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mardi 25 novembre 2014

Pauvreté, inégalités et privilèges

Pauvreté, inégalités et privilèges


Inégalités et pauvreté font plus que jamais recette. À l'abri de la pensée unique, les articles et les ouvrages fleurissent sur ces thèmes et il n'est pas un media qui ne veuille clamer sa compassion à grand renfort de titres racoleurs et parfois au prix des pires amalgames et raccourcis. Amplement imité, OXFAM n'hésite pas à dénoncer la richesse individuelle des 85 individus les plus nantis de la planète, comparée à celle (individuelle ou collective) des 3 milliards et demis des plus pauvres, omettant que les avoirs de ceux-là sont constitués pour l’essentiel d'investissements qui font vivre ou survivre ceux-ci, et que ce sont précisément ces richesses qui financent les outils de l’économie mondiale, laquelle emploie et rémunère ceux qui participent à l’accroissement de la richesse globale de la société ; et que réduire ce mécanisme à une comparaison de revenus n’a aucun sens, sinon celui d’une stupide provocation préjudiciable à tous, à commencer par les plus démunis. Thomas Piketty nous fait partager ses interrogations, aux chiffres controversées, quant au meilleur niveau du partage capital-travail et Bill Gates en débat avec lui sur Internet. Dans le même temps l'INED, dans son bulletin "Population & Sociétés" traite des politiques familiales en France et en Europe et de leur évolution récente face à la crise, en ne précisant pas de quelle crise il s'agit ; économique ou démographique ? Les deux, auraient pu préciser les auteurs qui, faute de cela, laissent planer un doute d'autant plus étrange de la part de démographes qu'il n'est question à aucun endroit dans leur texte de démographie, alors qu'il y est question de pauvreté, comme si les politiques familiales avaient pour seul objet de secourir les familles pauvres.


Il est louable que la société s'intéresse aux pauvres, mais la pauvreté requière-t-elle pour autant d'être érigée en véritable marché, avec ses indices, ses statistiques et ses "performances" – aussi manipulés que manipulables –, ses acteurs – des bénévoles aux plus ou moins lucratifs –, son spectacle permanent dont se passerait volontiers la plupart de ceux qui n'y tiennent pas toujours le premier rôle qui leur revient ? Plutôt que de ne pas manquer une occasion de s'y exhiber, nos responsables de tous ordres, et d'abord les politiques, ne feraient-ils pas mieux de s'inquiéter de la mesure dans laquelle leur propre aveuglement participe à l'augmentation de la pauvreté, comme par exemple en ne faisant pas la distinction entre inégalités et privilèges ?


Si les inégalités relèvent avant tout d'une altérité héréditaire, nul ne devrait ignorer que les privilèges n’ont rien de fatal ou d’inné, mais sont des avantages sélectifs instaurés puis défendus bec et ongles par ceux qui en bénéficient aux frais du "cochon de payant" qu'elles appauvrissent toujours plus. Les "avantages acquis", selon le vocable paradoxalement cher aux partisans de la lutte contre les inégalités, en sont la forme communément admise, avec la plupart des innombrables prestations, exonérations et autres "niches fiscales" dont profitent sans vergogne des citoyens ignorant qu'il y a d'une part les inégalités que le sort nous impose à notre naissance et qui se fondent sur des différences, soit génétiques (inégalités naturelles) soit socio-héréditaires (des pauvres ne pouvant enfanter que des pauvres et les riches que des riches), et d'autre part les privilèges instaurés par les hommes, dans un égoïsme encouragé par la démagogie.


La distinction ainsi énoncée, force est de constater que ceux dont la pauvreté est la raison d'être, lorsqu'ils ne vont pas jusqu'à l'instrumenter, abandonnent les inégalités génétiques aux bons soins de la pure philanthropie et de la science, pour se livrer à un amalgame entre inégalités socio-héréditaires et privilèges, tout en réclamant toujours plus de ces derniers, comme s'ils pouvaient être la compensation, sommaire et toujours insuffisante, de la prérogative accordée par le sort à ceux qui naissent riches ou qui ont envie et suffisamment de talent pour le devenir. Il y a bien sûr les gros avantages et les innombrables petits, les détenteurs des uns faisant leur excuse des bénéfices des autres, mais tous traduisent une véritable culture du privilège, sapant en permanence l'idéal d'égalité sur lequel se fonde la démocratie et plus particulièrement la République française. Nous devons être conscients qu'une pléthore de privilèges, autrement plus nombreux qu'ils ne l'ont jamais été sous l'ancien régime, ne fait qu'aggraver nos inégalités, quel que soit notre choix entre plus de riches et moins de pauvres, ou moins de riches mais davantage de pauvres.


