dimanche 12 août 2018

Décroissance et démographie


Nombreux sont les partisans de la décroissance qui négligent ou sous-estiment les obstacles qui la rendent impraticable, sauf remise en cause allant bien au-delà de ses aspects industriels et marchands, comme des options socio-politiques et environnementales des uns et des autres. D’autant plus difficiles à lever qu’ils s’enracinent profondément dans la nature humaine, les principaux de ces obstacles, peuvent s’analyser comme suit, sachant que :« Tout être humain est avant toute autre activité ou toute autre opinion un consommateur » (Gaston Bouthoul in Traité de sociologie, tome II, p. 180 - Payot 1968).

Tirant parti de l’incontestable supériorité de ses facultés, par rapport à celles des représentants des autres espèces peuplant la planète, et selon une éthique taillée à la mesure de ses prétentions, l’homme a largement transgressé les lois de la sélection naturelle en usant et abusant du progrès scientifique et technique dont il est porteur. Mais c’était sans compter avec le piège qu’il se tendait ainsi à lui-même : en s’accordant le droit de proliférer sans limites en même temps que s’accroissait sa durée de vie, il amplifiait ses besoins au-delà de ce que pouvaient satisfaire ses ressources. Et comme si cela était insuffisant, l’homme s’invente des besoins accessoires, souvent d’une utilité discutable mais toujours plus nombreux, accentuant d’autant sa prédation.

En outre, incité à améliorer sa condition matérielle par son atavique égocentrisme, chaque individu sait la comparer à celle de ses semblables, ce qui conduit à une surenchère générale et permanente de la demande ; la référence de chacun étant généralement le sort de mieux nanti plutôt que de plus pauvre que soi.

Comment, dans ces conditions, faire admettre aux consommateurs, à commencer par ceux qui doivent se satisfaire du nécessaire et parfois moins, et dont le sentiment de frustration a été entretenu, voire exacerbé, pendant des siècles, qu’ils doivent renoncer ne serait-ce qu’à une partie de leurs “avantages acquis”, et perdre l’espoir d’accéder un jour à de meilleures conditions d’existence jusque-là réservées à d’autres ?

Quant aux riches, – une fois classé l’argument consistant à leur imputer tous les maux de l’espèce humaines par la pollution et le pillage de la planète au détriment des pauvres, ce qui revient à occulter le fait que les activités humaines polluantes et surconsommatrices de ressources résultent de la production par les pays en mesure de le faire, de ce qui est consommé par l’ensemble des êtres humains, y compris les pauvres qui sans cela seraient encore plus démunies qu’ils le sont – ils seront contraints par la force de la nature, comme tout un chacun, d’adapter leur demande à ce qui restera des ressources propres à les satisfaire. Ces riches semblent d’ailleurs l’avoir d’ores et déjà compris, à en juger par le financement, public comme privé, de démarches ayant pour but de limiter la prolifération humaine, ainsi que par les investissements dans la recherche de nouvelles technologies et sources d’approvisionnement. « Tandis que nous voyons les supermarchés sans caissiers, les véhicules autonomes et les robots faire le travail pour nous – les super-riches voient des moyens de protection contre les foules en colère et les pannes systémiques dans un avenir pas trop lointain. En effet, [probablement parce qu’ils y trouvent un intérêt supérieur] les riches et les puissants ont une vision beaucoup plus large du risque global, que la plupart de la société humaine.»*

Si une telle situation est l’expression du caractère incontournablement pyramidal de la société humaine, elle est aussi de dimension planétaire, rappelant que le sort de chacun dépend de celui de tous. Dans cet esprit, une décroissance par la suppression des biens et services satisfaisant les besoins non vitaux de l’espèce humaine est un objectif apparemment logique. Mais est-il pertinent, en l’absence d’autres mesures, dont notamment une réduction et un ajustement proportionnels du nombre de consommateurs de toutes catégories sociales, aux possibilités d’en assurer autant la gouvernance que la subsistance ? Sur une population d’environ 8 milliards d’êtres humains, 6,5 – dont 1,5 à 2 milliards de pauvres profonds – accèdent peu ou pas du tout à des produits et services d’une utilité discutable. Nombre d’entre eux souhaitent y accéder, mais quelles que soient les difficultés de les amener à modérer cette aspiration, dont la légitimité le dispute à l’intérêt commun – tel qu’il doit en être pour les plus riches , à quelle logique répondrait une réduction de la consommation par tête, aussi drastique soit-elle, si le nombre total de consommateurs continuait d’augmenter, de même que leur durée de vie ? Ne s’agit-il pas d’un équilibre impossible entre économie et démographie ? Cette relation est pourtant omise par les inconditionnels de la décroissance, fidèles aux pouvoirs, notamment religieux et politiques, plus soucieux du nombre que de la dignité des conditions d’existence de ceux quils ont toujours prétendu protéger. « Dire que personne ne peut se désintéresser de l’avenir de son pays ne signifie pas que toute famille ait le devoir de procréer. Cela veut dire que l’évolution de la population mérite considération. Par évolution nous n’entendons pas nécessairement accroissement a priori ni même maintien, mais seulement que la question existe, et que les gouvernements et les personnes soucieuses d’intérêt public ne peuvent s’en désintéresser » Alfred Sauvy in Planning familial, septembre 1960, cité par Virginie Barrusse in Population 2018/1 Le complexe de la dénatalité. L’argument démographique dans le débat sur la prévention des naissances en France (1956-1967)”.**

