Traductions

lundi 25 mai 2015

Brèves et rappels

Cette rubrique publiera chaque semaine
l'un des arguments majeurs, développés ou simplement cités sur ce blog
ainsi qu'en contribution à des débats sur divers sites et forums.

Sera ainsi mis en évidence le fait,  qu'en dépit du caractère fondamental et prioritaire,
 pour l'avenir de la société, des sujets dont ils traitent,
et de dizaines de milliers de lectures,
 ces mêmes arguments ne suscitent ici que de rares réactions.

Restera au créateur du blog
ainsi qu'à tous ceux qui partagent son inquiétude quant à  l'urgence démographique
et à la nécessité d'une écologie dénataliste, 
à comprendre pourquoi un tel mutisme :
Incompréhension ? Pusillanimité ? Résignation ? Apathie ? Réprobation ? ...
et à en tirer les enseignements.


25 mai 2015
Du passé faisons table rase
Qu'il s'agisse de la destruction des Bouddhas d'Afghanistan, de celle des antiquités du musée de Mossoul ou des prestigieuses richesses de Palmyre, ces actes de barbarie ont ceci de commun avec la condamnation des langues mortes que sont le grec et le latin, qu'ils sont commis, dans l'intolérance et la confusion, au nom du renversement de la pyramide sociale. Seules changent la forme : là l'intégrisme et ses pires violence, ici un sectarisme qui peut y conduire.

C'est en tout cas oublier qu'une révolution chasse un pouvoir pour en instaurer un autre et que fatalement se rétablie cette immuable structure pyramidale dans laquelle le nombre est dominé par une élite dont la fonction naturelle est – pour meilleur et pour le pire – d'entraîner l'humanité vers le progrès.

Mais c'est omettre aussi qu'il existe une spiritualité mère des arts et des lettres, qui est un aliment dont se nourrissent les hommes de toutes conditions, comme ils se nourrissent de pain, à la différence près que lorsqu'ils en manquent, ils peuvent s'en inventer les ersatz plus ou moins sommaires et outranciers que sont les idéologies.  

18 mai 2015
Inéluctables pauvreté ... et richesse
La pauvreté – comme la richesse – est une composante de la société, structurelle et mécanique, aussi relative qu'incontournable ; et les inégalités de toutes sortes en résultent. En prendre conscience serait le premier pas à faire pour atténuer les effets de ces inégalités, voire les maîtriser, à défaut de pouvoir les éradiquer. La preuve a en été largement administrée pendant les millénaires de progrès matériel durant lesquels les raisonnements, les doctrines ainsi que les méthodes et les moyens appliqués pour les combattre n'ont fait que les augmenter et les exacerber.
En occident comme ailleurs, dans les pays développés comme dans les autres, la société des hommes est, a toujours été et sera jusqu’à sa fin, faite d’inégalités. L’exception y domine la masse ; le pouvoir y domine le peuple, la force la faiblesse, l’intelligence la sottise, le savoir l’ignorance , la richesse la pauvreté etc. ; dans tous leurs aspects. Et plus les richesses augmentent – qu’elles soient d’ordre matériel ou immatériel –, plus s’accroît l’écart entre le sommet d'une pyramide sociale qui n’a pas d’autres limites que l'ambition humaine et les capacités de la planète et, à l’opposé, une base inamovible peuplée de la pauvreté absolue, dernier état de la condition humaine.
Il existe des chiffres et un mécanisme vieux comme le monde, dont la prise en compte est indispensable pour secourir durablement les plus nécessiteux d’entre nous, qu'il s'agisse de continents, de nations, de régions, comme d'individus.
À l’aube de notre ère, la Terre était peuplée d’environ 250 millions d’êtres humains. Elle en compte plus de 7 milliards aujourd’hui, dont 1,5 milliard vivent dans un état de pauvreté profonde.
Le sommet de la pyramide sociale s'élève sans cesse, partout dans le monde, du fait de l'activité des hommes et de l'accroissement de la richesse collective qui en résulte. Dans le même temps, sa base s’atrophie inéluctablement, chaque jour davantage, en raison de la croissance démographique.

