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mardi 26 janvier 2016

Démographie, progrès et pauvreté profonde

Aux époques pré-industrielles, du fait d'un progrès limité, celui-ci profitait à tous sensiblement de la même manière, sinon dans la même mesure. Par ailleurs, s'il existait déjà de "grandes fortunes", elles étaient le plus souvent détenues par ceux qui avaient en même temps le pouvoir politique et/ou religieux, dont elles pouvaient paraître l'accessoire incontesté dans une société à la conscience sociale balbutiante. Les écarts de richesse étaient ressentis comme naturels par des pauvres plus crédules et moins nombreux qu'ils devaient le devenir, et qui se confondaient en une seule pauvreté.

Depuis, le passage de la population humaine de 1 à 7 milliards d'individus a entraîné un développement démesuré de la pyramide sociale. En même temps, la richesse générée par l'activité d'une telle population et une productivité due au progrès et aux nouveaux moyens dont il était porteur a considérablement augmentée. Plus particulièrement au cours des xixème et xxème siècles, le sommet de la pyramide sociale s'est élevé et sa base s'est étendue. Dans un contexte où le matériel l'emportait sur le spirituel, les pauvres dont le nombre a crû plus vite que celui des riches, ont progressivement pris conscience de leur condition et se sont organisés pour contester des écarts de richesse dont la croissance n'a fait que suivre celle de la population et de sa richesse globale.

Mais cette amplification des inégalités sociales s'est accompagnée de l'émergence d'une nouvelle pauvreté résultant de l'accès des pays et régions les moins avancées du monde à l'industrialisation et à la modernité. Venu s'ajouter au lumperproletariat de Marx et autres laissés pour compte des avancées sociales, un sous-strate composé de miséreux s'appuyant directement sur l'extrême base de la pyramide sociale s'est formé, dont les occupants ont été qualifiés de pauvres profonds.

Alors que s'amélioraient les conditions de vie du plus grand nombre, se sont installées celles de cette sous-catégorie sociale, composée majoritairement de victimes d'un exode vers des lieux (états, villes aussi bien que campagnes) où rien n'était disposé à les accueillir ; répétition à l'échelle mondiale de l'exode rural qu'avaient connu les pays occidentaux lors de leur industrialisation, aggravé par le flot croissant des victimes fuyant d'innombrables crises, désordres et violences économiques, ethniques, politiques, religieux, climatiques, ...

Ce nouveau mode de vie, qui s'est progressivement ancré partout dans le monde, se caractérise aujourd'hui par une précarité extrême, dont l'aspect le plus visible est l'habitat. Les bidonvilles pourraient compter 900 millions d'habitants en 2020 selon l'ONU, les camps qui se multiplient ne parvenant pas à endiguer le flot de ceux qui les peuplent, pas davantage que des barrières, murs et clôtures toujours plus hauts et plus nombreux. « Loin d’être l’exception que l’on évoque généralement dans un cadre humanitaire ou sécuritaire pour en justifier l’existence, les camps [et les murs] font durablement partie des espaces et des sociétés qui composent le monde aujourd’hui.» ("Un monde de camps" - Clara LECADET et Michel AGIER - éditions La Découverte) ; des vêtements hérités de moins pauvres qu'eux, quand ils ne sont pas faits de haillons ; une nourriture constituée de restes et de déchets, pour ceux qui n'ont pas la chance de bénéficier d'initiatives amplifiant le concept de "soupes populaires" propres aux grandes crises, se multipliant sous les formes et les appellations les plus diverses ; un  manque d'hygiène et de soins, avec pour conséquence un état de santé propice au développement de maladies et à la contagion, que combattent de nombreuses organisations tant privées que publiques hissées, par leur nombre et leurs budgets, au rang de véritables puissances économiques et politiques ; un criant défaut d'éducation. Autant de caractéristiques, d'ailleurs officiellement reconnues par les institutions au plus haut niveau (Banque Mondiale, ONU, UNESCO ... ) pour qualifier ce niveau de pauvreté, qui indiquent à quel point la pauvreté, plutôt que de reculer comme le prétendent certains, se développe au contraire – serait-ce dans sa relativité – du fait de la multiplication de crises, toutes plus ou moins directement imputables à l'augmentation de la population humaine ? Le Figaro.fr du 09 nov 2015 titre : « Climat : 100 millions de pauvres en plus d'ici 2030 si rien n'est fait. À 21 jours de la COP 21, la Banque mondiale alerte dans un rapport sur les risques du changement climatique pour les populations les plus vulnérables. ». Ce sont effectivement les plus vulnérables qui feront, les premiers, les frais du réchauffement climatique, comme ils font ceux d'autres "réchauffements", tous résultant d'une démographie planétaire vécue depuis des décennies et des siècles dans l'indifférence et l'aveuglement le plus complet.

