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samedi 4 février 2017

Inégalités sociales et démographie

L'amalgame est un procédé dialectique tellement séduisant pour qui veut convaincre, qu'il en est abondamment fait usage, ce qui n'est pas sans tromper l'opinion. Il en est ainsi pour les inégalités sociales, sujet d’autant plus flou que les réactions qu’il suscite sont passionnées et nombreuses. La confusion est ainsi plus ou moins volontairement introduite entre égalité sociales et égalité devant la loi – voire égalité tout court –, mais le pire est quand l'amalgame est pratiqué entre inégalités et différences, les pourfendeurs des premières n'hésitant pas à ignorer les secondes ; de même qu’en en sont négligées les origines profondes et quand sont comparées des fortunes qui n’ont plus rien de personnel à des salaires individuels, voire à des allocations. Rien de surprenant dès lors à ce que la lutte contre les inégalités sociales prenne des allures d'utopie et ne mène à rien de plus qu’à la polémique, fut-elle étayée par de brillantes études et spéculations. Un essai de recentrage n’est donc peut-être pas inutile.

La pauvreté – comme la richesse – et les inégalités sociales sont des composantes structurelles de la société, inévitables dans leur relativité. En prendre conscience serait le premier pas à faire pour espérer les maîtriser, à défaut de pouvoir les éradiquer. La preuve en est largement administrée par une histoire sociale au cours de laquelle les raisonnements, les doctrines, les méthodes et les moyens appliqués pour les combattre ont nullement empêché qu'elles augmentent et s'exacerbent. Pourtant, l'homme refuse d'ouvrir les yeux sur ce qu'est aussi fondamentalement qu'irrémédiablement sa condition et la mesure dans laquelle la vie sociale de chacun en dépend. Il préfère, avec une obstination sommaire devant tout à sa vanité, tenter d'obtenir par la force ce que la nature lui refuse. Et les plus éminents experts que ces questions interpellent n'échappent pas à ce véritable déni de réalité.
En occident comme ailleurs, dans les pays développés comme dans les autres, la société des hommes est, a toujours été et sera jusqu’à sa fin, faite d’inégalités. L’exception y domine la masse ; le pouvoir y domine le peuple, la force la faiblesse, l’intelligence la sottise, le savoir l’ignorance , la richesse la pauvreté etc. ; dans tous leurs aspects. Et plus les richesses augmentent – qu’elles soient d’ordre matériel ou immatériel –, plus s’accroît l’écart entre le sommet d'une pyramide sociale qui
n’a pas d’autres limites que l'ambition humaine et les capacités de la planète et une base reposant sur la pauvreté absolue, au-dessous de laquelle nul ne peut descendre. Il négligent simplement ce faisant, que la richesse de la société augmente avec sa population, dont le premier rôle est de la produire, donc de s'enrichir.


Il existe des chiffres et un mécanisme vieux comme le monde, dont il faudrait avoir
clairement conscience avant de tenter quoi que ce soit d’utile pour secourir durablement les plus nécessiteux d’entre nous, qu'il s'agisse de continents, de nations, de régions, comme d'individus : À l’aube de notre ère, la Terre était peuplée d’environ 250 millions d’êtres humains. Elle en compte bientôt 8 milliards, dont 1 à 2 milliards vivent dans un état de pauvreté profonde. La pyramide sociale planétaire s'est développée du fait de l'activité des hommes et la richesse collective qui en résulte a crû de même, l'une et l'autre jusqu'à l'atrophie. Et la croissance démographique a affectée la structure de la pyramide sociale proportionnellement à la part de la population de chacune des catégories sociales qui l'occupent et s'y répartissent à raison de 3,7 % de riches, 26,3 % de représentants des classes moyennes et 70 % de pauvres*. L’homme et le progrès dont il est porteur ont ainsi multiplié en 20 siècles, sans que nul ne semble en être conscient, le nombre de miséreux, au point qu'ils représentent de nos jours plusieurs fois ce qu'était celui des individus de toutes conditions vivant sur terre au début de leur entreprise. Et la population continue d'augmenter, au rythme quotidien actuel de 280 000 âmes, en suivant cette incontournable répartition. C'est ainsi que la démographie partage la pauvreté plus généreusement que la richesse et que s'accroissent les inégalités sociales, dans un foisonnement de doctrines les plus alambiquées les unes que les autres n'en tenant aucun compte, alors que le seul combat qui vaille, contre la pauvreté et pour la réduction des inégalités sociales, est d'abord d'ordre dénataliste, avec pour autre conséquence salutaire de soulager la planète de ses premiers prédateurs et de redonner à la société des dimensions qu'exigent sa saine gouvernance
Pourtant les hommes, dans leur immense majorité n'envisagent ce combat que sous forme de luttes plus ou moins violentes contre un ordre qu'ils s'obstinent à méconnaître, voire nier, au motif qu'ils ne sauraient se ranger dans une pyramide, à la manière de n'importe quelle espèce hiérarchisée. Et loin de les appeler à plus de circonspection, leurs guides politiques, religieux, scientifiques, en rajoutent à grand renfort de théories toutes oublieuses de ce qu'est notre condition première. Or à quoi servent les plus brillantes spéculations si elles font l'impasse sur les fondamentaux d'une condition qu'elles se donnent pour objectif de maîtriser ?