L’homme et le progrès dont il est porteur ont ainsi créé, en 20 siècles, 5 fois plus de miséreux qu’il n’y avait d’individus de toutes conditions sur terre au début de leur entreprise. Et la population augmente, quotidiennement, de 220 à 250 000 âmes, qui viennent dans leur grande majorité surpeupler la base d’une pyramide sociale dans laquelle le "descenseur social" prend le pas sur l’ascenseur du même nom démontrant, s'il en était besoin, que la pauvreté est plus facile à partager que la richesse.  

12 mai 2015
Des inégalités de richesse
À volume constant (ou population égale), un tassement de la pyramide sociale, en réduisant l'écart entre son sommet et sa base entraîne un élargissement de cette dernière, ce qui signifie une augmentation de la pauvreté, alors que l'accroissement de cet écart, tel qu'il résulte d'une étirement de la pyramide vers le haut (enrichissement général), a l'effet inverse.
De même, quand la pyramide sociale se développe en volume du fait de l'augmentation de sa population, le supplément d'activité de celle-ci accroît la richesse globale de la société, avec pour conséquence d'éloigner son sommet de sa base, ce qui exprime l'accroissement de l'écart entre richesse et pauvreté.
Ces deux observations révèlent qu'à une augmentation de l'écart entre richesse et pauvreté correspond un recul de cette dernière et inversement, sans modifier les inégalités autrement que dans leur répartition. En d'autre termes, l'augmentation de richesse collective réduit la pauvreté et sa diminution l'augmente. La Palice n'aurait pas dit mieux mais aurait pu ajouter que le partage des richesses est une tout autre affaire.
À défaut d'une utopique suppression des inégalités, nous devons donc être conscients que notre seule possibilité de les réduire réside dans le meilleur compromis possible entre plus de richesse et moins de pauvreté, ou davantage de pauvreté et moins de richesse.

D'ailleurs, qui peut sérieusement imaginer que si demain le grand partage avait lieu, mettant tous les individus à égalité de conditions, la pyramide sociale ne serait pas peuplée, après demain, de ceux qui auraient su faire fructifier leur avoir et ceux qui n'en aurait pas eu la capacité, ou l'envie ? Ambition, talent, courage, esprit d'entreprise, goût du risque, sens de l'épargne, aptitudes diverses des uns et des autres, sont tellement différents que les inégalités ne peuvent être compensées dans une mesure satisfaisante par nos lois, aussi compatissantes soient-elles à l'égard des plus défavorisés d'entre nous.

04 mai 2015
Écologie démographique ou dénataliste
Aucune des politiques menées par les Etats, notamment économiques et sociales, avec leurs aspects écologiques, migratoires, de l'emploi, de santé publique, de sécurité, etc. ne peut avoir de sens si ne sont pas pris en compte les fondamentaux de la démographie mondiale et les problèmes (dont la pauvreté, la violence et les atteintes à l'environnement) qu'elle génère inexorablement.
L'empreinte écologique de l'humanité résulte du pillage des ressources limitées de son habitat qu'est la terre. C'est ce qui est extorqué à celle-ci pour le développement de l'espèce la plus prédatrice de toutes.
L'écologie en tient-elle compte, quand ses partisans, absorbés chacun par l'un de ses aspects dont il a fait son hochet, négligent que chaque jour 220 à 250 000 êtres humains supplémentaires déferlent sur la terre ? Quand elle est mise au service d'intérêts politiques, plutôt que défendue par eux. ? Non ! Elle n'est plus l'écologie mais une idéologie comme une autre, luttant pour la conquête du pouvoir, à des fins noyées dans un flot de revendications démagogiques.
Elle devient écopolitique, véhiculée par les partis qui la servent à travers le prisme de leurs ambitions et surtout s'en servent, en ignorant les conséquences pourtant prévisibles d'une croissance démographique incontrôlée.

Imaginer l'homme renonçant au développement et au progrès dont il est porteur est une utopie d'autant plus dangereuse qu'elle porte à différer le seul combat qui vaille dans l'urgence : limiter la taille et les proportions de la pyramide sociale, pour l'adapter à ce qui reste des ressources de la planète.

27 avril 2015
Pauvreté utile
A défaut de pouvoir éradiquer la pauvreté du seul fait de sa relativité, et encore moins les inégalités, et de les traiter à la source par la régulation démographique, peut-être leur subvention est-il le moyen d'en reporter les effets ? Il appartiendra ainsi aux générations à venir de régler le problème, selon le principe cher à l'homme, consistant à reporter ses responsabilités sur ses successeurs.
Mais cela revient à encourager les pauvres à se multiplier et à aggraver leur propre condition par leur poids, croissant sans cesse à la base d'une société dont ils accroissent indéfiniment la charge.

