vendredi 5 octobre 2018

Emmanuel Macron et la démographie


Le fait qu’un homme d’État se prononce publiquement en faveur de la dénatalité là où elle est le plus urgemment nécessaire est assez exceptionnel pour que les visiteurs de ce blog en soient informés. Relevé sur PMC, https://www.populationmedia.org/, il est reproduit en l’état et en anglais, laissant le soin d’user de leur traducteur à ceux qui ne pratiquent pas cette langue, en les priant de bien vouloir excuser cette liberté.

Emmanuel Macron: 'More choice would mean fewer children in Africa'

French president calls for ‘chosen fertility’ and greater access to education and family planning for African women

Patrick Wintour Diplomatic editor in New York
Wed 26 Sep 2018 18.01 BSTLast modified on Thu 27 Sep 2018 10.54 BST

Emmanuel Macron has said many African women would choose to have smaller families if they had greater access to education and family planning.
The French president, who has come under fire over his views on Africa in the past, added that the future for the continent’s young people must be to stay in a revitalised Africa, and insisted it was “pure bullshit” to suggest he was telling African people from New York what to do with their lives.
“One of the critical issues of African demography is that this is not chosen fertility,” said Macron, speaking at the Gates Foundation’s “goalkeepers” event on the margins of the UN general assembly in New York.
“I always say: ‘Present me the woman who decided, being perfectly educated, to have seven, eight or nine children. Please present me with the young girl who decided to leave school at 10 in order to be married at 12.’”
He added: “This is just because a lot of girls were not properly educated, sometimes because these countries decided the rights of these girls were not exactly the same rights as the young man. That is not acceptable”.
Macron, who pointed out that 63% of non-educated adults today are women, also fleshed out plans to reform multilateral institutions, including the G7. He said ways had to be found to circumvent those that want to block them and persuade electorates they do not work.
His speech was both a strong defence of multilateralism and a call for existing postwar institutions to be radically reformed to meet the changed nature of economic and political power.

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Setting out his three pillars for development – health, education and gender equality – Macron revisited the controversy caused by his previous calls to slow African population growth, including in a speech in Burkina Faso, west Africa.

Emmanuel Macron delivers his speech at the Gates Foundation’s ‘goalkeepers’ event, held at the Lincoln Centre in New York. Photograph: Ludovic Marin/AFP/Getty Images
He admitted that some of his initial speeches in Africa had caused controversy, and said he had made the mistake of focusing on Africa’s future, and not referring to the colonial past. But he said Africa had to develop its own future, leapfrogging US and European technologies, either in energy or communications.
Macron said: “The future of the African young people is not to be built with the misrepresentations and mistakes of the past and, to be very straightforward, the future of the African young is not to leave Africa. The future of African young people is not to hope to become like a Europe or America of of the 80s, but like an Africa of the 21st century.”
He said that would require a big change in mindset, but was nonetheless feasible.
Despite his lack of domestic popularity, Macron is feted at the UN as the global torchbearer of multilateralism. In his speech, he sketched out how he wants to reshape the key multilateral institutions to protect them from populist obstruction. France chairs the G7, the gathering of industrialised nations, in 2019, and he has put the issue of inequality at the heart of its programme.
Macron said he wanted to open out the G7 club topic by topic, so that, for instance, India and China become permanently involved on climate change issues.
Similarly, he said he wanted some African countries and bodies, including Ethiopia, Senegal and the African Union, to be involved intrinsically in the G7’s work on gender equality, health and education.
At this year’s G7 summit, chaired by Canada, Donald Trump unexpectedly withdrew the US from the final communique at the last minute, and Macron is clearly thinking about how to work around American isolationism.
The African youth boom: what's worrying Bill Gates

Macron said: “We have a crisis in multilateralism in terms of delivery. It could be a vicious circle. Those that doubt multilateralism are blocking it and can say: ‘Look. It does not deliver. It is useless.’
“We have to build a group of like-minded and new fora to push our publics.”
He said he wanted future G7 communiques to include statements by vanguard countries that are willing to take more radical steps, rather than agreeing lowest common denominator proposals that enjoy unanimous support while showing little ambition.
Macron has also set out plans to reform the World Trade Organisation, the International Labour Organisation and the powers of the UN general assembly.
His staff insist that multilateralsm will only survive the ideological assault led by Trump if it is seen to reform itself.