Faut-il rappeler que la pauvreté existe par la richesse et réciproquement. Instrumentalisées par les uns et les autres, corrigées dans une mesure toujours insatisfaisante par une compassion dévoyée, les inégalités résultent de la structure incontournablement pyramidale de notre société, outre le sort qui fait naître chacun dans une condition plutôt que dans une autre. Chacun est, dès sa naissance, le riche ou le pauvre de plus pauvre ou de plus riche que soi ; c'est une fatalité indéniable. Mais ce qui n’est pas une fatalité est le dénuement dans une société d'abondance, ni surtout le nombre croissant autant et plus de ceux qui en souffrent que de ceux qui en profitent.


Avec ou sans privilèges et à population constante, un tassement de la pyramide sociale, en réduisant l’écart entre son sommet et sa base entraîne un élargissement de cette dernière, (augmentation du nombre de pauvres), alors que l’accroissement de cet écart, tel qu’il résulte d’une étirement de la pyramide vers le haut (enrichissement général), a l’effet inverse. De même, quand la pyramide sociale se développe en volume du fait de l’augmentation de sa population, le supplément d’activité de celle-ci accroît la richesse globale de la société, avec pour conséquence d’éloigner son sommet de sa base, donc d’accroître l’écart entre richesse et pauvreté. Ces deux observations révèlent qu’à une augmentation de l’écart entre richesse et pauvreté correspond un relèvement du niveau moyen de pauvreté et inversement, sans modifier les inégalités autrement que dans leur graduation. En d’autres termes et globalement, l’augmentation de richesse collective réduit la pauvreté et sa diminution l’augmente. La Palisse n’aurait pas dit mieux mais il aurait pu ajouter qu'une véritable abolition de tous les privilèges serait la première mesure à prendre avant d'espérer maîtriser cet écart.

Sans compter que ce serait probablement le meilleur moyen de retarder l'instauration d'un monde peuplé d'êtres humains tous identiquement pauvres en tout. « … encore un peu de temps et tout s’éclaircira, nous verrons enfin apparaître le miracle d’une société animale, une parfaite et définitive fourmilière … »
Paul Valéry.

vendredi 10 octobre 2014

Croissance ou décroissance ? - L'écologie dénataliste, seule voie d'un développement viable

Croissance ou décroissance ?
L'écologie dénataliste, seule voie d'un
développement viable




La situation de crise s'éternisant, le débat aux plus hauts niveaux se précise et s'amplifie entre partisans d'une poursuite de la croissance et ceux de la décroissance. Pourtant, l'une ne vaut guère mieux que l'autre pour résoudre des problèmes de société aux dimensions désormais planétaires, devenant chaque jour plus aigus et en annonçant de pires encore ; la solution est ailleurs ; là où nos habitudes, nos préjugés et nos peurs nous empêchent de la voir.
La croissance comme la décroissance, appliquées à la société dans son état actuel, sont vouées à l'échec, en cela qu'elles sont l'une comme l'autre suicidaires. La croissance parce qu'elle a conduit en moins de deux siècles l'humanité à des débordements qui finiront de la tuer par asphyxie, la décroissance parce que le progrès étant ce qui caractérise l'espèce humaine, l'abandonner par incapacité à en jouir raisonnablement, est ni plus ni moins que de la résignation et un aveu d'impuissance ; un renoncement au détriment des générations futures, sans compter la résistance des bénéficiaires que nous sommes tous, dont bien peu accepteront que soit mis fin à leur bien-être, ni même qu'il soit réduit. La décroissance ne se satisfera pas davantage de l'exemple donné par ses plus chauds partisans qu'elle ne pourra se contenter d'une approbation – que ce soit par le vote ou la participation à des manifestations seraient-ils de masse.  Elle ne peut être que l'adoption, par tous, de mœurs différant en tous points de celles pratiquées aujourd'hui par le plus grand nombre. Il ne s'agirait plus pour quelques militants de donner l'exemple de comportements emblématiques, mais pour tous de changer radicalement ses manières de se nourrir, de se vêtir, de se loger, de se déplacer, de s'organiser, ... en bref, de mettre en cause sa manière de vivre. La décroissance ne saurait se résumer au changement de comportement de quelques convaincus, d'autant que l'homme est viscéralement attaché à ses habitudes, au point que comme l'a dit trivialement quelqu'un, la seule chose dont il accepte de changer est sa couche, lorsque bébé il l'a souillée. Dès lors, n'est-il pas illusoire de croire que la majorité et a fortiori la totalité des individus en seraient capables, et avant cela, qu'elles y seraient réellement disposées ?