N'est-ce pas aussi reconnaître la place, voire l'utilité, d'une pauvreté qu'il suffit à la société de subventionner pour qu'elle y occupe aussi nombreuse et sagement que possible sa place ?

20 avril 2015
L'humanité est paralysée par sa démographie.
Si tous ses maux perdurent et s'amplifient partout dans la monde, si le chômage et la pauvreté augmentent, si les inégalités sociales se creusent, si les revendications et les violences se multiplient, si le climat et l'environnement se dégradent chaque jour davantage, si les pires famines que nous ayons jamais connues s'annoncent, la raison première en est l'augmentation considérable de la population mondiale.
À l’aube de notre ère, la Terre était peuplée d’environ 250 millions d’êtres humains. Elle en comptait 7 milliards 20 siècles plus tard, dont 1 milliard et demi de pauvres profonds. L’homme avait ainsi créé 5 fois plus de miséreux qu’il y avait d’êtres humains de toutes conditions sur terre au début de son entreprise civilisatrice.
Or chaque jour 200 à 250 000 êtres humains supplémentaires déferlent sur la planète pour aggraver son pillage et ses conséquences, et leur nombre dépassera bientôt les 10 milliards.
Il devient donc plus qu'urgent que les experts en tous genres, que les responsables politiques, religieux et scientifiques de tous niveaux, que toutes les bonnes volontés, dépassent leurs visions parcellaires de l'écologie que sont le climat, l'énergie, les pollutions en tous genres, les ressources alimentaires, etc. par lesquelles ils ne font que masquer un peu plus l'essentiel qu'est le fait démographique, pour encourager la réduction de notre nombre ; le reste suivra.
C'est la seule planche de salut de notre civilisation et peut-être même de l'espèce. Et elle est réelle, quelques générations pouvant suffire à revenir – par une simple dénatalité respectueuse de la dignité humaine – à une population tolérable par la planète et l'espèce elle-même, laquelle devient chaque jour moins gouvernable. Certes, d'autres problèmes surgiront, tels que notre vieillissement et la décroissance, mais ils seront passagers et eux aussi maîtrisables.

13 avril 2015
Écologie dénataliste
C'est avec une population moindre, en maîtrisant et dosant ses efforts de productivité, en orientant sa créativité vers la recherche du "mieux" plutôt que du "toujours plus", que la société produirait moins, ou pourrait moins produire, moins consommer et moins gaspiller. C'est la seule chance de tous ceux qui la composent, quelle que soit la place qu'ils y occupent et le rôle qu'ils y jouent, de continuer à bénéficier de l'essentiel des avantages que le progrès leur a procuré au cours des siècles et dont ils ont tous abusé et continuent stupidement d'abuser, au point de mettre la planète et l'espèce humaine en péril.
Par ailleurs, le nombre de pauvres se réduisant proportionnellement à leur place dans une pyramide sociale moins peuplée (et comptant aussi moins de riches), l'équilibre social, détruit avant tout par le surnombre, pourrait se rétablir.
Le poids de la pauvreté étant moindre, la société ne pourrait qu'y gagner en efficacité dans son rôle, humaniste, consistant à compenser une injustice sociale avant tout structurelle et surtout incontournable. Elle doit pour cela doser sa pression sur ses forces vives pour qu'elles puissent œuvrer au bonheur d'un ensemble dont la charge doit cesser de surpasser perpétuellement leurs capacités à y faire face.

6 avril 2015
Gouvernance et surpopulation
Outre ses conséquences sur l'environnement, dont nous avons d'ores et déjà de larges aperçus, la prolifération désordonnée de l'espèce humaine conduira inéluctablement à des réactions sociétales d'une ampleur et d'une violence sans précédents. La simple observation de faits quotidiens, de plus en plus fréquents, dans lesquels interfèrent démographie, économie, écologie, richesse, pauvreté et inégalités sociales, etc. suffit à en convaincre.