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vendredi 28 septembre 2018

Plan pauvreté et pyramide sociale

Avec ses deux objectifs proclamés par le Président Macron : « inciter le retour au travail et faire des enfants une priorité. » le plan pauvreté français manque de réalisme, faute de référence à une situation planétaire qui en conditionne la pertinence. Il en est comme si nos dirigeants n’avaient pas pleine conscience de ce qu’ils prétendent combattre, ce qui les fait se tromper d’époque, de situation et de cible. Les “politiquement pauvres” hexagonaux visés n’ont rien à voir avec cette pauvreté profonde, plaie béante au flanc de l’humanité qui en détermine toutes les autres formes et niveaux. Quel rapport en effet entre les pauvres dont se préoccupe un pouvoir à coup de subventions, et le milliard et demi de miséreux qui habitent les bidonvilles partout dans le monde et vivent avec moins de 2 dollars par jour en se reproduisant 20 fois plus que leurs frères es espèces,  avec qui ils partagent chaque jour un peu plus leurs malheurs ?

Dès lors, de quelle pauvreté, de quel travail, de quels enfants s’agit-il ? Le BIT (Bureau International du Travail) et la BM (Banque Mondiale) parlent de la création de 40 à 50 millions d’emplois par an pour les 10 prochaines années. Dans le même temps, le nombre d’humains – donc de demandeurs de travail rémunéré – augmentera d’un peu moins de 100 millions annuellement et la décroissance économique, donc l’augmentation du chômage, menacent chaque jour un peu plus pour des raisons liées à nos ressources et à nos déchets.

Prisonniers des mêmes tabous que leurs prédécesseurs qu’ils ont mis au repos, nos jeunes gouvernants dont nous aurions pu attendre une nouvelle façon de voir l’avenir, en ont une vision tout aussi étriquée et se montrent incapables de l’intégrer pour ce qu’il est. La richesse collective n’a cessé de croître et de s’accumuler depuis que l’homme existe, du simple fait qu’il soit, avant toute opinion et autres considérations, un agent économique, dès avant sa naissance et bien après sa mort – Les marchés prénatal et post-mortem en témoignent. Et ces agents économiques sont passés en 20 siècles de 250 millions à bientôt 8 puis plus de 11 milliards. Or cette richesse se partageant, plus sont nombreux ceux qui y prétendent moins la part moyenne de chacun est importante, pendant que se multiplient ceux qui n’en ont même pas les miettes.

Trois informations pourront intéresser les lecteurs désireux d’approfondir ce qui précède. Donnant une idée de l’évolution de la grande pauvreté et de ses causes ; deux sont empruntées à Population Media Center.

Il s’agit tout d’abord d’un article intitulé “Nouvelles de la politique démographique en Tanzanie”, extrait du journal “The Citizen : « À Dar es-Salaam, ce n’est pas la première fois que le Dr Magufuli s’exprime publiquement contre la planification familiale. Après le lancement de l’enseignement primaire et secondaire gratuit en 2016, il a déclaré : « Les femmes peuvent maintenant jeter leurs contraceptifs. L’éducation est maintenant gratuite”. Ses remarques ont attiré l’attention d’un grand nombre de lecteurs, à l’instar des médias internationaux. Mais jeudi, le Dr Ulisubisya a cherché à assurer que rien n’a changé.
La Tanzanie a adopté une législation sur la planification familiale en 1976 et celle-ci est restée en vigueur depuis. Le principal objectif de la politique est de prévenir la mortalité maternelle et infantile. Il préconise, entre autres, la naissance entre 18 et 35 ans chez les femmes et un intervalle d’au moins trois ans entre les grossesses.
« Le président a simplement exhorté les parents à supporter le nombre d’enfants qu’ils peuvent nourrir. Ses remarques étaient que les gens ne devraient pas être empêchés de se reproduire », a expliqué le Dr Ulisubisya. Ni le ministère ni les bailleurs de fonds n’avaient jamais imposé de réglementation limitant les familles à un certain nombre d’enfants. Il a déclaré que la politique de planification familiale avait pour seul objectif de protéger la santé et le bien-être de la mère et de l’enfant.
« Si une femme accouche chaque année, son corps devient faible et vulnérable aux problèmes de santé. Cela affecte également la croissance de l’enfant à naître », a-t-il déclaré.

