Traductions

lundi 31 mars 2014

Dénatalité, pauvres et riches

Évolution de la population mondiale par catégories sociales
selon la démographie

Catégories
sociales
Époques
et hypothèses d'accroissement
Hypothèses de réduction
An 2010
An 2050*
An 2100*
N°1
N°2
Population totale
7 000
9 000
11 200
3 000
2 000
Riches (a) 3.7%
259
333
414
111
74
Classes. moyennes (b) 24.3%
1 815
2 187
2 722
729
486
pauvres (c) 70%
4 926
6 300
8 400
2 100
1 400
En millions * Projections a minima

Nota - Les chiffres et pourcentages ci-dessus sont ceux moyennement admis par les instances publiant des données à ce sujet (ONU, B.M., INED, ONG diverses) ou en résultent.

Par son caractère indigne, la pauvreté fait obligation aux hommes de secourir ceux qui en sont frappés, mais il y de multiples façons de procéder. Si certaines ont largement fait la preuve de leur impuissance au cours des siècles, une au moins reste à appliquer : la dénatalité.

Comme chacun peut le comprendre et contrairement à la confusion qui règne souvent en la matière, lutter contre la pauvreté c'est lutter pour les pauvres et non contre eux. C'est en cela que le schéma et le tableau ci-après démontrent que la dénatalité est à coup sûr le meilleur moyen d'améliorer rapidement et de façon durable le sort des pauvres. En effet, sur 100 êtres humains qui naissent, 70 sont issus de parents pauvres, et le seront eux-mêmes dans leur grande majorité, 14 venant augmenter le nombre des pauvres profonds pour lesquels s'extraire de leur condition relève de la gageure.

Schéma et tableau représentent l'aggravation de la pauvreté, telle qu'elle résulte de la seule augmentation de la population. Inversement, ils mettent en évidence les effets bénéfiques sur la pauvreté, d'une réduction de la population. Ramener la population de la planète à 2 milliards d'êtres humains, reviendrait à ramener le nombre actuel de pauvres (4,826 milliards) à 1, 4 milliard. Par ailleurs, la plupart des problèmes écologiques y trouvant leurs solutions, voilà qui ne serait pas "mettre la charrue avant les bœufs".

Si le tableau se suffit à lui-même, sa lecture étant des plus simples, le schéma ci-après, qui l'illustre, peut justifier les explications suivantes :

- La pyramide (X) représentée par le triangle le plus grand (de couleur grise pour l'édition en couleurs) figure l'état de la pyramide sociale à notre époque, peuplée d'environ 7 milliards d'êtres humains, avec sa partition entre riches (a), classes moyennes (b) et pauvres (c).
- La pyramide (Y), réduite en volume pour une même hauteur que la pyramide (X), représente les effets d'une réduction de la population d'environ les 2/3, pour mettre en évidence la diminution du nombre de pauvres qui en résulterait, ceci à égalité de richesse globale de la société. En d'autres termes, et comme le tableau l'indique par ses chiffres, eu égard à la proportion de pauvres peuplant la pyramide sociale, une réduction de la population totale de cette dernière, entraîne une réduction proportionnelle du nombre de pauvre et par conséquent un recul correspondant de la pauvreté.
- La pyramide (Z) se veut l'équivalent en population de la pyramide (Y), mais selon une configuration correspondant à un moindre niveau de richesse globale de la société. Deux remarques s'ensuivent :
- Dans tous les cas, les proportions de pauvres, de représentants des classes moyennes et de riches nne changent pas. Seul change le nombre de représentants de chacune de ces classes.




lundi 24 mars 2014

À propos du livre "Moins nombreux plus heureux"

Éditions Sang de la Terre - 1er trimestre 2014

Plutôt que de prétendre, dans sa présentation, qu'il vient combler un manque, alors que contradictoirement certains de ses précurseurs y sont cités, n'eut-il pas été plus juste et modeste de dédier ce recueil à ceux qui de tous temps, et particulièrement depuis la fin du dernier siècle, n'ont pas cessé de dénoncer une situation qui ne fait qu'empirer. En dépit de l'insouciance générale à l'égard de notre sort dans laquelle nous vivons et de l'impassibilité avec laquelle les pouvoirs persistent à diriger nos consciences et nos actes, nous ne devons en effet pas davantage oublier les messages de nos sonneurs de tocsin nationaux comme Gaston Bouthoul, Jean Dorst, Alfred Fabre-Luce, Albert Jacquard, Alfred Sauvy, etc. que les avertissements de Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies (1997 - 2006) : « Si nous continuons dans cette voie, si nous ne faisons rien pour enrayer l'accroissement de la population, nous allons en payer le prix, nous allons nous retrouver dans un monde surpeuplé. La démographie a un impact sur le développement économique, sur l'environnement et sur les ressources de la Terre qui sont limitées.» ; ou du Rapport 2009 du Fonds des Nations Unies pour la Population ; « L’effort à long terme nécessaire pour maintenir un bien-être collectif qui soit en équilibre avec l’atmosphère et le climat exigera en fin de compte des modes viables de consommation et de production, qui ne peuvent être atteints et maintenus que si la population mondiale ne dépasse pas un chiffre écologiquement viable.»

Comme l'écrivait Jean Fourastié ("Ce que je crois" - Grasset 1981), autre prémoniteur : « la condition humaine est bien la dernière des préoccupations de l'homme. » Mais n'est-ce pas l'expression de la sagesse populaire, considérant que comme toute chose peuplant l'univers, notre Terre aura une fin et peut-être avant elle, au moins quelques unes des espèces qui la peuplent ? La mort de notre civilisation s'inscrit normalement dans ce destin, avec d'autant plus de certitude et de rapidité que nous aurons abusé de l'hospitalité de notre planète ; et pour peu qu'ils ouvrent les yeux, les plus bornés d'entre nous entrevoient le terme de son pillage. Pourquoi dès lors se préoccuper d'un avenir aussi inéluctable ? Peut-être est-ce la raison pour laquelle certains des auteurs de ce livre ne jugent pas utile d'aller au-delà de leur vision personnelle et restreinte de ce qui est en train de se produire.

Jean Fourastié pensait aussi (même source que ci-dessus) que ce qui manque le plus à l'homme est la synthèse. Or ce livre le confirme, dans la diversité des points de vue qu'il offre, agrémentés pour quelques uns d'exercices de style et d'évocation des clivages droite-gauche, homme-femme, riches-pauvres ; d'accusation des multinationales, (comme si elles n'étaient pas des structures nées de notre prolifération), etc. ainsi que de quelques actes de repentance, tribu payé à la pensée unique. Si l'écologie n'est pas plus de droite que de gauche, nous pouvons hésiter dans l'attribution de l'abus démographique à l'homme ou à la femme (la procréation se pratiquant à deux, n'en déplaise à certains) ; nous pouvons en accuser le collectivisme plutôt que le libéralisme et inversement, etc. mais une chose est certaine : au sein d'une pyramide sociale qui n'a cessé de s'atrophier au cours des dernières décennies, par simple effet de proportion, les pauvres seront les plus concernés par une réduction de la population, quelle qu'en soit l'ampleur. Ce sera en tout état de cause une grande victoire dans la lutte contre la pauvreté mais le bât blesse, car la régulation qui s'imposera d'elle-même si nous ne sommes pas capables d'y procéder à temps avec un minimum de sagesse, fera fi de toutes considérations d'ordre social et même humanitaire, ce qui nous promet le pire.