2 avril 2015
« L’effort à long terme nécessaire pour maintenir un bien-être collectif qui soit en équilibre avec l’atmosphère et le climat exigera en fin de compte des modes viables de consommation et de production, qui ne peuvent être atteints et maintenus que si la population mondiale ne dépasse pas un chiffre écologiquement viable.»
Rapport 2009 du Fonds des Nations Unies pour la Population


28 mars 2015
« Si nous continuons dans cette voie, si nous ne faisons rien pour enrayer l'accroissement de la population, nous allons en payer le prix, nous allons nous retrouver dans un monde surpeuplé. La démographie a un impact sur le développement économique, sur l'environnement et sur les ressources de la Terre qui sont limitées.»
Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies (1997 - 2006)

samedi 2 mai 2015

Emblématique Katmandou

« Les pouvoirs publics népalais, dépassés par l'ampleur de la catastrophe, décrètent trois jours de deuil national et appellent la communauté internationale à l'aide » ; « Face à l'insuffisance des secours, la population manifeste sa colère » ; « Il va falloir un accompagnement de long terme pour aider les Népalais » déclare Matthieu Ricard, représentant du Dalaï Lama ; « Si un autre événement vient détourner l’attention du public ..., cela peut affecter la collecte », souligne Emanuela Croce, responsable marketing de CARE France ».

Sans nier les bienfaits de la compassion et du dévouement de ceux qui au demeurant prospèrent sur les décombres, autant de réactions, relevées dans les média, qui font du séisme ayant frappé le Népal, l'une des situations les plus emblématiques de l'inconscience de l'homme et du peu de cas qu'il fait des alertes que lui lancent des organismes pourtant créés par lui-même pour se protéger.

Là comme en bien d'autres endroits de la planète où existent des risques sismiques comparables, les avertissements et les mises en garde sont systématiquement dispensés, mais rien n'y fait. La vie continue, et un développement économique fondé ici sur le tourisme, ailleurs sur d'autres ressources, génèrent un accroissement des populations locales et la présence d'étrangers toujours plus nombreux ; Les infrastructures – le plus souvent inadaptées – croissent comme si de rien n'était.

Le 12 avril 2015, Geohazards International, une organisation spécialisée dans les risques liés aux séismes, a actualisé l’une de ses études et pointé la vulnérabilité et l’impréparation du Népal. «Avec une croissance de la population de 6,5% par an et une densité urbaine parmi les plus élevées du monde, les 1,5 million d’habitants de la vallée de Katmandou font face à un risque important et croissant de tremblement de terre. Il est clair que le prochain séisme d’ampleur causera plus de morts, de dégâts et de problèmes économiques que les précédents», note le rapport. Geohazards International déplore aussi que le gouvernement n’ait pas contrôlé le développement rapide de la ville et édicté des règles de construction prenant en compte les risques sismiques. (Libération.fr-26/04/2015 - Luc Mathieu).

« L'ascension de l'Everest pourra reprendre d'ici la semaine prochaine en dépit du séisme qui a également déclenché une avalanche ayant tué 18 personnes sur le plus haut sommet du monde». «Les échelles vont être réparées d'ici deux à trois jours et les ascensions se poursuivre, personne n'a de raison de renoncer à son expédition», a dit le chef du département du tourisme, Tulsi Gautam.

Le séisme en cause s’étant produit en un lieu réputé pour la sagesse de ses habitants, le paradoxe vaut d’être souligné. Combien de catastrophes pourraient être limitées dans leurs effets, sans cette inconséquence, qui ne règne pas qu'au Népal ?

Et il en est de même là où n'intervient que la déraison des hommes, sans que les fureurs de la nature aient à s'en mêler. En attestent les débordements migratoires en Méditerranée, dont l'horreur en fait oublier d'autres, comme ces boats people asiatiques, qui n'ont probablement pas pour autant interrompu leur misérable service mais dont l'opinion se désintéresse, ne pouvant être partout en même temps. Qui peut, là encore, prétendre que les avertissements manquent quant à cette menace qu'est la surpopulation mondiale et son cortège de désordres, pires que ceux provoqués par les pires des catastrophes naturelles ? Il faut le répéter : si une population qui a progressée de 250 millions à bientôt dix milliards d'êtres humains en 2 millénaires n'est pas le seul mal dont souffre l'humanité, tous les autres en dépendent, quoi qu'en pensent ceux qui cultivent jalousement leurs inquiétudes, réduites à ce que leur inspirent leur curiosité, leur formation, leur logique, leur sensibilité, ... qu'il s'agisse de péril énergétique, de ressources alimentaires, de réchauffement climatique, de protection de telle ou telle espèce, de pollution, etc. Plutôt que de chercher à comprendre et surtout admettre la cause première de tous ces maux – ce qui permettrait d'attaquer leurs racines –, la grande majorité des hommes n'est sensible qu'aux questions influençant son quotidien et qui constituent autant d'arbres lui cachant la forêt. Avec la complicité de tous les pouvoirs , « incapable de synthèse et insensible à sa propre condition » (Jean Fourastié), l'homme ignore les avertissements que lui adressent le sens commun et quelques.esprits clairvoyants. Il en est comme s'il était frappé d'aveuglement et de surdité, à moins que ce soit d'une terreur qui le paralyse, en fait un fataliste ou au mieux un secouriste.