Quoi qu'il en soit, la pauvreté ayant jusqu'ici participé au peuplement de la pyramide sociale se définit dorénavant d'une nouvelle manière, résultant de la modernité et du progrès. N'est-ce pas en effet ce dernier et plus précisément l'augmentation de richesse de la société qui l'a accompagné qui, par un accroissement constant de l'écart entre le sommet et la base de la pyramide sociale a entraîné la multiplication des pauvres relatifs et l'apparition puis la multiplication parmi eux de pauvres profonds dont le sort n'aurait pas été envié par les plus pauvres des anciens pauvres ?

Irions-nous vers une partition de la société, non plus en 3 (pauvres, classes moyennes et pauvres) mais en 4 catégories sociales ? Nul doute que nous soyons sur cette voie, puisque pour une population estimée de 250 millions d'êtres humains au début de notre ère, le nombre de ces pauvres profonds se situe 20 siècles plus tard entre 1 et 2 milliard – l'accord étant loin de régner entre les spécialistes, tant sur les chiffres que sur le fait que cette pauvreté profonde régresse ou augmente.

Trop souvent guidés par leur une compassion dévoyée, combien de socio-intellectuels ont-ils conscience de cette réalité et de son évolution ? Combien d'entre eux – et non des moindres – ne tiennent aucun compte de la mesure dans laquelle leur idéal de justice sociale dépend de la démographie ? Pourtant, la seule possibilité réelle et durable qu'ont les hommes, non seulement d'accéder à un équilibre social en rapport avec leur condition, mais d'espérer la survie de leur civilisation et peut-être même de l'espèce, réside dans la réduction de leur population à l'échelle planétaire, compte tenu d'une mondialisation elle aussi rançon du progrès. Au-delà de la notion de partage qui ne peut être qu'un palliatif et qui en dépit – ou peut être en raison – de son caractère accusateur est l'arbre qui cache la forêt, le meilleur compromis possible entre richesse et pauvreté doit être atteint d'urgence, et c'est précisément sur les mécanismes qui règlent l'équilibre du nombre des humains – sans omettre son rapport avec leur environnement qu'il faut insister.



















































lundi 25 janvier 2016

Brèves et rappels

Cet article reprend chaque lundi
les arguments majeurs, développés ou simplement cités sur ce blog
ainsi qu'en contribution à des débats sur divers sites et forums
au cours des 2 mois écoulés.

Sera ainsi rappelé qu'en dépit du caractère fondamental et prioritaire,
 pour l'avenir de la société, des sujets dont ils traitent,
et de dizaines de milliers de lectures,
 ces mêmes arguments ne suscitent ici que de rares réactions.

Incompréhension ? Pusillanimité ? Résignation ? Apathie ? Réprobation ? ...
Restera au créateur du blog
ainsi qu'à tous ceux qui partagent son inquiétude quant à l'urgence démographique
et à la nécessité d'une écologie dénataliste, 
à comprendre pourquoi un tel mutisme :
et à en tirer les enseignements.


25 janvier 2015
L'inquiétude suscitée par l'état de surpopulation croissante dans lequel se trouve l'humanité et par les désordres qui en résultent à tous propos, de plus en plus nombreux partout dans le monde, pourraient expliquer, au moins partiellement, la baisse de natalité de certains pays parmi les plus avancés. Comme si les géniteurs y étaient tout à coup inquiets de l'avenir promis à ceux qu'ils mettent au monde.
Ce serait pourtant une réaction bien mal venue, et contraire aux intérêts de l'ensemble de l'humanité. Elle affaiblirait les pays les plus riches au moment où ceux en voie de développement auront le plus besoin de leur aide pour freiner la prolifération de la partie la plus défavorisée de leur propre population (investissements en aide humanitaire, éducation et équipements notamment).
L'apport en population de l'immigration pouvant ne pas suffire à éviter le déficit démographique des pays les plus riches (cf. Allemagne entre autres) celui-ci ne pourrait donc qu'aggraver le déséquilibre de la démographie mondiale.
Le sujet étant tabou, il est pourtant à craindre que ce soit ainsi que se soldera l'aveuglement coupable dont font preuve les partisans d'une croissance aveugle, comme ceux qui lui préfèrent la décroissance; les uns comme les autres envisageant tout sauf une régulation de la population mondiale.