La deuxième information est dans le dernier rapport de la fondation Gates qui s’émeut plus ouvertement qu’à l’habitude de la situation de croissance rapide de la population mondiale : «… Des décennies de progrès remarquables dans la lutte contre la pauvreté et la maladie pourraient être au point mort. En effet, les régions les plus pauvres du monde croissent plus vite que partout ailleurs. Il est plus difficile de mener une vie saine et productive. Si les tendances actuelles se poursuivent, le nombre de pauvres dans le monde cessera de diminuer et pourrait même commencer à augmenter. »

Enfin, la troisième information, accessible par le lien ci=après, émane de la revue “Sciences et techniques” qui fait le point sur l’accès à ce droit en France et dans le monde à l’occasion de la Journée mondiale du droit à l’avortement :

mardi 18 septembre 2018

À propos des multinationales


Faisant preuve de cette candeur que seules peuvent inspirer les grandes utopies, l’auteur d’ un article récemment publié sur Agoravox https://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/migrants-207685#forum5304173 conclut « Enfin, il sera toujours préférable de se rappeler que l’homme est grégaire, et donc solidaire, plutôt que flatter à des fins électorales les plus mauvais instincts des électeurs, plutôt qu’attiser le réflexe xénophobe qui pourrit le climat de l’Europe humaniste sans rien résoudre des problèmes sur lesquels il prospère. Cela coûterait moins cher qu’une guerre, et même les multinationales qui cherchent de nouveaux consommateurs y trouveraient leur compte.  »

C’est méconnaître, d’abord que l’instinct grégaire ne porte pas systématiquement à la solidarité – ne serait-ce pas plutôt le contraire ? La multitude n’est-elle pas précisément la cause de la cacophonie, de l’incompréhension et de conflits puis des violences qui s’ensuivent, compte tenu du fait qu’il y a autant de “vérités” que d’êtres humains, qui de plus privilégient par atavisme leur intérêt personnel ? C’est ensuite lourdement se tromper, en pensant que les multinationales ont besoin de chercher de nouveaux consommateurs. Ne leur suffit-il pas que naissent des êtres humains en nombre suffisant ? Ces êtres humains qui avant toute opinion ou toutes autres considérations, sont des consommateurs et pour cela des producteurs, ou en d’autres termes, autant d’agents économiques par lesquels l’humanité prospère et s’enrichit sans limites depuis qu’elle existe. Un agent économique, c’est qu’est chacun de nous, depuis avant sa naissance jusqu’après sa mort, les marchés prénatal et funéraire n’étant en rien anodins et générant d’ailleurs eux aussi leurs multinationales. Et c’est à la cadence de 250 à 280 000 supplémentaires quotidiennement, soit près de 100 millions par an ou la population de la Belgique, de la France et des Pays-Bas réunis, ou encore 10 fois celle de la Suède, pays dont il s’agissait dans l’article précité que ces agents économiques se mettent spontanément au service, non seulement des multinationales, mais de toutes les formes de développement économique. Il semble pourtant échapper au plus grand nombre que c’est la première raison par laquelle les multinationales existent. Point besoin de multinationales pour servir une population de “taille humaine”. Ce ne sont pas les multinationales ni leurs actionnaires qui font les consommateurs, ce sont les consommateurs qui provoquent leur création, par la démesure de leur population, entraînant celle de leurs besoins. Ceci avec toutes conséquences sur les ressources nécessaires à la satisfaction de ces derniers puis sur la démesure des déchets qui en résultent, comme sur celle des flux économiques dans lesquels les uns trouveront de quoi s’employer et d’autres de s’enrichir. N’en déplaise aux frustrés qui ne voient que ce dernier aspect du processus – en omettant l’avantage qu’en tire la puissance fiscale, dont chacun peut comprendre que ceux qui le subissent puisse exploiter tous les moyens d’y échapper que leur offre un arsenal juridique lui-même trop démesurément compliqué pour ne pas comporter des failles qu’exploitent les plus malins.