* Surpopulation Mondiale – La cause de tous nos maux

vendredi 9 décembre 2016

De l’hérédité, en matière de pauvreté comme de richesse

Voici que certains reprochent aux riches d’être gros et gras par l’amaigrissement des pauvres, quand d’autres leur reprochent d’être sveltes quand ce qui distingue les pauvres est leur obésité. Disons plus simplement qu’ils leur reprochent d’être riches, même quand ils n’y sont pour rien ; pas plus en tout cas que ceux qui, étant pauvres, le tiennent avant tout de leurs parents, lesquels ont eu le malheur d’être pauvres avant eux.

C’est en tout cas omettre que pauvreté et richesse existent l’une par l’autre dans une société, représentée par une pyramide sociale peuplée de riches et de pauvres, qui s’y répartissent depuis les plus démunis à sa base jusqu’AU plus riche à son sommet.

Nous savons que si la population de la pyramide sociale est répartie en 3 catégories : riches, classes moyennes et pauvres, face à une échelle de richesse dont le niveau zéro coïncide avec celui de la base de cette pyramide, la population de chacune de ces catégories sociales est respectivement de : 70 % pour les pauvres 24,3 % pour les représentants des classes moyennes 3,7 % pour les riches. Ce qui signifie que sur 100 êtres humains qui naissent (et il s’en ajoute quotidiennement 280 000 à la population mondiale, soit plus de 100 millions chaque année), 70 s’ajoutent aux pauvres, environ 24 aux représentants des classes moyennes et un peu moins de 4 aux riches.
Il naît près de 20 pauvres pour un riche, sachant qu’un pauvre ne peut enfanter que des pauvres, comme un riche enfante des riches (quelle que soit l’évolution de la condition de chacun au cours de son existence). Et les inégalités croissent imperturbablement avec l’enrichissement global de la société depuis qu’elle existe. Ces chiffres sont inéluctables, en dépit de leurs variations circonstancielles, et indiquent clairement que le problème des inégalités sociales et de la pauvreté est avant tout, et incontournablement, d’ordre démographique.

Et pourtant , les plus pauvres ont du mal à le concevoir et sont les plus obstinés à refuser de l’admettre. Or quelle attitude plus insensée de leur part (encouragée par ceux qui compatissent sommairement à leur situation, en y trouvant souvent leur propre compte, ne serait-ce que moralement ou idéologiquement), que celle qui consiste à se plaindre de leur condition, en s’y offrant toujours plus nombreux ! Existe-t-il une meilleure manière de servir les intérêts de ceux par qui ils se plaignent d’être exploités que de se mettre en rangs toujours plus serrés à leur disposition ? À plus forte raison quand la lutte des classes, censée contraindre les riches à cesser cette exploitation, s’est avérée impuissance à changer le cours des choses dans une mesure significative, à en juger par la permanence des revendications des plus défavorisés, depuis que l'homme existe, et l’augmentation incessante de leur nombre.

Ne suffirait-il pas que l’ensemble de la population – donc majoritairement les pauvres – soit moins nombreuse, pour que se réduise la pauvreté, sachant comme dit plus haut, qu’elle est, comme la richesse, relative ?
Dans la structure immuablement pyramidale de notre société, la pauvreté et sa croissance incessante sont d’ordre d’abord démographique, et il est illusoire de compter y remédier par le partage, quels que soient le nombre, la variété, et l’efficacité, des modes de redistribution, contraints comme volontaires que s'efforcent d'inventer philanthropes et autres utopistes.

Le sort des pauvres dépend d’abord d’eux-mêmes. Des pauvres moins nombreux se multiplieraient moins – y compris à égalité de fécondité avec les riches – et pourraient être d’autant moins nécessiteux qu’ils auraient ainsi moins de raisons de chercher à assurer leurs vieux jours par leur descendance ; explication suprême, au demeurant crédible, de l’augmentation de la pauvreté dans le monde.

Sans compter les bénéfices, pour tous, d’un retour à une population humaine compatible avec les ressources (mieux partagées) de la planète qui l’abrite.

jeudi 24 novembre 2016

Démographie à la COP 22

La COP 22 est terminée, finie la fête adieu le saint comme dit l’adage. La question démographique est une fois de plus passée à la trappe, en dépit de nombreux appels à y consacrer davantage d’attention que lors des précédentes éditions.

