Traductions

mardi 8 juillet 2014

Démographie et démocratie

Si parmi les multiples pièges qui menacent la démocratie, le dogmatisme, le sectarisme, le mensonge, la cupidité, la corruption, l'intolérance, etc, sont sans cesse évoqués, avec autant d'hypocrisie que de superfluité, il en est un dont les hommes dans leur grande majorité ne semblent pas avoir conscience. Il est pourtant en passe de devenir le plus redoutable, après s'être installé au su et à la vue de tous durant des siècles, sans apparemment éveiller la méfiance de qui que ce soit. Il s'agit de la surpopulation ; ce qui peut expliquer que les ennemis de la démocratie se multiplient et le soient en premier lieu au nom de la conquête ou de la défense de leur espace vital. N'est-elle pas l'arme fondamentale des extrémismes les plus enracinés, dont ceux qui règnent au Moyen-Orient ne sont hélas qu'un exemple trop parlant : « Comme aimait à dire Yasser Arafat : La meilleure arme de l'Organisation de libération de la Palestine, c'est l'utérus des Palestiniennes – Plagiant Ouari Boumedienne lorsqu'il proclamait à la tribune des Nations Unies que l'Islam ferait la conquête du monde par le ventre de ses femmes – » Ou : « Les haredim sont encore minoritaire en Israël, mais ils s'acharnent à changer cet état de fait. Et leur tactique est simple : ils procréent. Les familles ultra-orthodoxes comptent en moyenne près de sept enfants ; les fratries de dix ou plus ne sont pas rares ... un quotidien de Jerusalem cite un haredi qui se vante d'avoir 450 descendants.» (COMPTE À REBOURS - Alan Wiesman - Flammarion - Déc 2013)

Quel que soient notre souci du bien commun et notre soif de partage et de justice, nous ne pouvons ignorer qu'en dépit des progrès qu'elle a accomplis depuis, la République a été inventée à une époque ou la population humaine, dispersée sur la planète, n'était que de quelques dizaines de millions d'individus de toutes conditions.

Or, même s'il suffit de deux hommes sur un même territoire pour qu'y règne l'antagonisme, voire la discorde ou pire, leur nombre a crû dans une telle mesure qu'il engendre dorénavant désordres, peur et repli sur soi-même. Par la disparité des opinions qui s'y expriment, les conflits d'intérêts qui s'y manifestent ; par la transformation en cacophonie du moindre débat ; par une ingouvernabilité conduisant des leaders débordés à employer tôt ou tard la force au détriment de la raison ; par l'aggravation qui en découle du sort des plus démunis ; par la réduction de la part des richesses susceptible de revenir à chacun – à commencer par les libertés, tant individuelles que collectives –, le nombre réduit à néant toute volonté démocratique, sauf à viser un utopique égalitarisme dans la pauvreté généralisée.

« Chacun a le souvenir d'un monde qui était meilleur. Moins peuplé. Plus agréable. Où l'on se sentait plus libre. » (Alan Wiesman). Tous les pouvoirs le savent et pourtant tous les pouvoirs ont le culte du nombre. Nulle religion ni secte qui ne cherche à multiplier celui de ses fidèles, nul parti ou association qui ne s'efforce de rallier un maximum de membres ; nulle commune, région ou état qui ne fonde sa puissance, son avenir – et accessoirement le bonheur de sa population – sur l'importance de celle-ci.


Comme elle est le moyen infaillible de réduire le nombre de pauvres, par simple effet de proportions ; voir à ce sujet :
&


la dénatalité apparaît dès lors comme la seule mesure propre au rétablissement de l'équilibre démographique indispensable à la restauration et à la pérennité de cette démocratie porteuse de plus de justice, de responsabilité et de solidarité, souhaitée par tous les vrais républicains.

jeudi 12 juin 2014

Du bien et du mal à la démographie

« Les fortes émotions naissent de situations fortes : voilà pourquoi, dans les arts, la représentation du bonheur ennuie à la longue, voilà pourquoi on lui préfère la fatigue qu'excite le spectacle d'une grande infortune. » Antoine-Vincent Arnault
« L’homme est plus sensible au mal qu’au bien parce que le bien ne fait pas de bruit et n’est pas spectaculaire. » Jean Delumeau
« Le monde n'a peut-être été créé que pour réaliser le mal. Si, au lieu de contrarier le mouvement, nous le suivions, on obtiendrait un bon résultat. » Jules Renard
« Le mal, d'abord, apparaît toujours en Lucifer, pour ensuite se métamorphoser en Diabolus, et finir en Satanas. » Ersnt Jünger
« Dieu est beaucoup plus impie qu'il n'est saint, puisque le nombre des crimes qu'il opère, surpasse sans comparaison celui des bonnes œuvres qu'il produit. » Le jansénisme dévoilé.


Le bien et le mal sont des inventions de l’homme, en cela qu'il s'agit de notions découlant de la vie en société organisée telle qu'il y a été conduit par la conscience qu'il a de lui-même. Mais les autres espèces démontrent que ces notions ne leur sont pas inconnues, par leur comportement et leurs réactions lorsque tel ou tel de leurs membres enfreint leurs règles de vie, aussi primitives soient-elles.


Outre le fait que tout finit par se corrompre, le naturel serait-il à l'artificiel, l'inné serait-il à l'acquis, ce que le bien  est au mal ?

Le bien étant entendu comme ce qui concourt à la paix et à l’épanouissement harmonieux de l’individu et du groupe, le mal est ce qui les contrarie. Selon l’universelle dialectique, l’un se définit par l’autre, s’y oppose et n’existe que par cette opposition. Comme Dieu et le Diable, présumés auteurs conjoints de l’univers, le Bien et le Mal sont antagonistes. Pour vivre dans un minimum de tolérance réciproque, l ’homme en a fait ses références au point qu’ils occupent cet univers à la manière dont un gaz ou un liquide occupent les moindres replis et recoins de leur contenant. Mais l'homme va jusqu'à s’y identifier, capable d'être et de faire autant l'un que l’autre.


Inséparables l’une de l’autre, les notions de bien et de mal sont étroitement liées aux religions, dont elles ont été le fondement et demeurent la justification. Pour qui spécule sur l’âme et l’éternité, le mal est le sens même de la vie ici-bas, qui s’y accomplit comme une pénitence, depuis la naissance jusqu’à la mort, même si cette naissance est paradoxalement un bien, en ce sens qu’elle est le début de toute chose, avec sa charge d’espérance et de promesses de futurs pleins de félicités, tenues ou non. A l’opposé, l’aboutissement de toute vie qu’est la mort, ce basculement dans l’au-delà, est néant pour les uns, alors qu’il est pour d'autres l'instant où seront dispensées les suprêmes récompenses et punitions tenant compte du comportement de chacun face au bien et au mal ; instant de Vérité pour tous.


En attendant cette échéance à laquelle nul n'échappe, où toutes les curiosités seront satisfaites, le bien comme le mal doivent être considérés comme des notions d’ordre temporel, terrestre, en cela qu’elles régissent la vie quotidienne et les rapports que les individus entretiennent, de leur vivant, entre eux et avec leur environnement, selon les règles qu’ils se sont en grande partie eux-mêmes fixées. N’est-il pas dès lors légitime d’observer et de chercher à comprendre la rapport existant  objectivement entre ce bien et ce mal ?


De ce point de vue, l’une des questions se posant en premier lieu peut être de savoir s’il existe une prédominance de l’un sur l’autre. « Le mal se nourrit autant du bien que de lui-même, mais ne produit que le mal ». Aussi désabusée et réductrice qu'elle soit, cette affirmation est assez inquiétante pour suggérer au moins une question : S'il en est ainsi, le bien, qui peut à coup sûr se nourrir du mal, ne produit-il que du bien ? C'est précisément la vocation du mal que de l'empêcher, et il existe d'innombrables démonstrations selon lesquelles les meilleures intentions peuvent aboutir à leur contraire, déviées et perverties, alors que le mal prospère envers et contre tout.