Pour plus de précision quant au caractère décalé des préoccupations de certains auteurs, peut-être est-il bon de rappeler quelques lignes de "La bombe "P", de Paul Ehrlich (p.75-76 - J'AI LU - Flammarion - 1976) : «Vous remarquerez que, dans mon exposé sur l'environnement humain, je me suis abstenu d'évoquer les thèmes habituels de la protection de la nature. Je n'ai pas versé de larmes sur la disparition des colombes voyageuses, ni sur celle, très proche, des condors californiens. Pas de larmes pour eux, donc, ni pour le grand pingouin ou le mammouth ou les grands troupeaux de bisons ou l'ours grizzli de Californie ou le perroquet de Caroline. Je n'ai pas parlé d'eux, ni du charme, de la beauté, de la magnificence même, de bien des paysages. Au lieu de cela, je me suis limité à des faits concernant directement l'homme. La raison en est simple : malgré tous leurs efforts, toute leur propagande, tous les beaux articles et toutes les belles photos, ceux qui se préoccupent seulement de protection de la nature sont battus d'avance. Et cela pour deux raisons. La première, évidente : l'explosion démographique entraîne irrémédiablement le "développement à tout prix". La seconde, c'est que nos [semblables] s'en moquent. Ils n'ont jamais entendu parler du condor de Californie ou du milan des Cévennes et ne s'attristent pas de leur disparition. Ils se disputeront plutôt le privilège de tirer sur les derniers. La vérité est que nous sommes de deux espèces. Un petit nombre se dévoue à la cause de la préservation de la beauté et de la nature. La majorité (permis de chasse en poche) concourt à sa perte, ou se montre en tous cas indifférente à son égard. Les premiers n'auront pas besoin d'être convaincus, et ce n'est pas en parlant aux autres de beauté, ou en faisant appel à un sentiment de compassion pour nos amis les animaux ... qu'on ébranlera des attitudes traditionnelles. ...
La chaîne des causes et des effets destructeurs remonte à une cause première ... : trop de monde sur terre. »

En d'autre termes, ou en résumé, il est plus que temps que chacun sorte du cadre ambigu et limité de ses préoccupations personnelles, pour œuvrer à cet objectif synthétique, urgent, prioritaire et déterminant, qu'est la dénatalité. Le reste suivra.

Comme l'écrit encore Paul Ehrlich : « ... avec, disons, une population mondiale de cinq cents millions d'hommes (rappelons que la terre ne comptait encore que 3 milliards d'humains lorsqu'il s'exprimait), moyennant quelques changements radicaux dans le rythme d'utilisation et la répartition des ressources mondiales, on résoudrait sans doute la crise écologique. »

"Moins nombreux, plus heureux" est donc un cri d'alarme de plus, auquel la préface d'un "Chevalier vert" n'ajoute pas grand chose, sinon que l'instinct du politicien le conduisant à toujours voler au secours de la victoire, il pourrait s'en déduire un supplément d'espoir – bien que l'intéressé ne se soit jamais distingué par la vigueur de ses prises de position concernant la dénatalité. De ce seul point de vue, le sous-titre de l'ouvrage n'eut-il pas justifié une inversion des priorités qu'il énonce pour devenir "L'urgence démographique de repenser l'écologie"

Quelles que soient leurs postures, leur résistance ou leurs protestations, ce sont les pouvoirs religieux, politiques et scientifiques qui ont entraîné la société au point d'irresponsabilité et d'inconscience où elle en est en matière de prolifération et ce ne peut être que d'eux que viendrait un sursis à son sort, au demeurant inéluctable. Aucune manifestation allant en ce sens ne doit donc être négligée, pour autant que les responsables – à tous les niveaux – de ces pouvoirs soient capables de pondérer leurs certitudes et acceptent de les soumettre aux réalités incontournables du nombre.



NB - Étrangement plus soucieux de photocopillage que de la propagation des messages dont il est porteur, "Moins nombreux, plus heureux", interdit par son copyright toute reproduction de son contenu, ce qui explique que la présente note de lecture soit privée des extraits et citations dont elle aurait pu s'étayer.

samedi 15 février 2014

Capitalisme, pauvreté et pyramide sociale

Ceux qui prétendent que le capitalisme régresse, agonise, qu'il est mort, mentent ou se trompent.
Il triomphe au contraire comme il ne l'a jamais fait. Au point qu'il n'y a plus les capitalistes et les autres, il y a une société capitaliste se partageant en divers courants ; et qu'ils le veuillent ou non, tous ses membres en font partie, dans des conditions inégales et dans une adhésion proportionnelle à ce que chacun en tire ... ou n'en tire pas.


Depuis l'avènement de l'industrie, la société n'a cessé et continue de s'enrichir, du simple fait de l'augmentation du nombre de ses membres et de l'activité de ceux qui travaillent pour générer un progrès agissant sur les foules comme le miroir aux alouettes. Les uns en profitent, d'autres en abusent, d'autres encore en souffrent, sans compter ceux qui, dans une utopie allant du blanc au noir, louent ou vitupèrent à qui mieux mieux ses effets les plus dérangeants. Parmi ces effets la mondialisation, qui n'est pourtant que la manifestation de ce progrès dans tous les domaines, et notamment ceux des communications et des technologies, ayant conduit à la suppression de frontières à l'abri desquelles chacun faisait jusqu'alors sa petite cuisine, de même que tous les pouvoirs leurs arrangements.


Pendant ce temps là, toujours aussi obstinément, les hommes – partagés entre ceux qui possèdent mais qui en voudraient davantage et ceux qui n'ayant rien en voudraient bien un peu –, ne cessent de proliférer dans une pyramide sociale s'atrophiant. La richesse globale atteint des sommets toujours plus élevés depuis lesquels elle alimente les fortunes particulières avant de ruisseler en filets de plus en plus menus, jusqu'à une base surpeuplée.


À noter comme l'idée de distribution des richesses de la société par ruissellement s'applique parfaitement à la pyramide sociale. Comme par une convection résultant de l'énergie dépensée à sa base et en son centre pour créer la richesse, celle-ci monte vers son sommet et s'y accumule. Après s'être servis et en avoir consacré une partie aux investissements nécessaires à la poursuite ainsi qu'au renforcement de l'activité de tous, les pouvoirs en diffusent une partie jusqu'aux niveaux les plus bas de la pyramide sociale par ruissellement. Comme pour un liquide, en résultent captages, détournements, et évaporation. Ce ruissellement étant de plus confronté à l'élargissement de la pyramide et à l'augmentation du nombre de ses habitants allant croissant vers sa base, une dispersion en résulte, réduisant d'autant la part de richesse de chacun de ceux qui l'occupent. Or, la structure pyramidale de la société est incontournable ; les révolutions prônées par certains étant condamnées à n'avoir pour résultats que de remplacer les pouvoirs chassés par d'autres, qui continueront à dominer les masses irriguées.


