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mardi 1 août 2017

Démographie, économie, écologie, limites du bonheur humain

« Étude des conditions d’existence et des comportements des êtres vivants en fonction de l’équilibre biologique et de la survie des espèces » (cf. TLF, Trésor de la langue française), l’écologie ne peut être inféodée à des pouvoirs qui s’en prétendent les garants, quelles que soient les croyances et les idéologies qui les motivent. Science de la Terre, l’écologie intéresse tout ce qui peuple celle-ci, les hommes constituant l’espèce seule responsable des dommages infligés à un habitat commun, par leur vanité, leur imprévoyante et leurs abus en tous genres, à commencer par leur nombre. Sans celui-ci, précisément, tous des pouvoirs s’effondreraient, alors qu’il est le multiplicateur d’une prédation sans autres limites que celle des ressources de la nature.

Sans en tenir compte, quel que soit son positionnement dans la pyramide sociale, l’être humain attend toujours plus de son environnement, suivant en cela l’instinct qui le porte depuis son origine à toujours améliorer sa condition, comme si cette amélioration ignorant les apports du progrès devait ne jamais être achevée. Ce besoin persistant toutefois chez un nombre croissant d’êtres humains insuffisamment touchés par le progrès, la pensée écologique y a acquis une dimension sociale. Mais l’intérêt porté par les pouvoirs aux plus déshérités, autant sinon davantage par souci de conserver le nombre sur lequel ils se fondent que par compassion, doit-il donner la priorité absolue au social, au point d’en brouiller, voire d’en saper les intentions au détriment de la collectivité, sachant que l’équilibre général de celle-ci est seul à même de procurer le meilleur niveau de vie possible à ses membres ?

La stigmatisation des pays développés par le bréviaire de l’écologie qu’est – à juste titre, grâce à d’autres arguments plus crédiblesNotre empreinte écologique1, les accusant d’être coupables à eux seuls de la pollution mondiale est révélateur de ce dévoiement et de ses conséquences, dont la principale est de faire douter chacun de sa part de responsabilité. Certes, cette pollution est proportionnelle au niveau d’industrialisation de chaque pays et surtout au régime auquel est soumise leur industrie. Mais n’est-ce pas pour le moins faire preuve d’une ingénuité coupable que d’omettre que cette même industrie produit pour satisfaire à la fois leurs propres besoins et ceux des pays pauvres, qui sans cela seraient encore plus démunis qu’ils le sont ? Si l’empreinte écologique des pays riches est ce qu’elle est, ce n’est pas seulement pour répondre à leur propre consommation. Leur empreinte écologique intègre celle qui résulte de la pression des populations des pays pauvres, en constante augmentation et d’autant plus forte que se manifeste leur aspiration à profiter au plus vite des mêmes conditions de vie que les pays riches. Il suffit, pour concevoir l’aberration d’un tel procès, d’imaginer le transfert et la répartition sur les pauvres (70 % de la population), de l’excédent (?) de la richesse commune détenu par les riches (3,7 %). Il est évident que l’empreinte écologique de l’humanité ne s’en trouverait pas modifiée d’un iota. Sans compter : 1°- que les pays riches accusés de tous les maux, le sont pour l’essentiel des moyens œuvrant à la satisfaction des besoins de tous. 2°- que parmi les pays pauvres ou en voie de développement, certains sont non seulement consommateurs et utilisateurs de ces biens fabriqués ailleurs, mais les obtiennent en échange de produits bruts énergétiques hautement polluants – notamment hydrocarbures – employés pour les fabriquer. Que les uns et les autres puissent économiquement tirer profit d’un tel échange est une autre affaire, affirmant au passage le caractère indissociable de l’écologie, de l’économie et de la démographie.