À peine le sujet a-t-il été effleuré dans des conditions et des termes toujours aussi étriqués et partisans, le réduisant à une dimension faussement sociale.
La mention qui en a été faite peut se résumer à une courte vidéo publiée sous le titre : « ENVIRONNEMENT – La 22e conférence climatique de l’ONU s’est ouverte lundi à Marrakech avec pour objectif de concrétiser les engagements pris par la communauté internationale à Paris en 2015 afin de lutter contre le réchauffement planétaire. Au menu : l’association Ennakhil, la solution du jour, la démographie africaine et la hausse de la population mondiale expliquée avec humour par le youtubeur Hugo du Tatou ».
Et c’est probablement avec cet humour annoncé qu’il a été rappelé que la population du continent africains devait doubler dans les prochaines décennies pour dépasser les 4 milliards d’habitants, et pour surtout souligner que cette population ne serait que faiblement polluante, comparativement à ce qu’il en est pour les méchants des autres continents.
Piètre soulagement, car c’est expéditivement omettre que si le continent africain est appelé à être à la fois le plus peuplé et le moins producteur de GES de la planète, ce ne peut être que temporaire, dans la mesure ou l’ambition légitime des Africains sera de bénéficier le plus rapidement possible du même niveau de vie que les autres terriens. C’est aussi ne tenir aucun compte des GES générés ailleurs qu’en Afrique, par les activités dédiées à celle-ci. Ainsi des productions des autres continents ayant pour objet de répondre à une part aussi large que possible des besoins du continent africain, que celui-ci ne sera pas en mesure de produire lui-même, en attendant qu’il soit doté des industries capables d’y remédier… en polluant comme les autres.

Il faut par ailleurs être conscients que la production des GES n’est pas le seul critère d’appréciation – loin s’en faut – des effets de la surpopulation. Il est bien d’autres manières de polluer et d’y concourir, en même temps que de contribuer à l’épuisement des ressources de la planète. Et l’Afrique ne sera pas le seul continent à voir sa population augmenter même si cela a lieu avec moins d’exubérance – avec toutes conséquences sur l’ensemble des maux que connaît le monde entier.


Il faut une fois de plus rappeler que le seul remède sérieux, viable et durable à ces maux, est une « écologie dénataliste" ; Question de population dont personne n’a sérieusement parlé à la COP 22 davantage qu’à ses précédentes éditions.

samedi 12 novembre 2016

Pyramide sociale et biodiversité

Illustrant de manière schématique la segmentation de la société, pour analyser ce qu'il en résulte en terme de démographie et de partage de ses richesse, la pyramide sociale présente une lacune. Elle semble en effet ignorer la relation, pourtant fondamentale, qui est celle que l'humanité entretient avec le reste de l'écosphère.

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Or, même si cette question est abordée à plusieurs reprises sur ce blog, il ne peut en être comme si rien d'autre n'existait que l'humanité. Cette omission étant significative d'une tendance à oublier que toute vie et en particulier celle de notre société dépend et est indissociable de son environnement au sens large, il n'est donc pas inutile de le rappeler. L'auteur s'excuse d'avoir à le faire, d'autant plus qu'il regrette que des experts, spécialement en démographie, économie et sociologie se montrent trop souvent incapables de franchir les limites de leur science.

D'autres ont souligné que l'homme relève d'une bio-diversité qui le dépasse, mais en insistant peut-être pas toujours assez sur le point auquel, en tant que premier prédateur, il conditionne l'avenir de l'ensemble de son biotope. Il n'est donc pas inutile de le rappeler ici, par un schéma ajoutant à la société des hommes, le complément sans lequel elle ne saurait exister.


La base de la pyramide sociale, niveau zéro des richesses dont la conquête et l'accumulation caractérisent l'humanité, sépare celle-ci de ce qui n'en relève pas moins de la vie sur Terre. Aussi, plutôt que de s'arrêter à cette limite en évoquant ce qui se trouve au-dessous par la simple mention "Inexistence sociale", le socle de toute existence se voit attribuer la place qui lui revient naturellement (sans tenir compte de son état de dégradation). Le dessin met alors en évidence la précarité de la pyramide sociale, à la manière du sommet d'un iceberg dont l'érosion ronge la base qui le maintient en équilibre.

Les hommes se comporteraient-il vraiment comme des veaux ?