Mais pire s'annonce, car si l'avidité des hommes n'a d'égale que leur imprévoyance et leur capacité à se reproduire, la planète est un espace clos, dont les ressources, connues aussi bien que restant à découvrir, montrent depuis longtemps des limites que des pouvoirs, dont c'est le premier rôle, eussent dû anticiper, sans parler des conséquences de la pollution et du réchauffement climatique.


La seule chance qui reste à la société – et peut-être même à notre civilisation –, réside maintenant dans un rééquilibrage urgent de la pyramide sociale, fondé sur un choix entre :
- moins de riches et plus de pauvres
ou
- davantage de riches et moins de pauvres ;
le niveau de justice sociale permis à notre espèce se situant au point d'équilibre entre ces deux options.


S'agissant dorénavant de savoir dans quelle mesure ceux qui semblent frappés par la fatalité peuvent contribuer à un tel rééquilibrage, seul garant d'une amélioration de leur condition et de celle de leur descendance, la réponse leur appartient et consiste à cesser de s'offrir toujours plus nombreux à une société qui les consomme à la manière d'un Moloch ? Pour cela, il leur faut absolument réduire drastiquement des taux de natalité qui font d'eux le gros d'un effectif qui est le premier outil de cette société, pour laquelle surpopulation signifie main d'œuvre abondante et moins chère.

Il faut cependant que les individus concernés par une telle révolution – rejetant la lutte des classes aussi archaïque que vaine dans laquelle les confinent la plupart de ceux qui se font leurs guides –, soient conscients qu'en réduisant ainsi leur propre proportion dans la population de la planète, ils réduiront la base de la pyramide sociale avec pour conséquence d'en élever le sommet, donc d'accroître la proportion de riches. Mais pour qui un tel résultat serait intolérable, dès lors que serait atteint un double objectif : réduire la pauvreté en même temps que maîtriser la croissance de la population ?

jeudi 6 février 2014

Toujours à propos de "COMPTE à REBOURS", de Alan Weisman.

L'intérêt suscité par mon article publié ici et par plusieurs média en ligne sous le titre :
"À lire ABSOLUMENT : COMPTE À REBOURS, de Alan Weisman"*,
m'engage à partager avec ceux qu'intéressent les question de développement, de démographie et d'environnement, un certain nombre de citations et d'extraits tirés de ce livre, dans l'espoir qu'ils leur donneront l'envie de le lire en entier.
Je précise qu'il ne s'agit pas uniquement de lignes émanant de l'auteur, mais aussi bien de propos tenus par divers personnages qu'il lui a été donné d'interviewer


Citations
- C'est Dieu qui engendre les enfants. Et il leur trouve une place à tous ...
- Dieu a créé ce problème [la surpopulation] et Il lui apportera une solution.
- Dieu ne dit pas : « Soyez féconds et multipliez-vous à l'infini ou autant que vous pouvez ... ». Il dit : « Soyez féconds, multipliez-vous et remplissez la Terre ».
- En 2020 tous les Israéliens boiront de l'eau d’égout recyclée, mais il n'y en aura peut-être pas pour tout le monde.
- Dans l'histoire de la biologie, toute espèce qui a surexploité ses ressources a vu sa population s'effondrer.
- Ce sont essentiellement les pays pauvres qui contribuent à l'accroissement de la population.
- Le moteur de l'agriculture n'est pas la volonté de nourrir l'humanité, mais le profit.
- Les progrès de la production alimentaire ont pour conséquence que la Terre abrite plus d'affamés que jamais.
- ... chacun de nous est en compétition avec tout être vivant de la planète pour se nourrir et s'assurer un espace vital.
- Dans le Coran, le Prophète conseille aux parents de ne pas faire plus d'enfants qu'ils n'ont les moyens d'en élever.
- Si nous voulons un monde plus riche, nous devons faire baisser les chiffres de la population. Les deux choses vont ensemble.
- Soit tout le monde, en moyenne, consomme moins, soit nous avons moins de consommateurs.
- La transition vers [un monde]à la population réduite impliquera, au moins pendant un temps, une proportion très élevée de gens âgés.
- La vie moderne requiert une planification moderne.
- à propos du préservatif : No Glove, No Love. (Pas de capote, pas d'amour). In Rubber We Trust. (Nous avons foi en la capote). Weapons of Mass Protection. (Armes de protection massive).
- ... il n'y a pas un seul problème sur la Terre qui ne serait moins grave si nous étions moins nombreux.
- Chacun a le souvenir d'un monde qui était meilleur. Moins peuplé. Plus agréable. Où l'on se sentait plus libre.