Quoi qu’il en soit, comme le rappelle le blog http://economiedurable c’est tous ensemble qu’en ce début août 2017, selon les calculs portant sur notre empreinte écologique commune, nous aurons consommé ce que la planète nous offre pour l’année entière et que nous vivrons à crédit en commençant à consommer les ressources que la Terre est en mesure de nous offrir pour en vivre l’an prochain. En d’autres termes, la surpopulation humaine est telle, qu’elle consomme par avance non seulement ce qui sera nécessaire à la satisfaction de ses besoins futurs, mais ceux des générations à venir. Et les compteurs ne sont pas remis à zéro au début de chaque période de calcul – ici l’année –, ce qui signifie que les ressources de la terre qui ne se reconstitueront pas se raréfieront d’autant plus et d’autant plus rapidement que le nombre de ceux à qui elles sont et seront indispensables pour vivre ou simplement survivre continuera d’augmenter. Sans compter la nécessité d’un rééquilibrage des besoins humains par rapport à ce qui reste à ce jour des ressources planétaires, soit par une réduction de la population, soit par celle de sa consommation, à supposer que l’espèce humaine puisse se passer d’un autre équilibre, biologique celui-là et d’ores et déjà en perdition.

Mais réjouissons-nous, la science démographique semble enfin sortir de sa réserve par la voie de l’un de ses éminents représentants, sans aller toutefois jusqu’à aborder les conséquences de la surpopulation, le partage des tâches réservant ce soin aux experts en sociologie, économie et autres sciences dites humaines. Le tabou dont est frappé la question serait-il en voie d’être levé ? Sommes-nous trop nombreux sur Terre ? ose demander Gilles Pison, professeur au Muséum national d’histoire naturelle de Paris et chercheur associé à l’INED, dans une interview récemment publiée par Le Point http://www.lepoint.fr/tiny/1-2145872. Intéressant article à lire absolument, sans manquer de prendre connaissance d’un autre, publié comme en contrepoint par La Tribune – International, du 29 juillet 2017, signé Grégoire Normand et intitulé : Infrastructures : Des besoins d’investissements en forte expansion – Une hausse de la population entraîne des besoins d’investissements (en attendant la hausse des besoins de fonctionnement réclamant une augmentation de la population … ou des robots). Pour déterminer les besoins en investissements, l’auteur et ceux du rapport dont il s’inspire, s’appuient notamment sur les dernières projections démographiques de l’ONU qui indiquent que la population mondiale pourrait s’élever à 9,2 milliards d’habitants en 2040, selon un scénario central qui annonce 11,2 milliards d’être humains à l’orée du prochain siècle). Il pourrait donc y avoir environ 2 milliards d’habitants en plus sur terre dans seulement une trentaine d’années, et 4 milliards dans 80 ans.

1- Par Mathis Wackernagel et William Rees – Éditions écosociété – 1999

samedi 15 juillet 2017

L’humanité est paralysée par sa démographie

L’humanité est paralysée par sa démographie


« Si les hommes ont des obligations, à l’égard des êtres qui ne sont pas encore ; elles ne consistent pas à leur donner l’existence, mais le bonheur ; elles ont pour objet le bien-être général de l’espèce humaine ou de la société dans laquelle ils vivent, de la famille à laquelle ils sont attachés, et non la puérile idée de charger la terre d’êtres inutiles et malheureux. » Condorcet :  

Si partout dans le monde tous ces maux perdurent et s’amplifient, si le chômage et la pauvreté augmentent, si les inégalités sociales se creusent, si les revendications et les violences se multiplient, si le climat et l’environnement se dégradent chaque jour davantage, si les pires désordres qu’ait connu l’humanité s’annoncent, la raison première en est l’augmentation démesurée de la population mondiale, et cela est démontrable :
À l’aube de notre ère, la Terre était peuplée d’environ 250 millions d’êtres humains. Elle en comptait 7 milliards 20 siècles plus tard, dont 1 milliard et demi de pauvres profonds. L’homme a ainsi créé 5 fois plus de miséreux qu’il y avait d’êtres humains de toutes conditions sur Terre au début de son entreprise civilisatrice, quels que soient les bénéfices – au demeurant fort inégaux – que les autres aient pu en tirer.

Or, chaque jour 280 000 êtres humains supplémentaires déferlent sur la planète, soit plus de 100 millions chaque année, pour aggraver son pillage et ses conséquences, et leur nombre dépassera bientôt les 10 milliards.

Même si la transition démographique mondiale, que certains promettent un peu légèrement depuis trop longtemps, finit par se manifester et s’étend au monde entier, nous consommons déjà le double de ce que la Terre peut nous offrir (et il ne s’agit pas d’alimentation). Il devient donc plus qu’urgent que les experts de toutes sortes, que les responsables politiques, religieux et scientifiques, de tous niveaux, dans tous les domaines, et que toutes les bonnes volontés dépassent leur vision surannée ou doctrinaire de la société. Sans oublier leurs conceptions parcellaires de l’économie et de l’écologie, ramenées aux seuls climat, énergie, pollutions et autres ressources, qui ne sauraient dissimuler l’essentiel, à savoir le fait démographique.

