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dimanche 14 septembre 2014

Recadrage de l'objet du blog



Recadrage de l'objet du blog


Plusieurs commentaires donnant à penser que le nombre d'articles publiés sur ce blog peut en faire perdre de vue l'objet, ce qui suit voudrait y pallier. Une lecture incomplète pouvant conduire à l'incompréhension de certains propos, en dépit de la présence de schémas, pourtant insérés en partant du principe que mieux vaut un petit dessin qu'un long discours, c'est donc à la redondance près que sont proposées ci-après quelques précisions quant au rapport existant, selon l'auteur, entre démographie et condition sociale.


Mais d'abord, pourquoi la pyramide ?

Bien d'autres phénomènes peuvent être schématisés par la pyramide sans que cela entraîne les réactions que suscite son application à la répartition des hommes selon leur position sociale. Il suffit d'en citer quelques exemples : la pyramide des âges (qui n'a d'ailleurs rien d'une pyramide et tout du rhomboïde), celle(s) du (ou des) savoir(s), celles des compétences, celles des performances, ... – pour s'en rendre compte et ne pas s'arrêter aux considérations d'ordre idéologique qui font contester, ou pour le moins dévier de sa signification, l'instrument modestement graphique et analytique qu'est la pyramide sociale.

Il est fait ici référence à ce volume en raison du fait que, comparativement à ce qu'il en est pour d'autres, comme la sphère, le cube, le rhomboïde, etc. et a fortiori de figures en deux dimensions et autres courbes et graphiques d'usage courant, la pyramide est apparue à l'auteur comme spécialement représentative de toute structure fondée sur des différences graduées sujettes à segmentation, comme celle distinguant l'exception, qui occupe son sommet, de ses autres habitants devenant de plus en plus nombreux en se rapprochant de sa base. Des similitudes existent par ailleurs entre les dimensions et proportions de la pyramide et celles d'une population ainsi structurée, la rendant propre à illustrer les mouvements de cette dernière. Ainsi :
- À volume (ou population totale dans la pyramide sociale) constant, lorsque la base de la pyramide (siège de la pauvreté dans la pyramide sociale) varie en importance, sa hauteur (écart entre pauvreté et richesse dans la pyramide sociale) varie d'autant, et réciproquement. De même, à critères de segmentation constants, les populations observées (pauvres, classes moyennes et riches par exemple) conservent grosso modo leurs proportions, quel que soit son volume (population totale).
- Le sort assignant à chacun d’entre nous, par sa naissance, une position au sein de la pyramide sociale, cette figure permet d'illustrer ce positionnement dans sa relativité et ses proportions
- La pyramide illustre de manière saisissante le rapport existant entre condition sociale et démographie, le segment dévolu à chaque catégorie sociale étant d'autant plus peuplé qu'il est plus proche de sa base. Une telle observation mène d'ailleurs à s'attarder au nombre de pauvres, et de là aux inégalités qui les désignent comme tels ou inversement.