Extraits
- Comme aimait à dire Yasser Arafat : La meilleure arme de l'Organisation de libération de la Palestine, c'est l'utérus des Palestiniennes.
- Les haredim sont encore minoritaire en Israël, mais ils s'acharnent à changer cet état de fait. Et leur tactique est simple : ils procréent. Les familles ultra-orthodoxes comptent en moyenne près de sept enfants ; les fratries de dix ou plus ne sont pas rares ... un quotidien de Jerusalem cite un haredi qui se vante d'avoir 450 descendants.
- Rio 1992 - Sommet de la Terre :
Invoquant le caractère sacré de la vie humaine, le Vatican affirma que les pauvres étaient les victimes et non les responsables de la dégradation de l'environnement.... L’Église eut aussi une influence considérable sur les négociations préliminaires et réussit à faire supprimer l'expression planification familiales et le mot contraception des ébauches de la déclaration commune ... Le Saint-Siège n'a pas cherché à éliminer les questions relatives à la population ; il a simplement tenté d'en améliorer la formulation, déclara le Vatican lorsqu'il eut obtenu satisfaction.
Pour les multinationales qui étaient les principaux sponsors du Sommet, l'accroissement des populations était synonymes à la fois de main d'œuvre peu coûteuse et de marchés toujours plus vastes.
- La population optimale ne signifie pas le nombre maximal d'individus susceptibles d'être entassés dans les différents pays comme des poulets en batterie, mais le nombre d'humains qui peuvent mener en même temps une vie confortable, agréable, et sans compromettre les chances des générations futures de connaître le même sort. Dans cette optique, chaque membre de cette population optimale doit avoir au minimum la garantie d'être nourri, logé, scolarisé, soigné, de ne souffrir d'aucun préjugé, racial, ou autre, et de gagner sa vie.
Il ne s'agi[ssai]t pas là de mettre fin aux inégalités, les forces économiques qui les produisent sont trop puissantes, [de même que] l'égoïsme et le nombrilisme propres aux humains
- Il est impératif que les émissions de carbone des riches diminuent radicalement. mais si l'on veut voir s'instaurer un semblant d'égalité, les pauvres émettront quant à eux davantage de carbone. Et plus nous serons nombreux, plus ce chiffre sera élevé.
- [Au Pakistan] e taux de chômage, à deux chiffres, croît avec la population. ... Une nation remplie de jeunes gens en colère n'est pas une nation stable, et une nation déstabilisée où trop de citoyens manquent d'eau et sont entraînés dans le chaos est une source d'inquiétude pour toute la planète.
- En 1947 [Karachi] comptait moins d'un demi-million d'habitants. Ce chiffre a été multiplié par 42 : ils sont aujourd'hui [en 2013] 21 millions.
- L'étalon de mesure de presque toutes les économies a toujours été celui de la croissance. Les exceptions – les communautés coopératives ou les sociétés qui pratiquent le potlatch [Cérémonie, pratiquée notamment par les tribus indigènes d'Amérique du Nord, au cours de laquelle des clans ou des chefs de clans rivalisent de prodigalité, soit en détruisant des objets, soit en faisant des dons au rival qui est contraint à son tour à donner davantage (ATILF). Par ext. : Système de dons/contre-dons dans le cadre d'échanges non marchands (Wikipedia)] ont peut-être beaucoup à nous apprendre, mais elles sont si rares qu'elles semblent confirmer la règle. Pour jauger l'état de santé de l'économie, les medias regardent si l'immobilier a grimpé ou chuté. Peu importe que chaque nouvelle maison amplifie le mouvement d'étalement urbain, supprime un morceau supplémentaire de l'environnement naturel et exige des ressources considérables pour être raccordée aux différents réseaux urbains – eau potable, égouts, électricité, routes, etc. Peu importe car cette maison [désirée par celui qui la fait construire ou l'achète] représente un profit pour les promoteurs et les agents immobiliers, ainsi que du travail pour les menuisiers, les maçons, les plombiers, les électriciens, les peintres, les poseurs de parquet, les jardiniers, les terrassiers et les marchands de meubles. Sans compter les emplois que son entretien contribuera à maintenir.
Mais que se passe-t-il, alors, si nous sommes moins nombreux et avons besoin de moins de maisons, de moins de biens ? Comment s'opère la transition vers une société de plus petite taille, avec moins de consommateurs chaque année – et moins de travailleurs, aussi, qui remplissent les coffres des services sociaux, nécessaires pour faire vivre et soigner les gens âgés, improductifs, de cette société contractée ?
Qu'arrive-t-il ensuite, si nous parvenons bel et bien à un nombre optimum d'humains qui utiliseront et recycleront les ressources de la nature à un rythme plus lent, qui permettra à ces ressources de se reconstituer – si nous trouvons en somme le juste équilibre avec la planète qui nous fait vivre ? Maintenir un tel niveau idéal impliquerait de ne jamais plus croître pour le dépasser.
Cet objectif est-il réaliste ? Pourrons-nous un jour avoir la prospérité sans la croissance ?
- La science économique traditionnelle prêche la croissance perpétuelle, qui implique non seulement l'invention permanente de nouveaux produits mais aussi la recherche constante de nouveaux consommateurs. C'est une des raisons pour lesquelles la plupart des économistes sont traditionnellement favorables à l'augmentation des populations. L'autre raison, c'est que plus il y a de gens, plus il y a de réserve de main-d'œuvre, plus il y a de travailleurs pour occuper les emplois disponibles et moins cher ils peuvent être payés.
Malheureusement, sur une planète dont les ressources sont par définition limitées, une économie fondée sur la croissance sans fin n'est pas plus perpétuelle qu'une chaîne de lettres ou une pyramide de Ponzi, deux arnaques qui nécessitent toujours davantage de participants ... jusqu'à ce que l'édifice tout entier s'effondre.
- Certains Japonais ont recours à une forme extrême de contraception : [ils n'ont] pas de relations sexuelles. Ce n'est pas aussi dramatique qu'il y paraît ...
- L'appauvrissement des sols et des océans, bien réel et inéluctable, se manifeste pour l'essentiel [à l'égard] d'une frange croissante du bas de la société humaine : des gens affamés, qui sont aujourd'hui, au début du XXIe siècle, plus nombreux que ne l'était l'ensemble des humains vivant sur terre avant que l'industrialisation n'accélère la multiplication de nos populations ...

- Nous ignorons si la fin de l'humanité est proche. Nous savons qu'elle pourrait survenir ... Mais ce ne sera pas la fin de la Terre même si c'est notre fin à nous. La nature poursuivra son chemin après nous.

* Flammarion - Déc. 2013

lundi 3 février 2014

À lire ABSOLUMENT : COMPTE À REBOURS, de Alan Weisman

COMPTE À REBOURS (Alan Weisman - Flammarion Déc 2013)
À lire ABSOLUMENT.

Il est d'autant plus malaisé de tirer de ce tour du monde des misères de l'humanité et de celles qu'elle inflige à son environnement, autre chose que nostalgie et résignation, que les meilleures intentions pour y remédier sont souvent antagonistes. À défaut d'admettre « Qu'il n'y a pas un seul problème sur la Terre qui ne serait moins grave si nous étions moins nombreux. », « Chacun en effet a le souvenir d'un monde qui était meilleur. Moins peuplé. Plus agréable. Où l'on se sentait plus libre. »

Face au foisonnement de nos maux, reste à espérer que ce livre, par les « questions simples et de bon sens » qu'il pose en préambule :
- « Combien d'êtres humains notre planète peut-elle contenir ... ? »
- « Existe-t-il un moyen pacifique et moralement acceptable de convaincre les humains de toutes les cultures, religions, nationalités, tribus du monde, qu'il est de leur intérêt de faire moins d'enfants ? »
- « ... quelles espèces et quels processus écologiques sont essentiels à notre survie ? »
- « ... comment concevoir ... une économie capable de prospérer sans dépendre d'une croissance infinie ? »,
soit suffisamment lu pour accélérer la prise de conscience de ce qu'est la réalité de notre prolifération ainsi que la nature et l'urgence des mesures à mettre en œuvre pour l'enrayer et stabiliser la population mondiale à un niveau acceptable.

C'est aussi un hommage mérité à de nombreuses ONG, ainsi qu'aux communautés universitaires et scientifiques, qui ne doit pas faire oublier que ces dernières ne sont pas toutes d'accord, tant sur les bilans que sur les mesures à prendre telles qu'elles en découlent. Il n'en demeure pas moins que leurs travaux contrastent avec l'inertie des religions ainsi qu'avec l'absence de réactivité, – voire l'opposition – des politiques, faisant de ceux-ci comme de celles-là les vrais responsables de la situation dans laquelle s'est enfoncée l'humanité au cours des derniers siècles, par leur incapacité à accompagner le progrès.