Si le mal est comme le prolongement naturel de lui-même ; s’il est son propre support, à la manière d’un arbre vigoureux aux rejets toujours plus abondants et vivaces, ou comme un cancer aux proliférations aussi spontanées qu’incontrôlables, il est loin d’en être de même pour le bien, si souvent comparé au contraire à cette braise couvant sous la cendre et qu'un souffle doit sans cesse attiser pour qu'en jaillisse une flamme au demeurant d'ardeur variable. Contrairement au mal, le bien ne s'instaure ou ne s'installe pas spontanément, sinon pour céder en fin de compte au mal, à la manière de tout élément dont la disparition est programmée dans la corruption et la déliquescence. Quand le bien par contre, cherche à se développer, à se faire entendre, il se heurte aussitôt à la concurrence d'un mal omniprésent. Il en est comme s'il y avait déperdition, usure du bien ; réduction de son domaine sous l'effet de la progression ou de la simple résistance du mal. Les deux tendances se partageant l'espace dans lequel elles se manifestent, chacune essaie d’y agrandir son domaine au détriment de l'autre. Or, non seulement le mal triomphe à ce jeu mais il le fait avec un succès chaque jour plus affirmé, à en juger par les maux d'une humanité vieillissante, allant s'amplifiant et se multipliant. Le mal touchant tout et tous. Il faut de plus compter avec l'accoutumance, la fatigue et les erreurs de ceux qui le combattent ou le subissent, comme avec la perversion de ceux qui le pratiquent et l’encouragent.


Peut-être par réaction contre les assauts de ceux qui prétendent lutter contre lui, le mal est-il animé non seulement d'une résistance mais d'une dynamique qui assure son succès final, à la manière d’un virus apprenant à résister aux remèdes les plus efficaces. Il y a indéniable progression du mal ; il est porteur de son propre développement. Même lorsque le bien semble triompher, ce triomphe est toujours de durée limitée alors que le mal s’installe à la manière d’un chancre dont les traitements les plus énergiques ne peuvent venir à bout. L'éradication absolue et définitive du mal est inconnue et semble impossible, comme en témoigne l'histoire des hommes. Et lorsque ses effets sont combattus avec un semblant de succès dans un domaine, il réapparaît dans un autre et dans tous les cas ne s'efface jamais complètement. Il en est comme d'une eau pure qu'une seule goutte d'encre suffit à troubler, alors que toute l'eau du monde ne pourra jamais parvenir à s'exonérer de la trace d'une seule goutte d'encre. Ou de l’obscurité, qui a le pouvoir de recouvrir uniformément toute chose, alors que la lumière la plus éclatante ne peut par contre s’affranchir des zones d’ombre qu'elle génère elle-même. Il ne peut y avoir de lumière sans ombres comme il y a obscurité totale. Autre analogie avec la mort comparée à la vie : La mort finit par recouvrir toute chose (définitivement pour qui n’a pas la foi), alors que la vie a pour premières évidence son propre caractère, fragmentaire et éphémère.


Propos pessimiste s'il en est, mais résultant de la simple observation et non de l'intuition ; des faits que de l’hypothèse. Est-ce faire preuve de l’esprit du mal ou du bien que de raisonner sur de telles bases pour tenter d'évaluer les chances qu'a l'humanité de connaître un jour le bonheur qu'elle ne cesse de se promettre à elle-même par éradication du mal qui la ronge ? Le constat d'agissements sans cesse contraires à de telles intentions relève en tout cas de la plus élémentaire lucidité, qui précisément ne relève ni du bien ni du mal.


À défaut d'une victoire bien hypothétique du bien sur le mal, si ce dernier existe pour que le bien en soit la réciprocité – ou inversement –, l'espérance d'un compromis fondé sur un équilibre tel qu'il pourrait ou devrait en résulter est-elle fondée ? Mis à part les bienfaits de progrès techniques et scientifiques indéniables, même s'ils se limitent à procurer un confort matériel abusivement vanté comme le bonheur – qui est au malheur ce que le bien est au mal –, il suffit de considérer l’histoire et la satisfaction des hommes quant à leur sort pour en déduire qu'ils semblent y avoir renoncé, en échange d'une illusion. Demeure pourtant, pour nombre d'entre eux, l'espoir en ce bien reposant imperturbablement sous la cendre, apparemment peu soucieux que l'accumulation de celle-ci puisse conduire à l'impossibilité définitive d'en réanimer la flamme. A moins qu'un ouragan apocalyptique la balaye pour réanimer la flamme ailleurs que sur notre planète ou au profit d'une autre espèce.


L’homme, agissant envers lui-même à contre sens des lois dictées par la nature pour protéger les espèces, s’affaiblit de génération en génération et paie ainsi spirituellement tous les progrès qu’il réalise sur un plan matériel, au point qu'il soit permis de se demander si ce matériel n'est pas une manifestation du mal, à l'opposé du bien – Là encore le spirituel pouvant sembler être au matériel ce que le bien est au mal. La population des êtres humains s’accroît, grâce notamment aux progrès de la médecine, au détriment de la résistance de chacun de ses membres, et la santé de l’espèce à long terme en est largement compromise. Et il en est de même des espèces domestiquées, proportionnellement au temps depuis lequel elles l'ont été.

Quand les mécanismes qui en règlent naturellement l'existence ne jouent plus, les espèces qui sont demeurées les plus proches de la nature ne tardent pas à se réduire et sont condamnées à la disparition pure et simple. Par les qualités qu’ils démontrent et qui justifient leur domination sur le groupe, ce sont leurs membres dominants qui garantissent à celui-ci son maintien en bonne santé et le niveau de pérennité qui peut en résulter. L’homme, au contraire, investit une part importante de son énergie et de ses ressources dans la protection des membres les plus faibles de son groupe et cette importance va croissant ; chaque individu faible étant naturellement générateur d’autres individus faibles qui accroissent d’autant la charge des forts, dont le nombre décroît proportionnellement et décroîtra jusqu’à l’asphyxie ; jusqu’à ce que les forts soient eux-mêmes affaiblis par un effort dépassant leurs facultés. Exemple phare de la manière dont le mal submerge le bien : c’est au nom de la compassion, de la pitié, de la solidarité, de la générosité, de la charité, etc. – autant de sentiments réputés louables et associés au bien – que s’exerce cette résistance à la loi naturelle, alors que pour survivre et prospérer l'humanité doit se limiter en nombre, sauf à ce que l’homme soit prédateur de lui-même.

vendredi 25 avril 2014

Réduire la pauvreté par la démographie

Le combat contre la surpopulation et pour la dénatalité est aussi la lutte pour les pauvres et contre la pauvreté.

La réduction du taux de natalité des pauvres, et son alignement sur celui des riches, est en effet la condition nécessaire et suffisante d'une victoire sur la pauvreté.

Mais encore faut-il rappeler que victoire sur la pauvreté ne signifie pas éradication de celle-ci, pour la simple raison qu'elle est relative. Il n'est pas inutile de le souligner à l'intention de ceux qui confondent pauvres et pauvreté : richesse et pauvreté existent l'une par l'autre, comme le bien existe par le mal et le mal par le bien, comme le jour existe par la nuit et la nuit par le jour. Et cette réciprocité s'affirme dans une société hiérarchisée. À supposer que les niveaux de dépendance résultant de niveaux de richesse et de pouvoir soient supprimés – par des moyens restant à découvrir –, la nature continuera à imposer aux individus une altérité génératrice d'autres types de hiérarchie, jusques et y compris dans le cas où la pyramide sociale parviendrait à atteindre un degré de tassement comparable à celui régnant dans une ruche ou une fourmilière ... où, là encore, règne une inégalité structurelle née du sacrifice à une reine, en échange de la multiplication par elle des membres de la société qui œuvreront, par leur activité, à son enrichissement et à la continuité de l'espèce.