La survie de notre civilisation et peut-être même celle de l’humanité dépendent de l’ajustement du nombre des humains à ce qu’il reste de la capacité de leur habitat à les faire vivre. C’est la voie incontournable de leur salut et elle est réelle, quelques générations pouvant suffire à revenir – par une simple dénatalité respectueuse de la dignité humaine* – à une population qui chaque jour angoisse un peu plus et devient moins gouvernable. Certes, d’autres problèmes surgiront, tels que le vieillissement de cette population, mais eux seront passagers aussi difficiles qu’ils puissent être à surmonter.


* Par l’éducation et l’amélioration des conditions de vie des plus défavorisés, afin de les encourager et les aider à réduire leurs taux de natalité, partout où ils aggravent leur propre misère avant de la faire partager au reste de la planète.

vendredi 19 mai 2017

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux - Suite 7

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux
Suite 7




Irions-nous vers une partition de la société en 4 catégories sociales, comme l’illustre la figure 10 ci-dessus ? La pyramidologie sociale soulève en tout cas cette question et tente d’y répondre plus loin.

Mais d’abord, pour clore le présent chapitre, une parenthèse doit être consacrée à la “pyramide des savoirs”, autre pyramide des richesses de la société, non plus matérielles mais immatérielles. Qu’ils soient manuels ou intellectuels, scientifiques ou techniques, il n’est pas anodin de constater que les compétences qu’ils déterminent et la répartition des tâches qui en résulte s’y organisent comme au sein de la pyramide sociale explorée jusqu’ici. Dans un même entrelacs de relations et d’interdépendance, tous ses occupants concourent au même but qu’est l’amélioration jamais achevée de la condition humaine. Savoirs et compétences s’y positionnent dans la chaîne des activités requises par l’accomplissement de tâches collectives au service d’un progrès non moins incessant.

En prenant pour exemple le secteur bien connu du bâtiment, chacun conçoit aisément la hiérarchie fonctionnelle dans laquelle chacun y contribue. Depuis ceux qui décident d’une construction et en assurent la faisabilité par son financement, jusqu’au manœuvre, maniant la brouette et la pelle sur un chantier, en passant par une multitude d’autres acteurs, tels que l’architecte et ses aides, le fabricant de matériaux, les entreprises de construction, etc., toutes les compétences interagissent, celles du sommet transmettant leur pouvoir à celles de la base en le démultipliant (figure 11).



Toutefois, contrairement à ce qu’il en est pour la richesse matérielle qui par nature est mesurable et peut donc donner lieu à chiffrage et à distribution entre individus et catégories sociales, les savoirs sont sujets à des comparaisons plus nuancées, portant sur leurs niveaux, eux-mêmes différenciés par des difficultés et délais d’acquisition attestés par des diplômes ou autres signes de reconnaissance ; autant de critères échappant à une comparaison chiffrable. Mais si les savoirs du manœuvre ne sont pas moins respectables que ceux d’un ouvrier qualifié, de son chef d’équipe ou d’un architecte, ils n’en sont pas moins différemment rémunérés, du fait qu’une plus grande valeur est accordée à ce qui est rare qu’à ce qui est commun. En d’autres termes, c’est l’investissement qu’a nécessité l’acquisition d’un savoir – ou d’un savoir-faire – et le nombre de ceux qui sont en mesure de l’offrir, qui détermine sa valeur. D’où une sorte de renvoi à la pyramide des richesses matérielles de la société, à travers la rémunération des producteurs de cette richesse, renvoi qui s’accorde avec le destin économique de l’être humain et le confirme.

D’autant plus que la “pyramide du bâtiment” s’intègre à l’universelle « pyramide des savoirs » (fig. 12), constituée de la multitude d’autres pyramides, représentatives d’autant de secteurs d’activités qu’il peut en être d’utiles à la réalisation des progrès de l’humanité : santé, éducation, agriculture, innombrables industries et commerces, etc., sont autant de sources de l’amélioration constante de la condition humaine, dans un développement économique dont résulte un enrichissement matériel incessant de la société, précisément dû à ceux qui sont toujours plus nombreux à acquérir et à exercer leurs savoirs pour satisfaire leurs besoins vitaux comme superflus.