Quoi qu'il en soit, si contrairement à ce que peuvent faire croire leur crédulité et leurs superstitions, leur condition n'est pas la première préoccupation des hommes, il est grand temps qu'ils réalisent que « La foi stupide ne peut que déplaire à Dieu. » (Jules Renard)


Tout les moyens respectueux de la morale étant bons pour parvenir à la dénatalité, ne faut-il pas craindre toutefois que le foisonnement des faits et leur relation dans un style journalistique atteignant les limites de la vulgarisation, puissent porter atteinte à l'efficacité de "COMPTE À REBOURS" ? À chacun de ceux qui partagent les préoccupations de Alan Weisman de faire en sorte qu'il n'en soit rien.

lundi 20 janvier 2014

Plaidoyer pour la dénatalité

Humanisme contre matérialisme,
pour vivre mieux moins nombreux.


« Il n’y a richesse, ni force que d’hommes ».
Lorsque Jean Bodin résumait ainsi sa pensée, nourrie des valeurs de la renaissance, pensait-il que son aphorisme connaîtrait la postérité et qualifierait un jour, sans le moindre fard, notre société ? C'est ce qui a lieu en tout cas de nos jours, bien au-delà de ce que permettait d'imaginer l'humanisme de son époque – parenthèse d'une évolution allant de l'esclavage antique aux formes d'aliénation auxquelles est parvenu l'homme, que ce soit par le travail ou par le profit qu'il en tire.


S'il est arrivé que l'être humain, dans la différence à laquelle il prétend par rapport aux autres espèces animales, ait pu se considérer comme dépositaire d'un trésor spirituel, le progrès a eu tôt fait de le lui confisquer. La quantité supplantant la qualité, homo "éthicus" a été progressivement remplacé par son nombre (ou son ombre), devenu l'indicateur suprême de la puissance des cités, des nations et de la société.


Pour ceux qui douteraient de cette réalité, les lignes ci-après, empruntées à Turmeau de la Morandière, continuateur zélé de Jean Bodin, sont révélatrices du pragmatisme, voire du cynisme, sur lesquels ont toujours reposées les incitations à croître et à multiplier, dispensées aux peuples.


« Les bestiaux sont plus nécessaires à un État qu'on ne se l'est imaginé jusqu'à présent. Si on en eut connu toute l'importance, le Conseil se serait occupé du soin de les faire multiplier. il est temps d'ouvrir les yeux sur ce point de vérité ; sans bestiaux il n'y aura pas d'engrais, et par conséquent les productions en grains et grenailles de toutes espèces, en légumes, en vins, en fruits, en foins et paille seront médiocres ; de décroissements en décroissements il n'y aura donc par succession de temps ni pain, ni vin, ni fourrage, ni autres subsistance pour hommes et chevaux ; ni chanvres ni laines, ni soie pour se vêtir ; et c'est ce qu'on doit craindre. Sans manufactures par conséquent et sans commerce, la finance, ce corps quelquefois nécessaire, sans cependant en faire trop d'usage, ni le considérer comme la colonne de l’État, suivant l'expression d'un Premier ministre, s'écroulera. Sans argent, sans subsistances, sans denrées d'aucune nature, sans ressources, les armées n'iront pas loin, et ne tarderont pas à se dissoudre ou à se disperser ; les soldats se battront mal et périront ; les chevaux auront la même fin avant d'avoir fait le moindre service ; les habitants des villes et campagnes riches et pauvres manqueront des choses les plus indispensables, et mourront de faim, de froid et de misère ; sans hommes dans le royaume, il n'y aura plus ni soldats, ni matelots, ni ouvriers et le royaume, enfin, sans habitants, deviendra le repaire des lions, des léopards, des ours, et n'aura plus besoin de ministres ni de généraux. Les financiers joueront un pauvre rôle vis-à-vis des bêtes féroces ou des bêtes fauves ; c'est donc ici la cause commune du roi, de son sage Conseil et de ses fidèles sujets ; cause par conséquent extrêmement importante pour tous les États, pour toutes les professions. »


« Si je ne craignais d'autoriser le vice, et d'achever de corrompre les mœurs qui ne sont déjà que trop relâchées et trop déréglées, j'adopterais le projet que Chévrier prête à feu M. le Maréchal de Belle-Ile dans son prétendu testament politique. Ce serait, 1° d'établir à Paris comme à Berlin [l'allemagne donnait déjà l'exemple], une maison décente pour y recevoir dans le plus grand secret les filles de familles honnêtes enceintes, pour les y traiter avec douceur, et ce pendant le temps de leur grossesse, et même dès son commencement. 2° de tenir la main à ce que les filles du menu peuple et les filles publiques qui vont faire leurs couches à l'Hôtel Dieu de Paris, y fussent traitées avec beaucoup plus d'humanité et de soins qu'elles ne le sont, et qu'il leur fût donné après leur parfait rétablissement, et en sortant de la maison, la somme de cent cinquante livres, si elles étaient accouchées d'un garçon, et celle de trente livres si elles n'étaient accouchées que d'une fille, l'une et l'autre desquelles sommes leur seraient payées comptant et sur leurs quittances.
J'appréhenderais cependant qu'un pareil établissement qui, à certains égards serait très bon et très avantageux, puisqu'il tend à conserver des créatures faites pour servir Dieu, à multiplier le nombre des citoyens et à enrichir l’État, ne fut un nouvel attrait pour le libertinage et l'effrénation, qu'il ne fut même un éloignement pour le mariage, que les nations policées doivent chérir et respecter, puisqu'il assure leur tranquillité et leur bonheur. »


« Dirai-je même à cet égard que la crainte d'avoir une nombreuse famille, qui expose les pères, les mères et les enfants à mourir de faim, fait de tous ceux qui s'engagent dans cet auguste sacrement, autant de sacrilèges impies qui le profanent sans scrupule, et par un faux système d'économie et de prudence. Nous ne voulons pas avoir beaucoup d'enfants, disent-ils, parce que nous ne sommes pas en situation de les nourrir, de les entretenir, encore moins de leur procurer une aussi bonne éducation que nous le désirerions, ni un établissement avantageux. »


« Quelques grands que soient nos maux, il est encore temps de les guérir radicalement, pourvu qu'on en diffère pas les remèdes. Invités au mariage par l'ordonnance que je demande contre l'oisiveté, les sujets les plus sages comme les plus libertins, par des récompense que sa majesté accordera, et qu'on distribuera fort exactement aux pères et mères des familles nombreuses, à l'imitation de Louis XIV qui, dans les commencements de son règne accorda pendant cinq années l'exemption de taille à tous ceux qui se marieraient, et une exemption de toute nature d'imposition pendant sa vie au père de famille qui avait dix enfants vivants. »