L’impavidité dont Le Général de Gaulle taxait les Français, semble se manifester bien au-delà de l’hexagone, à en juger par l’inertie de l’opinion mondiale – élite et représentants de tous les pouvoirs en tête –, face à des faits qui conditionnent directement l’avenir de l’espèce humaine. Et cette apathie est implicitement encouragée par des media manifestement plus friands de faits divers que de sujets à propos desquels ils pourraient se sentir investis d’une mission didactique. Sur le Web comme en bien d’autres espaces d’information et de débat, ces questions sont loin de passionner les foules, exceptée celle des sempiternels négationnistes. Qu’il s’agisse du réchauffement climatique, de contrôle démographique, de croissance économique, ou de tout autre sujet, ils nient par principe la compétence des experts, que leurs avis soient ou non confirmés par les événements. Que lesdits experts ne soient pas d’accord entre eux ne peut justifier une attitude consistant à les rejeter en bloc ou à contester systématiquement la valeur de leurs travaux ; ils ne sont pas infaillibles et leur fonction est avant tout de donner à penser, y compris à ceux qui ne partagent pas leurs points de vue, sans s’arrêter à des critiques qui ne font que donner la mesure de l’impuissance de ceux qui les critiquent Ceci dit, il est permis de se demander si le plus affligeant est l’état de la planète et de la société, ou l’infantilisme de l’immense majorité des individus, à propos de questions les concernant pourtant au premier chef ; comme leurs enfants, lorsqu’ils se préoccupent de leur sort.

Ainsi de la passivité de l’opinion face :
– aux atteintes à la biodiversité. En 42 ans, de 1970 à 2012, le nombre d’animaux vertébrés sauvages marins et terrestres a chuté de 58 %. La chute devrait atteindre 67 % d’ici 2020 et se poursuivre au rythme de 2 % par an, jusqu’à extinction … exception faite de celles qui naîtront pendant le même temps mais dont aucun d’entre nous a la moindre chance de connaître la maturité, dans ce qui sera un autre monde,
– au développement incessant du “7e continent”, accompagné de l’immersion d’un volume augmentant sans cesse des déchets de matières plastiques dont il est constitué, pour aller tapisser des fonds marins dont ils empoisonnent la faune et asphyxient la flore,
– au passage de la population du continent africain de 2 à plus de 4 milliards d’individus au début du prochain siècle, et à sa répercussion sur le reste de l’humanité,
– à une COP 22 dont l’impuissance politicienne s’est emparée, comme pour faire diversion, donnant à la quête de nouvelles sources d’énergies la priorité des priorités, oubliant que l’importance d’une population humaine croissant sans cesse en est le consommateur insatiable ; ceci en dépit des avertissements lui étant adressés (dont ici-même la “Lettre ouverte aux participants à la COP 22”),
– à la déferlante des 100 millions d’êtres humains venant chaque année augmenter la population humaine de la planète,

pour ne citer que ces exemples qui nous concernent tous, dans la mesure où ils indiquent que c’est la fin de notre civilisation et peut-être même de l’espèce humaine – ou pour le moins sa suprématie – qui sont en jeu.

Indifférence diront les uns, égoïsme diront les autres, question de priorité diront d’autres encore, tant il est vrai que l’attention de chacun est d’abord requise par son quotidien et les scandales qui lui sont jetées en pâture ici et là. Assez rares en tout cas semblent être ceux dont la faculté ou le souci les conduisent à prendre le recul suffisant pour en voir le tableau d’ensemble ainsi que les causes profonde.

Mais pour faire court, ne s’agit-il pas tout simplement de la manifestation du triomphe de la vie sur la mort, à l’occasion du véritable suicide auquel est en train de s’abandonner l’humanité ? De la vie dans toute son exubérance ; telle que pour l’espèce qui a voulu si vaniteusement se soustraire au modérateur qu’est la sélection naturelle, elle meurt par prolifération ; à la manière dont tue un cancer. De la vie triomphant envers et contre tout, puisque nous avons d’ores et déjà un pied dans un transhumanisme qui pourrait bien se révéler davantage de substitution que de progrès, tant il est à craindre qu’il reste inachevé, faute des technologies que l’homme et la nature seront chaque jour moins en mesure de lui fournir. L’homme démiurge pourra-t-il se consoler de son naufrage en pensant être presque parvenu à se donner un remplaçant, dépouillé de la spiritualité et de sentiments qui ont toujours été, à la fois ce qu’il aura eu de plus admirable et ses points les plus faibles.

C’est ainsi en tout cas que certains prennent des allures de moines moyenâgeux, juchés sur leur borne pour annoncer la fin du monde à la veille de l’an 1 000, ou de ces prophètes reprenant le même discours obscurantiste à l’annonce du second millénaire. Sauf que cette fois-ci ce sont des faits observables et quantifiables qui sont là, et non plus la superstition ou n’importe quelle utopie.

Quoi qu’il en soit, il en résulte toujours la même impavidité de la part de ceux à qui s’adressent les prêches.