Ceci dit, la victoire sur la pauvreté telle que seule la rend possible la dénatalité, sera d'autant plus affirmée et durable, que toutes les catégories sociales qui composent la pyramide sociale sauront ajuster leur taux de natalité commun au maintien d'une population mondiale compatible avec les ressources de la planète et la meilleure harmonie possible entre ses occupants. Pour une population optimale estimée à 2 ou 3 milliards d'êtres humains, un taux légèrement supérieur à 2 est donné comme un optimum. Or les pauvres ont comme les autres le pouvoir d'observer un tel taux, évitant ainsi de proliférer comme ils le font ; sauf à vouloir absolument perpétuer le service qu'ils rendent à plus riches qu'eux, du seul fait de leur nombre. Car c'est ce nombre qui a fait de tous temps des plus pauvres des êtres humains le réservoir de main d'œuvre et de consommateurs de ceux qu'ils servent.

Mais qui servent-ils ?
Tous ceux dont ils sont le fonds de commerce idéologique ou économique. Mais que ceux-ci se rassurent, les pauvres ne disparaîtront pas. Dans son abomination, notre pyramide sociale leur a toujours réservé et leur réservera toujours sa base, par définition plus vaste que son sommet. Au train où vont les choses, par simple effet de proportion, parmi les 250 000 habitants supplémentaires que compte chaque jour la planète, 150 000 sont des pauvres de tous niveaux, parmi lesquels 50 000 sont des pauvres profonds.

Comme les chômeurs doivent être conscients qu'il existe des profiteurs de leur situation, que sont les multiples organismes qui existent et vivent par eux, les pauvres doivent réaliser que les riches n'ont pas l'exclusivité de leur exploitation. Ils sont aussi la raison d'être de prospères institutions qui trouvent en eux l'occasion d'exprimer leur compassion, d'exercer leur idéologie, et pour le moins de soigner à bon compte leur conscience.

La pauvreté, comme le chômage, est un mal qui doit se combattre et ne peut se vaincre que de l'intérieur. Sans pour autant nier l'utilité de l'aide pouvant leur être apportée par des étrangers à leur sort, c'est aux pauvres à prendre leur destin en main et pour cela, à prendre en premier lieu conscience de leur propre responsabilité dans l'expansion du mal dont est frappée la catégorie sociale à laquelle ils ont le malheur d'appartenir : sa propre prolifération.

Y-a-t-il paradoxe plus étrange que de se plaindre de la pauvreté en faisant par ailleurs valoir le nombre de pauvres comme une force déterminante dans la conquête de plus de justice sociale ? Par ailleurs, il est possible d'être pauvre et heureux, et il existe même des pauvres n'ayant nulle envie de devenir riches. Et ce n'est pas la moindre des difficultés, car où des pauvres dans ce cas trouveraient-ils des raisons de vouloir éviter à leur descendance de sort qui est le leur ?

Lutter contre la pauvreté c'est se battre pour les pauvres et non contre eux. De ce fait, c'est aussi lutter pour la richesse, même si le partage de cette dernière pose d'autres problèmes et si, en tout état de cause, la part de chacun est d'autant plus réduite que ceux qui y prétendent sont plus nombreux. Sans compter son coût pour la planète.

Ce qui précède revient à concevoir que démographie et pauvreté sont tellement liées, qu'une variation de la population en nombre a des effets directs sur sa répartition en pauvres et riches. Que nuls ne s'en inquiètent, la catégorie sociale à laquelle ils appartiennent ne peut se réduire sans que les autres se réduisent dans la même proportion.

De même pour toutes les bonnes âmes soucieuses du bonheur et du respect des pauvres, au point de se révolter à la seule idée d'en réduire le nombre, et qui s'obstinent à vouloir la mort des riches pour en tirer une amélioration du sort des pauvres. Ils doivent prendre conscience qu'en en restant à la lutte des classes – demandant plutôt un renforcement de celle des pauvres, donc une augmentation de leur nombre et de la pauvreté – ils ne font qu'exacerber le sentiment de frustration des plus défavorisés d'entre nous, en ignorant l'origine profonde de ces inégalités que ceux qui en sont victimes considèrent comme autant d'injustices, de même que le remède qui doit efficacement et durablement y être appliqué.



Naître moins nombreux ou mourir plus jeunes, tel est le choix qui seul permettra à l'espèce de prolonger son existence dans les limites de ce qu'autorisera, en tout état de cause et inexorablement, une planète maltraitée. Mais c'est aussi et peut être surtout, la garantie d'un retour au seul degré d'équilibre social qu'il soit permis à l'homme d'espérer.




Représentation de la pyramide sociale à population totale réduite (trait rouge), sans changement du niveau de richesse global. Chaque catégorie y occupe une place relative inchangée et les écarts de richesse ne changent pas. Les populations sont toutes réduites en nombre, proportionnellement à la réduction de la population totale.



JPEG - 66.4 ko
Le retour plusieurs siècles en arrière

Ici la population – réduite dans une mesure sensée être la même que dans la figure précédente – est représentée en supposant que le niveau de richesse globale a lui-même été fortement abaissé (suite par exemple, à une forte récession, telle que peut la faire imaginer une pénurie de ressources et/ou une forte diminution des moyens humains et matériels de production). Les écarts de richesse s'en trouvent réduits de même que les niveaux de richesse de chaque catégorie sociale, au point que les plus riches sont ramenés à un niveau qui était précédemment celui des pauvres les moins pauvres, avec répercussion sur les autres catégories sociales, toutes entraînées vers le bas.






lundi 31 mars 2014

Dénatalité, pauvres et riches

Évolution de la population mondiale par catégories sociales
selon la démographie

Catégories
sociales
Époques
et hypothèses d'accroissement
Hypothèses de réduction
An 2010
An 2050*
An 2100*
N°1
N°2
Population totale
7 000
9 000
11 200
3 000
2 000
Riches (a) 3.7%
259
333
414
111
74
Classes. moyennes (b) 24.3%
1 815
2 187
2 722
729
486
pauvres (c) 70%
4 926
6 300
8 400
2 100
1 400
En millions * Projections a minima

Nota - Les chiffres et pourcentages ci-dessus sont ceux moyennement admis par les instances publiant des données à ce sujet (ONU, B.M., INED, ONG diverses) ou en résultent.

Par son caractère indigne, la pauvreté fait obligation aux hommes de secourir ceux qui en sont frappés, mais il y de multiples façons de procéder. Si certaines ont largement fait la preuve de leur impuissance au cours des siècles, une au moins reste à appliquer : la dénatalité.

Comme chacun peut le comprendre et contrairement à la confusion qui règne souvent en la matière, lutter contre la pauvreté c'est lutter pour les pauvres et non contre eux. C'est en cela que le schéma et le tableau ci-après démontrent que la dénatalité est à coup sûr le meilleur moyen d'améliorer rapidement et de façon durable le sort des pauvres. En effet, sur 100 êtres humains qui naissent, 70 sont issus de parents pauvres, et le seront eux-mêmes dans leur grande majorité, 14 venant augmenter le nombre des pauvres profonds pour lesquels s'extraire de leur condition relève de la gageure.

Schéma et tableau représentent l'aggravation de la pauvreté, telle qu'elle résulte de la seule augmentation de la population. Inversement, ils mettent en évidence les effets bénéfiques sur la pauvreté, d'une réduction de la population. Ramener la population de la planète à 2 milliards d'êtres humains, reviendrait à ramener le nombre actuel de pauvres (4,826 milliards) à 1, 4 milliard. Par ailleurs, la plupart des problèmes écologiques y trouvant leurs solutions, voilà qui ne serait pas "mettre la charrue avant les bœufs".