Probablement, de telles idées sont-elles difficiles, voire impossibles, à faire partager à tous les hommes, eu égard à leur nombre, à leur diversité culturelle et à la distance existant entre le quotidien de la plupart d'entre eux et une réalité mondiale qui leur échappe ; mais que proposent les pouvoirs pour y pallier ? Quel responsable va se décider à dénoncer l'impuissance de ces deux voies que sont croissance et décroissance en l'état, pour en préconiser une troisième, seule viable. C'est en effet seulement avec une population moindre, maîtrisant et dosant ses efforts de productivité, orientant sa créativité vers la recherche du mieux plutôt que du toujours plus que la société produirait moins, ou pourrait moins produire, moins consommer et moins gaspiller. C'est la seule chance de tous ceux qui la composent, quelle que soit la place qu'ils y occupent et le rôle qu'ils y jouent, de continuer à bénéficier de l'essentiel des avantages que le progrès leur a procuré au cours des siècles, et dont l'abus mène la planète et l'espèce humaine à l'épuisement.

Par ailleurs, le nombre de pauvres se réduisant proportionnellement à leur place dans une pyramide sociale moins peuplée, l'équilibre social dont le premier ennemi est le surnombre pourrait être utilement recherché. Le poids de la pauvreté étant moindre, la société ne pourrait qu'y gagner en efficacité dans son rôle, humanitaire par nécessité au détriment de l'humanisme, pour tenter de compenser une injustice sociale héréditaire et structurelle. Dans ce même but, elle pourrait réorienter sa pression sur ceux dont les moyens doivent être d'œuvrer à un progrès profitable à tous, plutôt que de se limiter à les ponctionner sans discernement.

Il appartient aux pouvoirs, notamment religieux, politiques et scientifiques, dont les représentants sont si rares à avoir perçu l'absurdité d'une croissance industrielle et économique vouée à l'échec en raison de l'augmentation démesurée de la population à laquelle elles était censée profiter, de réparer les dégâts s'il en est encore temps. Il leur suffit pour cela de concevoir, multiplier et amplifier les initiatives auxquelles ont déjà pensé certains, visant à aligner les taux de natalité des plus pauvres – 6 à 8 en certains pays – sur ceux des nantis – 2, environ, suffisant au renouvellement des générations ?

À ceux qui ferait un argument opposable à une réduction de la population mondiale du fait que la vie au début du XIXème s. ou antérieurement, avait tout à envier à celle que nous menons de nos jours, il doit être rappelé que la non satisfaction des hommes quant à leur sort s'est plutôt accrue depuis et surtout que le progrès, en dépit de ses effets pervers, a certainement été plus déterminant que la démographie dans l'amélioration du niveau de vie de la société en général.

Une stabilisation, et a fortiori une réduction du nombre d'habitants de notre planète peut par ailleurs susciter une objection d'ordre éthique, au motif qu'elle contrarierait l'augmentation continuelle de la population, couramment considérée comme une fatalité. Mais dénatalité ne signifie pas atteinte au vivant. L'alignement des taux de natalité des catégories sociales défavorisées sur ceux pratiqués par celles qui ne le sont pas, n'est en rien comparable à des pratiques abortives ou pires. Et pour ceux qu'un sort aveugle condamne à peupler la base de la pyramide sociale, qui pourraient regretter qu'ils puissent échapper en plus grand nombre à un tel sort, dans une société de plus en plus encombrée et offrant de ce fait, à ceux qui le voudraient, de moins en moins de chances de modifier par eux-mêmes leur condition ? Une dénatalité voulue n'est-elle pas préférable à cette sélection naturelle qui élimine l'excédent de semences de toutes espèces pourtant promises à la vie, comme il en est de ces innombrables semences, du spermatozoïde à la plus banale graine ? Devons-nous attendre de la faim, de la maladie ou la guerre, l'élimination d'un excédent d'effectif humain, à commencer par les plus vulnérables.

Le progrès, dont la croissance est indissociable, pourrait se poursuivre au bénéfice d'une société moins nombreuse et allégée d'une part considérable de sa pauvreté. Un socle démographique ramené à ce qu'il était à l'époque des premières révolutions industrielles, scientifiques, technologiques et économiques, permettrait d'en poursuivre le cours en tirant les enseignements d'une prolifération qui en ruine les effets bénéfiques. À défaut, une tout aussi problématique stabilisation de la population à son niveau actuel constituerait un objectif moins ambitieux et décisif, qui laisserait la société face à ses difficultés et au vœu pieu que ses dirigeants finissent par se montrer capables de les maîtriser, sachant : 1°/ Que la réduction des taux moyen de natalité, incontournable en tout état de cause, générera un vieillissement de la population qui, pour être passager n'en sera pas moins source de problèmes supplémentaires. 2°/ Que autant la croissance que la décroissance seront interdites à plus ou moins brève échéance.

Quoi qu'il en soit, il appartient à l'élite et aux sociologues, démographes et autre experts des disciplines et sciences concernées de guider la société dans son choix, dont seul celui d'une croissance au bénéfice d'une population moindre pourra lui permettre de poursuivre son chemin, dégagé de l'abus majeur dont nul n'a su anticiper les effets catastrophiques.