Dénuées de caractère scientifique, de telles considérations, n'en mènent pas moins à estimer que :
- La démographie ne peut se réduire à l'un des innombrables problèmes auxquels l'humanité est confrontée dans la poursuite de son idéal de justice et de paix, mais qu'elle est la question centrale dont découlent toutes les autres.
- La croissance démographie est la principale cause des déséquilibres de la société, qui ne pourront que s'aggraver tant que l'état de surpopulation auquel nous sommes si stupidement parvenus en deux siècles et qui s'amplifie chaque jour, ne sera pas corrigé.
- La démographie pouvant être l'instrument des pouvoirs, notamment religieux, politiques et économiques, elle détermine la condition humaine en ce sens que, comme déjà évoqué, quel que soit le niveau du progrès et les intérêts des uns et des autres, le hasard assigne à chacun, à sa naissance, sa place dans la société avant que celle-ci ne détermine, pour l'essentiel, les conditions d'existence – donc d'éventuel déclassement, tant vers le haut que vers le bas, de tout individu.
- Aucun des pouvoirs s'exerçant sur la société n'est en mesure de changer sa structure pyramidale ni d'en éradiquer davantage la base que le sommet. Tout au plus peuvent-ils en moduler l'importance en fonction de leurs objectifs, notamment par des incitations à procréer ayant pour premier effet d'augmenter le nombre de pauvres.
- L'influence des classes les plus riches de la société ne peut aller au-delà d'une modification de la base de la pyramide sociale : soit par réduction de leurs propres ambitions, soit au contraire en devenant toujours plus riches (avec répercussion sur le niveau de richesse globale de la société).
- La richesse n'a pas d'autres limites que l'ambition des hommes et les ressources de la planète, alors que la pauvreté, peuplant la base de la pyramide sociale, repose sur un socle constitué de tout ce qui lui est socialement inférieur – y compris les robots dont l'avènement est en cours – sous réserve du niveau d'intelligence auquel ils parviendront
- Penser démographie conduit quiconque ne se limite pas à ses aspects statistiques, à considérer les taux de natalité observables aux divers niveaux de la pyramide sociale, dans leurs différences. Il en découle que l'alignement de ces taux sur ceux des catégories sociales les plus favorisées, fait de la dénatalité le moyen le plus raisonnable et le plus efficace de combattre la pauvreté.
- Une réduction significative de la population la plus pauvre déterminant, en raison de sa forte proportion, une pyramide sociale globalement moins peuplée, entraînant une récession (activité et consommation moindres), sa segmentation demeure incontournablement la même.
- Concernant le partage, il apparaît comme un système de redistribution contraint (solidarité fiscalisée), spontanée (caritative) ou les deux (action humanitaire) qui, s'il peut changer momentanément le sort des individus est sans effets sur la structure de la société ni sur sa richesse globale. Tout au plus peut-il en résulter un tassement de la pyramide sociale, du fait d'un déplacement de richesses vers sa base (ruissellement et infiltration). Mais la nature humaine et la prolifération des plus défavorisés, ont tôt fait de faire s'élever à nouveau la pyramide, donc de recréer de l'inégalité.

Rappel de quelques données d'ordre général, indépendantes du concept de pyramide sociale

- Richesse et pauvreté (en tout) existant l’une par l’autre, il est aussi vain que stupide de prétendre éradiquer l’une comme l’autre, l'action civilisatrice de la société ayant néanmoins pour but premier de combattre cet état de fait en vue d'en réduire les effets.
- La condition sociale de chacun est avant tout héréditaire – les pauvres enfantent des pauvres comme les riches enfantent des riches –, et en dépit de déclassements vers la richesse ou vers la pauvreté au cours de leur existence, les êtres humains meurent, dans leur immense majorité, dans la condition où ils sont nés.
- Les conditions d'existence de la plupart des hommes s'améliorant incessamment avec le progrès, il n'en demeure pas moins que les différences sociales perdurent et augmentent du fait de l'enrichissement général de la société conjugué avec l'augmentation constante de la population (toujours plus de moyens humains de produire et de consommateurs).
- L'augmentation du nombre de pauvres, plus forte, du fait de leur proportion, que celles des autres catégories sociales, est encore amplifiée par leurs taux de natalité, atteignant 3 à 4 fois ceux observés chez les riches.
- La population du globe est passée de 250 millions d’habitants à 1 milliards en 1 800 ans. Elle est sur le point d'atteindre 10 milliards depuis, soit en seulement 3 siècles.
- En vingt siècles, l'humanité a généré 1,5 milliard de pauvres profonds, soit 6 fois ce qu'était la population terrestre au début de son entreprise civilisatrice, toutes conditions sociales confondues.
- Chaque jour la population mondiale augmente de 250 000 individus, dont la grande majorité va, selon le mécanisme évoqué ci-dessus,  s’ajouter aux plus pauvres.
- Toute croissance – en particulier économique – est vaine, quand le nombre de ceux auxquels elle est censée bénéficier augmente plus vite qu’elle.
- L'humanité vit dans un monde limité, sauf hypothétique conquête de l'espace sidéral, dont le profit serait au demeurant probablement réservé à une infime minorité.
- La part de toute richesse revenant à chacun est d’autant plus réduite que ceux qui y prétendent sont nombreux.
- L’harmonie et la paix ont davantage de chances et de possibilités de régner entre 2 ou 3 milliards d’êtres humains qu’entre 7 milliards et a fortiori davantage.
- La dénatalité peut être un moyen, parfaitement respectueux de la dignité humaine, de limiter la population et de restaurer les conditions d'un meilleure équilibre social. 