Qu’il soit voulu ou subi, qu’il résulte d’une volonté tardive des hommes de réduire leur prédation ou qu’il soit imposé par la raréfaction des ressources, le ralentissement de l’activité économique aura des répercussions considérables sur la société, en aggravant une situation de l’emploi plus difficile qu’elle a jamais été et un déséquilibre social d’autant plus précaire qu’il est dorénavant planétaire, en dépit des barrières, barbelés et murs dressant chaque jour plus nombreux leur dérisoire rempart contre la montée inexorable de ceux que leur misère pousse vers ce qu’ils croient être un monde meilleur. En l’absence d’une parfaite conscience de cette situation et de ses conséquences prévisibles, et faute de mesures préalables et d’accompagnement propres à réduire puis à stabiliser le nombre de consommateurs, la décroissance ne peut donc que perpétuer et amplifier un antagonisme primaire relevant d’une lutte des classes aussi archaïque que vaine ainsi qu’aux pires désordres dont les premières victimes seraient les plus défavorisés. N’est-il pas
préférable que des êtres humains moins nombreux, s’inventent et ajoutent à une frugalité imposée à tous par l’épuisement de bien des ressources vitales, de nouveaux moyens de continuer à satisfaire leur premier besoin qu’est le progrès ? Sans sous-estimer l’importance de tout geste allant dans le sens d’une réduction de sa prédation, l’homme a encore, pour peu de temps, la possibilité d’accélérées la mise en œuvre de mesures salutaires – largement engagées pour certaines – portant sur sa démographie et tout ce qui en découle en termes d’économie, donc de consommation et de ressources, mais aussi – et peut-être surtout – socialement.

La prise de conscience des maux engendrés par la surpopulation humaine est encore loin d’être générale, entravée par des tabous et des dogmes que des pouvoirs empêtrés dans leurs contradictions tardent à lever. Ils doivent pourtant comprendre que si le nombre de ses victimes qualifie la faute, chaque jour alourdit la leur, quand le fragile équilibre entre l’humanité et son habitat est sur le point de se rompre. Dans la relativité de la pauvreté et de la richesse de chacun, sur 100 êtres humains qui naissent – et il en naît entre 230 et 280 000 supplémentaires quotidiennement, soit près de 100 millions chaque année – 14 vont grossir les rangs des riches quand 86 rejoignent ceux des pauvres.



Pour toutes précisions concernant la méthodologie conduisant au constat ainsi représenté, voir https://docs.google.com/document/d/1WCRZX7-OdrML4HmbN6lE2Oz_-L_Xa4GAJ5dVuSX2xCI/edit





mardi 17 juillet 2018

Nous serons 8,6 milliards de Terriens en 2030 (source ONU)

Commission de la population et du développement: le monde comptera en 2030, date butoir du Programme de développement durable, 8,6 milliards de personnes