Tant que la population humaine croîtra, les multinationales se créeront et se développeront, tout simplement pour répondre à ses besoins massifs, auxquels les microstructures relevant d’un passé démographique révolu sont dorénavant incapables de répondre efficacement.

dimanche 9 septembre 2018

Écologie ou politique, il faut choisir

Que François de Rugy soit un politicien engagé, ce dont s’est félicité publiquement le Premier ministre, n'est-il pas ce qui le condamne à être aussi peu efficace que ses prédécesseurs, tant les uns et les autres ignorent que l'écologie n’est d’aucun autre parti que celui de notre planète et de toutes les espèces qui la peuplent, dont l’humanité est le premier prédateur, responsable de surcroît ?

C’est ainsi qu’entraînées par des slogans du type “Tout pour le climat !”, plus incantatoires que propres à les guider, les meilleures volontés manquent de ligne directrice définissant clairement les urgences de notre temps, moyennant quoi, plutôt que d’agir avec le sang-froid requis, elles se contentent de conduire l’humanité au précipice dans le désordre, à la manière d’un troupeau apeuré, ou au mieux, en tirant ses flèches en direction des sombres nuages qui obscurcissent l’horizon.

Une énergie considérable se disperse dans la multitude de revendications toutes louables – aucun effort n’étant à négliger – l’un enfourchant le nucléaire quand l’autre s’en prend plus largement à la transition énergétique en favorisant l’éolien, le marémoteur ou le solaire, selon la puissance des lobbys, groupes et groupuscules prenant parti pour ou contre, dans une cacophonie enlevant toute crédibilité et autorité aux uns comme aux autres ; quand l’écologie ne se confond pas avec la lutte contre le grand capital, comme si toute multinationale n’était pas la réponse à une demande de même ampleur. Le meilleur exemple n’est-il par offert par la lutte contre Monsanto, davantage que contre son herbicide, dans laquelle chacun use de ses arguments en accusant l’autre de mensonge : Cf. risques relatifs : L’amiante + 1770 % d’augmentation du risque de cancer de la plèvre ; Le tabac + 2360% d’augmentation du risque de cancer du poumon. Pour les utilisateurs de glyphosate, le risque de tout cancer est au maximum de 4 %,
https://www.causeur.fr/glyphosate-agriculture-ong-macron-danger-151434)


Deux raisons essentielles expliquent qu’il ne puisse en être autrement :

1° La politique, qu’elle soit libérale ou planifiée, se ramène à l’économie, dès lors que l’être humain est avant toute opinion ou toute autre considération, un consommateur et plus généralement un agent économique ; ce qui la met au service de ce qu’elle prétend combattre.

2° Pour des raisons purement électoralistes, la politique de chaque pays est enfermée dans le carcan de ses intérêts nationaux, quand l’écologie revêt des dimensions inéluctablement planétaires ; véritable tonneau des Danaïdes dont la profondeur est aggravée par la multiplication des pauvres, encourageant la construction de murs impuissants à en maîtriser le flot grossissant, faute de savoir les secourir.

Ces raisons majeures induisent pourtant une feuille de route se réduisant chaque jour davantage à 3 mesures urgentissimes et d’ampleur planétaire, qui permettraient de parer au plus pressé, toutes autres mesures leur étant subordonnées. La première est d’ordre démographique (et par conséquent économique), la seconde d’ordre social et le troisième relève de l’instruction et de l’éducation.

Démographie
Le fait que l’humanité soit en voie de consommer le triple de ce que la planète lui offre pour subvenir à ses besoins indique assez clairement que l’effort à consentir est une réduction des 2/3 de la population existante, alors que nous nous acheminons vers plus de 11 milliards de Terriens dans moins d’un siècle, à la cadence de 230 à 280 000 terriens supplémentaires quotidiennement soit, chaque année, près de 100 millions ou la population de la Belgique, de la France et des Pays-Bas réunis.

Ceci ne requiert-il pas un alignement dans les plus brefs délais des taux de natalité des pays les plus prolifiques sur ceux des pays avancés ; deux à trois générations pouvant suffire à ramener la population mondiale à un niveau compatible avec ses ressources.