18 janvier 2016
Overpopulation Awareness
Un site à visiter absolument,  Vous y lirez le bulletin N° 1 - 2016 du "Club des dix millions". Hélas en Néerlandais, mais le traducteur de votre navigateur sera suffisant pour comprendre l'essentiel.
De la baisse de la natalité dans divers pays sensibles, dont l’Éthiopie – par l'éducation et la contraception , à la surpopulation en ... bovins, des informations détaillées pour tous ceux qui s'intéressent à l'écologie dénataliste.

11 janvier 2016
De moins en moins de terres agricoles ...
et toujours davantage de bouches à nourrir.
« L'évolution, inexorable, se poursuit. Sous l'effet de l'urbanisation, la montée en puissance des terrains artificialisés se poursuit, passés de 2,5 millions d'hectares en 1990 à plus de 3,3 millions d'hectares en 2012.
Mécaniquement, l'emprise des terres agricoles a baissé dans le même temps de 33 à 32,6 millions d'hectares. » (Les Echos.fr - 07 jan 2016)

4 janvier 2016
Dernière nouvelles du front démographique
Le blog Economie durable
agrémente ses vœux de nouvel an d'un article traitant de l'augmentation de la population humaine de la planète, entre le début des années 2015 & 2016.
Invitant chacun à prendre connaissance de cette édifiante comparaison, j'y puiserai pour ma part de quoi actualiser l'accroissement quotidien net de la population mondiale telle qu'il en résulte.
Jusqu'ici admis pour être de l'ordre de 220 à 250 000 individus, il s'élèvera (pour un temps) à près de 270 000 ; ce qui signifie que chaque jour, l'équivalent de la population d'une agglomération comme Besançon, Dunkerque ou Poitiers, s'ajoutera dorénavant à la population mondiale.
Je laisse le soins à ceux que cela inquiéterait, de calculer le temps suffisant pour accroître cette même population de celle de telle ou telle grande métropole ou de tel pays, avec leurs besoins et leurs déchets.
De quoi faire craindre que la transition démographique promise par les démographes intervienne désormais trop tardivement pour que l'humanité ne soit pas condamnée au pire.

Mais qui s'en émeut ???

25 décembre 2015
A propos de la Nativité
Aimer la vie, c'est d'abord la respecter
Le respect de la vie est l'argument probablement le plus souvent avancé par les opposants à toute forme de contraception – préventive comme abortive – et plus généralement à la dénatalité, à l'eugénisme, à l'euthanasie, pratiques et doctrines qu'ils amalgament abusivement. Noublient-ils pas que l'amour de la vie au nom duquel ils s'expriment commence par son respect ? Et n'est-ce pas respecter la vie, de la part de ceux qui ont ce pouvoir faramineux de la donner, que de le faire en se souciant des conditions dans lesquelles elle naîtra et se déroulera ?
L'être humain ne devrait-il pas se soucier, se différenciant en cela des autres espèces dépourvues de ses facultés de raisonnement, de n 'accorder la vie qu'après s'être assuré qu'elle s'accomplira, ou au moins débutera dans la dignité qu'est précisément censée lui conférer sa dimension humaine ?

21 décembre 2015
Ce qu"un égoïsme aveugle promet aux générations futures
Le point auquel peut être poussé l'égoïsme de ceux qui reprochent aux dénatalistes de l'être, précisément par égoïsme, est proprement sidérant.
Condamnant les pléthoriques générations futures à une misère généralisée par la décroissance, ou à une croissance insoutenable, peu importe que leurs descendants ne bénéficient plus du progrès comme ils l'ont fait eux-mêmes leur vie durant, pourvu que soit assurée leur sacro-sainte retraite, que devront payer ceux auxquelles ils promettent un avenir si heureux.

14 décembre 2015
Ça y est, La COP 21 a accouché ...
... et comme la montagne, elle a accouché d'une souris, dans une parfaite indifférence à l'égard de l'essentiel ; à l'égard de ce qui constitue la clé de voûte de toutes mesures se voulant efficaces et durables.
Irresponsabilité ou indécence ?
Les deux, quand les représentants des pouvoirs peuvent ainsi envisager de continuer à profiter de leurs privilèges dans la situation catastrophique qui est celle ce la planète et de l'humanité, sachant pertinemment que leurs grandes envolées ne les engagent à strictement rien.