« Le paradis c'était hier ... chacun se souvient d'un monde où nous étions moins nombreux, plus heureux, plus libres » (Alan Wiesman - Compte à rebours – Flammarion janv. 2014). Nous pouvons retrouver, sinon le paradis, du moins plus de bonheur et de liberté, si nous avons le courage d'identifier et d'affronter sans tergiverser la raison majeure de leur anéantissement, qu'est la surpopulation.


Rappel

Chaque jour, 220 à 250 000 êtres humains déferlent sur notre planète pour s'ajouter à sa population, qui atteindra 9 milliards vers 2050 et dépassera 11 milliards au début du prochain siècle. Par l'effet de la structure de la société et du sort qui les fait naître ce qu'ils sont, les pauvres qui représentent la grande majorité de ces nouveaux arrivants vont s'ajouter à ceux qui surpeuplent déjà la base d'une pyramide sociale atrophiée, dont le sommet s'élève inexorablement en accentuant les écarts qui y règnent. Et la répartition – bon gré mal gré – de ces surcroîts de population miséreuse, partout où cela peut contribuer à les résorber, nourrit et accentue la pauvreté et les inégalités, causes autant que conséquences de tous nos maux. Mais il s'agit d'un sujet tabou que se limitent à exorciser les pouvoirs par un développement prétendument durable, lorsqu'ils n'attendent pas une rémission d'une hypothétique transition démographique qui ne pourrait dorénavant qu'intervenir trop tard.


Quels que soient les indicateurs et autres indices inventés partout dans le monde, au gré des idéologies dominantes, si l'appauvrissement des ressources de la planète et la dégradation de notre environnement s'accélèrent, si le chômage devient incontrôlable, si les pauvretés individuelles se multiplient, si les inégalités se creusent, si les désordres et les violences se multiplient et s'amplifient, la raison en est avant tout l'augmentation considérable de la population mondiale et celle de la richesse globale qu'une partie de cette même population suffit à générer par son activité, avec l'aide de techniques dont nous devenons tous les esclaves, le partage de cette richesse étant une toute autre affaire.

dimanche 14 septembre 2014

Recadrage de l'objet du blog



Recadrage de l'objet du blog





Plusieurs commentaires donnant à penser que le nombre d'articles publiés sur ce blog peut en faire perdre de vue l'objet, ce qui suit voudrait y pallier. Une lecture incomplète pouvant conduire à l'incompréhension de certains propos, en dépit de la présence de schémas, pourtant insérés en partant du principe que mieux vaut un petit dessin qu'un long discours, c'est donc à la redondance près que sont proposées ci-après quelques précisions quant au rapport existant, selon l'auteur, entre démographie et condition sociale.


Mais d'abord, pourquoi la pyramide ?

Bien d'autres phénomènes peuvent être schématisés par la pyramide sans que cela entraîne les réactions que suscite son application à la répartition des hommes selon leur position sociale. Il suffit d'en citer quelques exemples : la pyramide des âges (qui n'a d'ailleurs rien d'une pyramide et tout du rhomboïde), celle(s) du (ou des) savoir(s), celles des compétences, celles des performances, ... – pour s'en rendre compte et ne pas s'arrêter aux considérations d'ordre idéologique qui font contester, ou pour le moins dévier de sa signification, l'instrument modestement graphique et analytique qu'est la pyramide sociale.

Il est fait ici référence à ce volume en raison du fait que, comparativement à ce qu'il en est pour d'autres, comme la sphère, le cube, le rhomboïde, etc. et a fortiori de figures en deux dimensions et autres courbes et graphiques d'usage courant, la pyramide apparaît à l'auteur comme spécialement représentative de toute structure fondée sur des différences graduées sujettes à segmentation, comme celle distinguant l'exception, qui occupe son sommet, de ses autres habitants devenant de plus en plus nombreux en se rapprochant de sa base. Des similitudes existent par ailleurs entre les dimensions et proportions de la pyramide et celles d'une population ainsi structurée, la rendant propre à illustrer les mouvements de cette dernière. Ainsi :
- À volume (ou population totale dans la pyramide sociale) constant, lorsque la base de la pyramide (siège de la pauvreté dans la pyramide sociale) varie en importance, sa hauteur (écart entre pauvreté et richesse dans la pyramide sociale) varie d'autant, et réciproquement. De même, à critères de segmentation constants, les populations observées (pauvres, classes moyennes et riches par exemple) conservent grosso modo leurs proportions, quel que soit son volume (population totale).
- Le sort assignant à chacun d’entre nous, par sa naissance, une position au sein de la pyramide sociale, cette figure permet d'illustrer ce positionnement dans sa relativité, ses proportions et son inéluctabilité fondamentale.
- La pyramide illustre de manière saisissante le rapport existant entre condition sociale et démographie, le segment dévolu à chaque catégorie sociale étant d'autant plus peuplé qu'il est plus proche de sa base. Une telle observation mène d'ailleurs à s'attarder au nombre de pauvres, et de là aux inégalités qui les désignent comme tels ou inversement.