Est ainsi démontrée la primauté de la structure naturellement pyramidale de la société dans les relations existant entre les hommes sur leur cupidité, leur égoïsme ou leur indifférence, contrairement à ce qu’en pensent sommairement les tenants – laïcs comme religieux – d’une lutte des classes plus ou moins violenteEt ce n’est pas méconnaître les travers de la nature humaine que d’affirmer que leur responsabilité est immense, quand ils ignorent cette vérité première ou n’en tiennent pas compte. Ils ne font alors qu’exciter la colère, l’envie et le ressentiment que peuvent susciter les inégalités sociales avec trois conséquences majeures, d’ordre démographique, économique et environnemental, s’enchaînant irrémédiablement.
- Démographique, parce que le fait que les pauvres soient toujours plus nombreux à se presser à la porte du malheur leur paraissant insuffisant, ils les encouragent à proliférer, avec l’espoir toujours déçu que le nombre impose sa loi.
- Économique, parce que toute augmentation de la population s’accompagne de l’augmentation de ses besoins vitaux et accessoires et nécessite en conséquence la mise en œuvres de moyens de production supplémentaires, consommateurs de toujours plus de ressources et d’énergie ; l’enrichissement collectif résultant de ce surcroît d’activités, sous forme de rémunération du travail et des capitaux engagés, ne faisant que creuser les inégalités sociales.
- Environnemental, parce qu’une croissance démesurée, ne peut pas aller sans une démesure de ses déchets et de la pollution, ni sans l’épuisement, à plus ou moins bref terme, de ressources non renouvelables.

N’est-il pas dès lors évident qu’une redistribution dictée par la seule compassion puisse n’avoir que des effets palliatifs ? Or qui se préoccupe de ces causes et en particulier des deux premières d’entre elles, en progression constante depuis que l’homme a entrepris son œuvre civilisatrice et en particulier depuis la première révolution industrielle ? Combien de ceux qui se font les défenseurs des pauvres, tiennent compte de la mesure dans laquelle l’injustice sociale dépend avant tout d’une croissance démographique sans limites, dans sa relation avec celle des richesses de la société ? Combien admettent que le nombre de pauvres étant le premier indicateur de la pauvreté, c’est sur ce nombre qu’il faut agir en priorité ? Combien ont conscience que la seule possibilité réelle et durable qu’ont les hommes d’accéder à un équilibre, non seulement avec leur habitat mais en rapport avec leurs ambitions sociales, en évitant à leurs semblables les plus déshérités une aggravation incessante de leur condition, réside dans la réduction de la population à l’échelle planétaire, a fortiori compte tenu d’une mondialisation résultant d’un progrès irréversible ?

C’est l’absence de réponse à ces questions, telles que les pose une analyse de la richesse et de la pauvreté s’appuyant sur la pyramidologie sociale, qui explique la récurrence des revendications des plus démunis et de ceux qui les soutiennent en se trompant aussi maladroitement de priorités. Avant le partage, obsession sommaire et trop souvent hypocrite d’une pensée dominante devant tout aux sentiments, le meilleur équilibre possible entre richesse et pauvreté doit être recherché avec pragmatisme, faute de quoi la déraison humaine et une nature n’en pouvant plus d’être autant polluée que pillée s’en chargeront impitoyablement. Et c’est sur les mécanismes dont dépend cet équilibre, à commencer par la démographie, qu’il faut agir d’urgence. Là est la révolution, non violente, chaque jour plus indispensable à la société.

D’ailleurs, au critère démographique près, d’autres ont exprimé cette nécessité. Il n’est pour s’en rendre compte, que de se reporter à la « loi de Kuznets ». «… pas toujours facile d’expliquer qu’il vaut mieux une société où les revenus vont de 1 à 400 [et davantage] qu’une société plus égalitaire où ils vont de 40 à 80 »1


1— Les nouvelles lois de l’économie – Le Point – 21 avril 2016


(à suivre)



jeudi 11 mai 2017

De la pyramide du Louvre à la pyramide sociale

Combien de ceux qui se sont réunis au Louvre pour célébrer la victoire d’Emmanuel Macron, ont-ils conscience de ce que représente socialement la pyramide ? En tout cas, en dépit de sa transparence, celle du Louvre ne le révélant pas spontanément, conscients ou non, ceux qui dansaient autour devraient s’en préoccuper, tant il est vrai qu’il soit plus que jamais indispensable que les vérités de la pyramide sociale soient clairement reconnues par chacun.