Une fois de plus, dans la dernière en date de ces grand-messes écologiques, la question démographique n'a même pas été effleurée. Ceci n'empêchera pas nos décideurs du moment de jouir (si la nature leur en laisse le temps) de leurs grasses retraites, lorsque leurs vaines proclamations aboutiront à offrir quelques fruits desséchés pour répondre aux besoins d'une fourmilière dont ils ne se seront même pas soucié de freiner la prolifération.

07 décembre 2015
Une bonne nouvelle
Une note d'optimisme sur le front de la démographie : La Malaisie serait 15 % moins peuplée que l'a indiqué son dernier recensement, datant de 1973.
C'est l'INED qui l'annonce dans son dernier N° (527) de "Population & Sociétés".
Ce qui vient tempérer cet optimisme, c'est qu'une émigration importante n'avait pas été prise en compte. Ce qui le conforte par contre est qu'une autre raison de cette diminution serait le déclin de la fécondité.
Reste à sa voir lequel de ces deux facteurs a été prépondérant.

Mais il n'en a même pas été question à la COP 21

30 novembre 2015
COP 21 - Nous y sommes
Jean-Marc Jancovici nous dit dans Le Point « Il est est impossible de préserver le système climatique sans baisser la consommation », ajoutons qu'il est impossible d'abaisser durablement la consommation, sans réduire le nombre de consommateurs-producteurs que sont les êtres humains.
« J'affirme [...] que planifier notre avenir devrait consister à diminuer la population mondiale.» Abraham Maslow "Être humain", p.80 – Eyrolles

16 novembre 2015
Une histoire de moustiques
« Est réservée à quelques-uns
la faculté d'isoler quoi que ce soit
de la confusion de la nature,
de le voir distinctement
et intelligemment.»
- Stevenson

Merci à cet internaute – dont je n'ai pas noté les références – d'avoir vu et partagé l'observation suivante, apparemment si anodine : Le pare-brise et les phares de sa voiture ont nettement moins besoin d'être nettoyés au retour d'un long voyage par beau temps, alors qu'il y a seulement quelques années, il lui arrivait de s'arrêter en route pour le faire, tant l'accumulation des insectes pouvait gêner sa vue et même réduire la portée de ses phares.
En y réfléchissant, nombreux sont ceux qui, comme moi-même, ont pu faire, faisons ou pourraient faire le même constat.
Quant à savoir à quoi cela est dû, ne serait-ce pas, tout simplement, à la réduction du nombre de moustiques et autres insectes ? De là à penser qu'il puisse en être de même pour tant d'autres espèces animales et donner ainsi raison à ceux que l'appauvrissement de la biodiversité inquiète à juste titre, il n'y a qu'un pas.

Il n'y a que l'espèce humaine qui continue imperturbablement de proliférer.


09 novembre 2015
Le Figaro.fr de ce jour titre : Climat : 100 millions de pauvres en plus d'ici 2030 si rien n'est fait.
À 21 jours de la COP 21, la Banque mondiale alerte dans un rapport sur les risques du changement climatique pour les populations les plus vulnérables. 
Ce sont effectivement les plus vulnérables qui feront, les premiers, les frais du cumul des réchauffements : démographique et climatique, celui-ci n'étant qu'une conséquence de celui-là, tout comme les réchauffements économique, industriel, écologique, ... que nous avons vécus depuis des décennies et des siècles dans l'aveuglement le plus complet.
Mais "faire" sera tout autre chose que de promettre pour compte des générations suivantes, sans autres responsabilités que celles qui prendront fin avec les mandats de ceux qui trop souvent se contentent de promettre.

02 novembre 2015
Fin de la politique de l'enfant unique en Chine
      La décision chinoise de mettre fin à sa politique de l'enfant unique ne sera pas sans repousser l'échéance d'une transition démographique au niveau mondial, promise par des experts se voulant rassurants quant à l'avenir que promet à l'humanité sa surpopulation.
     Indépendamment de la portée sur sa propre démographie d'une mesure dont l'efficacité s'était au demeurant réduite, en raison notamment de nombreuses dérogations, elle est importante à double titre :
- par sa répercussion sur la population mondiale, eu égard au pourcentage significatif qu'en représente la Chine.
- par le signal qu'elle adresse ainsi à tous les pays ayant admis la relation existant entre surpopulation et misère et ayant courageusement entrepris de lutter contre cette dernière par une régulation de leur démographie.
     Le vieillissement de la population est probablement l'un des grands problèmes auxquels seront confrontés tous les pays qui ont eu et auront encore ce courage, et l'exemple d'une Chine y renonçant, peut encourager certains à faire de même.
     Nous devrions donc voire la population mondiale continuer de croître vers la prévision de l'ONU, soit plus de 11 milliards au début du siècle prochain, mais ne pas amorcer ensuite la décrue promise par les démographes, alors qu'elle s'avérait déjà trop tardive et insuffisante pour ramener, dans des délais acceptables, un effectif pléthorique à plus de respect envers les exigences de la planète.
   Un peu de décroissance, ou simplement de moindre croissance, et la pression devrait donc continuer de monter, politiquement et socialement, partout dans le monde. Son cortège de misères et de souffrances, dont le nombre croissant de migrants et les difficultés – voire les réticences – croissantes qu'éprouvent les pays les mieux disposés à les accueillir, en est l'indicateur au quotidien.