« Attachez une sorte d'infamie à la vie des célibataires séculiers de l'un comme de l'autre sexe : les garçons la mérite puisqu'ils sont tous libertins. Imposez-leur une taxe particulière, humiliante et forte, dont ils ne pourront s'affranchir qu'en se mariant. Défendez par la même ordonnance à tous jeunes gens, garçons et filles, qui souvent par fainéantise, quelquefois par enthousiasme, se destinent à la vie nonchalante des mystiques encloîtrés, de se lier par aucun vœu, qu'ils n'aient atteint, savoir les hommes l'âge de trente-cinq ans et les filles celui de trente ans, à peine de nullité. Défendez pareillement aux communautés religieuses de l'un et l'autre sexe, même aux Chartreux et Trappistes, de recevoir aucun sujet avant vingt-neuf ans pour les filles et trente-quatre pour les hommes, pour faire leur noviciat, sous peine de cinq cents livres d'amende contre les maisons conventuelles et les communautés où les vœux auront été prononcés, et ce pour la désobéissance et contravention ; attendu qu'avant de parvenir à l'un ou l'autre de ces deux âges, chaque postulant aura eu le temps et les moyens de se consulter et d'éprouver sa vocation avec autant de réflexion qu'en exige un état si sain et si méritoire. »


« Pour lors le ciel et la terre y gagneront en habitants ; l'objet de la création de l'homme se remplira ponctuellement et tel que Dieu le veut. La population du royaume se multipliera, lui procurera en abondance des denrées de toutes espèces de son crû, des richesses numéraires, et le rendra florissant et redoutable à toutes le nations. »


Et selon les propos suivants, extraits du livre de Alan Weisel "COMPTE à REBOURS", de tels préceptes perdurent :
« - Rio 1992 - Sommet de la Terre - … L’Église eut aussi une influence considérable sur les négociations préliminaires et réussit à faire supprimer l'expression planification familiales et le mot contraception des ébauches de la déclaration commune ... Le Saint-Siège n'a pas cherché à éliminer les questions relatives à la population ; il a simplement tenté d'en améliorer la formulation, déclara le Vatican lorsqu'il eut obtenu satisfaction.
Pour les multinationales qui étaient les principaux sponsors du Sommet, l'accroissement des populations était synonymes à la fois de main d'œuvre peu coûteuse et de marchés toujours plus vastes… »
Et l'Islam n'est pas en reste, car si « Dans le Coran, le Prophète conseille aux parents de ne pas faire plus d'enfants qu'ils n'ont les moyens d'en élever. », « Comme aimait à dire Yasser Arafat : La meilleure arme de l'Organisation de libération de la Palestine, c'est l'utérus des Palestiniennes. » et comme l'ont proclamé proclamé en leur temps d'autres responsables politiques, dont houarri Boumédienne à la tribune de l'ONU, « c'est par le ventre de ses femmes que l'Islam compte faire la conquête du monde » ; pendant qu'en Israël « les familles ultra-orthodoxes comptent en moyenne près de sept enfants et les fratries de dix ou plus ne sont pas rares. » … pour tenter de surpasser en nombre la population palestinienne.


Mais défiant toutes considérations religieuses, philosophiques ou politiques, la richesse ainsi promue se déprécie, et l'inflation qui la touche pourrait conduire à son effondrement ; aboutissement de la courbe de vie, sinon de l'espèce du moins de notre civilisation.


Pourtant, comme si de telles aberrations n'existaient pas, les pouvoirs restent maîtres de cette richesse faite des hommes, pendant que ceux d'entre eux qui ont à s'en plaindre se limitent à contester les conditions du partage d'une autre richesse : celle qui résulte de leur activité. En effet, si la société se mesure au nombre des individus qui la composent, toutes conditions confondues, force est de constater que par un mécanisme lié aux hasards de leur naissance, le profit tiré du travail du plus grand nombre va en tout premier lieu à cette élite, tant spirituelle que matérielle, qui l'encourage si résolument à se multiplier. En réaction à une telle "exploitation de l'homme par l'homme", la révolte s'est d'abord manifestée et survit dans l'archaïsme d'une lutte des classes ayant pourtant démontrée sa stérilité, un pouvoir chassant l'autre et les catégories sociales continuant à se partager les mêmes étages d'une pyramide sociale dans laquelle, par simple effet de proportionnalité, les pauvres croissent en nombre, plus vite que les autres catégories sociales, aggravant sans cesse leur propre sort. La part du progrès revenant à chacun étant d'autant plus réduite que sont nombreux ceux qui se la partagent, ils peinent à concevoir qu'ils seraient les premiers, s'ils étaient moins nombreux, à être plus heureux.


Quoi qu'il en soit, le surnombre ne peut qu'être source des pires difficultés, ne serait-ce que par son ingouvernabilité, attestée par les difficultés croissantes à simplement gouverner le nombre. Les désordres sociétaux et environnementaux que nous connaissons d'ores et déjà en annoncent bien d'autres, d'ampleur incalculable, qui accompagneront inévitablement l'expansion cinétique de la pauvreté et le partage de ressources planétaires ne pouvant aller qu'en s'amenuisant.


Surpassant sans cesse l'action d'innombrables organisations humanitaires, d'essence tant privée que publique, cherchant à la réduire, la pauvreté matérielle ne sera d'ailleurs pas la seule cause de nos maux ; d'autres formes l'aggraveront, telles que l'uniformité, l'indifférence ; un chacun pour soi exacerbé par des restrictions en tout, et l'impuissance. Pour ce qui est de l'espace vital, l'homme a déjà démontré qu'il était compressible ; reste à savoir dans quelles limites. En ce qui concerne les besoins alimentaires, principale préoccupation des malthusiens, est-il permis d'espérer que le génie humain saura y pourvoir, avec ou sans intervention divine ? Quant à l'agoraphobie, il reste à ceux qui en souffrent à se faire une raison, de même que pour une inévitable restriction des libertés. Car la liberté elle aussi est une richesse qui se partage, et plus le nombre de ceux qui y prétendent est grand, plus est réduite la part qui en revient à chacun.


Face à de telles perspectives, nombre de ceux qui en souffrent le plus continuent à afficher les taux de fécondité les plus élevés, comme répondant à un instinct de conservation de l'espèce particulière qu'ils semblent former, avec l'aide de dogmes et idéologies se faisant les ennemis résolus de la dénatalité, sur fond de résignation ou d'intérêts. Pourtant, toujours par effet de proportionnalité, cette dénatalité toucherait majoritairement surtout les plus pauvres, ce dont tous les pouvoirs devraient être conscients, ne serait-ce qu'en raison du bénéfice qui en résulterait pour eux-mêmes, en réponse à une pression qui monte chaque jour un peu plus, avec la puissance des centaines de milliers d'êtres humains supplémentaires qui déferlent chaque jour sur la planète.

mercredi 15 janvier 2014

Vie du blog

la consultation des pages du blog par ses visiteurs, se répartit à ce jour de la façon suivante :

Par sujets
Démographie sociale comparée sur 2 000 ans : 19.2%
Inégalités sociales - Fondamentaux pragmatiques : 16.4%
La pyramide sociale inversée - 12.1%
Pyramide sociale, démographie et chômage : 11.7%
Pyramide sociale et pyramide des âges : 11.4%
Schéma - Du mécanisme des inégalités de richesse : 9.6%
Pyramide sociale, pouvoirs et démographie - 1. Le pouvoir religieux : 7%
Pauvreté & démographie - De la responsabilités des.élites : 6.6%
Pyramide sociale et pyramides antiques : 6%