Le temps de réaliser avec succès ou pas les 17 objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030, le monde se sera alourdi d’un milliard de personnes.  C’est ce qu’a appris aujourd’hui la Commission de la population et du développement d’un rapport* du Secrétaire général sur les tendances démographiques mondiales.  La Commission a aussi entendu plusieurs agences de l’ONU et des ONG deviser sur le thème de la session « Villes durables, mobilité humaine et migrations internationales ». 
La population mondiale, qui a atteint les 7,6 milliards de personnes en 2017, devrait avoisiner les 8,6 milliards en 2030, l’essentiel de la croissance étant imputable à l’Afrique et à l’Asie, avec 400 millions de personnes chacune.  La pyramide des âges devrait aussi connaître des changements rapides, avec des conséquences importantes pour le développement durable.
Le nombre des « mégalopoles » ou villes de plus de 10 millions d’habitants, qui est aujourd’hui de 33, devrait passer à 41 en 2030, toutes les nouvelles mégalopoles étant projetées dans les régions les moins développées.  Pôles d’attraction, ces mégapoles se partagent les migrants internationaux ou personnes vivant dans un pays autre que leur pays de naissance dont le nombre a continué de croître ces dernières années, pour atteindre le record mondial de 258 millions en 2017.  Migrants internes et internationaux se chiffrent aujourd’hui à un milliard.
« Villes durables, mobilité humaine et migrations internationales », le thème de la Commission s’explique.  En Jamaïque, par exemple, sur une population totale estimée à 2,7 millions de personnes, une moyenne de 20 000 part chaque année depuis les années 50, ce qui fait qu’environ 50% des Jamaïcains vivent à l’étranger.  L’Azerbaïdjan connaît en ce moment une immigration intense qui s’explique par la stabilité sociale, politique et macroéconomique, l’afflux de capitaux étrangers, la rapidité du développement économique et la réalisation de projets de grande envergure dans le domaine de l’extraction et du transport du pétrole et du gaz.  Au total, la région Asie-Pacifique abrite 63 millions de migrants.  Une migration, a alerté l’ONG « ARROW », qui a souvent le visage d’une jeune femme, occupant un emploi peu qualifié, vulnérable à la discrimination, à la violence et à l’exploitation, sans protection sociale ni accès à la santé sexuelle et reproductive, alors même que les droits à cette santé sont essentiels à la durabilité des villes, a prévenu « Family Planning New Zealand ». 
L’ONG a donné l’exemple de Kiribati où 27% des femmes mariées en âge de procréer ne veulent pas d’enfants sans pour autant utiliser un moyen contraceptif.  Beaucoup d’entre elles vivent dans une capitale déjà surpeuplée qui continue d’attirer la majorité des migrants internes, présentant en conséquence, tous les problèmes écologiques, sanitaires et économiques que l’on peut craindre.  La population de Tawara-Sud pourrait ainsi augmenter de 70% d’ici à 2050, ce qui est intenable, compte tenu des changements climatiques. 
Améliorer les recensements et les sondages des ménages est « crucial » pour élaborer des politiques factuelles sur des villes durables, la mobilité humaine et les migrations internationales, a estimé l’Allemagne qui s’est félicitée avec d’autres du travail remarquable de la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU.  La collecte de données n’est pas une fin en soi mais des données exactes, en temps voulu et exhaustives sont utiles pour la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, a insisté l’Allemagne. 
Pour bien comprendre les phénomènes démographiques et leur impact, il faut des « données harmonisées et comparables entre pays », a souligné la Norvège qui a appuyé l’ajout de la variable « motifs » dans le « Manuel des Nations Unies sur l’évaluation des migrations internationales dans le cadre des recensements du cycle 2020 ».  Les « motifs », a-t-elle insisté, sont une question clef qui doit être incorporée dans un questionnaire de recensement pour identifier le nombre des réfugiés et les populations qui s’y apparentent.
La Commission, qui a débuté ses travaux lundi dernier, tiendra demain vendredi 13 avril après-midi, à partir de 15 heures, la dernière séance de sa session 2018. 
EXÉCUTION DU PROGRAMME ET FUTUR PROGRAMME DE TRAVAIL DU SECRÉTARIAT DANS LE DOMAINE DE LA POPULATION
Pour l’examen de cette question, la Commission était saisie du Rapport du Secrétaire général (E/CN.9/2018/6) qui dresse le bilan des activités menées en 2017, dans le domaine de la population, par la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales.  Il porte notamment sur: les travaux d’analyse des tendances mondiales de la fécondité, de la mortalité et des migrations; l’élaboration des estimations et projections démographiques à l’échelle mondiale; le suivi des politiques démographiques; l’étude des corrélations entre la population et le développement durable; la diffusion de données démographiques; la coopération technique et les activités de renforcement des capacités en faveur des États Membres; l’appui aux mécanismes intergouvernementaux par l’établissement de rapports du Secrétaire général et d’autres documents à l’intention des organes délibérants, l’organisation de réunions de groupes d’experts et le suivi des objectifs de développement arrêtés au niveau international.
L’objectif du programme de travail sur la population est d’améliorer l’aptitude de la communauté internationale à faire face efficacement aux enjeux de population actuels et futurs et à prendre en compte la dimension démographique dans les programmes de développement aux niveaux national et international.  La Commission de la population et du développement, en tant qu’organe directeur de la Division de la population, formule des lignes directrices sur le programme de travail lors de sa session annuelle.
Déclarations
M. JUAN CARLOS ALFONSO FRAGA (Cuba) a souligné que le suivi des accords internationaux, notamment les cibles et objectifs du développement durable, est d’une importance toute particulière.  Il a reconnu que les projections démographiques élaborées par la Division de la population sont importantes, mais a toutefois souligné que l’évaluation des objectifs de développement durable doit d’abord se fonder sur les statistiques nationales, notamment en ce qui concerne les données ventilées par sexe.
Mme REIKO HAYASHI (Japon) a voulu en savoir plus sur la réforme envisagée de la Division de la population.