19 octobre 2015
Les pouvoirs et la démographie
Texte emprunté à Abraham Maslow ("Être humain", p.80 – Eyrolles) :
« Il me semble remarquable que des êtres humains limités puissent se mettre au service de grandes causes sans être eux-mêmes de grands hommes. La science est une technique, sociale et institutionnalisée, où même des gens intelligents peuvent s'avérer inutiles au développement de la connaissance. Un scientifique, dès lors qu'il se laisse voguer dans les méandres de l'histoire en s'appuyant sur la cohorte de ses prédécesseurs, s'intègre à un tel point au sein d'une gigantesque équipe de baskett-ball, d'un immense rassemblement de gens, que ses propres idées peuvent passer inaperçues. Il devient digne de révérence, digne du plus grand respect, par sa [seule] participation à une immense et vénérable entreprise. Ainsi je me mets à appréhender toute éventuelle découverte comme le produit d'une institution sociale, d'une collaboration. Ce que l'un ne découvre pas aujourd'hui, un autre le trouvera un jour ou l'autre. Il me semble ainsi que nos scientifiques, même s'ils ont créé, ne constituent pas le meilleur échantillon pour étudier la théorie de la créativité. »

Du même auteur, à la page 44 du même ouvrage : « J'affirme [...] que planifier notre avenir devrait consisterà diminuer la population mondiale. »

Je me permets d'y ajouter avec l'humilité de quelqu'un qui ne possède que sa part de bon sens, que je considère le pouvoir scientifique comme premier responsable de la situation démographique catastrophique dans laquelle se trouve l'humanité, avec la complicité des pouvoirs politiques et religieux.
« Il n'est de richesse que d'homme », tel a été le leitmotiv de ces 3 pouvoirs durant des siècles ; ravis qu'ils étaient de voir croître le nombre de leurs disciples, sujets, partisans ou fidèles. Aucun ne semble s'être rendu compte de l'inflation dégradante à laquelle il ont condamné ce faisant la valeur "homme". Et non seulement ils ont assisté sans réagir à la multiplication effrénée de la population, mais ils l'ont encouragée, ne concevant à aucun moment ce qui ne pouvait qu'en résulter en termes de pillage des ressources de la planète et de dégradation de l'environnement.
Une autre pouvoir, mettant l'écologie aux service des luttes sociales, prône une décroissance promettant qui déboucherait sur l'égalitarisme, dans la négation de la nature humaine voulant que chacun cherche à améliorer ses propres conditions de vie et celles des siens.
Il est pourtant encore temps de redresser la barre, au bénéfice de nos descendants, en réduisant drastiquement le nombre de ceux qui dans le futur pourraient profiter pendant encore longtemps d'un progrès et d'une consommation assagis. Mais ce sont toujours les mêmes pouvoirs qui s'y refusent, par la vanité et l'obscurantisme d'une majorité de leurs représentants.

12 octobre 2015
Repères démographiques
D'après l'INED, Populations & Sociétés, N° 526, octobre 2015
« 1960 - La population mondiale atteint 3 milliards d'habitants
1974 - La population mondiale atteint 4 milliards d'habitants
1987 - La population mondiale atteint 5 milliards d'habitants
1999 - La population mondiale atteint 6 milliards d'habitants
2011 - La population mondiale s'élève à 7 milliards d'habitants
2024 - La population mondiale atteindrait 8 milliards d'habitants
2036 - La population mondiale atteindrait 9 milliards d'habitants
2056 - La population mondiale atteindrait 10 milliards d'habitants »
Et d'après l'ONU, nous allons vers les 12 milliards au début du prochain siècle.
La répartition de ces surcroîts de population, partout où cela semble pouvoir contribuer à les résorber, ne fait que partager une décroissance inéluctable, le chômage, la pauvreté et les inégalités. Mais il s'agit d'un sujet tabou que trop peu d'experts osent aborder, confortant les pouvoirs dans une attitude qui consiste à l'ignorer.