Dénuées de caractère scientifique, de telles considérations, n'en mènent pas moins à estimer que :
- La démographie ne peut se réduire à l'un des innombrables problèmes auxquels l'humanité est confrontée dans la poursuite de son idéal de justice et de paix, mais qu'elle est la question centrale dont découlent toutes les autres.
- La croissance démographie est la principale cause des déséquilibres de la société, qui ne pourront que s'aggraver tant que l'état de surpopulation auquel nous sommes si stupidement parvenus en deux siècles et qui s'amplifie chaque jour, ne sera pas corrigé.
- La démographie pouvant être l'instrument des pouvoirs, notamment religieux, politiques et économiques, elle détermine la condition humaine en ce sens que, comme déjà évoqué, quel que soit le niveau du progrès et les intérêts des uns et des autres, le hasard assigne à chacun, à sa naissance, sa place dans la société avant que celle-ci ne détermine, pour l'essentiel, les conditions d'existence – donc d'éventuel déclassement, tant vers le haut que vers le bas, de tout individu.
- Aucun des pouvoirs s'exerçant sur la société n'est en mesure de changer la structure pyramidale de cette dernière ni d'en éradiquer davantage la base que le sommet. Tout au plus peuvent-ils en moduler  passagèrement l'importance et les proportions en fonction de leurs objectifs, notamment par des incitations à procréer ayant pour premier effet d'augmenter le nombre de pauvres.
- L'influence des classes les plus riches de la société ne peut aller au-delà d'une modification de la base de la pyramide sociale : soit par réduction de leurs propres ambitions, soit au contraire en devenant toujours plus riches (avec répercussion sur le niveau de richesse globale de la société).
- La richesse n'a pas d'autres limites que l'ambition des hommes et les ressources de la planète, alors que la pauvreté, peuplant la base de la pyramide sociale, repose sur un socle constitué de tout ce qui lui est socialement inférieur – y compris les robots dont l'avènement est en cours – sous réserve du niveau d'intelligence auquel ils parviendront
- Penser démographie conduit quiconque ne se limite pas à ses aspects statistiques, à considérer les taux de natalité observables aux divers niveaux de la pyramide sociale, dans leurs différences. Il en découle que l'alignement de ces taux sur ceux des catégories sociales les plus favorisées, fait de la dénatalité le moyen le plus raisonnable et le plus efficace de combattre la pauvreté.
- Une réduction significative de la population la plus pauvre déterminant, en raison de sa forte proportion, une pyramide sociale globalement moins peuplée, entraînant une récession (activité et consommation moindres), sa segmentation demeure incontournablement la même.
- Concernant le partage, il apparaît comme un système de redistribution contraint (solidarité fiscalisée), spontanée (caritative) ou les deux (action humanitaire) qui, s'il peut changer momentanément le sort des individus est sans effets sur la structure de la société ni sur sa richesse globale. Tout au plus peut-il en résulter un tassement de la pyramide sociale, du fait d'un déplacement de richesses vers sa base (ruissellement et infiltration). Mais la nature humaine et la prolifération des plus défavorisés, ont tôt fait de faire s'élever à nouveau la pyramide, donc de recréer de l'inégalité.

Rappel de quelques données d'ordre général, indépendantes du concept de pyramide sociale

- Richesse et pauvreté (en tout) existant l’une par l’autre, il est aussi vain que stupide de prétendre éradiquer l’une comme l’autre, l'action civilisatrice de la société ayant néanmoins pour but premier de combattre cet état de fait en vue d'en réduire les effets.
- La condition sociale de chacun est avant tout héréditaire – les pauvres enfantent des pauvres comme les riches enfantent des riches –, et en dépit de déclassements vers la richesse ou vers la pauvreté au cours de leur existence, les êtres humains meurent, dans leur immense majorité, dans la condition où ils sont nés ("Le destin au berceau" de Camille PEUGNY - Editions Seuil).
Chacun est le pauvre ou le riche de plus riche ou de plus pauvre que lui, exceptés celui qui siège au sommet de la pyramide sociale et ceux qui, à sa base, partageant la misère profonde, ne peuvent être plus pauvres qu'ils le sont.
- Les conditions d'existence de la plupart des hommes s'améliorant incessamment avec le progrès, il n'en demeure pas moins que les différences sociales perdurent et augmentent du fait de l'enrichissement général de la société conjugué avec l'augmentation constante de la population (toujours plus de moyens humains de produire et de consommateurs).
- L'augmentation du nombre de pauvres, plus forte, du fait de leur proportion, que celles des autres catégories sociales, est encore amplifiée par leurs taux de natalité, atteignant 3 à 4 fois ceux observés chez les riches.
- La population du globe est passée de 250 millions d’habitants à 1 milliards en 1 800 ans. Elle est sur le point d'atteindre 10 milliards depuis, soit en seulement 3 siècles.
- En vingt siècles, l'humanité a généré 1,5 milliard de pauvres profonds, soit 6 fois ce qu'était la population terrestre au début de son entreprise civilisatrice, toutes conditions sociales confondues.
- Chaque jour la population mondiale augmente de 220 à 250 000 individus, dont la grande majorité va, selon le mécanisme évoqué ci-dessus,  s’ajouter aux plus pauvres.
- Toute croissance – en particulier économique – est vaine, quand le nombre de ceux auxquels elle est censée bénéficier augmente plus vite qu’elle.
- L'humanité vit dans un monde limité, sauf hypothétique conquête de l'espace sidéral, dont le profit serait au demeurant probablement réservé à une infime minorité.
- La part de toute richesse revenant à chacun est d’autant plus réduite que ceux qui y prétendent sont nombreux.
- L’harmonie et la paix ont davantage de chances et de possibilités de régner entre 2 ou 3 milliards d’êtres humains qu’entre 7 milliards et a fortiori davantage.
- La dénatalité peut être un moyen, parfaitement respectueux de la dignité humaine, de limiter la population et de restaurer les conditions d'un meilleure équilibre social. 