- En dépit d’innombrables révolutions et du progrès matériel dont il est l'auteur, l’Homme est de moins en moins satisfait de son sort, à en juger par la contestation, l’agitation et les violences allant se multipliant dans le monde. En conséquence, peut-être serait-il temps d’essayer autre chose ?

mercredi 3 septembre 2014

Contre une démographie sauvage et la pauvreté - Pour une écologie dénataliste.

Contre une démographie sauvage et la pauvreté
Pour une écologie dénataliste.


Cette conscience de sa propre condition, qui paraît distinguer l'homme des autres espèces animales est de plus en plus vraie pour tous, par ces temps d'information à outrance, à laquelle n'échappent pas ceux qui vivent dans la précarité. Probablement est-ce ce qui motive la montée des revendications de toutes sortes partout dans le monde, les effets de la compassion, de la charité, de la solidarité, étant encore loin de faire oublier le mirage de la lutte des classes en tant que moyen de changer cette condition.

Il faut rappeler que si à l’aube de notre ère, la Terre était peuplée d’environ 250 millions d’êtres humains, elle en comptera bientôt 10 et plus, dont 2 vivront dans un état de pauvreté profonde. Avec la complicité des pouvoirs religieux comme laïcs, un progrès effréné a créé, en un peu plus de 20 siècles, près de 10 fois plus de miséreux qu’il y avait d’individus de toutes conditions sur Terre. Et chaque jour 250 000 êtres humains s'ajoutent à la population terrestre. Or, en raison de la structure incontournablement pyramidale de la société, par l'effet d'une fatalité qui les fait naître ce qu'ils sont, et de taux de natalités atteignant 3 à 4 fois ceux des riches, la grande majorité (70%) de ces nouveaux arrivants, sont des pauvres (dont les pauvres profonds) qui viennent s'ajouter à ceux qui occupent déjà la base de la pyramide sociale.

S'il n'est réellement de richesse que d'hommes, cet homme ne vaut-il pas mieux que l'avenir détestable qu'il se promet ? Les pauvres peuvent-ils continuer d'être les victimes d'un mécanisme infernal, tout en étant les premiers pourvoyeurs des moyens humains qui en constituent le moteur ? Se plaindre d'être les esclaves de la société tout en se multipliant et en condamnant ses descendant au même sort n'est-il pas un comble ? Toujours est-il que les plus déshérités d'entre nous continuent à être toujours plus nombreux à alimenter ce brasier du développement qui nous dévore tous – en même temps que notre planète – et dont l'énergie, par effet de convection, profite surtout à ceux qui se situent à son sommet.

La poursuite du progrès au détriment des conditions d'existence du plus grand nombre doit cesser d'urgence. Pour l'amélioration du sort de tous, et le retour à des conditions environnementales aussi durablement viables que le permettront les ressources de la planète, le devoir prioritaire de la société est désormais d'aider par tous les moyens, pourvu qu'ils soient dignes, l'homme à limiter sa fécondité, sachant que par simple effet de proportion, les plus déshérités d'entre nous seront les plus nombreux à en bénéficier.?

Même s'il émerge avec quelques années de retard et qu'il y ait peu à en attendre, le débat qui agite le pouvoir en France bien après qu'il ait commencé en d'autres lieux, concernant le choix entre croissance et rigueur – Taisez ce mot de récession que je ne saurais entendre ! – est probablement à compter parmi les signes de la modération économique qui s'impose. «Il ne sert strictement à rien de créer 100.000 nouveaux emplois si, en même temps, apparaissent 100.000 [150 000] nouveaux candidats sur le marché du travail ... Une récente étude d'une université américaine prévoit que 50% des emplois seront, d'ici 20 à 30 ans, occupés par des robots. Ce qui signifie que nous nous retrouverons avec 50% de travailleurs [supplémentaires] en trop. C'est donc une erreur de croire qu'il nous faut faire plus d'enfants pour payer nos pensions. Au contraire, moins nombreux seront nos enfants, plus ils seront riches … et donc plus élevées seront nos pensions. » www.one.baby.fr (Lettre ouverte).