Si le tableau se suffit à lui-même, sa lecture étant des plus simples, le schéma ci-après, qui l'illustre, peut justifier les explications suivantes :

- La pyramide (X) représentée par le triangle le plus grand (de couleur grise pour l'édition en couleurs) figure l'état de la pyramide sociale à notre époque, peuplée d'environ 7 milliards d'êtres humains, avec sa partition entre riches (a), classes moyennes (b) et pauvres (c).
- La pyramide (Y), réduite en volume pour une même hauteur que la pyramide (X), représente les effets d'une réduction de la population d'environ les 2/3, pour mettre en évidence la diminution du nombre de pauvres qui en résulterait, ceci à égalité de richesse globale de la société. En d'autres termes, et comme le tableau l'indique par ses chiffres, eu égard à la proportion de pauvres peuplant la pyramide sociale, une réduction de la population totale de cette dernière, entraîne une réduction proportionnelle du nombre de pauvre et par conséquent un recul correspondant de la pauvreté.
- La pyramide (Z) se veut l'équivalent en population de la pyramide (Y), mais selon une configuration correspondant à un moindre niveau de richesse globale de la société. Deux remarques s'ensuivent :
- Dans tous les cas, les proportions de pauvres, de représentants des classes moyennes et de riches nne changent pas. Seul change le nombre de représentants de chacune de ces classes.




lundi 24 mars 2014

À propos du livre "Moins nombreux plus heureux"

Éditions Sang de la Terre - 1er trimestre 2014

Plutôt que de prétendre, dans sa présentation, qu'il vient combler un manque, alors que contradictoirement certains de ses précurseurs y sont cités, n'eut-il pas été plus juste et modeste de dédier ce recueil à ceux qui de tous temps, et particulièrement depuis la fin du dernier siècle, n'ont pas cessé de dénoncer une situation qui ne fait qu'empirer. En dépit de l'insouciance générale à l'égard de notre sort dans laquelle nous vivons et de l'impassibilité avec laquelle les pouvoirs persistent à diriger nos consciences et nos actes, nous ne devons en effet pas davantage oublier les messages de nos sonneurs de tocsin nationaux comme Gaston Bouthoul, Jean Dorst, Alfred Fabre-Luce, Albert Jacquard, Alfred Sauvy, etc. que les avertissements de Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies (1997 - 2006) : « Si nous continuons dans cette voie, si nous ne faisons rien pour enrayer l'accroissement de la population, nous allons en payer le prix, nous allons nous retrouver dans un monde surpeuplé. La démographie a un impact sur le développement économique, sur l'environnement et sur les ressources de la Terre qui sont limitées.» ; ou du Rapport 2009 du Fonds des Nations Unies pour la Population ; « L’effort à long terme nécessaire pour maintenir un bien-être collectif qui soit en équilibre avec l’atmosphère et le climat exigera en fin de compte des modes viables de consommation et de production, qui ne peuvent être atteints et maintenus que si la population mondiale ne dépasse pas un chiffre écologiquement viable.»

Comme l'écrivait Jean Fourastié ("Ce que je crois" - Grasset 1981), autre prémoniteur : « la condition humaine est bien la dernière des préoccupations de l'homme. » Mais n'est-ce pas l'expression de la sagesse populaire, considérant que comme toute chose peuplant l'univers, notre Terre aura une fin et peut-être avant elle, au moins quelques unes des espèces qui la peuplent ? La mort de notre civilisation s'inscrit normalement dans ce destin, avec d'autant plus de certitude et de rapidité que nous aurons abusé de l'hospitalité de notre planète ; et pour peu qu'ils ouvrent les yeux, les plus bornés d'entre nous entrevoient le terme de son pillage. Pourquoi dès lors se préoccuper d'un avenir aussi inéluctable ? Peut-être est-ce la raison pour laquelle certains des auteurs de ce livre ne jugent pas utile d'aller au-delà de leur vision personnelle et restreinte de ce qui est en train de se produire.

Jean Fourastié pensait aussi (même source que ci-dessus) que ce qui manque le plus à l'homme est la synthèse. Or ce livre le confirme, dans la diversité des points de vue qu'il offre, agrémentés pour quelques uns d'exercices de style et d'évocation des clivages droite-gauche, homme-femme, riches-pauvres ; d'accusation des multinationales, (comme si elles n'étaient pas des structures nées de notre prolifération), etc. ainsi que de quelques actes de repentance, tribu payé à la pensée unique. Si l'écologie n'est pas plus de droite que de gauche, nous pouvons hésiter dans l'attribution de l'abus démographique à l'homme ou à la femme (la procréation se pratiquant à deux, n'en déplaise à certains) ; nous pouvons en accuser le collectivisme plutôt que le libéralisme et inversement, etc. mais une chose est certaine : au sein d'une pyramide sociale qui n'a cessé de s'atrophier au cours des dernières décennies, par simple effet de proportion, les pauvres seront les plus concernés par une réduction de la population, quelle qu'en soit l'ampleur. Ce sera en tout état de cause une grande victoire dans la lutte contre la pauvreté mais le bât blesse, car la régulation qui s'imposera d'elle-même si nous ne sommes pas capables d'y procéder à temps avec un minimum de sagesse, fera fi de toutes considérations d'ordre social et même humanitaire, ce qui nous promet le pire.

Pour plus de précision quant au caractère décalé des préoccupations de certains auteurs, peut-être est-il bon de rappeler quelques lignes de "La bombe "P", de Paul Ehrlich (p.75-76 - J'AI LU - Flammarion - 1976) : «Vous remarquerez que, dans mon exposé sur l'environnement humain, je me suis abstenu d'évoquer les thèmes habituels de la protection de la nature. Je n'ai pas versé de larmes sur la disparition des colombes voyageuses, ni sur celle, très proche, des condors californiens. Pas de larmes pour eux, donc, ni pour le grand pingouin ou le mammouth ou les grands troupeaux de bisons ou l'ours grizzli de Californie ou le perroquet de Caroline. Je n'ai pas parlé d'eux, ni du charme, de la beauté, de la magnificence même, de bien des paysages. Au lieu de cela, je me suis limité à des faits concernant directement l'homme. La raison en est simple : malgré tous leurs efforts, toute leur propagande, tous les beaux articles et toutes les belles photos, ceux qui se préoccupent seulement de protection de la nature sont battus d'avance. Et cela pour deux raisons. La première, évidente : l'explosion démographique entraîne irrémédiablement le "développement à tout prix". La seconde, c'est que nos [semblables] s'en moquent. Ils n'ont jamais entendu parler du condor de Californie ou du milan des Cévennes et ne s'attristent pas de leur disparition. Ils se disputeront plutôt le privilège de tirer sur les derniers. La vérité est que nous sommes de deux espèces. Un petit nombre se dévoue à la cause de la préservation de la beauté et de la nature. La majorité (permis de chasse en poche) concourt à sa perte, ou se montre en tous cas indifférente à son égard. Les premiers n'auront pas besoin d'être convaincus, et ce n'est pas en parlant aux autres de beauté, ou en faisant appel à un sentiment de compassion pour nos amis les animaux ... qu'on ébranlera des attitudes traditionnelles. ...
La chaîne des causes et des effets destructeurs remonte à une cause première ... : trop de monde sur terre. »

En d'autre termes, ou en résumé, il est plus que temps que chacun sorte du cadre ambigu et limité de ses préoccupations personnelles, pour œuvrer à cet objectif synthétique, urgent, prioritaire et déterminant, qu'est la dénatalité. Le reste suivra.