Des données fiables, harmonisées et comparables entre pays, a souligné Mme SILJE VATNE PETTERSEN (Norvège), sont essentielles pour mieux comprendre les phénomènes et tendances démographiques.  C’est la base même des politiques et analyses fondées sur les faits, tant au niveau national qu’au niveau international.  La représentante a tout de même reconnu que parvenir à des données comparables est extrêmement difficile et a, à cet égard, salué le travail de la Division de la population.  Elle s’est d’ailleurs félicitée de l’accent placé sur des données comparables de haute qualité dans les négociations sur les pactes mondiaux pour les migrations sûres, ordonnées et régulières et pour les réfugiés.  Elle a dit espérer des recommandations de la part du Groupe d’expert de la Commission des statistiques sur les données relatives aux réfugiés et aux déplacés.  Elle a aussi appuyé l’ajout de la variable « motifs » dans le Manuel des Nations Unies sur l’évaluation des migrations internationales dans le cadre des recensements du cycle 2020.  Les « motifs », a-t-elle insisté, sont une question clef qui doit être incorporée dans un questionnaire de recensement pour identifier le nombre des réfugiés et les populations qui s’y apparentent.  La Norvège s’engage à aider les pays du Sud à mettre en œuvre les recommandations du Groupe d’experts dont il fait partie, a conclu la représentante.
Mme MENGJUN TANG (Chine) a salué le travail de la Division de la population dont les produits aident les pays à élaborer leurs politiques sur la population et à faire des projections démographiques et des analyses.  La représentant s’est particulièrement félicitée de l’aide que la Division a offerte à son pays et a souhaité qu’elle continue son travail en recourant plus systématiquement aux nouvelles technologies.
Mme MARTINA HEMMERSBACH (Allemagne) s’est félicitée des initiatives du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et de la Division de la population pour resserrer leurs liens avec le milieu universitaire, améliorant ainsi l’accessibilité, l’utilisation et la visibilité des données.  Le rôle de la Division, qui est de produire des données mais aussi de les analyser et de les interpréter, en fait un partenaire indispensable de la communauté internationale dont l’expertise est très recherchée.  La collecte de données n’est pas une fin en soi mais des données exactes, en temps voulu et exhaustives sont utiles pour la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, a insisté la représentante.  Améliorer les recensements et les sondages des ménages est crucial pour élaborer des politiques factuelles sur des villes durables, la mobilité humaine et les migrations internationales.  L’Allemagne vient de booster les progrès méthodologiques de la recherche sur la population et élargit les infrastructures de recherche nécessaires à l’analyse des liens entre migrations internes et internationales, mobilité humaine et urbanisation, dans le contexte national.  L’Allemagne travaillera avec la Division de la population, le FNUAP, les États Membres et les partenaires intéressés pour promouvoir et faire avancer la collecte et l’utilisation des données démographiques et parvenir ainsi à des décisions politiques basées sur des faits. 
Mme SHORT (États-Unis) s’est attardée sur quelques produits de la Division de la population pour s’en féliciter.  Le travail de la Division, a-t-elle insisté, aide la communauté internationale à faire la lumière sur les interconnexions, les défis et les progrès réalisés pour intégrer les questions liées à la population, à la mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation des politiques et programmes de développement durable.  L’expansion du site Web de la Division ouvre à l’opinion publique l’accès aux informations sur la population, s’est encore félicitée la représentante.  Elle a remercié la Division pour son rôle de leadership dans la coopération technique, y compris l’organisation et la conduite de réunions d’experts et d’ateliers en collaboration avec de nombreuses organisations dans le monde.  Le Bureau du recensement des États-Unis a d’ailleurs été heureux de participer avec la Division au Groupe de travail sur l’étude de la mortalité maternelle.  La représentant a remercié la Division pour avoir mis sur son site Web le Manuel révisé de l’étude sur la mortalité liée à la grossesse que le Bureau américain du recensement a produite avec le Groupe de travail. 
En réponse à la question du Japon M. JOHN WILMOTH, Directeur de la Division de la population, a expliqué que le Secrétaire général envisage une réforme du Département des affaires économiques et sociales (DAES) pour le rendre plus efficace.  C’est dans ce contexte, que la restructuration de la Division de la population est en cours.  Je suis « obsédé », a avoué le Directeur, par l’efficacité et la faculté de la Division de travailler avec moins de ressources.  Les doublons vont donc être supprimés et les méthodes de travail réexaminées.
Le délégué du Mexique a formulé l’espoir que cette réforme permettra aussi de rendre plus efficaces les travaux de la Commission.
Mesures pour la poursuite de la mise en œuvre du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement aux niveaux mondial, régional et national
Débat général sur le thème « Villes durables, mobilité humaine et migrations internationales »
Mme TONI SHAE FRECKLETON (Jamaïque) a dit que son pays est principalement un pays d’émigration.  Sur une population totale estimée à 2,7 millions de personnes, les données montrent qu’une moyenne de 20 000 Jamaïcains partent chaque année depuis les années 50, ce qui fait qu’environ 50% des Jamaïcains vit à l’étranger.  Pour ceux qui sont dans le pays, 54% d’entre eux vit dans les zones urbaines, une tendance qui devrait s’accroître rapidement.  Pour faire face à ces dynamiques et encourager le développement durable des villes, la Jamaïque a adopté la loi sur la gouvernance locale, amélioré la participation des citoyens à la prise de décisions par la mise en œuvre de cadres locaux de planification du développement durable, élaboré un plan national d’aménagement territorial et réexaminé la stratégie nationale de relocalisation.  Une initiative sur des villes durables et émergentes (ESCI) a été lancée en 2015.  La Jamaïque s’efforce aussi d’améliorer la collecte des données.  Quant aux migrations internationales, l’idée est de bien les mesurer, les surveiller et les intégrer pour qu’elles servent les objectifs de développement national fixés dans la « Vision 2030 Jamaica ».  La représentante a reconnu que c’est le manque de données fiables et ventilées de l’urbanisation et les migrations internes et internationales qui limitent la capacité du pays à planifier efficacement au niveau local. 
M. HABIB MIKAYILLI (Azerbaïdjan) a dit que son pays comptait actuellement 10 millions d’habitants dont 53% vit dans les villes.  Le Gouvernement n’épargne aucun effort pour améliorer les infrastructures urbaines et l’accès de la population aux services sociaux de base.  En 2016, une Agence de construction des logements a été créée au profit des familles à faible revenu.  L’Azerbaïdjan connaît en ce moment une immigration intense qui s’explique par la stabilité sociale, politique et macroéconomique, l’afflux de capitaux étrangers, la rapidité du développement économique et la réalisation de projets internationaux et régionaux de grande envergure dans le domaine de l’extraction et du transport du pétrole et du gaz.  Le Gouvernement a mis en place le cadre nécessaire à l’application des instruments internationaux relatifs aux droits et libertés des travailleurs migrants.  La création d’un « guichet unique » a permis d’assouplir et de rendre plus performante et plus efficace, la gestion des flux migratoires. 