« Montrer que les intérêts de la France passent avant ceux d’un parti ; c’est comme cela que l’on peut rompre avec les vieilles habitudes politiques » proclament les vertueux, mais cela ne suffira pas. Les causes de notre situation et des polémiques sans nombre et sans fin qu’elles suscitent ne datent pas d’aujourd’hui et ne se limitent pas à la France, qui ne fait, dans une large mesure, que subir une évolution contre laquelle sont désarmés ses représentants les mieux intentionnés, les plus compétents et les plus expérimentés. Comme les autres pays, et plus encore si elle veut conserver son rang dans le concert des nations, la France doit compter avec une mondialisation inexorable, allant bien au-delà des aspects économiques et sociaux auxquels se limitent tous ceux qui la regardent se renforcer chaque jour, en croyant qu’il suffise de veiller frileusement à la sauvegarde d’un passé révolu. Dans cette nouvelle donne, notre pays est confronté au premier des dangers de la mondialisation qu’est la surpopulation planétaire, dans ses prémices et son accélération progressive, avec la menace de son déferlement partout où des frontières tombent chaque jour, quels que soient les murs et autres barrières dressées par ceux qui ignorent autant un progrès qui n’en a que faire que l’asphyxie promise par le surnombre. Sujet tabou entre tous, mais qui ne nous impose pas moins en partage son cortège d’extrémismes et autres déraisons, nés de désordres, de misères et de violences, ne faisant que traduire le désarroi des plus vulnérables, suivis d’une élite de plus en plus impuissante, faute d’une prise de conscience qu’interdisent en premier lieu ses croyances et ses utopies.

Quel état-major politique ; de quel parti sont ceux qui peuvent ignorer une situation mondiale dans laquelle le sort des nations est irrémédiablement et chaque jour davantage lié à celui des autres ? Qui peut ne pas voir que la globalisation est invincible parce que fruit du progrès, mais aussi parce qu’elle est profitable aux plus déshérités des êtres humains, qui y trouvent l’espoir d’aller soigner leurs maux là où des moyens d’information sans bornes leur apprennent que la vie est plus douce ?

Pour avoir une idée des aberrations qui masquent cette réalité, il suffit de se rappeler le comportement de la plupart des candidats à l’élection présidentielle, ayant fait sans vergogne argument des échecs de ceux dont ils briguaient la place, après avoir tout fait pour les y conduire lorsqu’ils étaient eux-mêmes dans l’opposition. Leur propre action n’a-t-elle pas alors été de réduire à néant leurs moindres initiatives ? Sans s’interroger sur les raisons pour lesquelles ils avaient dû subir le même sort lorsqu’il a pu leur arriver de gouverner. Ils ont ainsi oublié que l’opposition elle-même est un pouvoir et la légèreté avec laquelle celui-ci est trop souvent exercé, mais ils négligent surtout en permanence les fondamentaux de la société – quand ils se sont donné la peine de les approfondir, voulant à tout prix y substituer une construction dictée par leurs seules idéologies.

À quand des politiques capables de faire taire ces idéologies plus aveugles les unes que les autres, qui les fait être systématiquement contre, au nom d’intérêts partisans, pour se renier quelque temps après ? C’est ce que ne peut plus supporter une société bloquée par la vision étriquée de doctrinaires aussi intolérants qu’ignorants. Or ce changement d’attitude repose avant tout sur une parfaite conscience des raisons pour lesquelles les luttes sociales sont aussi anciennes que l’homme et dureront aussi longtemps que lui, sans pouvoir trouver d’autres solutions que de compromis. La simple observation de la pyramide sociale suffit à s’en convaincre.