Comme l'écrit encore Paul Ehrlich : « ... avec, disons, une population mondiale de cinq cents millions d'hommes (rappelons que la terre ne comptait encore que 3 milliards d'humains lorsqu'il s'exprimait), moyennant quelques changements radicaux dans le rythme d'utilisation et la répartition des ressources mondiales, on résoudrait sans doute la crise écologique. »

"Moins nombreux, plus heureux" est donc un cri d'alarme de plus, auquel la préface d'un "Chevalier vert" n'ajoute pas grand chose, sinon que l'instinct du politicien le conduisant à toujours voler au secours de la victoire, il pourrait s'en déduire un supplément d'espoir – bien que l'intéressé ne se soit jamais distingué par la vigueur de ses prises de position concernant la dénatalité. De ce seul point de vue, le sous-titre de l'ouvrage n'eut-il pas justifié une inversion des priorités qu'il énonce pour devenir "L'urgence démographique de repenser l'écologie"

Quelles que soient leurs postures, leur résistance ou leurs protestations, ce sont les pouvoirs religieux, politiques et scientifiques qui ont entraîné la société au point d'irresponsabilité et d'inconscience où elle en est en matière de prolifération et ce ne peut être que d'eux que viendrait un sursis à son sort, au demeurant inéluctable. Aucune manifestation allant en ce sens ne doit donc être négligée, pour autant que les responsables – à tous les niveaux – de ces pouvoirs soient capables de pondérer leurs certitudes et acceptent de les soumettre aux réalités incontournables du nombre.



NB - Étrangement plus soucieux de photocopillage que de la propagation des messages dont il est porteur, "Moins nombreux, plus heureux", interdit par son copyright toute reproduction de son contenu, ce qui explique que la présente note de lecture soit privée des extraits et citations dont elle aurait pu s'étayer.

samedi 15 février 2014

Capitalisme, pauvreté et pyramide sociale

Ceux qui prétendent que le capitalisme régresse, agonise, qu'il est mort, mentent ou se trompent.
Il triomphe au contraire comme il ne l'a jamais fait. Au point qu'il n'y a plus les capitalistes et les autres, il y a une société capitaliste se partageant en divers courants ; et qu'ils le veuillent ou non, tous ses membres en font partie, dans des conditions inégales et dans une adhésion proportionnelle à ce que chacun en tire ... ou n'en tire pas.


Depuis l'avènement de l'industrie, la société n'a cessé et continue de s'enrichir, du simple fait de l'augmentation du nombre de ses membres et de l'activité de ceux qui travaillent pour générer un progrès agissant sur les foules comme le miroir aux alouettes. Les uns en profitent, d'autres en abusent, d'autres encore en souffrent, sans compter ceux qui, dans une utopie allant du blanc au noir, louent ou vitupèrent à qui mieux mieux ses effets les plus dérangeants. Parmi ces effets la mondialisation, qui n'est pourtant que la manifestation de ce progrès dans tous les domaines, et notamment ceux des communications et des technologies, ayant conduit à la suppression de frontières à l'abri desquelles chacun faisait jusqu'alors sa petite cuisine, de même que tous les pouvoirs leurs arrangements.


Pendant ce temps là, toujours aussi obstinément, les hommes – partagés entre ceux qui possèdent mais qui en voudraient davantage et ceux qui n'ayant rien en voudraient bien un peu –, ne cessent de proliférer dans une pyramide sociale s'atrophiant. La richesse globale atteint des sommets toujours plus élevés depuis lesquels elle alimente les fortunes particulières avant de ruisseler en filets de plus en plus menus, jusqu'à une base surpeuplée.


À noter comme l'idée de distribution des richesses de la société par ruissellement s'applique parfaitement à la pyramide sociale. Comme par une convection résultant de l'énergie dépensée à sa base et en son centre pour créer la richesse, celle-ci monte vers son sommet et s'y accumule. Après s'être servis et en avoir consacré une partie aux investissements nécessaires à la poursuite ainsi qu'au renforcement de l'activité de tous, les pouvoirs en diffusent une partie jusqu'aux niveaux les plus bas de la pyramide sociale par ruissellement. Comme pour un liquide, en résultent captages, détournements, et évaporation. Ce ruissellement étant de plus confronté à l'élargissement de la pyramide et à l'augmentation du nombre de ses habitants allant croissant vers sa base, une dispersion en résulte, réduisant d'autant la part de richesse de chacun de ceux qui l'occupent. Or, la structure pyramidale de la société est incontournable ; les révolutions prônées par certains étant condamnées à n'avoir pour résultats que de remplacer les pouvoirs chassés par d'autres, qui continueront à dominer les masses irriguées.


Mais pire s'annonce, car si l'avidité des hommes n'a d'égale que leur imprévoyance et leur capacité à se reproduire, la planète est un espace clos, dont les ressources, connues aussi bien que restant à découvrir, montrent depuis longtemps des limites que des pouvoirs, dont c'est le premier rôle, eussent dû anticiper, sans parler des conséquences de la pollution et du réchauffement climatique.


La seule chance qui reste à la société – et peut-être même à notre civilisation –, réside maintenant dans un rééquilibrage urgent de la pyramide sociale, fondé sur un choix entre :
- moins de riches et plus de pauvres
ou
- davantage de riches et moins de pauvres ;
le niveau de justice sociale permis à notre espèce se situant au point d'équilibre entre ces deux options.


S'agissant dorénavant de savoir dans quelle mesure ceux qui semblent frappés par la fatalité peuvent contribuer à un tel rééquilibrage, seul garant d'une amélioration de leur condition et de celle de leur descendance, la réponse leur appartient et consiste à cesser de s'offrir toujours plus nombreux à une société qui les consomme à la manière d'un Moloch ? Pour cela, il leur faut absolument réduire drastiquement des taux de natalité qui font d'eux le gros d'un effectif qui est le premier outil de cette société, pour laquelle surpopulation signifie main d'œuvre abondante et moins chère.

Il faut cependant que les individus concernés par une telle révolution – rejetant la lutte des classes aussi archaïque que vaine dans laquelle les confinent la plupart de ceux qui se font leurs guides –, soient conscients qu'en réduisant ainsi leur propre proportion dans la population de la planète, ils réduiront la base de la pyramide sociale avec pour conséquence d'en élever le sommet, donc d'accroître la proportion de riches. Mais pour qui un tel résultat serait intolérable, dès lors que serait atteint un double objectif : réduire la pauvreté en même temps que maîtriser la croissance de la population ?

jeudi 6 février 2014

Toujours à propos de "COMPTE à REBOURS", de Alan Weisman.

L'intérêt suscité par mon article publié ici et par plusieurs média en ligne sous le titre :
"À lire ABSOLUMENT : COMPTE À REBOURS, de Alan Weisman"*,
m'engage à partager avec ceux qu'intéressent les question de développement, de démographie et d'environnement, un certain nombre de citations et d'extraits tirés de ce livre, dans l'espoir qu'ils leur donneront l'envie de le lire en entier.
Je précise qu'il ne s'agit pas uniquement de lignes émanant de l'auteur, mais aussi bien de propos tenus par divers personnages qu'il lui a été donné d'interviewer


Citations
- C'est Dieu qui engendre les enfants. Et il leur trouve une place à tous ...
- Dieu a créé ce problème [la surpopulation] et Il lui apportera une solution.
- Dieu ne dit pas : « Soyez féconds et multipliez-vous à l'infini ou autant que vous pouvez ... ». Il dit : « Soyez féconds, multipliez-vous et remplissez la Terre ».
- En 2020 tous les Israéliens boiront de l'eau d’égout recyclée, mais il n'y en aura peut-être pas pour tout le monde.
- Dans l'histoire de la biologie, toute espèce qui a surexploité ses ressources a vu sa population s'effondrer.
- Ce sont essentiellement les pays pauvres qui contribuent à l'accroissement de la population.
- Le moteur de l'agriculture n'est pas la volonté de nourrir l'humanité, mais le profit.
- Les progrès de la production alimentaire ont pour conséquence que la Terre abrite plus d'affamés que jamais.
- ... chacun de nous est en compétition avec tout être vivant de la planète pour se nourrir et s'assurer un espace vital.
- Dans le Coran, le Prophète conseille aux parents de ne pas faire plus d'enfants qu'ils n'ont les moyens d'en élever.
- Si nous voulons un monde plus riche, nous devons faire baisser les chiffres de la population. Les deux choses vont ensemble.
- Soit tout le monde, en moyenne, consomme moins, soit nous avons moins de consommateurs.
- La transition vers [un monde]à la population réduite impliquera, au moins pendant un temps, une proportion très élevée de gens âgés.
- La vie moderne requiert une planification moderne.
- à propos du préservatif : No Glove, No Love. (Pas de capote, pas d'amour). In Rubber We Trust. (Nous avons foi en la capote). Weapons of Mass Protection. (Armes de protection massive).
- ... il n'y a pas un seul problème sur la Terre qui ne serait moins grave si nous étions moins nombreux.
- Chacun a le souvenir d'un monde qui était meilleur. Moins peuplé. Plus agréable. Où l'on se sentait plus libre.