Il s'agit là il est vrai, non plus de réagir aux savantes observations et études menées par des experts en tectonique des plaques, mais d'une évidence dont les conséquences, non moins évidentes, sont des difficultés d'ores et déjà vécues et ne pouvant qu'être aggravées par le nombre. Probablement est-ce pour cela que les hommes – élite en tête – persistent avec opiniâtreté dans le déni de réalité, préférant les arguments flattant leur vanité et leur confort, aux mises en garde les plus modérées. Pendant ce temps, alors que la bio-capacité de la planète a été largement dépassée (cf. ,https://www.youtube.com/watch?v=vfV6BKDmXFQ&authuser=0 ), l'accroissement de la population humaine mondiale réduit chaque jour un peu plus l'espoir d'un rééquilibrage.

mardi 14 avril 2015

Parole de Pape : Nous ne sommes pas des lapins.


Certains croient que – pardonnez-moi l'expression – pour être de bons catholiques, on doit être comme des lapins » a déclaré le Pape François, à l'issue d'une visite rendue aux plus pauvres des pauvres, au cœur des bidonvilles d'extrême orient. ("Le pape, les lapins et les enfants du bon dieu" Par Pierre Amar, le 20/01/2015 in FIGARO VOX SOCIETE).


Probablement plus volontiers que ses opposants dévots, les athées et agnostiques les plus convaincus ne peuvent que saluer cette phrase lancée à la face du monde entier par le plus emblématique de ses guides spirituels. Jamais, depuis sa fondation, l'Église chrétienne n'a délivré un message aussi lourd de sens concernant ce qui confère à l'homme une richesse intrinsèque qui ne saurait se satisfaire du nombre. Le souverain pontife sort ainsi de leur isolement ceux qui ont pris conscience de la relation étroite existant entre démographie et condition humaines. En ce sens, les paroles d'un Pape sonnent le début d'une révolution sociale autant que sociétale dépassant le clivage entre mysticisme et incrédulité. C'est en effet le dogme reposant sur la parole du Christ, lorsqu’il prêchait de croître et se multiplier, qui est mis en cause, après que les hommes en aient abusé pendant des millénaires pour justifier une autre dogme, parfaitement laïc celui-là, selon lequel "Il n'est de richesse que d'homme[s]". La multiplication de ces derniers n'a-t-elle pas eue pour effet essentiel l'accroissement d'une richesse, moins faite des individus eux-mêmes que du produit de leur travail, au-delà des prévisions les plus ambitieuses et dans une exploitation éhontée de l'homme par l'homme, au nom du seul progrès matériel ? Le Christ n’a probablement pas enjoint à l’homme de se multiplier à ce prix, même si à son époque démographie et statistique ne permettaient pas encore d'entrevoir la lutte des classes qui en découlerait, au service de laquelle se mettraient, non plus des religions mais des idéologies purement matérialistes.


Certes, à peine de retour au Vatican, la curie manifestant sa réprobation, le Pape s'est trouvé dans l'obligation de calmer le jeu en louant la famille nombreuse à l'occidentale. Il devait endiguer de toute urgence le séisme et le schisme qu'étaient en voie d'engendrer ses propos. Mais, bien que la parole s'envole, il devrait en rester quelque chose. Qui peut dorénavant ignorer que les limites de l'humain ont été franchies ? Qui peut douter qu'une population moins nombreuse et par conséquent moins prédatrice, plus frugale, bénéficierait plus sagement et plus longuement – dans un monde fini – d’un progrès au moins égal à celui auquel nous sommes parvenus, plutôt que de subir sa dégradation par le simple effet du nombre ? L’écologie démographique ou le développement raisonnable, en somme.