05 octobre 2015
Population sujet tabou.
D'après Les Echos.fr du 29.09.2015
« Alors que la conférence mondiale sur le climat de Paris approche à grand pas, les jeunes Français sont pessimistes quant à ses chances de succès.
Pessimistes ou lucides, les jeunes ? 71% des 15-30 ans pensent en tout cas que la conférence mondiale sur le climat à Paris, qui tentera de sceller un accord pour limiter le réchauffement planétaire, ne parviendra pas à atteindre ses objectifs, selon un sondage Odoxa rendu public mardi.
Parmi eux, 60 % estiment que la conférence de Paris (COP21) ne parviendra "probablement" pas à atteindre ses objectifs, et 11% considèrent qu’elle n’y arrivera "certainement pas ". Ils ne sont que 3% à croire qu’elle les atteindra "certainement" et 25% à penser qu’elle y parviendra  "probablement".
Une majorité de jeunes (66%) estiment pourtant que "nous pouvons encore éviter le pire" en matière climatique, tandis que 21 % pensent "qu’il est déjà trop tard, on ne peut plus éviter" un réchauffement "de grande ampleur".
Une faible minorité (7%) pense que l’impact du réchauffement "restera acceptable et supportable" et 5% seulement ne croient pas à un réchauffement lié aux activités humaines.»
Mais il semble que personne ne conçoive que ces activités sont strictement liées à l'importance d'une population que rien, sinon notre aveuglement ne nous empêche de limiter, voire de réduire, par la dénatalité.
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Alternatives économiques et alterecoplus nous parlant de "crimes climatiques" : « ... depuis le sommet de Rio en 1992 les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de plus de 60 % ... ».
D'accord quant à la qualification d'agissements qui sont de véritables crimes contre l'humanité, mais encore faut-il être conscients qu'ils sont la résultante d'un crime plus grave : le crime démographique.

En effet, depuis la même époque (1992), la population mondiale a augmentée de près de 2 milliards d'êtres humains (soit environ 40%) et avec eux leurs activités, leurs besoins, leurs déchets et leurs pollutions de toutes sortes.

vendredi 15 janvier 2016

La condition humaine expliquée par les petits dessins

La pyramide sociale est une représentation de ce qu'est fondamentalement la condition humaine. Or, la pleine conscience de ce qu'est cette condition est indispensable à la compréhension de toute question d'ordre social, économique, politique, ... écologique, etc. ?

L'une des raisons pour lesquelles l'humanité fait socialement du "sur place", voir régresse, depuis ses progrès scientifiques et matériels aussi indéniables que mal partagés, est probablement que trop rares sont ses représentants de toutes disciplines et de tous niveaux qui se soucient réellement de cette condition, au-delà de ce que leur en disent des doctrines, tant religieuses que politiques, qu'ils acceptent trop facilement.


Les schémas ci-après, qui résument le contenu de ce blog, sont autant d'invitations à y réfléchir.




























mercredi 23 décembre 2015

En quoi la COP 21 a-t-elle été un simulacre de plus ?

Le réchauffement planétaire, les problèmes énergétiques présents et à venir, le pillage des ressources de la planète, la pollution, les atteintes à l'environnement, la faim dans le monde, les conflits, guerres et violences de toutes sortes, les flux migratoires qui en résultent qu'ils soient de nature ethnique, politique, climatique, économique, etc. avec leur cortège de misères, sont autant d'aspects d'une problématique globale ayant pour auteur premier le super prédateur qu'est l'homme.

Nous somme là bien loin de la vision à laquelle Malthus – dont le seul tort est d'avoir eu raison trop partiellement et trop tôt – reconnaissait lui-même le défaut d'être limitée au risque alimentaire. Sa doctrine doit dorénavant céder la place à "l'écologie dénataliste", sans laquelle toutes les tentatives de restauration de notre environnement terrestre sont condamnées à l'échec. À quoi sert en effet le remplacement des énergies fossiles par d'autres, a fortiori renouvelables – ce qui ne peut qu'encourager production et consommation au détriment des velléités les plus sincères de frugalité –, si la prolifération de la population humaine génère des besoins, déchets et désordres croissant inéluctablement avec elle ?