Extraits
- Comme aimait à dire Yasser Arafat : La meilleure arme de l'Organisation de libération de la Palestine, c'est l'utérus des Palestiniennes.
- Les haredim sont encore minoritaire en Israël, mais ils s'acharnent à changer cet état de fait. Et leur tactique est simple : ils procréent. Les familles ultra-orthodoxes comptent en moyenne près de sept enfants ; les fratries de dix ou plus ne sont pas rares ... un quotidien de Jerusalem cite un haredi qui se vante d'avoir 450 descendants.
- Rio 1992 - Sommet de la Terre :
Invoquant le caractère sacré de la vie humaine, le Vatican affirma que les pauvres étaient les victimes et non les responsables de la dégradation de l'environnement.... L’Église eut aussi une influence considérable sur les négociations préliminaires et réussit à faire supprimer l'expression planification familiales et le mot contraception des ébauches de la déclaration commune ... Le Saint-Siège n'a pas cherché à éliminer les questions relatives à la population ; il a simplement tenté d'en améliorer la formulation, déclara le Vatican lorsqu'il eut obtenu satisfaction.
Pour les multinationales qui étaient les principaux sponsors du Sommet, l'accroissement des populations était synonymes à la fois de main d'œuvre peu coûteuse et de marchés toujours plus vastes.
- La population optimale ne signifie pas le nombre maximal d'individus susceptibles d'être entassés dans les différents pays comme des poulets en batterie, mais le nombre d'humains qui peuvent mener en même temps une vie confortable, agréable, et sans compromettre les chances des générations futures de connaître le même sort. Dans cette optique, chaque membre de cette population optimale doit avoir au minimum la garantie d'être nourri, logé, scolarisé, soigné, de ne souffrir d'aucun préjugé, racial, ou autre, et de gagner sa vie.
Il ne s'agi[ssai]t pas là de mettre fin aux inégalités, les forces économiques qui les produisent sont trop puissantes, [de même que] l'égoïsme et le nombrilisme propres aux humains
- Il est impératif que les émissions de carbone des riches diminuent radicalement. mais si l'on veut voir s'instaurer un semblant d'égalité, les pauvres émettront quant à eux davantage de carbone. Et plus nous serons nombreux, plus ce chiffre sera élevé.
- [Au Pakistan] e taux de chômage, à deux chiffres, croît avec la population. ... Une nation remplie de jeunes gens en colère n'est pas une nation stable, et une nation déstabilisée où trop de citoyens manquent d'eau et sont entraînés dans le chaos est une source d'inquiétude pour toute la planète.
- En 1947 [Karachi] comptait moins d'un demi-million d'habitants. Ce chiffre a été multiplié par 42 : ils sont aujourd'hui [en 2013] 21 millions.
- L'étalon de mesure de presque toutes les économies a toujours été celui de la croissance. Les exceptions – les communautés coopératives ou les sociétés qui pratiquent le potlatch [Cérémonie, pratiquée notamment par les tribus indigènes d'Amérique du Nord, au cours de laquelle des clans ou des chefs de clans rivalisent de prodigalité, soit en détruisant des objets, soit en faisant des dons au rival qui est contraint à son tour à donner davantage (ATILF). Par ext. : Système de dons/contre-dons dans le cadre d'échanges non marchands (Wikipedia)] ont peut-être beaucoup à nous apprendre, mais elles sont si rares qu'elles semblent confirmer la règle. Pour jauger l'état de santé de l'économie, les medias regardent si l'immobilier a grimpé ou chuté. Peu importe que chaque nouvelle maison amplifie le mouvement d'étalement urbain, supprime un morceau supplémentaire de l'environnement naturel et exige des ressources considérables pour être raccordée aux différents réseaux urbains – eau potable, égouts, électricité, routes, etc. Peu importe car cette maison [désirée par celui qui la fait construire ou l'achète] représente un profit pour les promoteurs et les agents immobiliers, ainsi que du travail pour les menuisiers, les maçons, les plombiers, les électriciens, les peintres, les poseurs de parquet, les jardiniers, les terrassiers et les marchands de meubles. Sans compter les emplois que son entretien contribuera à maintenir.
Mais que se passe-t-il, alors, si nous sommes moins nombreux et avons besoin de moins de maisons, de moins de biens ? Comment s'opère la transition vers une société de plus petite taille, avec moins de consommateurs chaque année – et moins de travailleurs, aussi, qui remplissent les coffres des services sociaux, nécessaires pour faire vivre et soigner les gens âgés, improductifs, de cette société contractée ?
Qu'arrive-t-il ensuite, si nous parvenons bel et bien à un nombre optimum d'humains qui utiliseront et recycleront les ressources de la nature à un rythme plus lent, qui permettra à ces ressources de se reconstituer – si nous trouvons en somme le juste équilibre avec la planète qui nous fait vivre ? Maintenir un tel niveau idéal impliquerait de ne jamais plus croître pour le dépasser.
Cet objectif est-il réaliste ? Pourrons-nous un jour avoir la prospérité sans la croissance ?
- La science économique traditionnelle prêche la croissance perpétuelle, qui implique non seulement l'invention permanente de nouveaux produits mais aussi la recherche constante de nouveaux consommateurs. C'est une des raisons pour lesquelles la plupart des économistes sont traditionnellement favorables à l'augmentation des populations. L'autre raison, c'est que plus il y a de gens, plus il y a de réserve de main-d'œuvre, plus il y a de travailleurs pour occuper les emplois disponibles et moins cher ils peuvent être payés.
Malheureusement, sur une planète dont les ressources sont par définition limitées, une économie fondée sur la croissance sans fin n'est pas plus perpétuelle qu'une chaîne de lettres ou une pyramide de Ponzi, deux arnaques qui nécessitent toujours davantage de participants ... jusqu'à ce que l'édifice tout entier s'effondre.
- Certains Japonais ont recours à une forme extrême de contraception : [ils n'ont] pas de relations sexuelles. Ce n'est pas aussi dramatique qu'il y paraît ...
- L'appauvrissement des sols et des océans, bien réel et inéluctable, se manifeste pour l'essentiel [à l'égard] d'une frange croissante du bas de la société humaine : des gens affamés, qui sont aujourd'hui, au début du XXIe siècle, plus nombreux que ne l'était l'ensemble des humains vivant sur terre avant que l'industrialisation n'accélère la multiplication de nos populations ...

- Nous ignorons si la fin de l'humanité est proche. Nous savons qu'elle pourrait survenir ... Mais ce ne sera pas la fin de la Terre même si c'est notre fin à nous. La nature poursuivra son chemin après nous.

* Flammarion - Déc. 2013

lundi 3 février 2014

À lire ABSOLUMENT : COMPTE À REBOURS, de Alan Weisman

COMPTE À REBOURS (Alan Weisman - Flammarion Déc 2013)
À lire ABSOLUMENT.