M. NAGESH KUMA, Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique – CESAP, a indiqué que la région est confrontée au vieillissement de sa population qui a pris un rythme particulièrement rapide.  La CESAP aide les pays à relever ce défi mais aussi celui des jeunes qui pâtissent des fractures énormes entre zones rurales et urbaines et entre classes sociales.  La région abrite par ailleurs 63 millions de migrants.  La CESAP se prépare déjà à aider les États à mettre en œuvre le futur pacte mondial sur des migrations sûres, ordonnées et régulières.
Mme ELLIOTT, Programme alimentaire mondial – PAM, a indiqué que la politique du PAM sur l’insécurité alimentaire dans les zones urbaines, adoptée en 2002, est en train d’être révisée, ajoutant que l’agence fait face à un niveau sans précédent de besoins humanitaires dans les villes, par exemple, après les séismes qui ont frappé Haïti et le Népal, ou dans le contexte des conflits en Iraq, au Yémen et en République arabe syrienne.  Mme Elliott a estimé que pour contenir les mouvements migratoires des zones rurales aux zones urbaines, il faut aider les communautés rurales à s’adapter aux changements biophysiques et à renforcer leur productivité.  S’agissant des migrations internationales, il a appelé à une collaboration étroite entre les États pour assurer des migrations sûres et ordonnées.  Il s’agit, a-t-elle précisé, d’offrir aux migrants vulnérables une aide alimentaire, sans oublier les besoins nutritionnels spécifiques des enfants en bas âge, des jeunes et des femmes enceintes ou qui allaitent.
Mme CARLA MUCAVI, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a déclaré que l’exode rural et les migrations internes et internationales influencent non seulement la répartition de la population mondiale mais aussi celle des moyens de subsistance.  Ils déterminent les choix de développement.  Celui des zones rurales affectées par l’exode dépend en effet d’une bonne répartition des ressources entre elles et les zones urbaines.  La stratégie la plus efficace est d’investir dans les petites villes des zones rurales pour garantir une base élargie de développement économique.  Il faut investir dans les gens, les économies locales et exploiter au mieux l’interconnexion entre zones rurales et zones urbaines. 
Mme MARINE DAVTYAN, ONUSIDA, a souligné que toute personne en mouvement doit pouvoir exercer son droit à la santé, ce qui inclut, a-t-elle ajouté, des efforts pour réduire la vulnérabilité des migrants au VIH/sida et assurer leur accès aux traitements.  Elle a également souligné que toute personne, y compris celles qui vivent avec le VIH/sida, doit pouvoir jouir de sa liberté de mouvement.  Elle a dénoncé les plus de 35 pays qui imposent une forme ou l’autre de restrictions à l’entrée où la résidence des personnes vivant avec le VIH/sida.  Elle a dénoncé les dépistages dans les procédures de demande de visa, les passeports rejetés en cas de résultat positif, et les expulsions de toute personne vivant avec le VIH/sida.  Traitées, ces personnes peuvent, comme toutes les autres, être des éléments productifs de la société.
Mme SAI JYOTHIRMAI RACHERLA, du Centre de recherche et de ressources pour les femmes d’Asie-Pacifique – (ARROW), intervenant également au nom de 114 organisations de la région, a indiqué que « la migration du travail » a le visage d’une jeune femme, dans un emploi peu qualifié, vulnérable à la discrimination, à la violence et à l’exploitation, sans protection sociale ni accès à la santé sexuelle et reproductive.  L’égalité entre les sexes, la santé sexuelle et reproductive et le respect des droits des femmes et des filles seront essentiels pour avoir des villes durables, une bonne mobilité humaine et des migrations sûres.  La représentante a assigné 11 tâches spécifiques aux États dont la ratification de la Convention internationale sur la protection de tous les migrants et des membres de leurs familles; la confirmation de l’engagement en faveur du Programme d’action du Caire; la promotion de la coopération bilatérale et de celle entre les pays d’origine et de destination pour veiller au bon traitement des travailleurs migrants; l’élargissement de l’accès à la santé sexuelle et reproductive, y compris à l’avortement médicalisé; l’abrogation des mesures punitives , comme le dépistage ou l’expulsion des migrantes vivant avec le VIH/sida; l’amélioration des données sur les migrantes; le renforcement de la lutte contre toutes les formes de violence, et de celle sur la traite des travailleuses migrantes.
En tant que citoyenne de l’Irlande, où l’avortement est toujours pénalisé, Mme ANNA KATE DEVEREUX, Rutgers, a, au nom du partenariat « Right Here, Right Now », indiqué que sur les 18 pays membres de son partenariat, seul le Népal n’impose aucune restriction à l’avortement médicalisé.  L’avortement est certes légal au Kenya, dans certaines circonstances, mais pour une fille des bidonvilles de Nairobi, les services sont hors de portée.  Aujourd’hui dans le monde, les avortements à risques provoquent chaque année des dizaines de milliers de morts.  Parler d’avortement est indispensable puisque les jeunes migrantes et migrants, qui vivent dans des abris de fortune dans les villes, sont disproportionnellement concernés par la question et en réalité, par la violation constante de leurs droits sexuels et reproductifs.  La représentante a donc exhorté les gouvernements à prévenir le recours à l’avortement, en garantissant une éducation sexuelle complète de qualité et en fournissant des contraceptifs modernes abordables ainsi que des services de santé facilement accessibles pour les jeunes.  Elle les a aussi exhortés à assurer l’accès des femmes et des filles à un avortement sûr et légal, et ce à leur demande et quels que soient leur âge ou leur statut migratoire.  « Moi qui grandis dans un pays qui ne respecte pas mes droits reproductifs, je vous implore d’écouter la voix des jeunes qui répètent ces mots: notre corps, notre choix », a conclu la jeune femme.
Après avoir souligné l’augmentation de la population urbaine, le représentant de l’« International Federation for Family Development(IFFD) » a expliqué que son organisation, présente dans 66 pays, dirige le projet « Villes inclusives pour des familles durables ».  L’idée est que l’urbanisme doit tenir compte de tous les types de familles et de groupes sociaux, promouvoir une planification urbaine et environnementale souple et faciliter l’accès au logement, y compris par la cohabitation, l’économie d’énergie et les arrangements intergénérationnels.  Il s’agit aussi d’améliorer le lien entre les nouvelles technologies et l’intégration sociale et de combler le fossé numérique grâce à la formation des personnes âgées, entre autres.  L’accent doit être mis sur la création de crèches à proximité des maisons ou des lieux de travail et sur des stratégies pour former les jeunes à devenir parents et à interagir avec les personnes âgées.  L’organisation prône aussi la reconnaissance du travail non rémunéré, et ce qu’elle recherche au bout du compte, c’est un environnement accueillant dans les villes, fondé sur la solidarité, le soutien mutuel et l’interaction sociale, grâce à la promotion du volontariat, à une police de proximité, à des caméras, à l’éclairage public et pourquoi pas à la formation de la population aux premiers soins en cas de catastrophes naturelles ou d’attaques terroristes.