Sans aller jusque-là, les électeurs semblent faire spontanément consensus ; reste à ceux qu’ils éliront à en faire autant. Mais les nouveaux élus seront-ils capables de dépasser cette profession de foi proclamée récemment par l’un d’entre eux pour aider Macron à trouver sa majorité: « libérer notre avenir français et européen de la catastrophe environnementale, de la casse sociale, de la faillite démocratique, de l’abandon des valeurs républicaines » ?


Où est l’incontournable globalisation dans cette vision d’un observateur qui tient manifestement sa lorgnette par le mauvais bout ?

dimanche 16 avril 2017

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux - Suite 6

Surpopulation humaine - La cause de tous nos maux


Suite 6



Pauvres et riches
Comme déjà souligné, il est d’usage de la part de ceux à qui il arrive de s’y référer, de segmenter la pyramide sociale, davantage pour étayer des théories sociopolitiques parfois aussi sommairement compatissantes que révolutionnaires qu’à la recherche de ce que son étude pourrait révéler de durablement utile au progrès social. Leur partition arbitraire (cf. Fig. 3) ayant pour premier – voire unique – objectif de dénoncer les inégalités sociales, cherche à mettre en évidence pour ne pas dire en scène, comme s’il s’agissait d’une découverte, le fait qu’une infime minorité de riches détient la plus grande part des richesses de la société. L’obsession de l’injustice sociale conduisant à ne voir dans des niveaux de richesse que les signes de cette injustice, si elle peut paraître généreuse, ne fait que constater une situation a posteriori, en isolant certaines données avec pour seul effet d’attiser le désespoir des plus démunis sans rien changer à leur sort. C’est tout simplement omettre que l’apex de la pyramide sociale est constitué, comme dans toute pyramide, d’un point. Il en est ainsi, par exemple, lorsque Bill Gates, l’homme réputé être de nos jours le plus riche de la planète pour “peser” 90 milliards de dollars et plus, est cloué au sommet d’une pyramide sociale transformée en pilori, alors qu’il ne s’agit que d’une banalité… pyramidale. De tous temps d’autres ont occupé cette position, qu’ils se soient nommés Crésus, Guillaume Le Conquérant, Baron normand devenu roi d’Angleterre (1028-1087), qui a pesé 229,5 milliards de dollars ; Stephen Girard, armateur, banquier et philanthrope (1750-1831), 105 milliards de dollars ; Henry Ford Fondateur de Ford, (1863-1947), 199 milliards de dollars ; Mouammar Kadhafi, ex-leader libyen, (1942-2011), 200 milliards de dollars, etc. (entre autres exemples relevés sur le Web).

Ce faisant, nul ne semble se préoccuper des raisons profondes de ces constats, au-delà de ce qui peut être imputable à la cupidité et à l’égoïsme des uns ou à l’impuissance des autres. Or le but est ici, non pas de mettre la pyramide sociale au service de telles hantises, mais d’en faire l’outil d’une meilleure connaissance de notre condition sociale dans ce qu’elle a de fondamental. Toute stratégie d’amélioration réelle et durable de l’organisation et du fonctionnement de la société ne passe-t-elle pas en effet par cette connaissance, laquelle ne peut que refuser les a-priori. ? Or, certaines propriétés de la pyramide appliquées à la pyramide sociale s’avèrent être un moyen de déjouer ces derniers, en ce sens qu’elles expriment la relation y régnant entre catégories sociales, richesse et démographie.

C’est pour cette raison que la pyramide sociale, dont le volume est par convention représentatif de la population qui l’habite, est associée dans les schémas qui suivent à l’échelle de richesse telle que définie au chapitre précédent. Hormis les conditions du partage de la richesse collective – lesquelles relèvent d’une problématique non abordée ici –, la relation entre celle-ci et la population va de soi, dès lors que cette richesse résulte de l’initiative et de l’activité de tous, y compris ceux qui ne sont que consommateurs, ce qui est notamment le cas de ceux dont les activités et par conséquent la production sont nulles (chômeurs par exemple). Ceux qui produisent et ceux qui consomment, aussi peu que ce soit, relèvent de la même logique économique qui conduit à l’enrichissement de la société.

Laissant à d’autres le soin d’une formulation plus scientifique et d’un éventuel apport mathématique, le raisonnement repose donc sur la confrontation de la population structurée en catégories sociales, à une échelle indiquant aussi bien le niveau de richesse globale de cette population que celui de chacune des catégories qui la composent. Tous les habitants de la pyramide sont ainsi positionnés face à leurs niveaux de richesse respectifs ; depuis les plus pauvres se situant à sa base, jusqu’au plus riche situé à son sommet.