Naître moins nombreux ou vivre moins vieux, tel a été le choix qui nous a été offert durant les deux derniers siècles. Nous l'avons ignoré en laissant s'emballer une croissance économique et démographique que ne maîtriseront pas davantage la superstition que les idéologies et postures politiques. Certes, les effets cruels de la décroissance et du vieillissement de la population nous attendent, mais ce sera le prix à payer pour une négligence coupable, véritable crime contre l'humanité.

C’est avec une population moindre, autorisant la maîtrise et le dosage de ses efforts de productivité, en mettant sa créativité au service du mieux être plutôt que du toujours plus, que la société produirait moins, consommerait moins et gaspillerait moins. C'est aussi par une population moindre que, le nombre de pauvres se réduisant proportionnellement à leur place dans une pyramide sociale moins peuplée (et comptant donc moins de riches), l’équilibre social, détruit avant tout par le surnombre, pourrait se rétablir. C’est notre seule chance, quels que soient notre place et notre rôle dans cette société, de continuer à bénéficier de l’essentiel des avantages que le progrès nous a procuré au cours des siècles et dont nous avons abusé et continuons stupidement d’abuser, au point de mettre la planète elle-même en péril.


Le poids de la pauvreté étant moindre, la société ne pourra qu’y gagner en efficacité dans son rôle civilisateur – plus communément qualifié d’humanitaire à défaut d’humaniste – consistant à compenser une injustice sociale avant tout structurelle et originelle, tout en relâchant sa pression sur ses forces vives pour les laisser remplir leur rôle moteur d’intérêt général, qui est d’œuvrer au bonheur du plus grand nombre (à ne pas confondre avec son confort).

lundi 25 août 2014

La pyramide sociale inversée par la lutte des classes, ou le triomphe de la pauvreté

La pyramide sociale inversée par la lutte des classes

ou le triomphe de la pauvreté

Le présent article rassemble, annule et remplace ceux précédemment publiés sous les titres :
- Une révolution chasse l'autre
- La pyramide inversée


Lorsqu'ils ne réfutent pas la structure pyramidale de la société, il en est qui prétendent la renverser sur son sommet pour atteindre cet idéal d'égalité qui reposerait sur la disparition des riches. Fantasme des partisans d'un égalitarisme exigeant la mort des nantis, la base de la pyramide sociale doit ainsi écraser la société sous son poids, jusqu'à obtenir un nivellement généralisé, évacuant la richesse dans le triomphe des pauvres. Que ce triomphe, allant à contre courant du progrès, risque être celui de la pauvreté davantage que des pauvres, conduisant à la misère pour tous avant de sombrer dans l'inexistence sociale et la barbarie, n'est qu'un détail qu'il suffira de régler le moment venu. Quoi qu'il en soit, la pyramide inversée a ceci de remarquable qu'elle n'est plus une pyramide et tient davantage de l'entonnoir que de ce volume géométrique, universellement reconnu comme représentatif de toute organisation hiérarchisée et faite d'interdépendance entre ses membres.

L'inversion de la pyramide sociale n'est que sa déformation, par l'illusion d'une idéologie sommaire prétendant hisser à un sommet qui n'en est plus un et qui est même son contraire , la masse des individus en constituant la base ; négation extrême de ces individus en tant que tels, au profit d'une puissance faite du nombre. C'est aussi oublier un peu facilement que si tous nous profitons – aussi inégalement que ce soit – de siècles de progrès, celui-ci résulte des impulsions d'une élite dirigeant la masse, pour le meilleur et pour le pire, ce qui en fait précisément l'élite. Qu'une partie de cette élite puisse usurper sa position dominante ou en abuser, qu'il arrive à certains de ses représentants d'opérer dans l'imposture et l'incompétence, est une toute autre affaire qui ne dément pas davantage l'organisation pyramidale de la société que la valeur représentative du volume qu'est la pyramide.
La pyramide sociale inversée ne fait qu'exprimer une volonté de soumission de la raison à la force, de l'intelligence à l'instinct, de la civilisation à la barbarie, sachant au demeurant que les révolutionnaires les plus radicaux, les pires anarchistes, sont eux-mêmes structurés pyramidalement, avec leurs chefs (instigateurs, fomentateurs et meneurs en constituant l'élite) – le premier d'entre eux siégeant au sommet –, puis leurs cadres et leurs exécutants aux niveaux intermédiaires, même quand il arrive que les uns et les autres participent également à l'action.