Mme MARTHA GEARY NICHOL de « Family Planning New Zealand » a expliqué que les droits à la santé sexuelle et reproductive sont essentiels à la durabilité des villes.  Elle a donné l’exemple de Kiribati où 27% des femme mariées en âge de procréer ne veulent pas d’enfants mais n’utilisent aucune forme de contraception.  Beaucoup d’entre elles vivent dans une capitale déjà surpeuplée qui continue d’attirer la majorité des migrants internes, présentant en conséquence, tous les problèmes écologiques, sanitaires et économiques que l’on peut craindre.  La population de Tawara-Sud pourrait augmenter de 70% d’ici à 2050, ce qui est intenable, compte tenu des changements climatiques.  Les gouvernements et les ONG, a conseillé la représentante, doivent se préparer à répondre aux besoins des migrants en matière de santé sexuelle et reproductive après les catastrophes naturelles.  Le train de mesures sur les premiers services minimaux a très bien fonctionné l’année dernière après l’éruption volcanique et l’évacuation de presque toute la population de l’île d’Ambae à Vanuatu. 
Mme PATRICIA STALEY, Comité international catholique des infirmières et assistantes médico-sociales – (CICIAMS), a parlé des catastrophes, de la pauvreté et de la violence dans les villes.  Elle a aussi parlé de la mobilité des personnes vulnérables, en citant les chiffres des flux d’émigration et d’immigration.  Elle a terminé par une phrase du pape François: « Les migrants ne sont pas des pions sur l’échiquier de l’humanité.  Ce sont des enfants, des femmes et des hommes qui quittent ou sont forcés de quitter ce qu’ils ont, pour l’une ou l’autre raison, et qui partagent le désir légitime de savoir et d’avoir, mais surtout, d’être plu ».
Avant de lire son discours, le représentant de Center for Family & Human Rights (C-FAM) a dénoncé ces délégations qui parlent aussi légèrement de l’avortement, en oubliant sans doute que « nous avons tous commencé notre vie sous la forme d’un embryon ».  Le représentant a aussi dénoncé le fait que la famille ne reçoive pas l’attention qu’elle mérite de la part de la communauté internationale.  On ne parle de famille et des droits de l’homme que quand il s’agit de planification familiale.  La famille est même devenue un sujet de polémique, source d’acrimonies et de désaccords pendant les négociations internationales.  Le représentant a vu là un problème parce que c’est bien cela qui empêche d’aider les familles qui, dans le monde entier, ont besoin de lois, de politiques et de programmes pour protéger et renforcer leur rôle de première ligne de défense contre les abus et l’exploitation. 
La Déclaration universelle des droits de l’homme, a rappelé le représentant, définit la famille comme l’unité naturelle et fondamentale de la société et affirme que la famille a droit à la protection de la société et de l’État.  La Déclaration ajoute que les hommes et les femmes ont le même droit de se marier librement et de fonder une famille dans laquelle ils sont égaux en droits.  D’autres textes consacrent la responsabilité première des parents de choisir eux-mêmes le type d’éducation qu’ils veulent donner à leurs enfants, de préserver le droit de l’enfant à l’identité culturelle et religieuse et surtout dans le contexte de la mobilité humaine, de réaliser le droit de l’enfant de savoir et d’être pris en charge par la mère et le père avec lesquels il doit être réuni le plus rapidement possible. 
Mme BRUNEEL, Fédération internationale des associations d’étudiants en médecine, a souligné que le droit à la santé est un droit fondamental, et que les soins doivent être accessibles à tous, sans aucune discrimination liée au sexe, l’âge ou l’orientation sexuelle.  Elle a exhorté les États à prendre des mesures spécifiques allant dans ce sens, et à accorder la priorité aux plus vulnérables.
Mme ALEXANDRA ROSE, World Youth Alliance, s’est présentée comme coalition mondiale de plus de 200 000 jeunes dans plus de 130 pays, dévoués à la promotion de la dignité humaine dans les politiques et la culture.  Elle a par exemple dit que les politiques de la population doivent être centrées sur les gens et non sur des tendances démographiques ou des politiques sociales polémiques.  Elle a mis en avant le « Human Dignity Curriculum » qui apprend aux enfants la dignité humaine.  Elle a exhorté les gouvernements à se concentrer sur l’objectif 16 du Programme 2030 relatif aux sociétés pacifiques et inclusives, pour mettre fin aux migrations involontaires.  À cet égard, elle a appelé à des lois qui protègent le regroupement familial des migrants.  Plaidant aussi pour leur accès à la justice, elle a conclu: « quand les gens peuvent compter sur des institutions justes, ils sont mieux à même d’exploiter leurs talents d’innovation, de créativité et d’entreprenariat dans l’intérêt commun et de se sortir de la pauvreté ». 
Mme WERONIKA JANCZUK, FEMM Foundation, a dit que les femmes doivent recevoir une éducation sur la santé pour pouvoir faire des choix éclairés et planifier leur carrière et leur vie de famille.  Les femmes qui comprennent leur santé, savent poser les bonnes questions au médecin et guider ce dernier vers les soins les plus appropriés.  Elles peuvent surtout décider du nombre d’enfants qu’elles veulent avoir.  Les recherches montrent que seulement 3% des femmes savent interpréter les signes comme l’ovulation.  Très peu de femmes savent que l’équilibre hormonal est un facteur fondamental d’une bonne santé reproductive qui a un lien direct avec la procréation.  Les chercheurs de la FEMM ont créé un programme de prise en charge médicale avec des protocoles et des traitements pour le déséquilibre hormonal.  Quelque 500 médecins ont été formés à ces protocoles et, avec les traitements, les femmes ont non seulement des informations et une meilleure compréhension de leur corps mais aussi des options concrètes. 
M. SAJEDA AMIN, Union internationale pour l’étude scientifique de la population – (IUSSP) a indiqué que son organisation lance de nouvelles initiatives sur les « villes durables, la mobilité humaine et les migrations internationales ».  Il a cité une équipe de travail sur les migrations internationales ainsi que des recherches pour renforcer la base des preuves de la place de la planification familiale dans les centres urbains en croissance rapide en Asie et en Afrique.  Se félicitant de liens de son organisation avec le Conseil économique et social, il a indiqué que le Directeur de la Division de la population est membre de la Conférence internationale sur la population de l’IUSSP qui compte beaucoup sur les données et les publications de la Division. 