Il est d'autant plus malaisé de tirer de ce tour du monde des misères de l'humanité et de celles qu'elle inflige à son environnement, autre chose que nostalgie et résignation, que les meilleures intentions pour y remédier sont souvent antagonistes. À défaut d'admettre « Qu'il n'y a pas un seul problème sur la Terre qui ne serait moins grave si nous étions moins nombreux. », « Chacun en effet a le souvenir d'un monde qui était meilleur. Moins peuplé. Plus agréable. Où l'on se sentait plus libre. »

Face au foisonnement de nos maux, reste à espérer que ce livre, par les « questions simples et de bon sens » qu'il pose en préambule :
- « Combien d'êtres humains notre planète peut-elle contenir ... ? »
- « Existe-t-il un moyen pacifique et moralement acceptable de convaincre les humains de toutes les cultures, religions, nationalités, tribus du monde, qu'il est de leur intérêt de faire moins d'enfants ? »
- « ... quelles espèces et quels processus écologiques sont essentiels à notre survie ? »
- « ... comment concevoir ... une économie capable de prospérer sans dépendre d'une croissance infinie ? »,
soit suffisamment lu pour accélérer la prise de conscience de ce qu'est la réalité de notre prolifération ainsi que la nature et l'urgence des mesures à mettre en œuvre pour l'enrayer et stabiliser la population mondiale à un niveau acceptable.

C'est aussi un hommage mérité à de nombreuses ONG, ainsi qu'aux communautés universitaires et scientifiques, qui ne doit pas faire oublier que ces dernières ne sont pas toutes d'accord, tant sur les bilans que sur les mesures à prendre telles qu'elles en découlent. Il n'en demeure pas moins que leurs travaux contrastent avec l'inertie des religions ainsi qu'avec l'absence de réactivité, – voire l'opposition – des politiques, faisant de ceux-ci comme de celles-là les vrais responsables de la situation dans laquelle s'est enfoncée l'humanité au cours des derniers siècles, par leur incapacité à accompagner le progrès.

Quoi qu'il en soit, si contrairement à ce que peuvent faire croire leur crédulité et leurs superstitions, leur condition n'est pas la première préoccupation des hommes, il est grand temps qu'ils réalisent que « La foi stupide ne peut que déplaire à Dieu. » (Jules Renard)


Tout les moyens respectueux de la morale étant bons pour parvenir à la dénatalité, ne faut-il pas craindre toutefois que le foisonnement des faits et leur relation dans un style journalistique atteignant les limites de la vulgarisation, puissent porter atteinte à l'efficacité de "COMPTE À REBOURS" ? À chacun de ceux qui partagent les préoccupations de Alan Weisman de faire en sorte qu'il n'en soit rien.

lundi 20 janvier 2014

Plaidoyer pour la dénatalité

Humanisme contre matérialisme,
pour vivre mieux moins nombreux.


« Il n’y a richesse, ni force que d’hommes ».
Lorsque Jean Bodin résumait ainsi sa pensée, nourrie des valeurs de la renaissance, pensait-il que son aphorisme connaîtrait la postérité et qualifierait un jour, sans le moindre fard, notre société ? C'est ce qui a lieu en tout cas de nos jours, bien au-delà de ce que permettait d'imaginer l'humanisme de son époque – parenthèse d'une évolution allant de l'esclavage antique aux formes d'aliénation auxquelles est parvenu l'homme, que ce soit par le travail ou par le profit qu'il en tire.


S'il est arrivé que l'être humain, dans la différence à laquelle il prétend par rapport aux autres espèces animales, ait pu se considérer comme dépositaire d'un trésor spirituel, le progrès a eu tôt fait de le lui confisquer. La quantité supplantant la qualité, homo "éthicus" a été progressivement remplacé par son nombre (ou son ombre), devenu l'indicateur suprême de la puissance des cités, des nations et de la société.


Pour ceux qui douteraient de cette réalité, les lignes ci-après, empruntées à Turmeau de la Morandière, continuateur zélé de Jean Bodin, sont révélatrices du pragmatisme, voire du cynisme, sur lesquels ont toujours reposées les incitations à croître et à multiplier, dispensées aux peuples.


« Les bestiaux sont plus nécessaires à un État qu'on ne se l'est imaginé jusqu'à présent. Si on en eut connu toute l'importance, le Conseil se serait occupé du soin de les faire multiplier. il est temps d'ouvrir les yeux sur ce point de vérité ; sans bestiaux il n'y aura pas d'engrais, et par conséquent les productions en grains et grenailles de toutes espèces, en légumes, en vins, en fruits, en foins et paille seront médiocres ; de décroissements en décroissements il n'y aura donc par succession de temps ni pain, ni vin, ni fourrage, ni autres subsistance pour hommes et chevaux ; ni chanvres ni laines, ni soie pour se vêtir ; et c'est ce qu'on doit craindre. Sans manufactures par conséquent et sans commerce, la finance, ce corps quelquefois nécessaire, sans cependant en faire trop d'usage, ni le considérer comme la colonne de l’État, suivant l'expression d'un Premier ministre, s'écroulera. Sans argent, sans subsistances, sans denrées d'aucune nature, sans ressources, les armées n'iront pas loin, et ne tarderont pas à se dissoudre ou à se disperser ; les soldats se battront mal et périront ; les chevaux auront la même fin avant d'avoir fait le moindre service ; les habitants des villes et campagnes riches et pauvres manqueront des choses les plus indispensables, et mourront de faim, de froid et de misère ; sans hommes dans le royaume, il n'y aura plus ni soldats, ni matelots, ni ouvriers et le royaume, enfin, sans habitants, deviendra le repaire des lions, des léopards, des ours, et n'aura plus besoin de ministres ni de généraux. Les financiers joueront un pauvre rôle vis-à-vis des bêtes féroces ou des bêtes fauves ; c'est donc ici la cause commune du roi, de son sage Conseil et de ses fidèles sujets ; cause par conséquent extrêmement importante pour tous les États, pour toutes les professions. »


« Si je ne craignais d'autoriser le vice, et d'achever de corrompre les mœurs qui ne sont déjà que trop relâchées et trop déréglées, j'adopterais le projet que Chévrier prête à feu M. le Maréchal de Belle-Ile dans son prétendu testament politique. Ce serait, 1° d'établir à Paris comme à Berlin [l'allemagne donnait déjà l'exemple], une maison décente pour y recevoir dans le plus grand secret les filles de familles honnêtes enceintes, pour les y traiter avec douceur, et ce pendant le temps de leur grossesse, et même dès son commencement. 2° de tenir la main à ce que les filles du menu peuple et les filles publiques qui vont faire leurs couches à l'Hôtel Dieu de Paris, y fussent traitées avec beaucoup plus d'humanité et de soins qu'elles ne le sont, et qu'il leur fût donné après leur parfait rétablissement, et en sortant de la maison, la somme de cent cinquante livres, si elles étaient accouchées d'un garçon, et celle de trente livres si elles n'étaient accouchées que d'une fille, l'une et l'autre desquelles sommes leur seraient payées comptant et sur leurs quittances.
J'appréhenderais cependant qu'un pareil établissement qui, à certains égards serait très bon et très avantageux, puisqu'il tend à conserver des créatures faites pour servir Dieu, à multiplier le nombre des citoyens et à enrichir l’État, ne fut un nouvel attrait pour le libertinage et l'effrénation, qu'il ne fut même un éloignement pour le mariage, que les nations policées doivent chérir et respecter, puisqu'il assure leur tranquillité et leur bonheur. »