Quelles que soient nos convictions, politiques autant que religieuses ; quelles que soient les valeurs de progrès, de justice et de partage qui puissent animer chacun d'entre nous ; quand l'empreinte écologique de la population humaine dépasse la bio-capacité de la planète qui l'abrite (https://www.youtube.com/watch?v=vfV6BKDmXFQ&authuser=0), quel autre moyen que de limiter cette population, proposer à notre descendance pour qu'elle ait quelque chance de connaître un monde meilleur que celui dont nous nous plaignons chaque jour davantage, dans une multitude, un désordre, des violences et une cacophonie allant croissant, dont ne peut naître que le pire ?


Précision papale : Nous ne sommes pas des lapins ... génocidaires
Prenant connaissance de la déclaration du Pape François concernant les génocides, au moment de publier le présent article, il semble opportun à son auteur de l'assortir des commentaires suivants, à l'intention des faiseurs d'amalgames :
- Reconnus ou non, les génocides ne sont qu'une barbare réaction de défense (ou de conquête) de leur "espace vital" (tangible ou idéologique) par ceux qui les commettent.
- L'écologie démographique peut, quant à elle, être considérée comme une réaction comparable, en cela qu'elle vise à protéger l'espace vital de l'espèce humaine ; à la différence près toutefois (et elle est de taille) qu'une réduction des taux de natalité partout où cela est nécessaire, est d'autant moins un crime que pouvant s'appliquer, notamment par l'éducation, avant même la conception, elle respecte pleinement l'éthique et la dignité humaine.

mardi 24 mars 2015

De Malthus à l'urgence démographique

De Malthus à l'urgence démographique

N'est-il pas plus avisé de discerner un risque de catastrophe avant qu'elle advienne plutôt que d'attendre dans un optimisme béat autant qu'irresponsable, qu'elle se produise, et a fortiori nier ce risque avec obstination contre toute évidence, jusqu'à ce qu'il se vérifie ? L'observation de la pyramide sociale et de son évolution à travers les siècles donne en tout cas raison à Malthus, bien au-delà de la relation entre population et ressources alimentaires sur laquelle il a d'abord bâti sa doctrine, Et les deux conférences récemment données par "Démographie responsable" et pouvant être visionnées aux adresses suivantes en attestent.

L'état d'urgence démographique y est clairement proclamé, avec chiffres incontestables à l'appui, et situé au premier rang – qui est le sien – des préoccupations écologiques. Y est par ailleurs dénoncé le risque de dérive que contient l'idée trop souvent sommaire de décroissance, laquelle reviendrait à régresser pour aggraver notre état de surpopulation, avec pour résultat une misère généralisée ne pouvant mener la société qu'aux pires extrémités.
Du fait de cette structure incontournablement pyramidale de notre société, du sort qui y positionne chacun de ses occupants à sa naissance (quelles que soient les changements qui puissent y être apportés au cours de son existence), des taux de natalité pratiqués par les différentes catégories sociales, les pauvres ayant fait l'objet de la sollicitude de Malthus sont, non seulement toujours les plus nombreux à la peupler mais assurés de leur perpétuelle et grandissante supériorité numérique,


L'ajustement de la population humaine, que son empreinte écologique situe entre 3 et 5 milliards d'individus, est donc la réponse, non seulement à ses besoins alimentaires mais à tous ceux que génère son niveau de vie, ainsi qu'à un meilleur équilibre social dont ne pourra naître que le mieux être de ceux qui le vivront lorsque nous leur aurons cédé la place.

Malthus avait conscience du mécanisme inscrit dans la pyramide sociale, lorsqu'il écrivait, dans le langage de son époque, à son adversaire l’utopiste William Godwin : « ... la race des ouvriers pourrait, en s’abstenant du mariage, et par conséquent en réduisant son effectif, améliorer immédiatement sa condition… ».(édit. Bonar, 1926, p. vii-viii).