- En dépit d’innombrables révolutions et du progrès matériel dont il est l'auteur, l’Homme est de moins en moins satisfait de son sort, à en juger par la contestation, l’agitation et les violences allant se multipliant dans le monde. En conséquence, peut-être serait-il temps d’essayer autre chose ?

mercredi 3 septembre 2014

Pour une écologie dénataliste - Contre une démographie sauvage et la pauvreté

Pour une écologie dénataliste
Contre une démographie sauvage et la pauvreté


Cette conscience de sa condition, qui différencie l'homme des autres espèces animales est de plus en affirmée, par ces temps d'information à outrance à laquelle n'échappent pas ceux qui vivent dans la précarité. Probablement est-ce ce qui motive la montée des revendications de toutes sortes partout dans le monde, les effets de la compassion, de la charité, de la solidarité, étant encore loin de faire oublier le mirage de la lutte des classes. Comme l'écrivait Paul Valéry, s'il est vrai que l'homme est davantage préoccupé par ce qui devrait être que par ce qui est – au point que nombre de politiques puissent fonder leur succès sur la promesse d'un réenchantement du rêve d'une société plus juste –, les réalités de la condition humaine demeurent, en dépit des incontestables bienfaits du progrès.

Si à l’aube de notre ère la Terre était peuplée d’environ 250 millions d’êtres humains, elle en comptera bientôt 10 et plus, dont 2 vivront dans un état de pauvreté profonde. Avec la complicité des pouvoirs religieux comme laïcs, un progrès effréné a créé, en un peu plus de 20 siècles, près de 10 fois plus de miséreux qu’il y avait d’individus de toutes conditions sur Terre. Et chaque jour 250 000 êtres humains s'ajoutent à la population terrestre. Or, en raison de la structure incontournablement pyramidale de la société, par l'effet d'une fatalité qui les fait naître ce qu'ils sont, et de taux de natalités atteignant 3 à 4 fois ceux des riches, la grande majorité (70%) de ces nouveaux arrivants, sont des pauvres (dont les pauvres profonds) qui viennent s'ajouter à ceux qui occupent déjà la base de notre pyramide sociale.

S'il n'est réellement de richesse que d'hommes, cet homme ne vaut-il pas mieux que cette situation et que l'avenir détestable qu'il se promet si rien n'est fait pour y mettre fin ? Les pauvres peuvent-ils continuer d'être les victimes d'un mécanisme infernal, tout en étant les premiers pourvoyeurs des moyens humains qui en constituent le moteur ? Se plaindre d'être les esclaves de la société tout en se multipliant et en condamnant ses descendant au même sort n'est-il pas un comble ? Toujours est-il que les plus déshérités d'entre nous continuent à être toujours plus nombreux à alimenter ce brasier du développement qui nous dévore tous – en même temps que notre planète – et dont le profit, comme par convection, va d'abord à ceux qui président à leur destin.

La poursuite du progrès au détriment des conditions d'existence d'un nombre croissant d'individus doit cesser. Pour l'amélioration du sort de tous et le retour à des conditions environnementales aussi durablement viables que le permettront les restes des ressources de la planète, le devoir prioritaire de la société est désormais d'aider par tous les moyens, pourvu qu'ils soient dignes, l'homme à limiter sa fécondité, sachant que par simple effet de proportion, les plus déshérités seront les plus nombreux à en bénéficier.?