« dire que personne ne peut se désintéresser de l’avenir de son pays ne signifie pas que toute famille ait le devoir de procréer. Cela veut dire que l’évolution de la population mérite considération. Par évolution nous n’entendons pas nécessairement accroissement a priori ni même maintien mais seulement que la question existe, que les gouvernements et les personnes soucieuses d’intérêt public ne peuvent s’en désintéresser » Alfred Sauvy in Planning familial, septembre 1960*

« La mortalité millénaire commandait le passé. Il fallait alors qu’une femme mariée, au cas où elle n’était pas morte avant sa 45e année, ait eu en moyenne près de sept enfants pour que le nombre des humains se maintiennent (…). Avec la mortalité nouvelle, il suffit aujourd’hui de 2,2 enfants (…). Avec une fécondité maintenue de sept enfants par femme et la mortalité actuelle, le nombre des humains triplerait tous les trente ans : il y aurait donc deux cent quarante fois plus d’hommes sur la terre qu’aujourd’hui, c’est-à-dire près de mille milliards (…). Tel est l’avertissement des démographes » Jean Fourastié*

Sans tenir compte de ce qui précède, l’homme, s’en remet à ses démographes « ...qui se meu[ven]t dans un décor d’équations, de statistiques, de programmes types, de tables clés. [Leur] univers consiste à mettre en garde la planète contre le surpeuplement dans un espace, le dépeuplement dans un autre. Il[s] nous rappelle[nt] les lois de Malthus, stigmatise[nt] la chute démographique des démocraties populaires et brandi[ssen]t la formule de Pearl pour calculer les échecs de [leur] contraception. Métastasé[s] dans tout l’univers administratif, il brandi[ssent]t [leurs] statistiques qui pour reprendre la formule de Fournier, servent à [leurs] discours savants [à l’instar de bien des économistes et autres sociologues]comme les réverbères aux ivrognes. Ils le[s] soutiennent au lieu de les éclairer. ».
Docteur Pierre Simon - Le Figaro littéraire, 18 novembre 1966*

Social
Revenu universel (RU). https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pyramide-sociale-et-revenu-206010
Mesure à généraliser mondialement pour limiter rapidement et dans toute la mesure du possible, les effets inévitables d’une réduction drastique de l’emploi avec son cortège de misère suite, sinon à une décroissance économique interdite par le progrès, du moins à une plus grande frugalité humaine et surtout à l’émergence de nouveaux moyens de production se passant de main d’œuvre.

Le reste suivra, non sans que surgissent les problèmes que provoquera le vieillissement de la population, mais ce ne sera là que moindre mal et affaire d’adaptation de la société que le temps aidera à résoudre.

Autrement plus à craindre sera la résistance des pouvoirs – en particulier religieux –, à l’obscurantisme desquels l’humanité doit le maître de ses maux qu’est sa surpopulation. Il s’agit donc d’y répondre d’ores et déjà par l’instruction. Des efforts émanant de structures privées comme publiques portent déjà leurs fruits en de nombreux pays, planning familial, lutte contre la corruption, éveil et émancipation des femmes et de filles

Éducation & instruction

Ouvrir les esprits et par là les rendre moins peureux, plus tolérant ; les libérer de la superstition et de l’obscurantisme conduisant à tous les intégrismes et replis identitaires.

Toujours plus d’instruction, pour un meilleur partage de la richesse immatérielle qu’est le savoir. Comme il pourrait en être concernant la richesse matérielle par l’instauration du RU.

L’instauration d’un revenu universel est en mesure d’éradiquer la pauvreté profonde par des mesures purement fiscales consistant à injecter à la base de la pyramide sociale une part de la richesse collective de la société, et d’isoler ainsi les plus pauvres de son niveau zéro. Comme la richesse matérielle, la richesse intellectuelle à son niveau zéro, qu’il s’agit donc de relever par l’instruction, en partageant avec ceux qui en sont dépourvus une part de cette richesse collective propre à les isoler pareillement de son niveau zéro.