À noter un désintérêt pour les schémas proposés, alors qu' ils sont autrement plus instructifs que le plus convaincant des articles ?
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Géographiquement
France 54.8%
États-Unis 17.5%
Russie 4.42%
Belgique 2.42%
Canada 2.00%
Allemagne 1.6%
Royaume-Uni 1.1%

Autres pays : Algérie, Brésil, Cameroun,Chine, Espagne, Guadeloupe, Indonésie, Malaisie, Maroc, Polynésie française, Portugal, Suisse, ...

lundi 23 décembre 2013

Il n'est de richesse que d'hommes

Quand le taux de pauvreté dans le monde aurait été réduit de moitié en vingt ans, "taux de pauvreté" et "pauvreté" n'ont pas la même signification, d'autant que outre les variations de valeur des monnaies – et du dollar en particulier –, le revenu minimum estimé des pauvres profonds varie, selon les sources, de 1 dollar à 2 dollars/jour, ce qui va tout de même du simple au double. Si ce revenu de référence peut être ajusté, la pauvreté elle, ne baisse pas ; elle augmente au contraire inexorablement ; quelle que soit l'aune à laquelle elle est mesurée, elle s'adapte à la démographie.

Pauvreté et richesse, sont des discriminants sociétaux, structurels et mécaniques, aussi relatifs qu'incontournables ; et les inégalités de toutes sortes qui en résultent viennent s'ajouter à celles pouvant être qualifiées de naturelles et qui sont les premières à distinguer les individus les uns des autres.

En occident comme ailleurs, dans les pays développés comme dans les autres, la société des hommes est, a toujours été et sera jusqu’à sa fin, faite d’inégalités. Comme les riches y sont plus rares que les pauvres, l’exception s'y distingue de la généralité ; le pouvoir du peuple, la force de la faiblesse, l’intelligence de la sottise, le savoir de l’ignorance , etc. ; dans tous leurs aspects. Et plus les richesses augmentent – qu’elles soient d’ordre matériel ou immatériel –, plus s’accroît l’écart entre le sommet d'une pyramide sociale qui n’a pas d’autres limites que l'ambition et les capacités de la planète avec, à l’opposé, une base inamovible reposant sur la pauvreté absolue et l'indignité, dernier état de la condition humaine.

A l'appui de cette réalité structurelle, il existe des chiffres et un mécanisme vieux comme le monde, dont il serait grand temps de prendre clairement conscience, pour tenter de secourir durablement les plus nécessiteux d’entre nous : À l’aube de notre ère, la Terre était peuplée d’environ 250 millions d’êtres humains. Elle en compte plus de 7 milliards aujourd’hui, dont 1 milliard à 1 milliard et demi vivraient un état de pauvreté profonde. L’homme moderne a ainsi créé, en 20 siècles, 5 fois plus de miséreux qu’il y avait d’êtres humains de toutes conditions sur terre au début de son entreprise civilisatrice.
Chaque jour, plus de 220 000 individus s'ajoutent à la population terrestre, qui devrait atteindre 9 milliards vers 2050 et dépasser 11 milliards au début du prochain siècle. Par l'effet de la structure de la société et du sort qui les a fait naître tels qu'ils sont, encouragés par des taux de natalités les plus élevés, les pauvres – qui ne peuvent enfanter que des pauvres – représentent la grande majorité de ces nouveaux arrivants et vont s'ajouter à ceux qui occupent déjà la base de la pyramide sociale. Et c'est ainsi qu'il résulte de ce qui précède :
- Que pauvreté, inégalités, pillage des ressources naturelles sont autant de maux contre lesquels les politiques environnementales, économiques et sociales des États, comme des collectivités qui les composent, ne peuvent avoir de sens que si sont pris en compte les fondamentaux de la démographie mondiale et les problèmes de surpopulation qu'elle génère inexorablement, au détriment d'une planète mutilée de toutes parts et par voie de conséquence, des espèces qui la peuplent.
- Que si la pauvreté augmente, si les inégalités se creusent, si les désordres et les violences se multiplient, les raisons en sont avant tout l'accroissement considérable de la population et celle de la richesse globale qu'une partie de cette même population génère par son activité, avec l'aide des sciences et des techniques, quelles que soient les conditions du partage de cette richesse.

La croissance démographique – sujet tabou que trop peu d'experts osent aborder – est à l'origine de tous nos maux et en particulier du développement de la pauvreté. Et ceux qui, dans de grands élans de générosité inspirés aussi bien du marxisme que du christianisme et autres doctrines et idéologies ayant toutes prouvé leur impuissance dorénavant bi-millénaire, veulent imposer la dictature du prolétariat ou pour le moins leur vision compassionnelle de cette pauvreté, sont en réalité, par incapacité de concevoir ou refus d'affronter la réalité, les promoteurs de cette dernière, au détriment premier de ceux qui en souffrent. Croyant ou prétendant lutter pour ces derniers, ne s'obstinent-ils pas à entretenir une lutte des classes dont les avatars prouvent dorénavant l'archaïsme ? Ne sont-ils pas davantage préoccupés – dans leur impuissance –, à rejeter sommairement sur la seule collectivité, la responsabilité du destin des pauvres que du partage des richesses du monde ? Ne négligent-ils pas ce faisant, la part prépondérante qui en incombe à chacun, pauvres compris ? Quel que soit le sort de chacun, il est d'abord dû à sa naissance, et vouloir l'ignorer ne fait que retourner l'angoisse et la colère des plus déshérités contre eux-mêmes, les enfonçant toujours plus dans leur condition en perdant de vue qu'elle est avant tout héréditaire. C'est par conséquent sur ce terrain qu'il faut la combattre, en luttant contre les effets d'un nombre puis d'un surnombre qui nous éloigne chaque jour un peu plus du bonheur auquel nous aspirons.

"Il n'est de richesse que d'hommes"
Mais de quoi est faite exactement cette richesse ? Au prix de quelle misère et avec quelles perspectives ? Qui en fait les frais ? À qui profite-t-elle ? De quel respect, de quelle considération l'Individu est-il l'objet, dans une telle affirmation ?

Dans une société plus désireuse de voir croître le nombre de ses membres que préoccupée par le sort dont chacun hérite à sa naissance, autant de questions que porte à se poser la simple observation de quelques chiffres et schémas incontestables.

samedi 26 octobre 2013

Développement : durable, ou responsable ?