Même s'il émerge avec quelques années de retard et qu'il y ait peu à attendre de son manichéisme, le débat qui agite le pouvoir en France bien après qu'il ait commencé en d'autres lieux, concernant le choix entre croissance et son contraire, est probablement à compter parmi les signes de la modération qui s'impose. « Il ne sert strictement à rien de créer 100.000 nouveaux emplois si, en même temps, apparaissent 100.000 [150 000] nouveaux candidats sur le marché du travail ... Une récente étude d'une université américaine prévoit que 50% des emplois seront, d'ici 20 à 30 ans, occupés par des robots. Ce qui signifie que nous nous retrouverons avec 50% de travailleurs [supplémentaires] en trop. C'est donc une erreur de croire qu'il nous faut faire plus d'enfants pour payer nos pensions. Au contraire, moins nombreux seront nos enfants, plus ils seront riches … et donc plus élevées seront nos pensions. » www.one.baby.fr (Lettre ouverte).

Naître moins nombreux ou vivre moins vieux, tel a été le choix qui a été offert aux hommes durant les deux derniers siècles. Ils l'ont ignoré en laissant s'emballer une croissance économique et démographique que ne maîtriseront dorénavant pas davantage la superstition que les idéologies et postures politiques. Certes, les effets cruels du vieillissement de la population attendent la société, mais ce sera le prix à payer pour une négligence coupable de la plupart des élites, véritable crime contre l'humanité dont elles auront à répondre devant les générations futures.

C’est avec une population drastiquement réduite, par la seule dénatalité, autorisant la maîtrise et le dosage de ses efforts de productivité en mettant sa créativité au service du mieux plutôt que du toujours plus, que la société produira moins, consommera moins et gaspillera moins. C'est aussi par une population moindre que le nombre de pauvres se réduisant proportionnellement à leur place dans une pyramide sociale moins peuplée, l’équilibre social, détruit avant tout par un surnombre devenu ingouvernable, pourra se rétablir. C’est notre seule chance, quels que soient notre place et notre rôle dans cette société, de continuer à bénéficier de l’essentiel des avantages que le progrès nous a procurés au cours des siècles et dont nous avons abusé et continuons stupidement d’abuser, au point de mettre la planète elle-même en péril.


Le poids de la pauvreté étant moindre, la société ne pourra qu’y gagner en efficacité dans son rôle civilisateur renouant avec un humanisme que lui ont fait perdre de vue autant l'humanitaire, dans son combat contre une injustice sociale incontournablement structurelle, que le matérialisme. Relâchant sa pression sur ses forces vives pour les laisser remplir leur rôle moteur d’intérêt général, qui est d’œuvrer à l'épanouissement des hommes – à ne pas confondre avec leur confort – ce sera privilégier la qualité, la richesse, le progrès, la civilisation, en mot la vie, telle que nous la souhaitons plutôt que comme elle s'impose dans son exubérance.

lundi 25 août 2014

La pyramide sociale inversée par la lutte des classes, ou le triomphe de la pauvreté

La pyramide sociale inversée par la lutte des classes

ou le triomphe de la pauvreté

Le présent article rassemble, annule et remplace ceux précédemment publiés sous les titres :
- Une révolution chasse l'autre
- La pyramide inversée


Lorsqu'ils ne réfutent pas la structure pyramidale de la société, il en est qui prétendent la renverser sur son sommet pour atteindre cet idéal d'égalité qui reposerait sur la disparition des riches. Fantasme des partisans d'un égalitarisme exigeant la mort des nantis, la base de la pyramide sociale doit ainsi écraser la société sous son poids, jusqu'à obtenir un nivellement généralisé, évacuant la richesse dans le triomphe des pauvres. Que ce triomphe, allant à contre courant du progrès, risque être celui de la pauvreté davantage que des pauvres, conduisant à la misère pour tous avant de sombrer dans l'inexistence sociale et la barbarie, n'est qu'un détail qu'il suffira de régler le moment venu. Quoi qu'il en soit, la pyramide inversée a ceci de remarquable qu'elle n'est plus une pyramide et tient davantage de l'entonnoir que de ce volume géométrique, universellement reconnu comme représentatif de toute organisation hiérarchisée et faite d'interdépendance entre ses membres.

L'inversion de la pyramide sociale n'est que sa déformation, par l'illusion d'une idéologie sommaire prétendant hisser à un sommet qui n'en est plus un et qui est même son contraire , la masse des individus en constituant la base ; négation extrême de ces individus en tant que tels, au profit d'une puissance faite du nombre. C'est aussi oublier un peu facilement que si tous nous profitons – aussi inégalement que ce soit – de siècles de progrès, celui-ci résulte des impulsions d'une élite dirigeant la masse, pour le meilleur et pour le pire, ce qui en fait précisément l'élite. Qu'une partie de cette élite puisse usurper sa position dominante ou en abuser, qu'il arrive à certains de ses représentants d'opérer dans l'imposture et l'incompétence, est une toute autre affaire qui ne dément pas davantage l'organisation pyramidale de la société que la valeur représentative du volume qu'est la pyramide.
La pyramide sociale inversée ne fait qu'exprimer une volonté de soumission de la raison à la force, de l'intelligence à l'instinct, de la civilisation à la barbarie, sachant au demeurant que les révolutionnaires les plus radicaux, les pires anarchistes, sont eux-mêmes structurés pyramidalement, avec leurs chefs (instigateurs, fomentateurs et meneurs en constituant l'élite) – le premier d'entre eux siégeant au sommet –, puis leurs cadres et leurs exécutants aux niveaux intermédiaires, même quand il arrive que les uns et les autres participent également à l'action.