De même pour Paul R. Ehrlich, auteur de " La bombe P", quant avec un décalage de quelques décennies il écrivait : « Le but de cet ouvrage n'est pas tant de proposer des plans pour améliorer la société que de faire sentir la nécessité de se contenter du mode d'amélioration qui nous est prescrit pas la nature, et de ne pas mettre obstacle aux progrès qui devraient être faits dans cette voie. »
« vouloir assister les pauvres de manière à leur permettre de se marier aussi précocement qu'ils le voudront et d'élever une nombreuse famille, aboutit à une impossibilité mathématique. La prise de conscience de cette vérité serait très importante puisqu'elle éviterait aux riches [et à tous ceux qu'anime une compassion dévoyée] de détruire les bons effets de leurs propres efforts et de gâcher leurs bontés en les dirigeant vers des buts parfaitement inaccessibles ; elle leur permettrait de concentrer leur attention sur des objectifs plus convenables et de faire ainsi davantage de bien.»
« Il est probable que la structure de l'édifice social ne sera pas modifiée dans le grand avenir; nous avons tout lieu de croire qu'il y aura toujours une classe de propriétaires et une classe d'ouvriers. »

Bien des intellectuels, chercheurs et autres membres de l'élite se sont gaussés et se gaussent encore de tels propos, préférant s'en remettre à un optimisme aveugle, encouragé par la promesse d'une transition démographique qui ne résoudrait rien, compte tenu d'un état de surpopulation d'ores et déjà atteint.

Certes Malthus a offensé le progrès en écrivant « Nous sommes donc en état d'affirmer, en partant de l'état actuel de la terre habitable, que les moyens de subsistance, dans les circonstances les plus favorables à la production, ne peuvent jamais augmenter à un rythme plus rapide que celui qui résulte d'une progression arithmétique. ». Les faits l'ont démenti depuis. Diverses sciences et techniques (biochimie, diététique, culture hors sol par exemple) ont fait la preuve qu'elles pouvaient aider l'agriculture pour satisfaire les besoins alimentaires d'un effectif passée de 1 à 7 milliards d'êtres humains. Et si une part importante de la population du globe souffre encore de la faim ou de malnutrition., la raison a davantage pour causes un mauvais partage des ressources ainsi que des problèmes d'ordre logistique, qu'une insuffisance de production,. Mais à quoi sont dues ces difficultés sinon au surnombre ? Ä quoi attribuer ces désordres, comme tant d'autres, sinon aux insolubles problèmes de gouvernance que pose la prolifération des humains ?

Malthus précise d'ailleurs : « L'étude de ces causes étant beaucoup trop complexe pour qu'un seul homme puisse s'y livrer avec succès, cet Essai a pour objet d'étudier uniquement les effets d'une seule d'entre elles ... la tendance constante de tous les êtres vivants à accroître leur espèce au-delà des ressources de nourriture dont ils peuvent disposer ».

Le grand mystère de la pyramide ... sociale








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Que nos ancêtres aient perçu le caractère représentatif de la pyramide, comme applicable à toute organisation hiérarchisées, telle que l'est notamment la société des hommes, pourrait expliquer qu'ils aient fait de ce volume un symbole, érigé sur tout les continents depuis la plus haute antiquité, d'où le mystère qui l'entoure. Quoi qu'il en soit, les homme dans leur grande majorité ont négligé ce que révèle un tel paradigme, quant à leur propre condition et à ce qu'elle a d'aussi évident qu'incontournable.

Leur imagination primant sur l'observation ; dans une soumission au progrès et au "veau d'or", confondant bonheur et confort ; rejetant le pragmatisme au profit de croyances et d'utopies flattant leur vanité, il s'en sont remis à l'adage selon lequel "Il n'est de richesse que d'homme". Et il ont proliféré, avec les désordres en tous genres, et notamment les déséquilibres sociaux, qui en résultent.

Quel que soit l'indéniable profit matériel qu'il ont tiré de cette option, les hommes sont aujourd'hui conduit à s'interroger : Au-delà des aptitudes que chacun met au service du progrès, en quoi l'être humain est-il cette richesse ?.À quelle éthique est soumise son exploitation ? À quelles fins l'homme l'a-t-il employée et en a-t-il accumulé les effets ? À quel prix pour la planète ? ...

Dans une société dont tous les pouvoirs reposent sur le nombre d'individus qu'ils contrôlent, autant de questions qu'au moins l'élite doit se poser. Ce blog veut y engager et contribuer à y apporter des réponses, en suggérant autant que possible les solutions aux problèmes qu'elles mettent en évidence, pour autant qu'il en soit encore temps.