Le renversement de la pyramide sociale est un geste dicté par l'angoisse existentielle et la conception morbide d'un désespoir tournant le dos à la réalité plutôt que de l'affronter. Hors du temps et de la raison, il préfigure cette déshumanisation à laquelle nous aboutissons tous ; ce néant où la politique pas davantage que la sociologie ou la démographie, l'ordre que l'anarchie ou que la dernière des idéologies, n'ont plus leur mot à dire.

Que les chemins du progrès et de son partage soient semés d'embûches et que les pouvoirs, notamment politique, scientifique et religieux en soient comptables, rien ne paraît plus vrai ni plus légitime, mais n'est-il pas d'attitude plus sensée que celle qui consiste à vouloir mettre fin, à n'importe quel prix, à une évolution conduisant, en dépit de ses lenteurs et de ses ratées, au mieux être souhaité par le plus grand nombre ?


La pyramide sociale ayant au moins le mérite d'être une représentation réaliste et suffisamment compréhensible, y compris par ceux qui la contestent, l'impossibilité absolue de la détruire peut les conduire à envisager son utopique retournement. Mais à quoi d'autre celui-ci pourrait-il conduire, qu'à édifier une autre pyramide ? Les exemples de l'aboutissement d'une telle utopie sont aussi nombreux que les échecs par lesquels se sont traduites les tentatives d'instauration du pouvoir de la base : des innombrables jacqueries qu'a connu de tous temps le monde à la révolution bolchevique et à l'effondrement du bloc soviétique, du fiasco de Cuba à l’évolution du communisme en Chine, en passant par l'Albanie, la RDA et bien d'autres pays, sans oublier le point d'orgue en la matière que fut le Cambodge de Pol-Pot et de ses Khmers rouges.
Il faut se souvenir que 12 ans après cette tentative de renversement de la pyramide sociale que fut sa Révolution qu’elle voulait universelle, la France avait un empereur, puis a connu d’autres monarchies et de nouvelles républiques, dont l’actuelle, qui ne satisfait pas davantage le citoyen que les précédentes, en attendant la suivante. Démonstration s’il en est que la révolte n’apporte de changement qu’en haut de la pyramide sociale, là où se joue une partie de chaises musicales, un pouvoir remplaçant l’autre. Mouvante mais impérissable, la structure de la société demeure la même et la masse qu’elle organise et qui croît sans cesse en nombre, ne fait que changer de maîtres ou s’en donne l’illusion, avec l'aide de sciences et de techniques porteuses, pour l'essentiel, de nos avancées sociales.
Une révolution chasse l’autre, et aucune n’a jamais rien durablement changé à l’ordre des choses.
D'ailleurs, qui de nos jours peut sérieusement imaginer qu'au lendemain de l'aboutissement de la lutte finale, le grand partage ayant eu lieu et chacun bénéficiant du revenu universel, la terre ne sera pas peuplée de ceux qui sauront le faire fructifier et de ceux pour qui il sera insuffisant ? Sauf bien entendu diktats d'un régime dictatorial – avec lui aussi un sommet dominant sa base – encore plus insupportable à l'homme que les pires inégalités.

C'est à confondre égalité devant la loi avec égalité de revenu que nous oublions que richesse et pauvreté, toujours relatives et existant l'une par l'autre, structurent la société et que les capacités faites de courage, de talent, d'ambition, de chance, de désir d'innover et d'entreprendre, de goût du risque, etc. sont des différences fondamentales de l'un à l'autre d'entre nous qui se compliquent avec le nombre.