Richesse et pauvreté existant l’une par l’autre, cela requiert d’apprécier objectivement dans quel rapport, et pour cela de prendre la mesure dans laquelle se répartit la richesse collective entre catégories sociales. Il suffit pour cela, comme le représente la fig. 8, de faire coïncider la mi-hauteur de l’échelle de richesse globale de la société avec la mi-hauteur de la pyramide sociale. La partie de la population en occupant la partie supérieure, depuis ce plan de partage jusqu’à son sommet, constitue la catégorie des riches, alors que celle se situant entre ce même plan de partage et sa base représente la catégorie des pauvres, riches et pauvres se partageant la richesse globale par moitié. À partir de cette partition, un calcul élémentaire permet de déterminer les pourcentages du volume de la pyramide sociale abritant respectivement les riches et les pauvres, puis, le volume de la pyramide étant représentatif de sa population totale, d’appliquer ces pourcentages à cette dernière pour connaître le nombre de riches et de pauvres qui la composent. Comme indiqué fig. 8, les riches représentent 14 % de la population totale et les pauvres 86 % – valeurs proches de celles auxquelles conduit la loi de Pareto (cf.fig.5).




La partition de la société en deux catégories sociales s’avérant d’un intérêt limité et s’accompagnant de l’impossibilité déjà évoquée de fixer la limite les séparant, une troisième catégorie s’est imposée pour effectuer la transition nécessaire et en quelque sorte amortir l’écart qui sépare les riches des pauvres, ce qui ne va pas sans la tentation pour les économistes, les sociologues et les politiques, de considérer cette catégorie sociale intermédiaire – les classes moyennes – comme variable d’ajustement, avec les risques de manipulation qui en résultent, mais c’est une autre affaire. Quoi qu’il en soit, de la même manière que cela a pu être fait entre pauvres et riches, la répartition objective des niveaux de richesse collective entre les trois catégories sociales peuplant la pyramide sociale “moderne” peut aisément être fixée et représentée : fig 9. Il en résulte que le bas de la pyramide sociale ; là où logent les pauvres, représente 70 % de son volume, donc de la population qui l’habite, alors que le segment médian où résident les classes moyennes en représente 26.3 %, et le segment haut, ou sommet de la pyramide, abrite les riches à raison de 3,7 % de la population totale.



Pauvres et pauvres profonds
Le raisonnement qui précède ne peut s’exonérer de considérations touchant à une quatrième catégorie sociale, celle des pauvres profonds. Aboutissement d’une évolution observée sur deux millénaires, s’étant brutalement accélérée durant les deux derniers siècles, elle semble en effet appelée à peupler à elle seule une part importante de la pyramide sociale “post-moderne”

Aux époques pré-industrielles, du fait d’un progrès limité, celui-ci profitait à tous sensiblement de la même manière, sinon dans la même mesure. Par ailleurs, s’il existait déjà de grandes fortunes, elles étaient le plus souvent détenues par ceux qui avaient en même temps le pouvoir politique et/ou religieux, dont elles pouvaient paraître l’accessoire incontesté, dans une société à la conscience sociale balbutiante. Les écarts de richesse étaient ressentis comme naturels par des pauvres qui avaient tendance à se confondre en une seule pauvreté plus crédule, plus résignée et moins peuplée qu’elle l’est devenue. Depuis, le passage de la population humaine à plusieurs milliards d’individus a entraîné un développement démesuré de la pyramide sociale. En même temps, la richesse générée par l’activité d’une telle population et une productivité due au progrès et aux nouveaux moyens dont il était porteur a considérablement augmentée. Plus particulièrement au cours des dix-neuvième et vingtième siècles, le sommet de la pyramide sociale s’est élevé et sa base s’est étendue. Dans un contexte où le matériel l’emportait sur le spirituel, les pauvres dont le nombre croît inévitablement plus vite que celui des riches, précisément en raison la configuration de la partie de la pyramide sociale qu’ils occupent, ont progressivement pris conscience de leur condition et se sont organisés pour contester des écarts de richesse dont la croissance n’a pourtant fait qu’accompagner celle de la population et de sa richesse globale.

