commentaires.

      La pyramide en tant que représentation objective (bien que schématique) de la société est effectivement incontestable, et c'est d'ailleurs l'objet de mon blog que de contribuer à en faire prendre conscience à ceux qui l'ignorent ou le réfutent. Ce polyèdre exprimant la segmentation des individus qui la peuplent, en fonction de leur nombre, et de leur richesse sous toutes ses formes mais plus communément matérielle, puisque c'est l'aune à laquelle l'homme se mesure le plus couramment à ses semblables, c'est une représentation neutre, n'ayant pas pour ambition de fournir les raisons de la répartition des individus en son sein, au-delà des hasards de leur naissance.

      Représentation immuable et de portée universelle de toute structure hiérarchisée, aussi bien naturellement que socialement, elle peut aussi être employée pour décrire, voire justifier, certaines doctrines ou phénomènes sociaux (la lutte des classes notamment) ou discuter du mérite de chacun d'occuper la place qui y est la sienne, ce qui est tout autre chose.

      Pour l'usage que vous en faite, si je perçois votre analyse du repositionnement de la bourgeoisie et de la noblesse comme la structuration d'une classe moyenne étant allé de paire avec l'émergence d'un monde ouvrier s'étant inséré entre la petite paysannerie et cette classe moyenne pour constituer la frange supérieure de la pauvreté, il s'agit là d'un déclassement – vers le haut pour les uns, vers le bas pour les autres –, résultant de l'avènement de l'industrie, qui n'a rien changé à la répartition de la société en pauvres, classe moyenne et riches.

      Pour l'avenir de ces derniers, sortant quelque peu de mon sujet, je serais moins catégorique que vous, pour deux raisons :
      1° Une pyramide sans sommet (les riches) ne peut se concevoir ; ce n'est tout simplement plus une pyramide.
      2° Sauf surpopulation, la société ne peut que croître en richesse et c'est par "ruissellement" que cette richesse irrigue la pyramide. Or pas de richesse sans riches, ce qui assure à ces derniers la pérennité de leur position dominante.
      A noter qu'à population moindre moins de pauvres et "ruissellement" plus profitable à chacun ;
      Il faut bien l'admettre, si un Bill Gates n'est certainement pas à plaindre quant à son train de vie, sa colossale fortune, de nature boursière, profite à tous et en premier lieu à ceux qu'il fait vivre de leur travail par ses investissements.

      Toujours quelques peu hors sujet du blog, je ne vois pas en quoi vouloir "sauver" la planète – en tant qu'habitat de l'homme et des autres espèces qui la peuplent avec lui – peut avoir d'arrogant ou de stupide. Ne s'agit-il pas ce faisant de préserver l'environnement favorable et agréable que vous évoquez ? mais favorable à qui ? sinon à l'homme qui en décide pour le meilleur et pour le pire.

      Pour ce qui est de la liberté enfin, je vous livre à mon tour mon aphorisme : La liberté est une richesse qui comme toute autre se partage (et se mérite) ; plus sont nombreux ceux qui y prétendent, moins est importante la part de chacun.

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