Qu'en sera-t-il lorsque nous serons 10 milliards et plus ?

mardi 12 août 2014

Pauvreté et transition démographique

Un grand nombre de scientifiques et parmi eux des démographes – premiers comptables en la matière –, considérant probablement comme simpliste l'avertissement pressant que nous délivre la courbe de croissance de la population mondiale depuis la révolution industrielle, préfèrent projeter l'espèce humaine dans ce qu'ils nomment la transition démographique. Or, appliquée au niveau mondial, cette théorie conduit non seulement à des chiffres instables pour ce qui est de l'immédiat, mais à des hypothèses à long terme défiant les esprits les plus perspicaces. C'est ainsi que le nombre des humains, aux alentours de l'an 2 500, pourrait s'inscrire dans une fourchette allant de quelques dizaines ... à des milliers de milliards.

Rappelons que « La transition démographique désigne le passage d’un régime traditionnel où la fécondité et la mortalité sont élevées et s’équilibrent à peu près, à un régime où la natalité et la mortalité sont faibles et s’équilibrent également. » (INED -08/2014).

Par conséquent, aussi rassurante que puisse être l'annonce de l'équilibrage de nos décès et de nos naissances il ne peut en être attendu, au mieux, qu'une stabilisation (?) de la population – à une époque sur laquelle nul ne se prononce –, à un niveau bien supérieur à 10 milliards d'êtres humains. Au regard des conditions d'existence régnant aujourd'hui sur la planète, avec ses 8 milliards de prédateurs , la transition démographique ne laisse donc entrevoir qu'une aggravation de ces conditions, au détriment premiers des plus défavorisés d'entre nous.

Le volume de la base d'une pyramide est en effet, par définition, plus important que son sommet ; nul n'est besoin d'être grand clerc pour s'en rendre compte. Mais il est un autre constat non moins évident, si nous faisons de la pyramide la représentation de notre structure sociale. La partie la plus pauvre de sa population, peuplant sa base, est non seulement supérieure en nombre à celles occupant son sommet, mais condamnée à croître mathématiquement dans une mesure sans cesse plus importante que ces dernières, du seul fait de cette structure pyramidale à laquelle même l'émigration de l'humanité partant coloniser l'espace sidéral ne changera rien.

Si nous ajoutons,– non limitativement – à ces considérations :
- le fait que les taux de natalité des plus pauvres d'entre nous sont le double ou le triple de ceux observés chez les plus riches,
- le mécanisme de distanciation constante des riches par rapport aux pauvres, en raison de l'enrichissement collectif de la société tel qu'il découle de l'activité de tous ceux qui y concourent, il est facile de concevoir quelles en seront les conséquences en termes de développement de la misère à l'échelle planétaire ainsi que les désordres et violences en tous genres à en attendre.
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Tabler sur la  transition démographique , est-ce assez compter avec :
- La nature humaine dans ses calculs, l’imprévisibilité de ses réactions et son inconstance ?
- Les politiques natalistes – parfois hypocritement présentées comme un bienveillant moyen de lutter contre la pauvreté – des pays les plus avancés, qu'angoissent la moindre baisse de leur population, au nom de la défense de leur propre croissance et de leur performance dans la compétition mondiale ?
- Les obstacles à la propagation de l'idée de contraception, dans les pays en ayant le plus besoin, auxquels s'ajoute le fait que la démographie compte parmi les armes désignées par certains pour contribuer à leur survie ou à leur expansion ?
- L'augmentation continue de l'espérance de vie partout dans le monde ?
- les niveaux de surexploitation des ressources de la planète et de pollution de cette dernière, d'ores et déjà atteints ?

Tous ceux qui refusent d'envisager la catastrophe démographique vers laquelle nous allons à grands pas, ont du souci à se faire quant au jugement que l'histoire portera sur eux en raison de la responsabilité qu'ils n'auront pas eu le courage d'assumer, qui consisterait à dénoncer la condamnation à la misère d'un nombre sans cesse croissant d'individus qu'ils ne peuvent ignorer.

Richesse et pauvreté sont des données relatives, inséparables, et qui existent l'une par l'autre . Mais si la richesse n'a pas d'autres limites que l'avidité des hommes et les ressources de la planète, la pauvreté à la sienne, qui est le niveau zéro de la pyramide sociale. Or le seul moyen compatible avec la dignité humaine dont nous disposions pour limiter durablement le nombre des hommes entraînés vers cette limite est la régulation de la population par la dénatalité, quelles que soient les perspectives d'une hypothétique transition démographique.