Mais cette évolution n’a pas seulement amplifié et multiplié les inégalités sociales, elle s’est accompagnée de la prolifération d’une nouvelle pauvreté résultant de l’accès des pays et régions les moins avancées du monde à l’industrialisation et à la modernité. Venu s’ajouter au “lumpenprolétariat” de Marx et autres laissés pour compte des avancées sociales, une sous-strate de la société, composé de miséreux s’appuyant directement sur l’extrême base de la pyramide sociale s’est consolidée, dont les occupants sont dorénavant qualifiés de “pauvres profonds”.

Alors que les conditions de vie sur terre tendent généralement vers leur amélioration, se sont installées celles de cette sous-catégorie sociale, composée majoritairement de victimes d’un exode vers des villes où rien n’est disposé à les accueillir ; répétition à l’échelle mondiale de l’exode rural qu’ont connu les pays occidentaux lors de leur industrialisation, aggravé par le flot croissant des victimes d’innombrables crises, désordres et violences économiques, ethniques, politiques, religieux, climatiques, etc.

Ce nouveau mode de vie, qui s’est progressivement ancré partout dans le monde, se caractérise aujourd’hui par la précarité extrême de centaines de millions d’êtres humains, dont l’aspect le plus visible est l’habitat. Les bidonvilles pourraient compter 900 millions d’habitants en 2020 selon l’ONU, les camps qui se multiplient ne parvenant pas à endiguer le flot de ceux qui les peuplent, pas davantage que des barrières, murs et clôtures toujours plus longs, plus hauts et plus nombreux. « Loin d’être l’exception que l’on évoque généralement dans un cadre humanitaire ou sécuritaire pour en justifier l’existence, les camps [et les murs] font durablement partie des espaces et des sociétés qui composent le monde aujourd’hui. » (“Un monde de camps” – Clara LECADET et Michel AGIER – éditions La Découverte) ; des vêtements hérités de moins pauvres qu’eux, quand ils ne sont pas faits de haillons ; une nourriture constituée de restes et de déchets, pour ceux qui n’ont pas la chance de bénéficier d’initiatives amplifiant le concept de “soupes populaires” propres aux grandes crises, se multipliant sous les formes et les appellations les plus diverses ; un manque d’hygiène et de soins, avec pour conséquence un état de santé propice au développement de maladies et à la contagion, que combattent de nombreuses organisations tant privées que publiques hissées, par leur nombre et leurs budgets, au rang de véritables puissances économiques et politiques ; et enfin, un criant défaut d’éducation. Autant de caractéristiques, d’ailleurs officiellement reconnues par les institutions au plus haut niveau (Banque Mondiale, ONU, UNESCO…) pour qualifier ce niveau de pauvreté, qui indiquent à quel point la pauvreté, plutôt que de reculer comme le prétendent des observateurs frappés de cécité, se développe au contraire du fait de la multiplication de crises, toutes plus ou moins directement imputables à l’augmentation de la population humaine. Le Figaro.fr du 09 nov 2015 titrait : « Climat : 100 millions de pauvres en plus d’ici 2030 si rien n’est fait. À 21 jours de la COP 21, la Banque mondiale alerte dans un rapport sur les risques du changement climatique pour les populations les plus vulnérables. ». Ce sont effectivement les plus vulnérables qui feront les premiers les frais du réchauffement climatique, comme ils font ceux d’autres “réchauffements”, tous résultant d’une démographie planétaire vécue depuis des décennies et des siècles, dans l’imprévoyance la plus complète, s’il ne s’agit pas plus simplement d’inconscience, ou pire encore, d'un refus de regarder la vérité en face. Quoi qu’il en soit, la pauvreté ayant jusqu’ici participé au peuplement de la pyramide sociale se définit dorénavant d’une nouvelle manière, résultant de la modernité et du progrès. N’est-ce pas en effet ce dernier et plus précisément l’augmentation de richesse de la société qui l’a accompagné qui, par un accroissement constant de l’écart entre le sommet et la base de la pyramide sociale a entraîné la multiplication des pauvres relatifs et l’apparition puis la multiplication parmi eux de pauvres profonds dont le sort n’aurait pas été envié par les plus pauvres des pauvres des époques pré-industrielles ?

(à suivre)