1 milliards d'êtres humains en 1900, 7 milliards en 2000, 9 à 10 milliards en 2050 et plus de 11 milliards à l'orée du prochain siècle, soit une augmentation quotidienne supérieure à 250 000 individus supplémentaires en moyenne. Et 70 % de la population condamnée à une pauvreté qui pour être relative n'en demeure pas moins la pauvreté, depuis la pire jusqu'à la moins insupportable ; situation entretenue, voire aggravée par une course à l'emploi faisant que lorsque 100 sont créés dans le monde, 200 demandeurs y prétendent, sans compter les effets du progrès technologique. Avec ou sans revenu minimum universel qui seront les pauvres qui qui auront la moindre chance de trouver refuge sur Mars le jour venu ?

C'est seulement par la dénatalité – elle aussi mondialisée – qu'il pourra être mis fin à cette course au pire ; au déséquilibre flagrant entre d'une part une population humaine d'ores et déjà pléthorique, et d'autre part les limites de son habitat, le respect des autres espèces le partageant avec elle, des ressources nécessairement comptées, et une capacité à se gouverner depuis longtemps vouée à l'impuissance par le nombre et sa cacophonie. C'est la seule chance restant à l'homme d'éviter de se perdre dans ses contradictions, dont la plus stupide est la mise en œuvre par les uns de nouvelles sources d'énergie s'opposant à la décroissance prônée par d'autres – sans compter l'indigence généralisée à laquelle ne peut que conduire cette dernière.

Une seule doctrine, mère et maîtresse de toutes autres visions de l'avenir des hommes doit présider à celui-ci : la dénatalité. Clé de voûte d'un avenir meilleur offert à une descendance moins nombreuse, pouvant de ce fait continuer à bénéficier d'au moins un part du progrès dont profite encore  – pour combien ce temps ? – la société, c'est la condition fondamentale d'un développement raisonnable, à défaut de pouvoir être durable et encore moins éternel.

Les représentants de tous les pouvoirs, qui ne voient en l'homme que chair à canons, à impôts, à retraites ou à luttes idéologiques, doivent être conscients qu'ils seront jugés – peut-être même de leur vivant, à l'allure où vont les choses – par leurs enfants. Ils seront comptables devant pauvres et riches, d'un même désastre qui ne sera finalement rien d'autre que démographique, faute d'avoir eu le courage d'affronter le péril à temps, en dépit des avertissements que leur auront adressés les moins aveugles d'entre eux.

mercredi 11 novembre 2015

Les pauvres s'invitent à la COP 21

La pyramide sociale s'est considérablement développée en 20 siècles, et plus particulièrement au cours des deux derniers, du fait de l'augmentation de la population et par voie de conséquence de la richesse qu'a générée son activité. Corrélativement, son sommet s'est élevé de même que s'est élargie sa base. C'est naturellement que sa partie inférieure, là où logent 70 % des êtres humains, s'est proportionnellement développée. Il faut rappeler que lorsque la population, toutes catégories sociales confondues, croît de 1000 individus, 37 vont augmenter le nombre de riches, 243 vont s'ajouter aux représentants des classes moyennes, quand 700 vont s'ajouter aux pauvres.
Illustration Pyramidologie sociale - 09.jpg

Un tel phénomène n'a pu que favoriser l'émergence d'une nouvelle pauvreté résultant de l'accès des pays et régions les moins avancées du monde à l'industrialisation et à la modernité. Venus s'ajouter au "lumperproletariat" et à l'effectif de prolétaires laissés pour compte des avancées sociales du XIXe s., un sous-strate de miséreux, s'appuyant directement sur l'extrême base de la pyramide sociale s'est ainsi formé, dont les occupants se sont vus attribuer le nom de pauvres profonds.
En même temps que la planète voyait sa population humaine passer de 1 à 7 milliards d'individus en 2 siècles et que s'améliorait la condition du plus grand nombre, s'est développé le mode de vie de cette sous-catégorie sociale, composée majoritairement de victimes d'un exode vers des villes où rien n'était disposé à les accueillir ; répétition à l'échelle mondiale de l'exode rural s'étant produit dans les pays occidentaux lors de leur industrialisation.