*Cités par Virginie.Barrusse.univ-paris1.fr In Population 2018/1 Le complexe de la dénatalité. L’argument démographique dans le débat sur la prévention des naissances en France (1956-1967).
https://www.ined.fr/fichier/rte/General/Publications/Population/2018/2018-1/POPF_1801_DeLuca.pdf

dimanche 12 août 2018

Décroissance et démographie


Nombreux sont les partisans de la décroissance qui négligent ou sous-estiment les obstacles qui la rendent impraticable, sauf remise en cause allant bien au-delà de ses aspects industriels et marchands, comme des options socio-politiques et environnementales des uns et des autres. D’autant plus difficiles à lever qu’ils s’enracinent profondément dans la nature humaine, les principaux de ces obstacles, peuvent s’analyser comme suit, sachant que :« Tout être humain est avant toute autre activité ou toute autre opinion un consommateur » (Gaston Bouthoul in Traité de sociologie, tome II, p. 180 - Payot 1968).

Tirant parti de l’incontestable supériorité de ses facultés, par rapport à celles des représentants des autres espèces peuplant la planète, et selon une éthique taillée à la mesure de ses prétentions, l’homme a largement transgressé les lois de la sélection naturelle en usant et abusant du progrès scientifique et technique dont il est porteur. Mais c’était sans compter avec le piège qu’il se tendait ainsi à lui-même : en s’accordant le droit de proliférer sans limites en même temps que s’accroissait sa durée de vie, il amplifiait ses besoins au-delà de ce que pouvaient satisfaire ses ressources. Et comme si cela était insuffisant, l’homme s’invente des besoins accessoires, souvent d’une utilité discutable mais toujours plus nombreux, accentuant d’autant sa prédation.

En outre, incité à améliorer sa condition matérielle par son atavique égocentrisme, chaque individu sait la comparer à celle de ses semblables, ce qui conduit à une surenchère générale et permanente de la demande ; la référence de chacun étant généralement le sort de mieux nanti plutôt que de plus pauvre que soi.

Comment, dans ces conditions, faire admettre aux consommateurs, à commencer par ceux qui doivent se satisfaire du nécessaire et parfois moins, et dont le sentiment de frustration a été entretenu, voire exacerbé, pendant des siècles, qu’ils doivent renoncer ne serait-ce qu’à une partie de leurs “avantages acquis”, et perdre l’espoir d’accéder un jour à de meilleures conditions d’existence jusque-là réservées à d’autres ?

Quant aux riches, – une fois classé l’argument consistant à leur imputer tous les maux de l’espèce humaines par la pollution et le pillage de la planète au détriment des pauvres, ce qui revient à occulter le fait que les activités humaines polluantes et surconsommatrices de ressources résultent de la production par les pays en mesure de le faire, de ce qui est consommé par l’ensemble des êtres humains, y compris les pauvres qui sans cela seraient encore plus démunies qu’ils le sont – ils seront contraints par la force de la nature, comme tout un chacun, d’adapter leur demande à ce qui restera des ressources propres à les satisfaire. Ces riches semblent d’ailleurs l’avoir d’ores et déjà compris, à en juger par le financement, public comme privé, de démarches ayant pour but de limiter la prolifération humaine, ainsi que par les investissements dans la recherche de nouvelles technologies et sources d’approvisionnement. « Tandis que nous voyons les supermarchés sans caissiers, les véhicules autonomes et les robots faire le travail pour nous – les super-riches voient des moyens de protection contre les foules en colère et les pannes systémiques dans un avenir pas trop lointain. En effet, [probablement parce qu’ils y trouvent un intérêt supérieur] les riches et les puissants ont une vision beaucoup plus large du risque global, que la plupart de la société humaine.»*