Ci-après tableau chiffrant les effets de l'augmentation de la population totale sur le nombre de pauvres, à critères de segmentation constants de la pyramide sociale, selon l'hypothèse de croissance démographique la plus basse d'ici le début du siècle prochain..



lundi 4 août 2014

La pauvreté : une fatalité aggravée par la démographie

La pauvreté, une fatalité contrôlable


Tout d'abord, la pauvreté est-elle une fatalité ?

À critères de segmentation constants, il en résulte le développement en nombre de toutes les catégories sociales, mais selon un mécanisme qu'exprime la figure 2. Et s'il est possible aux individus qui bénéficient des effets d'un progrès matériel évident de se livrer avec un certain recul à une telle observation, tout se passe dans l'opacité d'une misère aggravée par une démographie galopante pour les autres. L'élite, constituée des nantis, faisant cette opinion qui dénonce la pauvreté, il est plus que temps d'y penser autrement, à l'époque où la population du globe a largement franchi le cap des 7 milliards. Nul doute que ce soit d'autant plus indiqué que cette dénonciation repose sur des critères d'évaluation contestables et contestés, ignorant ou allant jusqu'à nier le rapport existant entre l'accroissement du nombre d'êtres humains et leur misère.
Au risque de heurter autant les incorrigibles optimistes que ceux dont l'idéologie se réduit à la nier avec une obstination n'ayant d'égal que leur aveuglement, la réponse est OUI, et les deux observations ci-après suffisent à le démontrer. La première se fonde sur des chiffres que nous fournit l'histoire, la seconde sur la structure pyramidale de la société, évidence dont seule la cécité ou le refus doctrinaire de l'admettre peuvent expliquer qu'elle soit le plus souvent ignorée.

Historiquement d'abord. À l'aube de notre ère, la Terre était peuplée d'environ 250 millions d'êtres humains. Deux millénaires plus tard ils sont 7 milliards, dont près de 1,5 milliard vivent dans un état de pauvreté profonde – laquelle est tout autre chose que cette pauvreté relative et codifiée dont toutes les démagogies usent et abusent. L'homme et le progrès dont il est l'auteur, ont ainsi créé, en 20 siècles, 5 fois plus de miséreux qu'il y avait d'êtres humains de toutes conditions sur terre à une époque qui peut être considérée comme le début de leur entreprise de civilisation à l'échelle planétaire. Et la population augmentant de nos jours, quotidiennement, de 250 000 individus, nous serons bientôt plus de dix milliards.

Les objections ne manqueront pas, à commencer par le reproche d'un pessimisme exagéré. Effectivement, alors que le nombre de pauvres a été multiplié par 6 – ce qui est un strict minimum supposant que tous les êtres humains qui vivaient en l'an 1 étaient dans le dénuement –, la population totale, toutes conditions confondues l'a été par 28. De quoi radicalement dédramatiser l'expansion de la pauvreté ! Mais ce qui nous intéresse ici est la progression ininterrompue de celle-ci, en nombre ; manifestation de cette fatalité contestée par ceux qui espèrent depuis 2 000 ans sa disparition, alors qu'elle ne cesse pas d'augmenter.
Que la civilisation ait créé plus de riches que de pauvres est une chose, mais quels ont été et demeurent ses effets sur la pauvreté ? Quand bien même il n'existerait qu'une poignée de miséreux sur terre, c'est leur sort qui nous intéresse, or la réponse est indiscutable et connue de tous : le nombre de pauvres profonds a augmenté d'au moins un milliard et quelques centaines de millions en vingt siècles. Quant à savoir si cette variation a connue des fluctuations et quels en ont été les pics ou les baisses, il s'agit là d'aspects statistiques ne changeant rien à une hausse constante du nombre de laissés pour compte. Il s'agit donc de réaliser qu'à un moment donné de l'histoire des hommes – en l'an 2000 – le nombre de ceux-qui sont atteints de misère profonde, et la croissance ininterrompue de ce nombre sont inacceptables, même s'il est communément admis que ces miséreux ne représentent que 10 à 20% de la population totale de la planète.