Dans développement durable, "durable" porte paradoxalement la marque de son contraire, puisqu'il vise à optimiser l'exploitation des ressources d’un milieu non extensible, donc épuisables. Ce qualificatif reconnaît les limites du DD, qu'ont tendance à omettre ses adeptes, convaincus que réduire la demande en faisant preuve d'économie, en proscrivant tout gaspillage, en codifiant et réglementant les manières de consommer ; en restreignant ainsi tant la demande que l’offre, au nécessaire d’abord, puis au strict indispensable, peut garantir aux générations futures une qualité de vie satisfaisante. Mais à supposer que cela soit vrai, pour combien de temps.? Car aussi parcimonieux qu'ils soient, tous prélèvements sur des ressources épuisables en viennent à bout un jour ou l’autre, surtout si, pendant qu’elles s'amoindrissent, le nombre de leurs consommateurs augmente. Le rationnement de ces derniers ayant des bornes, la finalité du processus ne peut qu'exiger une diminution de leur nombre, sachant d'ailleurs qu'aussi restreint que soit ce dernier et réduit leur appétit, il finira par venir à bout de leurs ultimes ressources.

Conscient d'une telle réalité, certains changent "durable" en "soutenable". Ne devraient-ils pas aller plus loin ; jusqu'à "raisonnable", ou "responsable"; ou encore "humaniste", attribut allant tellement de soi que c'est probablement la raison pour laquelle il n'a pas été employé ; à moins que ce soit parce que trop philosophique. Dès lors, "responsable" s'imposerait contre "raisonnable", peut-être trop passif, pas assez engagé pour motiver les foules.

De la sorte, les trois piliers du développement durable étant le plus souvent assez arbitrairement désignés comme étant l'environnement, le social et l'économique, une assise autrement plus sérieuse pourrait lui être donnée – et pas seulement parce que 4 pieds valent mieux que 3 pour soutenir toute construction –, en y ajoutant celui de la démographie.

Alors qu'il se déclare prêt à réduire ses prétentions et un appétit qui au contraire grandissent chaque jour, l'homme ne peut prendre le progrès qu'avec ses avantages et ses inconvénients. L’agroalimentaire moderne, les multinationales, l'énergie nucléaire, l'industrie chimique, ..., la mondialisation elle-même, ... sont avant tout les fruits de ce progrès, au profit du nombre et voulu par lui, en réponse à sa recherche jamais assouvie d'un confort trop facilement pris pour le bonheur, ainsi qu'aux exigences de sa prolifération.

Pour ce qui est de l'écologie, partie la plus visible du pilier environnement, soucieuse de nos conditions d'existence, elle ne date pas d'aujourd'hui. Il faut se souvenir des raisons qui placent – entre autres – les gares de Tours à Saint Pierre des Corps, d'Orléans aux Aubraies, de Fontainebleau à Avon, etc. Et il y a fort à parier que les premiers moulins à vent ont connu des oppositions comparables – toutes proportions gardées – à celles suscitées par nos modernes éoliennes. Autant d'occasions où le progrès a dû et doit encore vaincre une censure trop souvent teintée d'idéologie, s'exprimant par la résistance des uns ou des autres, plus ou moins opportunément et contradictoirement, mais avec toujours un effet, au moins retardateur, pouvant être parfois porté au compte de la sagesse (?). Aujourd'hui, au point où en est la société, cette sagesse ne consisterait-elle pas à réduire ce développement pour le mener à coïncider avec une population moindre, telle qu'elle pourrait résulter d'une régulation démographique dont les résultats pourraient être obtenus en quelques générations, plutôt que d'interrompre brutalement un progrès qui profite à tous, quoi qu'en pense ses détracteurs et en dépit d'un partage de ses effets laissant à désirer, Bien sûr, une telle option soulèverait d'autres problèmes, dont celui posé par un vieillissement corrélatif de la population ; mais de deux maux ne faut-il pas choisir le moindre ?

Que le bonheur de tous puis être la somme des bonheurs individuels, ou qu'au contraire un bonheur collectif puisse satisfaire les aspirations personnelles de chacun, ce débat est-il d'actualité ? La priorité n'est-elle pas dorénavant, pour tous, de prévenir les difficultés à attendre d'une augmentation plus qu'alarmante de la population mondiale ? Ceux qui s'y refusent, avancent des arguments d'ordre idéologique, éthique et religieux, préférant attendre une inversion de la courbe qui devrait, selon les experts auxquels ils se réfèrent, afficher, à partir du siècle prochain, une hypothétique baisse de la population, après qu'elle soit passée par un pic de 10 à 12 milliards, (d'abord évalué à 9 ou 10). Indépendamment du caractère hypothétique d' une telle tendance ; de son incidence sur le nombre de pauvres tel qu'il en résultera, ainsi que sur leur sort ; sans davantage s'interroger sur le fait qu'un épuisement des ressources qu'offre la planète à ses habitants soit inéluctable, quel qu'en soit le terme et le nombre de ceux qui les consommeront, une question se pose : de quoi d'autre que la dénatalité, pourra bien résulter ce renversement de tendance espéré de tous, y compris les plus confiants dans la capacité de l'espèce à vaincre l'adversité en toutes circonstance ? En d'autre termes, plutôt que d'attendre dans la négation à tout prix d'une évidence attestée par 20 siècle de croissance de la population mondiale, une fatalité qui prendrait subitement un tour favorable, ne vaudrait-il pas mieux regarder la situation en face, avec pragmatisme ; réviser le crédit accordé au renversement miraculeux d'une tendance pluri-millénaire qui sauverait l'humanité du désastre auquel la promet son surnombre, et tenter de prendre le destin de l'espèce en mains, pour retarder autant que faire se peut une disparition à laquelle elle est promise en tout état de cause ?
Une dénatalité voulue ne vaut-elle pas une dénatalité subie ?
N'est-ce pas la seule authentique manifestation d'un refus de la fatalité ?

Devons-nous nécessairement laisser à notre descendance un univers peuplé de riches et de moins riches, comme nous le sommes encore – et comme nous pourrions le devenir par un meilleur partage –,ou surpeuplé exclusivement de pauvres. Car ce n'est pas s'égarer dans la science fiction que de prévoir en réponse à la surpopulation vers laquelle nous nous acheminons, que l'interdiction suivra nécessairement la restriction en tout, à commencer par les libertés de chacun.

Quant à ceux qui voient dans la dénatalité une volonté de report de responsabilités sur les générations futures, ils devraient simplement penser au fait que le jour où une telle mesure porterait ses fruits, aucun de ses partisans – comme de ses adversaires – ne serait plus là pour culpabiliser. Les uns comme les autres pourraient par contre être satisfaits d'avoir, de leur vivant, procédé à une remise en cause courageuse, en vue de prolonger, au moins pour un temps, le bonheur de leur descendance.


Le développement durable – ou responsable –, ne doit pas chercher dans ce qui précède des raisons de désarmer, bien au contraire. Que ce soit pour différer la fin d'une manière de vivre ou en préparer une nouvelle, il a toute son utilité. Les ressources de la planète et la possibilité de continuer à en vivre étant irrévocablement appelées à cesser un jour, le problème posé à l'homme se ramène en effet tout bonnement à inventer et mettre en œuvre les outils d'une prolongation aussi durable que possible.