Si une telle situation est l’expression du caractère incontournablement pyramidal de la société humaine, elle est aussi de dimension planétaire, rappelant que le sort de chacun dépend de celui de tous. Dans cet esprit, une décroissance par la suppression des biens et services satisfaisant les besoins non vitaux de l’espèce humaine est un objectif apparemment logique. Mais est-il pertinent, en l’absence d’autres mesures, dont notamment une réduction et un ajustement proportionnels du nombre de consommateurs de toutes catégories sociales, aux possibilités d’en assurer autant la gouvernance que la subsistance ? Sur une population d’environ 8 milliards d’êtres humains, 6,5 – dont 1,5 à 2 milliards de pauvres profonds – accèdent peu ou pas du tout à des produits et services d’une utilité discutable. Nombre d’entre eux souhaitent y accéder, mais quelles que soient les difficultés de les amener à modérer cette aspiration, dont la légitimité le dispute à l’intérêt commun – tel qu’il doit en être pour les plus riches , à quelle logique répondrait une réduction de la consommation par tête, aussi drastique soit-elle, si le nombre total de consommateurs continuait d’augmenter, de même que leur durée de vie ? Ne s’agit-il pas d’un équilibre impossible entre économie et démographie ? Cette relation est pourtant omise par les inconditionnels de la décroissance, fidèles aux pouvoirs, notamment religieux et politiques, plus soucieux du nombre que de la dignité des conditions d’existence de ceux quils ont toujours prétendu protéger. « Dire que personne ne peut se désintéresser de l’avenir de son pays ne signifie pas que toute famille ait le devoir de procréer. Cela veut dire que l’évolution de la population mérite considération. Par évolution nous n’entendons pas nécessairement accroissement a priori ni même maintien, mais seulement que la question existe, et que les gouvernements et les personnes soucieuses d’intérêt public ne peuvent s’en désintéresser » Alfred Sauvy in Planning familial, septembre 1960, cité par Virginie Barrusse in Population 2018/1 Le complexe de la dénatalité. L’argument démographique dans le débat sur la prévention des naissances en France (1956-1967)”.**

Qu’il soit voulu ou subi, qu’il résulte d’une volonté tardive des hommes de réduire leur prédation ou qu’il soit imposé par la raréfaction des ressources, le ralentissement de l’activité économique aura des répercussions considérables sur la société, en aggravant une situation de l’emploi plus difficile qu’elle a jamais été et un déséquilibre social d’autant plus précaire qu’il est dorénavant planétaire, en dépit des barrières, barbelés et murs dressant chaque jour plus nombreux leur dérisoire rempart contre la montée inexorable de ceux que leur misère pousse vers ce qu’ils croient être un monde meilleur. En l’absence d’une parfaite conscience de cette situation et de ses conséquences prévisibles, et faute de mesures préalables et d’accompagnement propres à réduire puis à stabiliser le nombre de consommateurs, la décroissance ne peut donc que perpétuer et amplifier un antagonisme primaire relevant d’une lutte des classes aussi archaïque que vaine ainsi qu’aux pires désordres dont les premières victimes seraient les plus défavorisés. N’est-il pas
préférable que des êtres humains moins nombreux, s’inventent et ajoutent à une frugalité imposée à tous par l’épuisement de bien des ressources vitales, de nouveaux moyens de continuer à satisfaire leur premier besoin qu’est le progrès ? Sans sous-estimer l’importance de tout geste allant dans le sens d’une réduction de sa prédation, l’homme a encore, pour peu de temps, la possibilité d’accélérées la mise en œuvre de mesures salutaires – largement engagées pour certaines – portant sur sa démographie et tout ce qui en découle en termes d’économie, donc de consommation et de ressources, mais aussi – et peut-être surtout – socialement.

La prise de conscience des maux engendrés par la surpopulation humaine est encore loin d’être générale, entravée par des tabous et des dogmes que des pouvoirs empêtrés dans leurs contradictions tardent à lever. Ils doivent pourtant comprendre que si le nombre de ses victimes qualifie la faute, chaque jour alourdit la leur, quand le fragile équilibre entre l’humanité et son habitat est sur le point de se rompre. Dans la relativité de la pauvreté et de la richesse de chacun, sur 100 êtres humains qui naissent – et il en naît entre 230 et 280 000 supplémentaires quotidiennement, soit près de 100 millions chaque année – 14 vont grossir les rangs des riches quand 86 rejoignent ceux des pauvres.



Pour toutes précisions concernant la méthodologie conduisant au constat ainsi représenté, voir https://docs.google.com/document/d/1WCRZX7-OdrML4HmbN6lE2Oz_-L_Xa4GAJ5dVuSX2xCI/edit