« Dirai-je même à cet égard que la crainte d'avoir une nombreuse famille, qui expose les pères, les mères et les enfants à mourir de faim, fait de tous ceux qui s'engagent dans cet auguste sacrement, autant de sacrilèges impies qui le profanent sans scrupule, et par un faux système d'économie et de prudence. Nous ne voulons pas avoir beaucoup d'enfants, disent-ils, parce que nous ne sommes pas en situation de les nourrir, de les entretenir, encore moins de leur procurer une aussi bonne éducation que nous le désirerions, ni un établissement avantageux. »


« Quelques grands que soient nos maux, il est encore temps de les guérir radicalement, pourvu qu'on en diffère pas les remèdes. Invités au mariage par l'ordonnance que je demande contre l'oisiveté, les sujets les plus sages comme les plus libertins, par des récompense que sa majesté accordera, et qu'on distribuera fort exactement aux pères et mères des familles nombreuses, à l'imitation de Louis XIV qui, dans les commencements de son règne accorda pendant cinq années l'exemption de taille à tous ceux qui se marieraient, et une exemption de toute nature d'imposition pendant sa vie au père de famille qui avait dix enfants vivants. »


« Attachez une sorte d'infamie à la vie des célibataires séculiers de l'un comme de l'autre sexe : les garçons la mérite puisqu'ils sont tous libertins. Imposez-leur une taxe particulière, humiliante et forte, dont ils ne pourront s'affranchir qu'en se mariant. Défendez par la même ordonnance à tous jeunes gens, garçons et filles, qui souvent par fainéantise, quelquefois par enthousiasme, se destinent à la vie nonchalante des mystiques encloîtrés, de se lier par aucun vœu, qu'ils n'aient atteint, savoir les hommes l'âge de trente-cinq ans et les filles celui de trente ans, à peine de nullité. Défendez pareillement aux communautés religieuses de l'un et l'autre sexe, même aux Chartreux et Trappistes, de recevoir aucun sujet avant vingt-neuf ans pour les filles et trente-quatre pour les hommes, pour faire leur noviciat, sous peine de cinq cents livres d'amende contre les maisons conventuelles et les communautés où les vœux auront été prononcés, et ce pour la désobéissance et contravention ; attendu qu'avant de parvenir à l'un ou l'autre de ces deux âges, chaque postulant aura eu le temps et les moyens de se consulter et d'éprouver sa vocation avec autant de réflexion qu'en exige un état si sain et si méritoire. »


« Pour lors le ciel et la terre y gagneront en habitants ; l'objet de la création de l'homme se remplira ponctuellement et tel que Dieu le veut. La population du royaume se multipliera, lui procurera en abondance des denrées de toutes espèces de son crû, des richesses numéraires, et le rendra florissant et redoutable à toutes le nations. »


Et selon les propos suivants, extraits du livre de Alan Weisel "COMPTE à REBOURS", de tels préceptes perdurent :
« - Rio 1992 - Sommet de la Terre - … L’Église eut aussi une influence considérable sur les négociations préliminaires et réussit à faire supprimer l'expression planification familiales et le mot contraception des ébauches de la déclaration commune ... Le Saint-Siège n'a pas cherché à éliminer les questions relatives à la population ; il a simplement tenté d'en améliorer la formulation, déclara le Vatican lorsqu'il eut obtenu satisfaction.
Pour les multinationales qui étaient les principaux sponsors du Sommet, l'accroissement des populations était synonymes à la fois de main d'œuvre peu coûteuse et de marchés toujours plus vastes… »
Et l'Islam n'est pas en reste, car si « Dans le Coran, le Prophète conseille aux parents de ne pas faire plus d'enfants qu'ils n'ont les moyens d'en élever. », « Comme aimait à dire Yasser Arafat : La meilleure arme de l'Organisation de libération de la Palestine, c'est l'utérus des Palestiniennes. » et comme l'ont proclamé proclamé en leur temps d'autres responsables politiques, dont houarri Boumédienne à la tribune de l'ONU, « c'est par le ventre de ses femmes que l'Islam compte faire la conquête du monde » ; pendant qu'en Israël « les familles ultra-orthodoxes comptent en moyenne près de sept enfants et les fratries de dix ou plus ne sont pas rares. » … pour tenter de surpasser en nombre la population palestinienne.


Mais défiant toutes considérations religieuses, philosophiques ou politiques, la richesse ainsi promue se déprécie, et l'inflation qui la touche pourrait conduire à son effondrement ; aboutissement de la courbe de vie, sinon de l'espèce du moins de notre civilisation.


Pourtant, comme si de telles aberrations n'existaient pas, les pouvoirs restent maîtres de cette richesse faite des hommes, pendant que ceux d'entre eux qui ont à s'en plaindre se limitent à contester les conditions du partage d'une autre richesse : celle qui résulte de leur activité. En effet, si la société se mesure au nombre des individus qui la composent, toutes conditions confondues, force est de constater que par un mécanisme lié aux hasards de leur naissance, le profit tiré du travail du plus grand nombre va en tout premier lieu à cette élite, tant spirituelle que matérielle, qui l'encourage si résolument à se multiplier. En réaction à une telle "exploitation de l'homme par l'homme", la révolte s'est d'abord manifestée et survit dans l'archaïsme d'une lutte des classes ayant pourtant démontrée sa stérilité, un pouvoir chassant l'autre et les catégories sociales continuant à se partager les mêmes étages d'une pyramide sociale dans laquelle, par simple effet de proportionnalité, les pauvres croissent en nombre, plus vite que les autres catégories sociales, aggravant sans cesse leur propre sort. La part du progrès revenant à chacun étant d'autant plus réduite que sont nombreux ceux qui se la partagent, ils peinent à concevoir qu'ils seraient les premiers, s'ils étaient moins nombreux, à être plus heureux.


Quoi qu'il en soit, le surnombre ne peut qu'être source des pires difficultés, ne serait-ce que par son ingouvernabilité, attestée par les difficultés croissantes à simplement gouverner le nombre. Les désordres sociétaux et environnementaux que nous connaissons d'ores et déjà en annoncent bien d'autres, d'ampleur incalculable, qui accompagneront inévitablement l'expansion cinétique de la pauvreté et le partage de ressources planétaires ne pouvant aller qu'en s'amenuisant.


Surpassant sans cesse l'action d'innombrables organisations humanitaires, d'essence tant privée que publique, cherchant à la réduire, la pauvreté matérielle ne sera d'ailleurs pas la seule cause de nos maux ; d'autres formes l'aggraveront, telles que l'uniformité, l'indifférence ; un chacun pour soi exacerbé par des restrictions en tout, et l'impuissance. Pour ce qui est de l'espace vital, l'homme a déjà démontré qu'il était compressible ; reste à savoir dans quelles limites. En ce qui concerne les besoins alimentaires, principale préoccupation des malthusiens, est-il permis d'espérer que le génie humain saura y pourvoir, avec ou sans intervention divine ? Quant à l'agoraphobie, il reste à ceux qui en souffrent à se faire une raison, de même que pour une inévitable restriction des libertés. Car la liberté elle aussi est une richesse qui se partage, et plus le nombre de ceux qui y prétendent est grand, plus est réduite la part qui en revient à chacun.


Face à de telles perspectives, nombre de ceux qui en souffrent le plus continuent à afficher les taux de fécondité les plus élevés, comme répondant à un instinct de conservation de l'espèce particulière qu'ils semblent former, avec l'aide de dogmes et idéologies se faisant les ennemis résolus de la dénatalité, sur fond de résignation ou d'intérêts. Pourtant, toujours par effet de proportionnalité, cette dénatalité toucherait majoritairement surtout les plus pauvres, ce dont tous les pouvoirs devraient être conscients, ne serait-ce qu'en raison du bénéfice qui en résulterait pour eux-mêmes, en réponse à une pression qui monte chaque jour un peu plus, avec la puissance des centaines de milliers d'êtres humains supplémentaires qui déferlent chaque jour sur la planète.