vendredi 13 juillet 2018

Pyramide sociale et Revenu Universel

Pyramide sociale et Revenu Universel
Lettre ouverte à tous ceux qui se préoccupent du “Plan pauvreté”
et du futur de l'humanité


La pauvreté affecte particulièrement l’espèce humaine, du fait que ses représentants se distinguent de ceux des autres espèces animales par la conscience qu’ils ont de leur condition, même si cette conscience est souvent insuffisante. C’est ainsi que les hasards de sa naissance et de la distribution des facultés qui permettent à chacun de faire face aux aléas de l’existence, s’ajoutent au fait que la pauvreté existe inéluctablement par la richesse et réciproquement. Chacun n’est-il pas le pauvre ou le riche, de plus riche ou de plus pauvre que lui-même ?

Non seulement il s’agit là d’une vérité fondamentale dont devraient tenir compte tous ceux que préoccupe la pauvreté, qu’il s’agisse de la leur ou de celle d’autrui, mais cette condition peut faire l’objet d’observations et de calculs en rapport avec une population distribuée pyramidalement, telle que l’est incontournablement celle de l’humanité. L’application de la loi de Pareto à cette structure caractéristique, confirme que les pauvres sont condamnés à être plus nombreux que les riches. 14 % de la population (les riches) se partagent en effet 50 % de la richesse collective, alors que les autres 50 % vont aux 86 % restant de la population, pauvres (dont pauvres profonds).