Ce nouveau mode de vie, qui s'est progressivement ancré partout dans le monde, se caractérise aujourd'hui par :
. Un habitat d'une précarité extrême – quand ce n'est pas l'absence du moindre abri. Les bidonvilles pourraient compter 900 millions d'habitants en 2020 selon l'ONU, les camps qui se multiplient ne parvenant pas à endiguer le flot de ceux qui les peuplent, pas davantage que des barrières, murs et clôtures toujours plus hauts et plus nombreux. « Loin d’être l’exception que l’on évoque généralement dans un cadre humanitaire ou sécuritaire pour en justifier l’existence, les camps [et les murs] font durablement partie des espaces et des sociétés qui composent le monde aujourd’hui.» ("Un monde de camps" - Clara LECADET et Michel AGIER - éditions La Découverte).
. Des vêtements hérités de moins pauvres qu'eux, quand ils ne sont pas faits de haillons.
. Une nourriture constituée de restes et de déchets, pour ceux qui n'ont pas la chance de bénéficier d'initiatives renouvelant le concept de "soupes populaires", se multipliant sous les formes et les appellations les plus diverses.
. Un  manque d'hygiène et de soins, avec pour conséquence un état de santé propice au développement de maladies et à la contagion, que combattent de nombreuses organisations tant privées que publiques hissées, par leur nombre et leurs budgets, au rang de véritables puissances économiques et politiques.
. Un criant défaut d'éducation.
Autant de caractéristiques d'ailleurs officiellement reconnues par les institutions au plus haut niveau (Banque Mondiale, ONU, UNESCO ... ) pour qualifier ce niveau de pauvreté, et déterminer le revenu maximum de ceux qui en sont frappés. D'abord fixé à moins de 1 dollar par jour, ce revenu atteint aujourd'hui (2015) 1,9 dollar. Une telle indexation de la pauvreté profonde ne suffit-elle pas à indiquer à quel point la pauvreté, plutôt que de reculer comme le prétendent certains, se développe au contraire – serait-ce dans sa relativité – du fait de la multiplication et de l'amplification de crises, toutes plus ou moins directement imputables à l'augmentation de la population humaine ? Le Figaro.fr du 09 nov 2015 titre : « Climat : 100 millions de pauvres en plus d'ici 2030 si rien n'est fait. À 21 jours de la COP 21, la Banque mondiale alerte dans un rapport sur les risques du changement climatique pour les populations les plus vulnérables. ». Ce sont effectivement les plus vulnérables qui feront, les premiers, les frais du réchauffement climatique, comme ils font ceux d'autres "réchauffements", d'ordre économique, industriel, écologique, ... tous résultant d'une démographie planétaire vécue depuis des décennies et des siècles, dans l'aveuglement le plus complet de l'humanité, à commencer par ses élites.

La pauvreté peuplant le tiers inférieur de la pyramide sociale se définit en conséquence d'une  nouvelle manière, résultant de la modernité et du progrès. N'est-ce pas en effet ce dernier et plus précisément l'augmentation de richesse de la société qui l'a accompagné qui, par un accroissement constant de l'écart entre le sommet et la base de la pyramide sociale a entraîné la multiplication des pauvres et l'apparition parmi eux de pauvres profonds ?

Quantitativement, ceci ne fait aucun doute, puisque pour une population estimée de 250 millions d'êtres humains au début de notre ère, le nombre de pauvres profonds se situe officiellement, 20 siècles plus tard, entre 1 et 1,5 milliard – les spécialistes sont en complet désaccord, tant sur les chiffres que sur le fait que cette pauvreté profonde régresse ou augmente – soit 4 à 6 fois la population de départ, toutes conditions confondues. Et qualitativement, ce dont ont souffert les plus pauvres des anciens pauvres, dans leur contexte quelle que soit l'époque considérée, n'a pas pu être pire que ce dont souffrent nos pauvres profonds actuels.


Irions-nous vers une partition de la société, non plus en 3 mais en 4 catégories sociales ? Dans l'affirmative, il faut considérer les proportions dans lesquelles chacune serait représentée (Fig. 10). Dès lors, sauf à concevoir une classe moyenne élargie, allant puiser une partie de ses effectifs chez les riches et une autre chez les pauvres, pour rassembler  29,7 +10,9 = 30,6% de la population, la pauvreté dans son ensemble représente, non plus 70% de la population totale mais 29.7 + 57,8 = 87,5%.

Trop souvent guidés par leur compassion, combien d'experts socio-intellectuels ont-ils conscience de cette réalité et de son évolution ? Combien d'entre eux – et non des moindres – ne tiennent aucun compte de la mesure dans laquelle leur idéal de justice sociale dépend de la démographie. La seule possibilité réelle et durable qu'ont les hommes, non seulement d'accéder à un équilibre social en rapport avec leur condition, mais d'espérer la survie de leur civilisation et peut-être même de l'espèce, réside dans la réduction de leur population, dorénavant à l'échelle planétaire, compte tenu d'une mondialisation elle aussi rançon du progrès. Au-delà d'enjeux économiques et de la notion de partage qui est l'arbre qui cache la forêt, le meilleur équilibre possible entre richesse et pauvreté doit être une priorité absolue pour les responsables qui vont siéger à la COP 21.