Le renversement de la pyramide sociale est un geste dicté par l'angoisse existentielle et la conception morbide d'un désespoir tournant le dos à la réalité plutôt que de l'affronter. Hors du temps et de la raison, il préfigure cette déshumanisation à laquelle nous aboutissons tous ; ce néant où la politique pas davantage que la sociologie ou la démographie, l'ordre que l'anarchie ou que la dernière des idéologies, n'ont plus leur mot à dire.

Que les chemins du progrès et de son partage soient semés d'embûches et que les pouvoirs, notamment politique, scientifique et religieux en soient comptables, rien ne paraît plus vrai ni plus légitime, mais n'est-il pas d'attitude plus sensée que celle qui consiste à vouloir mettre fin, à n'importe quel prix, à une évolution conduisant, en dépit de ses lenteurs et de ses ratées, au mieux être souhaité par le plus grand nombre ?

La pyramide sociale ayant au moins le mérite d'être une représentation réaliste et suffisamment compréhensible, y compris par ceux qui la contestent, l'impossibilité absolue de la détruire peut les conduire à envisager son utopique retournement. Mais à quoi d'autre celui-ci pourrait-il conduire, qu'à édifier une autre pyramide ? Les exemples de l'aboutissement d'une telle utopie sont aussi nombreux que les échecs par lesquels se sont traduites les tentatives d'instauration du pouvoir de la base : des innombrables jacqueries qu'a connu de tous temps le monde à la révolution bolchevique et à l'effondrement du bloc soviétique, du fiasco de Cuba à l’évolution du communisme en Chine, en passant par l'Albanie, la RDA et bien d'autres pays, sans oublier le point d'orgue en la matière que fut le Cambodge de Pol-Pot et de ses Khmers rouges.
Il faut se souvenir que 12 ans après cette tentative de renversement de la pyramide sociale que fut sa Révolution qu’elle voulait universelle, la France avait un empereur, puis a connu d’autres monarchies et de nouvelles républiques, dont l’actuelle, qui ne satisfait pas davantage le citoyen que les précédentes, en attendant la suivante. Démonstration s’il en est que la révolte n’apporte de changement qu’en haut de la pyramide sociale, là où se joue une partie de chaises musicales, un pouvoir remplaçant l’autre. Mouvante mais impérissable, la structure de la société demeure la même et la masse qu’elle organise et qui croît sans cesse en nombre, ne fait que changer de maîtres ou s’en donne l’illusion, avec l'aide de sciences et de techniques porteuses, pour l'essentiel, de nos avancées sociales.

Une révolution chasse l’autre, et aucune n’a jamais rien durablement changé à l’ordre des choses.
D'ailleurs, qui de nos jours peut sérieusement imaginer qu'au lendemain de l'aboutissement de la lutte finale, le grand partage ayant eu lieu et chacun bénéficiant du revenu universel, la terre ne sera pas peuplée de ceux qui sauront le faire fructifier et de ceux pour qui il sera insuffisant ? Sauf bien entendu diktats d'un régime dictatorial – avec lui aussi un sommet dominant sa base – encore plus insupportable à l'homme que les pires inégalités.

En fait, la pyramide sociale inversée n'est pas davantage une pyramide que la représentation d'une société, ni même d'un projet de société. Elle est tout au plus une utopie, sortie d'esprits s'imaginant qu'il suffit de modifier la représentation d'un état de fait pour modifier ce dernier, à la manière de ceux qui suppriment leurs opposants, brûlent les écrits de ceux qui les contredisent ou mettent simplement en cause leurs propres certitudes ; ou s'imaginent éradiquer ce qu'ils considèrent comme des maux en soustrayant des dictionnaires et des constitutions les mots (sans jeu de mots) qui les désignent.

C'est à confondre égalité devant la loi avec égalité de revenu que nous oublions que richesse et pauvreté, toujours relatives et existant l'une par l'autre, structurent la société et que les capacités faites de courage, de talent, d'ambition, de chance, de désir d'innover et d'entreprendre, de goût du risque, etc. sont des différences fondamentales de l'un à l'autre d'entre nous qui se compliquent avec le nombre.






Qu'en sera-t-il lorsque nous serons 10 milliards et plus ?