Dans le cas d’une partition de la population en 3 catégories sociales, 3,7 % de la population – les riches – se partagent le tiers de la richesse collective, pendant que les représentants des classes moyennes qui en représentent 26,7 % se partagent le deuxième tiers et les pauvres – dont les pauvres profonds – soit 70 % de la population, se partagent le tiers restant. :




L’étude de la pyramide sociale permet par ailleurs de constater que si la richesse n’a pas d’autres limites que l’appétit et les facultés de ceux qui la convoitent ainsi que les ressources dont ils la tirent, la pauvreté a la sienne, qui est le niveau zéro de cette même richesse. Au-dessous, nul être humain ne peut descendre, sauf à y perdre ce qui précisément le distingue des autres espèces animales, ce qui est humainement inacceptable

C’est à partir de ces constats que peut être indiquée la meilleure marche à suivre pour réduire la pauvreté autant que faire se peut et éradiquer la pauvreté profonde, tout en se gardant de confondre ces deux états, une telle confusion ne faisant que contribuer à augmenter le nombre des plus démunis et à les maintenir dans leur sort. En bref, il est nécessaire de tenir compte de ces réalités fondamentales pour mettre fin à une archaïque lutte des classes qui n’a fait qu’exacerber les frustrations sans rien changer au fond du problème pendant des millénaires, quels qu’aient été les arguments et les efforts déployés – à droite comme à gauche – depuis les premières révolutions serviles dont Spartacus fut l’un des meneurs, jusqu’aux théoriciens modernes, y demeurant plus ou moins obstinément attachés.

La misère, ou pauvreté profonde1 dont sont victimes les pauvres vivant au plus près de la base de la pyramide sociale est une plaie ouverte depuis toujours au flanc de l’humanité, qu’il s’agit de panser et guérir sans plus attendre, en y consacrant une partie de la richesse considérable créée et accumulée par les hommes au cours des siècles, sans que cela ait modifié en rien – bien au contraire – le sort des plus pauvres. Ne suffit-il pas pour s’en convaincre de considérer que le nombre de miséreux est de nos jours plusieurs fois ce qu’était la population humaine totale il a deux millénaires ? Quel que soit le nombre de ceux qui connaissent aujourd’hui les heureux effets du progrès scientifique et technique, 250 millions d’êtres humains peuplaient la Terre en l’an 1 de notre ère, alors que 1,5 à 2 milliards souffrent de pauvreté profonde de nos jours, sur une population qui en compte près de 8 milliards.

Le présent raisonnement faisant référence à la pyramide sociale et à l’échelle de richesse collective lui étant associée2, conduit à préconiser le relèvement de la base de la pyramide sociale par rapport au niveau zéro de cette échelle, par instauration de ce revenu universel (RU) ayant déjà fait couler beaucoup d’encre. Une littérature importante existant sur le sujet, le lecteur est invité à s’y reporter et les adresses de quelques sites internet en traitant de manières contradictoires sont proposées ci-après3



En résumé,
« Il s’agit de remplacer un enchevêtrement compliqué de dispositifs fiscaux, sociaux et familiaux, sans oublier diverses dispositions du droit du travail, par un seul outil redistributif intégré.» - Marc de Basquiat - AIRE, Association pour l’Instauration d’un Revenu d’Existence.
« … des expérimentations de revenu de base se concrétisent en France et en Europe, c’est le moment de créer une véritable force citoyenne pour peser dans le débat et aboutir à l’instauration d’un revenu réellement inconditionnel, individuel et universel ! »  - MFRB, MOUVEMENT FRANÇAIS POUR UN REVENU DE BASE (Camp de base du MFRB : Août 2018)

Reste donc à tout faire pour que la raison triomphe sans tarder de la misère partout dans le monde, sachant que ce triomphe ira bien au-delà de celui escompté ; il sera alors possible de venir à bout du premier des maux de l’humanité qu’est une surpopulation dont les besoins dépassent désormais largement les ressources que lui offre sa planète.

Toujours pour des raisons liées à la structure incontournablement pyramidale de la société, les pauvres s’y multiplient en effet d’autant plus vite que leur pauvreté est profonde. Le relèvement de leur niveau de vie par le RU devrait donc entraîner un alignement de leurs taux de fécondité sur celui des catégories sociales pour lesquelles une descendance nombreuse n’est pas le seul moyen de lutter contre les aléas de l’existence et en particulier de la vieillesse. C’est ainsi que le revenu universel contribuera dans une mesure déterminante à la régulation indispensable de la démographie humaine, telle que la réclame de toute urgence la nature, sans compter la nécessité de répondre à un transhumanisme avançant à grand pas et dont les conséquences sur la valeur et le marché du travail seront considérables.



1 - Entre autres définitions de la pauvreté et de la richesse, voir :
2 - Pour la définition de ce qui est nommé ici richesse collective, ainsi que pour tous détails d’ordre méthodologique concernant le raisonnement proposé, voir :
3 - Sélection de sites traitant du Revenu universel :