Face à ce constat, s'il peut paraître sensé de croire que l'accroissement de la population est porteur de progrès, n'est-il pas permis de penser qu'il peut avoir d'autres effets ? Il est grand temps d'ouvrir les yeux, d'en débattre sérieusement et surtout d'agir avec pragmatisme, pour autant que nous soyons réellement déterminés à y changer quoi que ce soit.

C'est cette lucidité qui nous permet de concevoir que la grande majorité des 250 000 êtres humains supplémentaires qui déferlent chaque jour sur la planète pour y surpeupler la pyramide sociale (fig. 1), rejoint la base de celle-ci et augmente principalement la population des pauvres, quelle qu'en soit la proportion. Que certains parviennent ensuite à s'extraire de leur condition est une tout autre affaire.



Fig. 1










Fig. 2







Mais encore faut-il avoir conscience de cette pyramide sociale dont nous vivons tous prisonniers. Il faut savoir en effet que le terme même de "Pyramide sociale" était encore récemment tellement ignoré des sociologues qu'il ne figure pas davantage que sa définition dans le Dictionnaire de la sociologie (Larousse, 1989), à la rédaction duquel ont pourtant contribué 58 chercheurs, professeurs d'université et autres experts en sciences humaines.
Sauf changement depuis fin 2013 – date de cette observation –, même ignorance du côté du lexique publié sur le site des Sciences Économiques et Sociales :
du glossaire publié sur le site de melchior :
dans l'EcoDico du web pédagogique : http://lewebpedagogique.com ;
sur le site BRISES (Banque de Ressources Interactives en Sciences Économiques et Sociales) :
dans le dictionnaire en ligne d'Alternatives Économiques :
parmi les définitions des concepts utilisés par le Centre d'observation de la société :
dans le DicoPo, dictionnaire de théorie politique : http://www.dicopo.fr/spip.php?rubrique2.
Ignoré même du FMI : http://www.imf.org/external/np/term/fra/index.htm autant que dans le Glossaire des sciences sociales (en anglais) du sociologue Frank Elwell :
Il ne figure même pas – comble du dédain – parmi les bourdieuseries du maître :
Et pourtant, le web offre 1 250 000 occurrences en réponse à la question posé à Google et 2 390 000 quand elle est posée à Yahoo. Que ceux qui seraient en mesure de le faire ne manquent pas de contester ces propos.
Soulevant davantage de questions qu'ayant la prétention d'y apporter des réponses, curieux de sociologie et interpellé par une misère omniprésente que la démographie encourage, Candide voudrait pourtant partager les sentiments que lui inspire le croisement de ces deux disciplines. Et c'est précisément l'observation de cette pyramide sociale, par les évidences qu'elle affiche, qui conduit à énoncer les postulats du rééquilibrage dont la société moderne a le plus grand besoin pour parvenir à davantage de justice sociale :
- La structure pyramidale de la société humaine est inéluctable, du simple fait de la diversité et de l'interdépendance de ses membres.
- En tout, richesse et pauvreté sont relatives. Existant l'une par l'autre, l'éradication de l'une comme de l'autre ne relève même pas de l'utopie mais du non sens.
- La pyramide sociale est incontournablement assortie de la distance entre sa base, la pauvreté, et son sommet, la richesse, sauf à concevoir la société des hommes comme une fourmilière réduisant l'individu à sa plus simple expression.
- Si la richesse n'a pas d'autres limites que l'avidité des hommes et les ressources de la planète, la misère a la sienne, qui est la limite inférieure de la condition humaine, là où elle peut descendre au niveau zéro, séparant les individus de l'inexistence sociale.
- Contrairement à l'idée encore plus fausse que généralement admise, réduire la richesse de tous augmente la pauvreté de chacun et réciproquement ... sans pour autant faire bénéficier du partage espéré ceux qui en ont le plus besoin ; ce partage étant une tout autre affaire.



Agnostique et apolitique, la simple observation ainsi faite d’une réalité démographique, mise en relation avec la pauvreté et nos inégalités de toutes sortes, ne peut laisser indifférent, quelles que soient ses propres convictions, aussi bien religieuses que politiques.